samedi 28 septembre 2013

Comme au travers du feu

Éliane Colard



Dans le cadre de ce message, je mettrai l’accent sur le message prophétique d’Amos : ce qu’il a à dire à l’église d’aujourd’hui. Il a été posé sur mon cœur comme un fardeau au début de cette semaine et je sens l’urgence de le libérer. Comme au temps d’Amos, nous sommes aujourd’hui dans une période où le peuple de Dieu néglige ou méprise les avertissements et se moque des sentinelles. L’apôtre Pierre l’avait prophétisé, nous y sommes (2 Pierre 3/ 3 à 9) : « …Dans les derniers jours, il viendra des moqueurs avec leurs railleries marchant selon leurs propres convoitises,, et disant : où est la promesse de son avènement ? .. les cieux et la terre d’à présent sont gardés et réservés pour le feu, pour le jour du jugement et de la ruine des hommes impies.. Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissent de sa promesse comme quelques uns le croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant qu’aucun périsse mais voulant que tous arrivent à la repentance ».


Depuis Noé, toutes les sentinelles envoyées par Dieu ont essuyé les moqueries et quolibets de ceux qu’ils devaient avertir ; puisque la patience de Dieu fait que son jugement ne suit pas toujours de près l’avertissement donné, le peuple retourne très vite à ses occupations. Et lorsqu’arrive le malheur il est trop tard, on ne peut plus sauver l’essentiel.
C’est en ce sens qu’Amos dit : « Quand le lion a pris un mouton, le berger lui en arrache deux pattes ou un bout d’oreille.. ainsi se sauveront les enfants d’Israël » (Amos 3/12). Mais à quoi servent deux pattes ou un bout d’oreille sans tout le reste ? Et c’est malheureusement souvent quand le lion a déjà attaqué des brebis que le troupeau commence finalement à croire qu’il y avait réellement un lion aux aguets. L’avertissement n’aura dans ce cas, pas profité à ceux à qui il était destiné.


Il est dit que le sage c’est celui qui écoute (Prov. 1/5 et Prov. 13/1), qui se laisse reprendre (Prov. 9/8), et qui se laisse avertir (Prov. 10/8). Certainement un signe des temps tel que prophétisé par Pierre : le peuple de Dieu semble compter en ce moment plus de moqueurs que de sages. Les avertissements seront reçus des sages, ceux qui ont des oreilles pour se laisser avertir, afin que celui qui est saint se laisse encore sanctifier (Apoc 22).


Après le déluge, Dieu avait promis que la prochaine fois que la terre serait livrée à la destruction, ce ne serait non plus par les eaux, mais par le feu. Oui certes Dieu a réservé un jugement par le feu à la terre entière, mais auparavant Son peuple aussi devra passer par le feu d’un jugement ; il s’agit d’un jugement de grâce afin de ne pas être jugé avec le monde qui périra. Et tout ce que Dieu fait depuis le déluge a pour but de se préserver un reste qui ne sera pas détruit dans le feu du jugement à venir sur la terre. Dieu n’a cessé d’avertir de la venue de ce jugement et pour cela il a envoyé des prophètes puis son Fils afin d’avertir que le temps de la moisson de la terre arrive. Le temps où le blé doit être trié et séparé de la paille, car celle-ci sera brûlée au feu. Mais c’est encore aujourd’hui un temps préparatoire où la cognée est mise à la racine des arbres du verger de Dieu. Car le temps viendra où les arbres fruitiers (ceux qui sont censés produire du fruit) qui n’auront pas produit de bons fruits, seront coupés et jetés au feu (Matthieu 3/10).


Dieu a prévenu Amos (Amos 3/7) : « car le Seigneur l’Éternel ne fait rien, sans avoir révélé ses secrets à Ses serviteurs les prophètes ». Mais en plus de se moquer des avertissements donnés par les sentinelles, le peuple de Dieu a la triste habitude de tuer les prophètes et lapider ceux qui lui sont envoyés. Un signe de la consommation des temps est que les gens ne voudront plus supporter la Parole du Seigneur mais auront la démangeaison d’entendre des choses agréables, un temps où seule une poignée aura encore des oreilles pour entendre. C’est pourquoi l’avertissement aux églises (Apocalypse) fait allusion à « celui qui a des oreilles pour entendre », car plusieurs n’auront plus cette qualité d’écoute.


Amos a eu droit à ce genre de traitement de la part de ses contemporains : il fut rejeté comme indésirable à Béthel (Amos 7) : « homme à visions va t-en, va prophétiser ailleurs » ! Le problème est bien là, le peuple de Dieu ne veut plus entendre la vérité, cette vérité étant que Dieu a prévu un temps pour tirer justice de la terre, mais aussi qu’il doit auparavant faire passer son peuple par un feu qui a pour but de lui éviter d’avoir part au jugement réservé au monde.


L’épître aux Hébreux nous rappelle que le Jugement éternel fait partie des fondements de base de la doctrine chrétienne. Oui, il est réservé un jugement non seulement de la terre mais aussi des hommes qui y vivent et Jésus lui-même en parle en Matthieu 25/32. Daniel et Jean parlent d’un jour où des livres seront ouverts en présence de l’Ancien des jours et où ceux dont les noms n’y seront pas trouvés inscrits seront livrés au tourment éternel.


Quant au jugement de l’église et de chaque enfant de Dieu qui la compose, il est dit que ce jugement doit avoir lieu auparavant. Les enfants de Dieu ont en effet droit au châtiment des fils légitimes afin de ne pas être jugés avec/et comme ceux qui ne sont pas des fils (Hébreux 12/ 5 à 8). Les fils ont part à la correction, or aujourd’hui nous sommes parvenus en un temps où les fils refusent la correction des pères et l’église suit malheureusement ce mouvement sur un plan spirituel. C’est le temps annoncé par Paul lorsqu’il disait que les fils seraient rebelles à leurs parents. L’église se remplit d’enfants gâtés au cœur rebelle, refusant la maturité mais désirant sans cesse des jouets pour satisfaire convoitises et passions de toutes sortes, et faisant des caprices à la moindre remontrance. En accord avec ce texte (d’Hébreux) sur le châtiment des fils, Pierre nous rappelle à juste titre que le jugement commence par la maison de Dieu (1 Pierre 4/17) : « c’est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu. Or si c’est par nous qu’il commence, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent pas à l’évangile de Dieu ? Et si le juste se sauve avec peine que deviendront l’impie et le pécheur ? »


Le juste se sauve avec peine « comme au travers du feu ». Avec peine car ce salut au travers du feu nous coûtera tout ce qui est vil en nous et qui devra à ce titre être détruit. Dieu nous soumet à Son feu/jugement/crible pour nous débarrasser de toutes scories qui s’attache à notre vase. Loin du très populaire faux évangile de la fausse grâce, la Bible est très claire sur le fait que sans la sanctification nul ne verra le Seigneur. C’est Lui le Dieu saint qui nous sanctifiera en nous soumettant à ce feu, mais de notre côté nous devrons accepter cette réalité de la sanctification tant décriée par les chrétiens d’aujourd’hui sous prétexte qu’elle est une notion culpabilisante. C’est en effet notre Dieu et Lui seul qui par Son Esprit produit cette sanctification en nous dans la mesure où nous nous soumettons à son jugement de grâce (Hébreux 12/ 10 et 11) : « ..Dieu nous châtie pour notre bien afin que nous participions à sa sainteté. Il est vrai que tout châtiment semble d’abord un sujet de tristesse et non de joie, mais il produit plus tard pour ceux qui ont été ainsi exercés, un fruit paisible de justice. ». Il s’agit de ce fruit que devra révéler la cognée mise à la racine des arbres.


On a souvent une idée fausse du jugement de Dieu envers Ses enfants. D’un côté, il y a ceux qui pensent que Dieu étant un « Bon Dieu » d’amour, ne peut éprouver son peuple par le malheur ; de l’autre il y a ceux qui pensent que Dieu est un Dieu juste qui juge constamment et ne pense qu’à punir ceux qui ne lui obéissent pas, que la vie chrétienne ne peut être qu’épreuves sur épreuves. Ce que je crois, c’est que le Dieu d’amour est un Dieu de justice qui nous corrige quand c’est nécessaire, en nous soumettant à l’adversité. C’est par la main de l’adversaire que Dieu exerce envers nous son jugement de grâce ; il en a souvent été ainsi pour Israël qui était livré à ses ennemis toutes les fois qu’il désobéissait à Dieu, c’est ainsi que Dieu l’éduquait et rendait droites ses voies tordues ou déviées.


Psaume 92 dit que « les méchants poussent comme la mauvaise herbe, ceux qui font le mal fleurissent ». C’est parce qu’ils sont soumis, tout comme les justes, à la bonté de Dieu symbolisée par la dispensation du soleil et de la pluie des cieux sur toutes les semences tombées en terre sans distinction. Il est dit en Matthieu 5/45 : « Dieu fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et il fait pleuvoir sur les justes et les injustes ». Or pour pousser toute semence (bonne ou mauvaise) a besoin au départ de ces deux choses essentielles : le soleil et la pluie. Mais ce même Psaume 92 dit aussi que « les fidèles poussent droit comme le palmier ; ils s’élèvent comme le cèdre du Liban ». La mauvaise herbe (l’ivraie nommé autrement « les fils du malin » dans la parabole) pousse en même temps que la bonne semence mais de façon désordonnée, alors que la plantation du Seigneur pousse droit. Mais pour pousser droit, il y aura souvent besoin d’une sorte de « bâton-tuteur » qui va corriger ce qui penche ou qui pousse tordu. Les « fils du Royaume » ont le privilège de bénéficier de ce tuteur qui est la verge de correction du Seigneur. C’est elle qui permet aux sarments connectés au Cep de demeurer en Lui afin de porter du fruit jusque dans la vie éternelle. De fait, le Psaume 92 continue en disant « ils portent encore des fruits dans la vieillesse, ils sont pleins de sève et verdoyants, afin d’annoncer que l’Éternel est droit ». La verge de correction du Seigneur agit comme ces bâtons-tuteur pour nous rendre droits ; et cette droiture dans nos vies proclamera elle-même que l’Éternel notre Dieu est droit.


La révélation donnée à Amos commence par ce qui lui est montré spirituellement de la situation du pays (Amos 1/2). Il voit que les pâturages des bergers sont dans la désolation, le deuil ; il voit encore que le somment du Carmel est desséché. Le sommet du Carmel c’est l’endroit où Dieu s’est manifesté avec puissance à Elie en faisant pleuvoir en un temps de famine et de sécheresse. Ce mot « Carmel » signifie d’ailleurs Verger en hébreu, mais il signifie aussi Vignoble ou lieu fertile : les arbres auraient du produire du fruit en cet endroit où Dieu avait autrefois opéré le miracle de la pluie (cf. http://catand.chezalice.fr/4E/LeNuage.pdf); mais voilà, au lieu de cela tout y est sec et stérile. Et pourtant à vue humaine le pays connaît une sorte de prospérité. Voilà dans quel contexte arrive le prophète Amos avec son message radical. Dieu envoie Amos annoncer à Israël un tremblement de terre deux ans avant que celui-ci ne survienne (Amos 1/1). Des briques vont tomber et des sycomores vont être coupés comme cela fut prophétisé par Ésaïe (chap.9).


Dieu annonce à Amos ce qui va se passer (Amos 2/ 13 à 16) : « Je vais ébranler la terre » puis lui explique « pourquoi » cela va arriver (Amos 3/10) : ils ne savent pas agir avec droiture et entassent dans leurs palais tout ce que leur rapporte la violence et le pillage.


Amos 3/11 et 12 : « C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : L'ennemi investira le pays, Il détruira ta force, Et tes palais seront pillés. Ainsi parle l'Éternel : Comme le berger arrache de la gueule du lion deux jambes ou un bout d'oreille, Ainsi se sauveront les enfants d'Israël qui sont assis dans Samarie à l'angle d'un lit et sur des tapis de Damas ».


Les paroles que Dieu met dans la bouche d’Amos ont d’autant plus de force que les réalités qu’elles véhiculent tirent leur substance de la vie même du Prophète : il y a une sorte d’incarnation dans le message. Amos est un porte parole de Dieu mais dans la vie de tous les jours il est un berger, un éleveur de bétail (un berger du village de Tékoa : Amos 1) ; aussi, il saisit très bien ce que Dieu veut dire par la teneur du verset 12. Mais en plus d’être un berger, le métier d’Amos consiste aussi en tant que cultivateur à inciser des sycomores (Amos 7/14). Le sycomore est un arbre qui pousse notamment aux abords du désert. C'est un arbre dont on recueille le fruit, mais pour être comestible celui-ci doit être incisé (avec un instrument à pointe) avant qu'il n’arrive à maturité. C'était les bergers qui faisaient ce travail du temps d’Amos; pendant que leurs troupeaux paissaient, les bergers piquaient chaque fruit des sycomores. Sans ce geste important, le fruit ne se développait pas complètement et risquait de rester dur, ou d’être gâté par les parasites y pénétrant pour s’y reproduire.


Le sycomore représente l’homme naturel avec son cœur dur qui a besoin d’être circoncis par le sécateur spirituel du Seigneur afin de porter un fruit selon la nature du vrai Cep. Il doit être blessé et sondé par l’épée de l’Esprit du Seigneur dans ce qu’il recèle de plus profond (Hébreux 4/12- 13). Cet arbre fruitier a toute sa place ici dans ce message prophétique, car si la mission d’Amos tirait sa force et son autorité de l’onction de Dieu dans sa vie, la légitimité de son message venait aussi de ce qu’il était berger et cultivateur/inciseur de sycomores. Avant de l’envoyer en Israël avec son message, Dieu lui avait fait voir l’état du pays où les pâturages étaient dans le deuil et la désolation (regard du berger) et où le mont Carmel (verger) était desséché (regard du cultivateur de sycomore).


Faut-il encore préciser que le sycomore est aussi un arbre haut cependant que sa place est davantage dans l’abaissement des vallées que dans le sommet des montagnes. Les sycomores sont dans nos vies comme des montagnes orgueilleuses qui ne sont pas à leur place et que Dieu doit aplanir pour en faire des vallées capables de recueillir la plénitude de Sa vie.


Souvenons-nous que Zachée était monté dans un Sycomore dans l’espoir de voir Jésus ; mais il a du en descendre pour que Jésus puisse demeurer dans sa maison ; de même nous devons descendre de nos sycomores pour voir Jésus demeurer dans nos vies. Spirituellement, le sycomore représente un arbre fruitier dont les fruits loin d’être ceux de l’Esprit de Dieu, portent la marque de l’orgueil, de l’arrogance ou encore de la fierté (Ésaïe 9/ 8 à 10 : « Le Seigneur envoie une parole à Jacob et elle tombe sur Israël ; Ephraïm et les habitants de Samarie disent avec fierté : des briques sont tombées, nous bâtirons en pierre de taille ; des sycomores ont été coupés, nous les remplacerons par des cèdres ». Cette parole concerne Ephraïm et les habitants de Samarie, précisément le peuple vers qui Amos est envoyé. Les briques représentent toutes les constructions humaines et les sycomores représentent ce qui fait l’orgueil de l’homme. C’est le propre de l’homme naturel de croire que dans une construction, les briques et les pierres de tailles se valent ou que le bois de sycomore a la même valeur dans le bois de cèdre. Mais la maison spirituelle, dont Jésus est la pierre angulaire, est faite et s’édifie non pas avec des briques mais avec des pierres vivantes qui passent avec succès l’épreuve du fil à plomb dont nous parlerons plus loin. De même, le temple de Dieu s’est élevé sous Salomon (qui est une préfiguration du temple du Saint Esprit de la nouvelle Alliance) avec du bois de cèdre et non du bois de sycomore. Ce sont des matériaux précieux qui sont utilisés dans la maison de Dieu, c’est pourquoi rien de ce qui est vil dans la construction ne pourra résister au feu de son jugement.


C’est par l’adversaire que Dieu a prévu d’exercer son jugement envers son peuple, en enlevant Sa haie de protection autour de la vigne ou du verger ; alors il est dit (verset 11) « c’est pourquoi l’ennemi encerclera le pays il abattra les fortifications, il pillera vos belles maisons ».


Dieu intervient directement contre ce qui a principalement causé la ruine du peuple (Amos 3/14- 15) : « je frapperai les autels de Béthel (culte concurrent de celui de Jérusalem), les cornes de l’autel seront brisés et tomberont à terre. Je renverserai les maisons d’hiver et les maisons d’été, les maisons des grands disparaîtront » (des briques tomberont et des sycomores seront coupés). Remarquons qu’il est précisé ce détail important : « les cornes de l’autel de Béthel seront brisées ». Les cornes sont le symbole de la puissance. Les cornes de l’autel c’est par conséquent ce qui donne à la fois sa puissance et son fondement à un culte. Selon les livres de l’Exode et d’Ezéchiel, 4 cornes sortent de l’autel du culte rendu à Dieu. Il s’agit de 4 puissantes vérités ou pierres de fondation sur lesquelles notre culte prend appui :


1- La puissance de la Croix,
2-la puissance de la Résurrection,
3- la puissance de la Parole de Dieu,
4- la puissance du nom de Jésus.


Cependant les faux autels comportent aussi leurs 4 cornes qui sont à l’opposé, 4 puissances spirituelles idolâtres (des contrevérités) dont le but est de combattre le vrai culte par un feu étranger qui éloigne les hommes des voies de Dieu. Et force est de reconnaitre que chaque fois que ces cornes (de faux autels) ont eu raison du peuple de Dieu, le résultat en a été la dispersion du peuple (Zach.1/18- 19). Souvent Israël fut dispersé pour avoir imité l’idolâtrie des nations avoisinantes. Lorsque le peuple désobéit, Dieu retire la haie de protection autour de Sa plantation et celle-ci se fait fouler aux pieds par l’ennemi.


A l’opposé des 4 cornes de l’autel de Dieu, les cornes des autels de Béthel sont :


1- la puissance de la chair non crucifiée ou la puissance de l’homme naturel (Amos 6/ 13 : « vous dites : n’est ce pas par notre force que nous avons acquis de la puissance ? »,
2- la puissance de la religiosité (et l’hypocrisie de son culte vain) ,
3-l’incrédulité à la Parole de Dieu (et les œuvres mortes qui en découlent), et enfin
4- l’abandon de l’alliance (l’éloignement de Dieu) et la prostitution spirituelle : le peuple se fabrique un dieu à son image : faux évangile, faux jésus, fausse grâce d’une religion illusoire caractérisée par une piété sans force.


C’est pour annoncer tout cela que Dieu suscite Amos de Juda pour aller avertir Israël et prophétiser contre les prêtres de Béthel.


Aujourd’hui, l’onction d’Amos est aussi envoyée à l’église car la situation est sensiblement la même. Tous les avertissements contenus dans le nouveau Testament, ont pour but d’éviter que l’ennemi ait l’avantage sur nous, éviter que notre pays (territoire) soit envahi, que notre force soit détruite et nos biens (notre héritage) pillés. Or l’église est exactement dans l’état d’Israël au temps d’Amos, il est d’actualité de dire que les pâturages sont dans le deuil et la désolation ( la situation n’a fait qu’empirer depuis la parution du livre «De la désolation à la restauration »), et le mont Carmel desséché (les arbres de la plantation de Dieu ne portent presque plus de fruit à la gloire de Dieu ou alors les fruits sont dévorés avant d’arriver à maturité faute de recevoir à temps l’incision salutaire du ministère des Amos. L’ennemi a investi le territoire, il a réussi à nous affaiblir, voir le message sur le temps de la vigilance : "les 7 tresses de Samson".


Dieu annonce à Amos que l’ennemi envahira le pays à cause précisément de l’indolence du peuple (Amos 3/ 12) parce que le peuple vit à Samarie au creux d’un divan et sur des tapis de Damas ; Amos 6 parle de ceux qui vivent tranquille et en sécurité sur les montagnes de Samarie. Il est parlé au verset 4 de ceux qui reposent sur des lits d’ivoire, qui sont mollement étendus sur leurs divans tout en mangeant les agneaux choisis du troupeau et les veaux mis à l’engrais. L’ennemi réussit toujours à pénétrer lorsque le peuple se trouve à faire autre chose que ce à quoi il devrait être occupé. C’était exactement la situation de Samson lorsque les Philistins lui sont tombés dessus pour lui enlever la source de sa force. Et c’est aussi ce qui arrive à l’église qui vit Sardes en demeurant allongée de façon indolente sur les tapis flamboyants de Laodicée. N’était-ce pas la situation d’Israël à ce moment là de la prophétie d’Amos ? Le peuple vivait dans l’indolence et le luxe, en s’illusionnant sur sa piété et l’approbation de Dieu à son endroit.


Pourtant dans ce même temps où il était évident qu’Israël était éloigné de Dieu et pratiquait un faux culte que Dieu ne pouvait plus supporter (Amos 5/21 à 23), Béthel, Guilgal et Beersheba continuaient d’être honorés comme des lieux saints de pèlerinage quoique ne représentant déjà plus ce qu’ils étaient pour le peuple auparavant. Non seulement, Amos a prophétisé contre ces lieux en les dénonçant, mais bien plus, il a dénoncé également les pèlerinages vains et stériles qui s’y faisaient (Amos 5/ 5) parce que la piété du peuple était vide. Il semblait dire que le peuple aurait beau se rendre à Béthel (maison de Dieu), proclamer ce qui s’était passé à Guilgal (la Croix ou la circoncision) ou faire des incursions à Beersheba (ressourcement ou lieu de restauration), tout cela est désormais vide de signification car c’était une honte que le peuple se rende à Béthel et à Guilgal tout en étant révolté contre Dieu : Amos 4/ 4.


Transposé à l’église, cela nous parle d’un peuple se rassemblant au nom du Seigneur Jésus-Christ pour proclamer la puissance de la Croix tout en marchant en ennemi de la Croix. Il faut dire que parfois quand on entend des gens parler de la croix, qu’il faut « aller à la croix », « proclamer la croix », « porter sa croix », on a l’impression de slogans-formules magiques censés régler automatiquement tous les problèmes du chrétien. Mais on voit bien que ce n’est souvent pas de le dire et le répéter à tue-tête comme un mantra qui change quoi que ce soit ; dans ce cas ce n’est déjà qu’un slogan, une coquille vide. De fait, Amos annonce que Guilgal était désormais devenu un lieu vain voué à l’exil et la captivité. Si Dieu a fini par détruire le serpent d’airain qu’il avait lui-même donné au peuple d’Israël pour sa guérison, ne soyons pas étonnés qu’il y a des circonstances où proclamer la Croix demeure vain ! Béthel était devenu un enfer, un antre d’esprits impurs ; quant à Beersheba ce n’était plus qu’une citerne crevassée sur le chemin de laquelle plusieurs succombaient en allant chercher de quoi se désaltérer (Amos 8/ 13 et 14) : « en ce jour-là les belles jeunes filles et les jeunes hommes mourront de soif ; ceux qui jurent par le péché de Samarie et qui disent «Dan ton Dieu est vivant et le chemin de Beershéba est vivant » ! Ils tomberont tous pour ne plus se relever ».


Les versets précédents parlent d’un temps où Dieu enverra la faim et la soif dans le pays et où plusieurs erreront en vagabonds sans être nourris ni rassasiés par ce qu’ils auront mangé ou bu. Ne reconnaissons-nous pas aussi ce temps présent ici ? Il n’y a jamais eu autant de nourriture à disposition des enfants de Dieu, notamment sur Internet, et pourtant on a l’impression d’un peuple sans cesse affamé et assoiffé qui dépérit; mais c’est parce que ce qui est souvent servi ne nourrit pas son homme il ne s’y trouve aucune consistance (lire à ce propos « La question alimentaire »de T. Austin Sparks). Beershéba, pour sa part appelé le Puits du serment (ou Puits des 7), est aussi l’endroit du désert où Dieu a du ouvrir les yeux à Agar pour qu’elle voit un puits afin d’y boire pour être restaurée (Cf. Agar ou Sara). Beershéba était devenu tout comme Dan, un sanctuaire, un de ces lieux qui finissent par attirer l’idolâtrie comme c’est souvent le cas lorsque Dieu a pu un temps manifester sa grâce et sa miséricorde en un endroit.. Mais si Beershéba laissait encore couler de l’eau, c’était désormais une source trompeuse laissant à vide ceux qui s’y rendaient, des eaux empoisonnées produisant la stérilité et la mort : « ceux qui s’y rendent tombent pour ne plus se relever » Amos 8/14.


Le peuple continuait de fréquenter ces 3 lieux qui ne représentaient plus rien en ces temps d’apostasie, ils étaient désormais vides de Dieu et de sa présence. Tout était devenu illusoire dans la pratique cultuelle. Des choses que Dieu avait autrefois proclamées ou manifestées comme justes et droites étaient devenues tordues : Amos 4/ 5 : « faites vos sacrifices d’action de grâce avec du levain » : pratique juste selon les lois du lévitique, mais devenue « hypocrisie et orgueil » dans la façon de venir se présenter devant Dieu) ; « proclamez vos offrandes volontaires » (la main droite se glorifiant de ce que fait la main gauche). Le peuple en était arrivé à se «fabriquer» un dieu à son image qui approuvait sa conduite sans que sa conscience en soit dérangée (Amos 5/ 26). Mais voilà, Dieu condamnait désormais ces choses en disant par Amos : «ne cherchez pas Béthel, n’allez pas à Guilgal, ne passez pas par Beershéba. Car Guilgal sera captif et Béthel anéanti. Cherchez l’Éternel et vous vivrez»...


Le peuple avait cessé de chercher l’Éternel pour se lancer à la poursuite de chimères religieuses. Comment expliquer une telle situation ? De l’extérieur tout semblait flamboyant, pourtant le regard que le Seigneur portait sur l’état du pays renvoyait plutôt à une situation de désolation et de déchéance tant morale religieuse que politique. Tout était en déliquescence et l’ennemi était à la porte alors que le peuple menait fêtes somptueuses dans ses palais décorés.


Au moment où Amos arrive à Béthel en provenance de Juda, le pays est en paix avec les nations païennes environnantes, et vit une certaine prospérité, et c’est là qu’Amos se présente avec son message redoutable : un vrai prophète à contre courant. Il n’y a rien de très difficile d’avoir à avertir d’un danger lorsque celui-ci est déjà un peu visible ou évident. Mais lorsque tout semble aller pour le mieux et que le peuple semble dans une prospérité sans pareille, comment se tenir devant lui avec un message redoutable du ciel sans prendre le risque d’être moqué, rejeté ou lapidé voire chassé ? Pouvons-nous imaginer les moqueurs tout au long de ces deux années durant lesquelles il ne s’est rien produit de ce qu’Amos avait annoncé ?


Comment se tenir dans la radicalité dans une période où la prospérité et l’abondance apparente poussent à la relativisation permanente des choses spirituelles voire au nivellement par le bas des normes et exigences divines, une période où la ligne de démarcation entre le monde et l’église est si ténue qu’on ne sait plus dire qui des deux influence l’autre ? Toutes les valeurs se trouvant transformées pour s’adapter à la nouvelle situation comme si Dieu avait changé. C’est ainsi que les réalités spirituelles représentées par Béthel, Guilgal, et Beersheba s’étaient trouvées reformulées dans leurs significations profondes pour s’adapter à la nouvelle donne.


Le Seigneur avertit mais le peuple refuse d’écouter ; il est dit au en Amos 5/10 : « ils haïssent celui qui les reprend à la porte, et ils ont en horreur celui qui parle sincèrement ». Et généralement, quand le peuple se décide enfin à écouter il est déjà trop tard pour sauver l’essentiel. L’ennemi aura déjà causé du dégât non seulement de l’extérieur mais aussi depuis l’intérieur où il aura réussi à pénétrer, voilà pourquoi Dieu envoie des Amos pour inciser les Sycomores de son verger. Quand les parasites parviennent à pénétrer dans le fruit, ils y déposent leurs œufs et colonisent tout l’arbre jusqu’à rendre les fruits impropres à la consommation.


Le ministère des Amos est plus que nécessaire à l’église aujourd’hui, il est un de ceux qui permettent à l’église de parvenir à la maturité en Christ, l’amenant par le sécateur de l’Esprit, à une sanctification sans laquelle nul ne verrait le Seigneur ; de la même façon que le cultivateur de Sycomore doit pratiquer la fameuse incision qui permet un bon développement, une bonne croissance du fruit.


Le sage, c’est celui qui se laisse avertir quand les temps sont mauvais. Or à force de ne pas écouter les paroles du Seigneur au moment où Il parle, le peuple devient sourd et son cœur se ferme à la rosée du ciel. Alors c’est un temps de famine et de sécheresse que Dieu envoie où ceux qui ont fermé leurs oreilles à Sa parole au temps convenable, tombent en défaillance jusqu’à ce qu’ils se décident enfin à … chercher l’Éternel.


Voilà ce que Dieu dit à Israël par Amos :


« Cherchez l’Éternel et vous vivrez, de peur qu’Il ne saisisse comme un feu la maison de Joseph et que ce feu ne consume tout à Béthel sans personne pour l’éteindre ».


Comme au travers du feu 

Le Seigneur fait voir à Amos des visions de désastres qui pourraient s’abattre sur Israël à cause de son attitude. Amos a vu des sauterelles, du feu, puis un fil à plomb. Suite à l’intercession d’Amos, le Seigneur a consenti à ne pas laisser les sauterelles ni le feu dévaster Son verger, Sa vigne ; par contre Israël devait passer par l’épreuve du fil à plomb. Nous remarquerons que le fil à plomb se trouvait au nombre des fléaux montrés en vision à Amos.


Cela signifie qu’il est question d’un jugement comme les autres fléaux mais pas un jugement de même nature : nous avons à faire là à un jugement de grâce, un jugement/épreuve qui n’a pas pour vocation de détruire en priorité mais de rectifier, remettre à l’aplomb. C’est le principe de Dieu envers son peuple : le jugement de grâce avant tout châtiment définitif. C’est pour cela qu’Il a envoyé son fils proclamer une année de grâce avant que n’arrive le jour du jugement. C’est aussi pour cela que cette année de grâce est appelée « bonne nouvelle ». Dieu lui-même conseille à son peuple de ne pas souhaiter l’arrivée du « Jour de l’Éternel », car il sera « jour de malheur » pour ceux qui ne seront pas trouvés d’aplomb à ce moment là. Lisons plutôt ce que dit Amos à ce propos, s’adressant à un peuple qui n’est manifestement pas trouvé droit selon l’épreuve du fil à plomb divin (Amos 5/18) : « Malheur à ceux qui désirent le jour de l’Éternel ! Qu’attendez-vous du jour de l’Éternel ? Il sera ténèbres et non lumière ! ». Et ne croyons pas que cela ne concerne pas la nouvelle Alliance, car lorsque l’épître aux Hébreux dit (Héb. 10/31) qu’il est redoutable de tomber entre les mains du Dieu vivant, c’est en référence à ce jour où Dieu jugera les hommes conformément à ce qui est dit au verset 30 précédent. Je sais que nous sommes de plus en plus frileux à parler de ces choses, à admettre qu’il y a un jugement éternel dans le plan divin. Et cette frilosité est elle-même un signe des temps car l’église est devenue douillette, il faut juste lui chatouiller les oreilles avec de gentilles berceuses tout en la nourrissant de biberons de lait frelaté car elle est de plus en plus remplie de bébés fragiles qui ne se font jamais les dents de façon à pouvoir supporter la nourriture solide. Mais ce n’est pas ici l’église suscité à la Pentecôte mais plutôt Laodicée avec sa tiédeur et sa religion illusoire.


Toute la Bible aborde ce Jour de jugement et de rétribution, et si nous refusons de l’aborder nous ne sommes plus dans l’évangile de Jésus-Christ car s’il s’agit d’une bonne nouvelle c’est en référence à ce jour redoutable qui doit venir. Nous disons la première partie de Jean3/16 en en oubliant souvent une partie : « afin quiconque croit en lui ne périsse point ». La mort est là, présente depuis la chute et sa puissance va crescendo jusqu’à ce jour où elle-même, dernier ennemi, sera vaincu. Mais c’est parce qu’elle compte emmener avec elle une grande partie des êtres humains que Dieu veut donner à plusieurs la possibilité d’y échapper. Pierre a dit que c’est pour cela que Dieu use de patience, voulant que tous parviennent à la repentance. Le jugement à venir sur la terre est indubitablement un des pivots du salut en Jésus-Christ ; si nous ne l’avons pas compris, nous devons comme le suggère l’épître aux Hébreux revenir aux rudiments des éléments de la Parole et poser de nouveau les fondements de notre foi en Jésus-Christ.


Pour en revenir au jugement de grâce de Dieu envers Ses enfants, nous avons intérêt à passer cette épreuve du fil à plomb avant l’arrivée de ce jour redoutable où la justice et les rétributions seront apportées par celui qui doit régner sur toute la terre. Il doit d’abord mettre le niveau en nous pour rétablir à l’endroit ce qui est penché ou tordu.


Si Dieu a annulé son intention de détruire Israël par le feu comme il le montrait à Amos dans la vision précédente, d’une certaine façon Béthel allait donc quand même connaître une épreuve du feu de Dieu, le feu du fil à plomb dont il est fait mention en ce passage d’Amos 5/6. C’est en l’occurrence l’Éternel Dieu Lui-même qui devient un feu dévorant lorsque le culte qui lui est rendu n’est pas fait dans le respect et la crainte de sa personne (Hébreux 12/28-29) : « rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable avec piété et avec crainte car notre Dieu est aussi un feu dévorant ».


Si Dieu visite Béthel comme un feu dévorant, c’est précisément parce que le culte rendu en ce lieu ne lui est pas agréable. Ce feu dévorant est le même que celui dont il est parlé en Apocalypse1/14 et qui jaillit des yeux vues par Jean à Patmos, ces mêmes yeux dont il est dit en Ap. 2/23 qu’ils sondent les reins et les cœurs. Les reins et les cœurs révèlent la réalité cachée d’un homme : son fond. Cette sorte de feu sert au jugement de nos profondeurs les plus secrètes en ce qu’il met tous les fondements à nu. (Amos 7/9) Dieu s’attaque aux fondements même des autels de Béthel (leurs 4 cornes) et de leur culte vain : « les hauts lieux d’Isaac seront ravagés, les sanctuaires d’Israël seront détruits et je me lèverai contre la maison de Jéroboam avec l’épée ».


Il est évident que la construction de la maison de Jéroboam (Israël le royaume du nord vers lequel Amos était envoyé) n’était pas d’aplomb, tout était de travers. Mais Dieu devait permettre la révélation de ce fondement bancale. C’est souvent le feu qui révèle la solidité ou la fragilité de nos constructions. Paul dit aux Corinthiens « Que chacun prenne donc garde à la manière dont il construit sur le fondement qui a été posé à savoir le Christ ». 1 Cor 3/12- 15 :


« Si quelqu’un bâtit sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, ou du bois, du foin, du chaume, l’œuvre de chacun sera manifestée, car le jour la fera connaître parce qu’elle sera révélée dans le feu ; le feu éprouvera ce qu’est l’ouvrage de chacun. Si l’œuvre que quelqu’un a bâtie subsiste, il recevra sa récompense. Si l’œuvre de quelqu’un est consumé par le feu, il en éprouvera une perte mais lui-même il sera sauvé toutefois comme au travers du feu ».


Dieu ne cherchait pas à détruire Israël en renversant ses fondements et en la mettant à nu ; ce que Dieu cherchait à faire c’était sauver Son héritage, Son verger, Sa vigne, d’une destruction plus grande. Il se devait pour cela de le mesurer avec Son fil à plomb afin que soit révélé l’ampleur de ce qui n’était pas droit. Le feu dévorant des yeux de Dieu devait brûler ce qui dans les fondements même du culte n’étaient pas de Lui. Tout cela parce que Dieu avait des projets pour Israël, des projets de rétablissement et de fertilité que nous voyons exposés tout à la fin du livre d’Amos. Et ce bouleversement des mauvaises fondations était un passage obligé : on ne passe pas de la désolation à la restauration sans une remise à plat des fondations.


Dieu s’y prend de la même façon avec l’église, ce qu’Il désire c’est une « épouse pure» pas une prostituée. Et il est dit dans le livre de la Révélation de Jean à propos des noces de l’Agneau, que l’épouse s’est préparée ; voilà un détail qui n’est pas anodin ! Or si l’état de l’église s’apparente aujourd’hui à celui d’Israël du temps d’Amos, c’est parce que de la même façon un esprit de prostitution égare l’église et la propulse dans un culte vain avec multiplication d’autels dédiés à diverses « idoles de la jalousie » au sein même des « Béthel » d’aujourd’hui.


Si Dieu soumet son peuple à l’épreuve de Son feu purificateur, ce n’est donc pas pour le détruire mais pour éliminer en lui tout ce qui est vil. Il veut en tirer quelque chose de pur, de la nature du lin fin et pur des œuvres justes et non pas des œuvres souillées. Le Seigneur Dieu espère que tout dans l’ouvrage ne passera pas dans ce feu, qu’au moins un tison pourra en être arraché quitte à devoir être nettoyé par la suite (Zach.3/3), car jamais nous ne pourrons tenir devant Dieu avec des vêtements sales surtout pas dans la salle des noces comme c’est si bien illustré dans la parabole des noces.


Dieu n’avait pas l’intention de tout détruire en Israël, mais plus précisément les coupables, les chefs du peuple, les prêtres de Béthel qui avaient poussé le peuple à multiplier les autels pour un culte vain (Amos 9/8-9) : « Voici le Seigneur, l’Éternel a les yeux (les flammes de feu dévorant) sur le royaume coupable. Je le détruirai de dessus la face de la terre. Toutefois je ne détruirai pas entièrement la maison de Jacob, dit l’Éternel. Car voici, je donnerai mes ordres, Et je secouerai la maison d'Israël parmi toutes les nations, Comme on secoue avec le crible, Sans qu'il tombe à terre un seul grain ».


Amos annonce ici ce jugement qui est une sorte de crible parmi le peuple Nous voyons bien la réalité de ce crible au verset 10 où il est manifeste que si tout le peuple passait par le jugement du crible, seuls les coupables étaient condamnés par une destruction définitive mais le grain lui, devait être sauf. Ce crible ne devait laisser tomber que la paille, autrement dit ce qui était vil. C’est ici l’épreuve du feu dont Paul parle en 1 corinthiens 3/. Ce grain qui dans le crible ne tombe pas à terre, c’est ce qui est sauvé au travers du feu que Dieu utilise pour purifier Son peuple afin qu’il ne connaisse pas le jugement du feu qui touchera le monde (2 Pierre 2/9) : « le Seigneur sait délivrer de l’épreuve les hommes pieux, et réserver les injustes pour être punis au jour du jugement ».


Le jugement de la maison de Dieu dont parle Pierre (lorsqu’il dit que le jugement commence par la maison de Dieu), est ici dans ce crible où ce qui est vil est destiné à disparaître dans le feu. Tous nos fondements sont mis à nu dans ce crible où seul ce qui sera précieux subsistera. Le feu que Dieu envoie sur son Église, Sa maison, Son temple, Ses enfants, n’a pas pour vocation de détruire Sa plantation mais plutôt celle de sauver ce qui peut et doit l’être, c’est un feu de purification pour sauver quelques fruits du verger divin.


Au début de ce message j’ai cité la parole de l’apôtre Pierre concernant les temps de la fin où il est dit qu’il viendra des moqueurs demandant où est la promesse de son avènement annoncé par les prophètes. Pierre rappelait que le Seigneur ne tardait pas dans l’accomplissement de sa promesse mais usait de patience envers nous, ne voulant qu’aucun périsse mais voulant que tous arrivent à la repentance. Le contexte de ce passage est celui où Pierre parle du jugement éternel par le feu d’une destruction irrémédiable qui atteindra tous les pécheurs (2 Pierre 3/7).
Quand le peuple s’est éloigné de Dieu, quand les fondements du culte véritable sont détruits et renversés, ce n’est pas le temps de chercher premièrement à multiplier les Béthel décorés, ni de s’accrocher aux Guilgal illusoires, pas même celui de poursuivre les Beersheba desséchés. C’est lorsque l’Éternel retrouve Sa place dans Son temple purifié que ces lieux sont restaurés dans leur signification profonde. Le message communiqué à Israël par le prophète Amos se termine sur une note positive de rétablissement pour la vignoble du Seigneur (Amos 9/ 13) :


« Voici, les jours viennent dit l’Eternel, où le laboureur suivra de près le moissonneur, et celui qui foule le raisin, celui qui répand la semence, où le moût ruissellera des montagnes, et coulera de toutes les collines.. ».


De même, le message du Seigneur à l’église se termine sur une note des plus glorieuses pour le verger du Seigneur :


« .. Et il me montra un fleuve d’eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l’Agneau. Au milieu de la place de la ville, et sur les deux bords du fleuve, il y avait un arbre de vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois… »


Alors cherchons l’Éternel, et Il nous rendra la vie ! (Amos 5/6). Cherchons-le aux sources de la vie ! Que celui qui a soif aille au Trône y recevoir l’eau de la vie qui renouvelle les racines et fait porter du fruit en la saison divine (Esaïe 55, Apocalypse 22/ 17)


Éliane Colard

Comme au travers du feu.




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