samedi 24 juillet 2010

Ne pas manquer le but de la louange


Je vous fait partager ici une réflexion de Geoff Bullock sur l'objet et le but de notre louange, qui devrait nous amener plus profondément dans la pensée de Dieu.

Depuis Caïn et Abel, les humains ont toujours eu le choix entre deux sortes de sacrifices à Dieu.

- Celui qui consiste (comme Caïn) à Lui offrir le fruit de nos efforts et de notre sueur. Mais c'est un sacrifice qui ne sera jamais agréé, car il est entaché par la malédiction et le péché.

- Ou, (comme Abel) celui de la reconnaissance pour le Don que Dieu nous a fait en pourvoyant Lui-même au sacrifice. C'est un sacrifice de louange qu'Il regardera favorablement, car ce qu'Il nous donne est parfait et excellent.

Comme l'a appris Geoff, nous pouvons nous tromper de sacrifice...

Les religions sont fondées sur la perfection des oeuvres que les hommes devraient accomplir envers Dieu, alors qu'à l'opposé la foi est ancrée sur l'Oeuvre parfaite que Dieu a accomplie envers l'homme. Ne nous y trompons pas, il n'y a que l'Oeuvre de Dieu qui soit juste et sans défauts et qui mérite d'être glorifiée !

« L'œuvre de Dieu c'est que vous croyiez à Celui qu'Il a envoyé. » (Jean 6. 29.)

Jean-Luc B


(Cet article est une compilation de réflexions de Geoff Bullock, à partir de divers interviews.)

Ce que les chrétiens recherchent à faire en se réunissant ensemble, c’est à écouter et à comprendre ce que Dieu a à dire à propos de lui-même et de nous. Nous ne devrions pas perdre courage parce que certaines personnes méprisent de mettre l’accent sur l’enseignement biblique, l’étiquettent comme « un protestantisme scolastique » ou de croyance naïve dans « une révélation propositionnelle ».

 

Car c'est dans la méditation du contenu des Saintes Écritures jour et nuit, en faisant attention à faire tout ce qui est écrit dedans, que Dieu promet de nous rencontrer et de nous faire du bien. C’est là que l’intérêt de la question est résolu. La Bible n’a pas besoin d’être pertinente, elle crée sa propre pertinence. Dieu nous confronte directement à travers elle et nous expose à ce que nous sommes et à ce qu’il veut que nous soyons en Christ.

Nous n’avons pas besoin de pertinence mais de transparence !

La Bible a besoin d’être enseignée clairement et convenablement pour que ce que Dieu est en train de faire dans le monde à travers Évangile soit transparent pour la personne extérieure et pour qu’elle soit convaincue de son péché, tombe sur sa face et confesse :

« sûrement Dieu est au milieu de nous » (1Corinthiens 14, 22-25).

Geoff Bullock change d’opinion sur la louange
Par Mark Evans.


Il fut pendant dix ans un responsable des Assemblées de Dieu, mais ce que les gens connaissent sur Geoff Bullock, c’est sa musique.

Bullock a sorti dix-sept albums, vendu à plus de 200.000 unités en Australie et plus d’un demi million aux États-Unis. Il est responsable de la plupart des chansons populaires encore largement chantées dans les églises aujourd’hui (et beaucoup des plus populaires aussi). Vous devez penser que Geoff Bullock a beaucoup de choses à dire à propos de musique, et vous auriez probablement raison. Mais ces dernières années, vous auriez eu du mal à le distraire de son sujet favori :

La grâce.

Bullock affirme avoir découvert et expérimenté la grâce (ou, comme il aime beaucoup à le dire, « la grâce m’a découvert ») vers l'an 1997.

Ce n’est pas ici l’endroit et le but de cette article de discuter de quelle manière cette « découverte » s’est faite, il suffit de dire que Bullock a rencontré la grâce quand il a compris Christ d’une manière qu’il n’avait jamais comprise auparavant. Cela a entraîné un changement fondamental dans toute sa vie, et spécialement son ministère.

Comme il le remarque : 
 
- « En découvrant la vérité, la vérité absolue que Dieu est venu, que Dieu a fait grâce, que l’attitude de Dieu envers moi n’a pas changé d’un iota par ma meilleure ou ma pire oeuvre, que je n’étais pas plus aimé, que je n’étais pas moins aimé, alors soudainement je voulais écrire sur tout ce que Dieu avait fait, pas à propos de ce que je veux ou voudrais faire. »

Quand nous voyons comment la compréhension de la louange pour Bullock a changé, on comprend la nouvelle direction de son ministère. La compréhension et la manière de travailler de Bullock sur la louange a rapidement évolué au cours des douze derniers mois. Certaines de ses idées sont fermement établies tandis que d’autres sont plus embryonnaires. Cependant, la perspective de sortir un livre sur la louange a fait mûrir sa pensée.

Il y a deux grandes idées qui ressortent dans les discussions de Bullock sur la louange.



La première, C'est que la louange, ce n’est pas chanter, ce n’est pas faire de la musique. Bien que cela soit clairement expliqué dans les Écritures, de nombreuses églises aujourd’hui tombent dans cette erreur. 

La seconde idée, intimement connectée avec la première, c'est que de nombreux chrétiens aujourd’hui se trompent en amenant la louange à devenir une forme d'œuvres personnelles. Ils l’utilisent, d'une certaine manière, pour obtenir une forme de récompense de la part de Dieu.

Bullock peut parler avec une certaine autorité contre ses erreurs, car il a vécu des deux cotés. Il parle comme quelqu’un autrefois bien installé dans une théologie basée sur les œuvres et focalisée sur la musique. Est-ce cela, porter sa croix ?

Il parle comme quelqu’un autrefois lié par les pratiques rituelles de l’Ancien Testament, mais qui, un jour, a découvert la croix et l’accomplissement parfait du Christ.

Alors, quelle est aujourd'hui sa conception de la louange ?

 


- « La louange est basé sur ce que Dieu a fait, pas sur ce que nous faisons. La louange n’a absolument rien à voir avec ce que nous avons fait et tout à voir avec que Dieu a fait. Cependant, nous vivons des vies de louange qui sont une réponse. La louange n’est pas un art ou une œuvre dans le Nouveau Testament. Une partie de notre problème vient que nous supposons que les modèles de louange de l’Ancien Testament, tiennent encore à coté de la croix, ce qui est la plus absurde théologie ».


Bullock en est venu à réaliser que :

« la louange est une identification avec la renaissance et le fait de réaliser que notre force ne vient pas de ce que nous avons fait, mais seulement de ce que Dieu a fait pour nous,et alors nous vivons nos vies en réponse à cela ».

C’est franchement un pas pour quelqu’un qui avait l’habitude d’enseigner que Romains 12,1 devrait être compris « sur un plan positionnel ».

C’est à dire que « nous avons besoin d’être des vases propres pour que l’onction de Dieu y coule. Nous ne pouvons être sains et acceptables qu'à travers la croix et le sang de Christ mais je le redis, ce n'était pas ainsi que je l'ai vu vivre ».  
Une idée qui est moins développée et dont Bullock veut voir les répercussions, c’est que l’adoration est intimement, en fin de compte, liée à la table de communion de Sainte Cène.  

En réalisant que notre rédemption en Christ, comme l’accomplissement des sacrifices du temple, s'accomplit en acceptant Christ comme notre unique accès à une relation avec Dieu, Bullock dirait que

- « La louange se résume simplement à se tenir à la table avec le pain que nous brisons, et le vin que nous versons, et la réponse de Dieu à cet acte de foi ».

Dans ce sens alors, même vivre nos vies en réponse à ce que Jésus a fait devient une réponse.

 

- « Je faisais partie d’un groupe qui bâtissait une culture d’espoir non réalisé avec comme résultat une mentalité d’œuvres pour apaiser Dieu et attirer sa bénédiction », dit Bullock.

Ce fut cette mentalité qui l’a finalement arraché à sa zone de confort. Tout comme la foi entièrement basée sur les œuvres, il vous arrive de réaliser que vous n’en faites pas assez, que vous ne pourrez jamais en faire assez pour apaiser Dieu. 
 Vous réalisez que vos œuvres ne servent à rien.Tout le monde n’accepte pas d'entrer dans cette dimension de foi. 

En dépit de ses chants qui sont chantés dans le monde entier, Bullock finit par faire le constat que plus il essayait, et moins il était satisfait. Que plus il « travaillait » pour Dieu, et plus il voyait sa propre faiblesse.

Comme il le dit :

- « Je n’ai jamais pratiqué la grâce, j’ai pratiqué les œuvres ».

Et il ressent que cette expérience est symptomatique du christianisme d'aujourd’hui, spécialement dans nos cultes :

- « Nous essayons presque de créer une expérience du temple, où nous utilisons la théologie de l’Ancien Testament et les aspirations de l’Ancien Testament, pour quelque chose qui s’est déjà produit. Nous essayons de créer un climat d’attente : Dieu va tomber, s’élever, bouger, se présenter lui-même, se tourner …

De même, les leaders de louanges rencontrent avant le culte pour demander à Dieu de mettre son onction sur la musique : erreur !

Ou bien pour demander à Dieu d’être lui même présent, alors que Dieu est déjà présent, il n’est pas parti ailleurs !
 
Nous demandons à Dieu de nous bénir : il nous a déjà bénis à la croix !Nous ne pouvons pas recevoir une plus grande bénédiction que celle-là. (avec toutes les bénédictions dans les lieux célestes, que pourrions-nous demander de plus ?

Nous lui demandons de faire un grand nombre de choses. Au cœur de cela, il y a notre aspiration à ce que Dieu fasse quelque chose de plus à travers nous.

Ce qui m’inquiète est que nous ne sommes pas faits à l’idée de ce que Dieu a fait pour nous. Quand nous n’avons pas compris ce que Dieu a fait, nous restons dans un climat d’espoir non réalisé, au lieu d’actions de grâce absolues, parce que nos attentes ont été dépassées, à un point tel que la croix humilie nos prières et humilie nos attentes ».

 Ce climat d’espoir non réalisé amène les gens à placer leur confiance dans de mauvaises voies. 

- « Nous supplions Dieu et nous avons le sentiment que c’est juste, car, quand il nous répond, c’est comme si c'était nous qui avions fait ce qu'il fallait. Oh ! Quel sentiment de joie ! ».

Mais ce « sentiment de joie », même si nous y parvenons, est temporaire et construit sur des bases fausses. Cela conduit les gens à courir de cultes en cultes, de bénédictions en bénédictions, de mouvement en mouvement, dans une tentative désespérée de maintenir ce qu’ils perçoivent être une croissance spirituelle et une confirmation, ainsi qu’une relation plus forte avec Dieu.

Pourtant, que nous fassions du repassage, que nous lavions le chien ou que nous soyons dans un culte, notre confiance n'a besoin d’être QUE dans ce que Jésus a fait à la croix."

Bullock reconnaît et regrette que certaines de ses premières compositions aient contribués à une théologie de « louange par les œuvres ».


« Ma musique du passé regardait vers Dieu et essayait de ré-concilier (les deux) à travers mes propres actions :

« J’élèverais ma voix »,


« JE t’adorerais»
« JE chanterais»,
« JE me prosternerais »,
« JE ne te laisserais pas partir »,
« JE tiendrais »,
« JE m’abandonne »
...toutes les choses que j'avais l'intention de FAIRE .




« Essayant de me convaincre moi-même que j'étais en train de tout faire, je suppliais pour obtenir la présence de Dieu (ce qui est une forte idée charismatique), suppliant pour cette présence de Dieu comme si nous ne l’avions pas déjà, ou pour la faveur de Dieu comme si nous ne l’avions pas encore.

Nous supplions pour tout car il est facile de supplier et ainsi, ensuite, nous avons le sentiment d'avoir mérité la réponse …

Par exemple, tout le monde veut lever ses mains et chanter quelque chose et ensuite, quand ils entendent Dieu répondre à leur chant, ils attribuent cette réponse de Dieu à ce qu’ils ont fait. Ils ne veulent pas réaliser que la réponse de Dieu est permanente, que vous leviez ou non les mains et que vous chantiez ou non.

Le danger dans tout cela, c'est, bien sûr, que vous vous mettiez à penser que si vous chantez plus et que vous n'élevez plus vos mains, Dieu ne vous répondra plus. Ou encore, malgré vos chants et vos supplications, Dieu choisit de garder le silence. Alors vous vous sentez coupable et vous avez le cœur brisé ».



Reconnaître cette erreur du passé a provoqué des changements puissants chez Bullock, et cela se manifeste dans ses nouveaux textes. Ses chants cherchent maintenant à refléter une chose avant tout : 

La croix !


La citation finale de l’une de ses dernières compositions, qui résume chaque couplet, chaque contemplation de la grâce, c'est :

« sur une croix tachée de sang et un tombeau vide ».

Ces paroles montrent la nouvelle mission de Bullock pour aider les gens, dont certains qui avaient côtoyé Bullock auparavant, à comprendre la croix d’une manière qu’ils n’avaient jamais comprise jusqu'alors.

- « Ces mots placent la seule marque que je peux mettre dans ma vie. Tout ce qui définit l’humanité est une croix tâché de sang et un tombeau vide. Quand nous en venons à en être conscients, cela exige que nous reconnaissions nos péchés. Nous réalisons qu’il est de notre responsabilité, dans la mesure du possible, de modeler la croix dans chaque relation… 

Cela devrait nous pousser à ne pas attendre de quelqu’un d’autre qu'il fasse une œuvre expiatrice envers nous. Nous devons entrer dans le pardon, nous devons entrer dans la grâce, nous devons entrer dans la clémence et notre modèle c’est l’innocence absolue de Jésus sur la croix, suppliant pour notre pardon pendant que nous refusons de le descendre et de le guérir. Ces paroles signifient fondamentalement que je suis responsable. Je suis responsable de la mort de Christ. Je dois devenir réceptif à ce qui s'est produit à ce moment du monde. Je dois prendre ma part de responsabilité ». Comme des millions de chrétiens avant lui, Bullock en est venu à réaliser l’obscurité de ses péchés, la fragilité de sa mortalité, et l’impuissance de ses actions pour apaiser un Dieu juste. La différence entre lui et certains d’entre nous, cependant, a été la nature publique et coûteuse de sa découverte.

Que Christ soit mort pour nos péchés, une fois pour toutes, nous rappelle que nous sommes tous dans la même situation de responsabilité. C’est à nous de reconnaître que la croix est au centre de tout et que notre louange tout au long de notre vie est en réponse à l'œuvre de la croix. Dieu, dans sa parole, ne nous l’a pas caché et ne nous laisse aucun doute sur ce sujet.

Bullock pense que notre musique et notre expression artistique devrait refléter ce fait. Nous devrions chanter des chants qui contiennent :

« des thèmes qui viennent de la croix, mais pas simplement des thèmes sur la sainteté, la gloire et la majesté – c’est vraiment banal ! Nous avons besoin de chanter de réelles expériences de la croix, au lieu de chanter des chansons romantiques à Dieu (bien qu’il m’arrive encore d’écrire de douces chansons romantiques à Dieu). »

Est-ce que Geoff Bullock va écrire des chants comme çà ? Va-t-il continuer à écrire de la musique ? 

 - « Je ne sais pas. Je suis très heureux d’avoir été capable d’être entendu dans l’Église à travers ma musique et c’est un grand honneur. Je pense que c’est une responsabilité d’écrire la vérité pour que les gens puissent confesser cette vérité dans leurs chants, le dimanche. J’aimerais encore avoir ce rôle. Dans les dix premières années de la vie de mon ministère, j’étais un catalyseur du changement. J’aimerais continuer d’être un catalyseur du changement, mais peut-être en faisant le contraire de ce que j’ai changé dans le passé. Peut-être que je commence seulement à avoir la réponse à certaines des questions que je me posais ». 

(Cet article est une compilation d’interviews faits par l’auteur pendant Septembre 1998 et Mars 1999.)

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