samedi 15 novembre 2014

3 La Vigne de Salomon et la Vigne de Jésus-Christ

Troisième partie

Celle qui monte du désert
 
Maintenant il nous faut revenir sur la prophétie d’Osée 2 que j’ai cité au début de ce message. Texte qui parle de l’état de prostitution du peuple de Dieu. Dieu ne veut pas laisser son peuple dans cet état, mais veut lui donner la possibilité de revenir à lui, et cette tendance du cœur de Dieu transpire tout au long de la Bible du début à la fin.

Pour resituer le contexte, Osée 2 dit au verset 2 : « Plaidez contre votre mère car elle n’est point ma femme et je ne suis point son mari ; qu’elle ôte ses prostitutions de son visage et son adultère de son sein !». Souvenez-vous, c’est dans ce passage qu’il est dit que Jérusalem n’avait à la bouche que des noms de Baal au point qu’elle appelait l’Éternel « Baal mon maître ». Prophétisant à propos de cette femme dont Dieu dévoile le jugement qui sera le sien aux versets 12 à 13, Osée rajoute au verset 14 : « C’est pourquoi je l’attirerai, je la conduirai au désert et là je parlerai à son cœur ». La suite de ce passage (le verset 15) comme on le verra, dépendra de l’attitude de cette femme dans ce désert. Et c’est pourquoi ce Cantique parle à deux reprises d’une femme montant du désert ; mais en réalité il est question de deux femmes bien différentes.


Jean parle (comme je l’ai mentionné précédemment) en Apocalypse 12 d’une femme allant au désert. Mais il parle aussi de deux autres femmes respectivement dans les chapitres 17, 18 et 21. N’est ce pas étonnant ? Une femme va au désert, puis l’ange lui montre une femme dans le désert et une autre sur une montagne. Ici le Cantique nous parle d’abord d’une femme montant du désert et présentée comme étant la litière du roi Salomon, puis d’une autre montant du désert appuyée sur son Bien-Aimé. Et ce sont aussi là les deux femmes que l’ange a montré à Jean. La femme qui a été conduite au désert, et poursuivie par le dragon l’ennemi le serpent ancien, représente le peuple de Dieu en tant que principe de Justice et c’est d’elle qu’émanent ces deux entités spirituelles qui selon leur façon de monter du désert appartiendront ou à l’épouse de l’Agneau, ou à la Prostituée.

Cette phrase du Cantique « qui est celle qui monte du désert » est en effet citée par deux fois dans le Cantique mais avec des significations très différentes concernant celle qui monte du désert. Chap. 3/6 et Chap 8/5. Tout dépend de l’attitude de celui que Dieu conduit au désert (Os. 2/14). La façon dont il en ressort définit sa personnalité et détermine son destin. C’est pourquoi l’une de ces femmes remontera du désert au milieu de toutes sortes de poudres des marchands : c’est la litière de Salomon, tandis que l’autre remontera du désert appuyée sur son Bien-Aimé qui a sa demeure sur la montagne des aromates. 
 
Celle qui monte du désert au milieu des aromates et poudres des marchants

Cant. 3/ 6-7 : «  Qui est celle qui monte du désert, comme des colonnes de fumées au milieu des vapeurs de myrrhe et d’encens et de toutes sortes de poudres des marchands. C’est la litière (le lit) du roi Salomon ».

Cette femme décrite comme formant la litière de Salomon et montant du désert au milieu des vapeurs et poudres des marchands, correspond à la description de la Prostituée de la révélation de Jean. Elle monte du désert au milieu de ces vapeurs et poudres de marchands, qui évoquent le mélange de parfums qui enivre et ensorcelle comme les poudres d’enchantement que les prostituées utilisent pour s’attirer les faveurs de leurs amants. C’est pourquoi ces aromates et poudres ne sont pas à confondre avec le parfum de l’épouse : celle-ci porte sur elle l’odeur du Bien-aimé qui réside à la montagne des Aromates. La femme qui monte au milieu des aromates des marchands représente aussi celles qui ne s’étant pas préparées à la venue de l’époux iront se procurer de l’huile chez ceux qui en vendent (les marchands). Ce sont en effet les marchands qui fournissent ses aromates à la femme issue de la vigne de Salomon et qui forme sa litière. Même son vêtement le fin lin est fourni par ces marchands, c’est pourquoi il est différent du fin lin pur et éclatant de l’Épouse (lire Apocalypse 18 à ce sujet).

La description de cette femme de Cantique 3 correspond en effet à celle faite de la prostituée en Apocalypse 18 versets 11 à 13, surtout le verset 13. Ses marchands et fournisseurs sont les grands de la terre et il est dit que toutes les nations ont été séduites par ses enchantements. Elle correspond aussi à ce que prophétisait Ésaïe au chapitre 47 au sujet de Babylone. On note d’ailleurs une similitude entre Ésaïe 47/ 7 et 8 et Apocalypse 18/ 7 (la souveraine qui se vante de ne jamais devenir veuve) , de même entre Ésaïe 47/ 9 et apocalypse 18/ 8 (le jugement qui tombe en un seul jour). Ce jugement avait aussi été prophétisé par Nahum chapitre 3 au sujet de la ville sanguinaire la Babylone spirituelle. Particulièrement le verset 4.

Cette femme qui monte au milieu des poudres des marchands est la litière du roi Salomon, sa couche de fornication constituée de ses 700 femmes et 300 concubines, le gynécée dont l’Épouse doit être préservée si elle veut garder sa virginité pour l’Agneau qui siège sur le mont Sion (Apocalypse 14) appelée la montagne des aromates dans ce Cantique. 
 
Celle qui monte du désert appuyée sur son bien-aimé

Celle-là est concernée par la suite du verset d’Osée 2/ 14. En effet au verset 15 le prophète annonce « Et de là, je lui donnerai ses vignes et la vallée d’Acor comme une porte d’espérance ». « Et de là » doit être compris comme « lorsque je la ferai monter de ce lieu » c’est à dire du désert. 

La vallée d’Acor est un lieu qui parle d’affliction et de tourment : Dieu donnera à celle qui monte du désert appuyée sur son bien-aimé non seulement de posséder les vignes que l’ennemi avait voulu lui dérober, mais encore la capacité de traverser les temps d’affliction en transformant l’épreuve en bénédictions, de sorte qu’elles ouvrent une porte permettant d’entrer en la présence du Bien-aimé. C’est exactement ce qui est aussi prophétisé dans le Psaume 84  aux versets 5 et 6 au sujet de ceux qui s’appuient sur le Seigneur leur Bien-aimé. Ésaïe aussi a prophétisé sur la vallée d’Acor qui sera comme un refuge pour le peuple qui aura cherché l’Éternel (Ésaïe 65/10). A cette femme qui s’appuiera sur son Bien-aimé en remontant du désert de l’affliction, Dieu donnera donc de posséder ses vignes (comme la Sulamithe le déclare à la fin du Cantique) et de trouver la porte d’espérance qui mène aux noces de l’Agneau. C’est la porte qui s’ouvre pour laisser entrer les vierges sages de la Parabole. Du reste, toute la suite du chapitre d’Osée 2 se focalise sur cet aspect de la rencontre de l’époux avec celle qui lui est réservée. Où l’on voit que celle qui remonte du désert appuyée sur son bien –aimé ne considère pas le Bien-aimé comme un maître, un baal comme les autres mais comme un époux (verset 19). Et le verset 22 qui parle de Jizréel nous ramène à la vigne de l’épouse par une référence à la vigne de Naboth image par excellence de la vigne du Seigneur. C’est important de comprendre que les paroles de tous les Prophètes ancienne et nouvelle alliance confondues, convergent vers une seule et même réalité qui prend sens à la fin de l’histoire de l’humanité créée par Dieu et pour Dieu.

Cette femme qui monte du désert appuyée sur son Bien-aimée porte sur elle le parfum de l’époux et non pas les aromates des marchands. Connectée au cœur de l’Époux dont la sève coule en elle, tout son être est enduit de Son huile parfumée et c’est pourquoi la myrrhe s’écoule de ses mains (Cantique 5/5) au moment où elle ouvre la porte. 
 
L’Époux réside sur la montagne des aromates et son parfum d’aromates se répand sur sa Bien-Aimé sa promise, la Sulamithe qui est une habitante des jardins. Elle est elle-même aussi un parfum qui répand son odeur pour son Bien-Aimé. Cantique 1/ 12 montre qu’alors que Salomon est adulé par sa cour, le nard de la Sulamithe répand son parfum, mais c’est pour le Bien-Aimé uniquement et non pour Salomon. C’est pour cela que celui-ci dira au chapitre 4 verset12 à l’attention de la Sulamithe : « Tu es un jardin fermé, une source scellée ». Le jardin et la source de la Bien-Aimée sont pour le Bien-Aimé. Elle est un parterre d’aromates pour le bien-aimé où celui-ci vient la rencontrer (Cant. 6/2). Et en Cant. 7 au verset 10, alors que Salomon reconnaît que la Sulamithe est une vigne donnant un vin excellent, celle-ci lui répond que ce vin est réservé à son Bien-Aimé. Tous les fruits de la Bien-aimée sont réservés pour le Bien-aimé dont les désirs se portent vers elle (verset 11). Il est dit au verset 14 : «  Les mandragores répandent leur parfum, et nous avons à nos portes tous les meilleurs fruits, nouveaux et anciens, mon bien-aimé je les ai gardés pour toi ». C’est la clé de la fidélité de l’épouse : elle se garde pour son époux qui la visitera pour apprécier son fruit à la saison des amours dont la venue sera annoncée par le parfum des mandragores dont parle ce verset.

La danse de deux chœurs (ou la danse à deux camps).

« Qu’avez-vous à regarder la Sulamithe comme une danse de deux chœurs ?» (Cantique 6/13 ou 7/1).

Dans le Cantique, la Sulamithe est constamment prise entre deux feux et c’est ce qu’exprime ce verset. On a sans cesse l’impression d’un chant d’amour de deux camps qui veulent gagner son cœur. L’esprit qui anime le fils de perdition cherche à conduire le peuple de Dieu dans une danse à deux camps, l’entraînant à clocher des deux côtés sans savoir dans quel sens aller. Et c’est pourquoi aussi l’Esprit d’Élie qui agit au travers de l’onction des fils d’Issacar, est envoyé par le Seigneur afin d’opérer une action de séparation dans les cœurs, pour éviter que le châle des vierges ne soit ôté. L’Esprit d’Élie est envoyé à l’église pour préparer l’Épouse à la venue de l’Époux, faire en sorte qu’elle sache entendre et discerner ce que dit l’Esprit de Dieu en ce temps de confusion. La Sulamithe doit pouvoir distinguer la voix du Berger non seulement de la voix des bergers. Car ces derniers la conduisent à leur cabane et non pas à la demeure du bien aimé. Elle doit aussi pouvoir discerner la voix de l’Époux de celle du Salomon des temps de la fin. L’oreille de l’Épouse doit être affinée et son discernement de plus en plus aiguisé.

Salomon et le Berger ne voient pas la Sulamithe de la même façon. Salomon ne supporte pas son regard (Cantique 6/ 5) : «  détourne de moi tes yeux car ils me troublent ». Alors que le Berger aime que Sulamithe le regarde (Cantique 2/14) : « ma colombe qui te tient dans les fentes du rocher, qui te cache dans les parois escarpées, fais-moi voir ta figure, fais-moi entendre ta voix ; car ta voix est douce et ta figure agréable ». Et la fin du chapitre 6 se termine sur un appel de Salomon au cœur de la Sulamithe (Reviens, reviens Sulamithe) qui s’écarte de plus en plus de lui : elle commence à discerner qu’elle est prise entre deux feux, deux amours opposés en nature. C’est pourquoi la scène à laquelle les filles de Jérusalem assistent, montre une Sulamithe comme dans une danse à deux chœurs, entre deux camps.

Il ne faut pas qu’il en soit ainsi de la Bien-aimée du Seigneur. Or l’ennemi ne cessera de nous pousser dans cette sorte de danse où le cœur balance entre deux amours. Mais la bien-aimée du Seigneur n’est pas un cœur à prendre. En tant que Vigne du Seigneur nous ne sommes pas une friche destinée à être accaparée pour accroître la vigne de Baal-Hamon et contribuer à sa prospérité de son exploitation. Comme Naboth, notre vigne n’est pas à vendre, Nous devons être comme la petite sœur de la Sulamithe une forteresse imprenable (Cantique 8/ 9). Sulamithe se définit d’ailleurs dans la suite du chapitre 8 comme celle qui a trouvé la paix. Elle a refusé la paix de Salomon (dont le nom signifie pacifique) pour préférer celle du vrai prince de paix Jésus-Christ, l’Époux.

L’Église doit refuser d’entrer dans cette danse c’est pourquoi l’onction des fils d’Issacar lui est donnée : afin de lui permettre de discerner les temps et comprendre dans quel sens elle doit se mouvoir pour être en mesure de chanter le Cantique de l’Agneau avec ceux qui Le suivront sur la montagne de Sion.

Les vierges qui suivent l’Agneau

Il s’agit ici de celle qui monte du désert en s’appuyant sur son Bien-aimé qui réside sur le mont des aromates (Cant. 8/14) ce mont est la figuration du mont Sion (Ésaïe 8/18). Jean parle de la présence de la vierge pure sans tache ni ride qui suit l’Agneau sur la montagne de Sion (Apocalypse 14/1.).

De même que la Prostituée est représentée par un groupe de personnes appelé les filles de Jérusalem symbole de prostitution spirituelle, l’Épouse de l’Agneau elle aussi est représentée par un groupe de personnes appelé «  les vierges » : ceux qui ne se sont pas souillés avec le gynécée (symbole de virginité spirituelle). Ces vierges au nombre symbolique de 144 000, Jean les voit sur la Montagne de Sion suivant l’Agneau partout où il va ; ce qui est tout à fait normal pour l’Épouse de l’Agneau.

Ce chiffre est symbolique et non limitatif car il représente ceux qui ont été rachetés d’entre les hommes de la terre. La plupart des traductions parlent de ceux qui ne se sont pas souillés avec des femmes et qui sont restés vierges (ainsi que je l’ai déjà mentionné à propos du gynécée), et de là certains ont pensé qu’il s’agissait d’hommes en tant que genre excluant de ce fait des femmes. Or il serait étonnant que le sceau de Dieu (apocalypse 7) que portent ces 144 000 sur le front n’ait été apposé que sur des hommes, qui seraient les seuls à avoir sur leur front le nom de Jésus et de son père (promesse faite à l’église de Philadelphie). Une telle interprétation excluant des femmes serait absurde car elle reviendrait aussi par parallélisme des symboles à considérer que les 10 vierges de la parabole ne représentent que des femmes, ou encore que l’Épouse de l’Agneau ne serait composée que de femmes, que la Prostituée d’apocalypse 17 et 18 ne représente que le genre féminin etc et la liste serait longue tant la Bible utilise ce genre de symboles représentant l’adultère ou la fidélité. C’est pourquoi il ne s’agit pas de genre dans ces prophéties mais de principes spirituels représentant tantôt l’Épouse de l’Agneau tantôt la Prostituée. D’ailleurs ici le texte dit en parlant de ces 144000 qu’ils sont sans tache devant le trône de Dieu ce qui est une caractéristique exclusive de l’Épouse de l’Agneau, le peuple de Dieu appelé à se sanctifier pour l’Époux (Éphésiens. 5/27, 2 Pi 3/14). De toutes les façons ce qui est écrit dans ce chapitre ne peut s’appliquer qu’à l’Épouse de Jésus-Christ car c’est elle qui est appelée à ne pas se souiller avec le gynécée de Salomon, l’appartement des femmes, qui comme je l’ai mentionné ci-dessus représente symboliquement le lit de la Prostituée figurée dans le Cantique par la litière de Salomon.

Ce chiffre symbolique de 144 000 représente la mesure spirituelle de la cité céleste, la Nouvelle Jérusalem Épouse de l’Agneau. Il est dit que l’ange qui parlait à Jean tenait un roseau d’or pour mesurer la ville ses portes et sa muraille : 12000 stades de côté. Or la ville comporte 12 portes par lesquelles ceux qui composent l’Épouse entreront dans la Cité (Apocalypse 22/14). Et j’avais partagé dans un autre message ce que représentent pour nous ces portes qui sont les 12 tribus d’Israël. Le texte d’Apocalypse 7 lui-même nous indique que ce chiffre de 144 000 est obtenu en multipliant les 12000 par le nombre de tribus d’Israël qui sont au nombre de 12. De là certains ont encore conclu que ces 144 000 ne représentaient que des membres du peuple d’Israël : uniquement le peuple Juif à l’exclusion de tous autres. Seulement cette explication pêche sérieusement lorsque l’on lit les mêmes chiffres en Apocalypse 21 qui décrit la Jérusalem céleste et ses mesures. Si ce chiffre représentait le peuple d’Israël exclusivement cela signifierait que l’Épouse de l’Agneau ne serait pas composée de tous ceux que le Père a racheté d’entre les hommes c'est-à-dire des gens de toutes nations toutes races toutes tribus, mais uniquement le peuple d’Israël. Or ceci est tout aussi absurde que considérer que ces 144 000 ne représentent que le genre masculin. De toute façon cette explication n’a aucun sens puisque le texte d’Apocalypse 7 qui parle le premier de ce chiffre de 144 000, précise qu’avant que des fléaux ne soient relâchés sur la terre l’ange qui tenait le sceau de Dieu devait marquer ceux qui appartenaient à Dieu et qui étaient ses serviteurs. Si les marqués du sceau de Dieu ne devaient compter que des membres du peuple d’Israël, c’est qu’il y aurait un problème immense avec le Christianisme et le message que portent ceux qui se sont donnés à Dieu depuis les débuts de l’Église qui rassemble des personnes de toutes nations, tout peuples et tribus de la terre. 

Cela voudrait aussi dire que la lettre à l’église de Philadelphie à qui Jésus dit à celui qui vaincra qu’il écrira sur son front son nom et le nom de son Père (Apoc. 3/12), ne devrait aussi concerner que des membres du peuple d’Israël puisque Jean dit au chapitre 14/1 que ce sont ces 144 000 qui portent sur leur front le nom de Jésus et celui de son père. Il s’agit là du sceau de Dieu. De même qu’il y a une marque de la bête avec le nombre de son nom, il y a aussi une marque de Dieu (le sceau) sur ceux qui lui appartiennent avec le nombre du nom de l’épouse et c’est ce nombre que nous avons ici. C’est ce sceau de Dieu avec le nombre de son nom que porte l’Épouse, et ce nombre est de 144 000, mesure complète de la Cité céleste. S’il fallait considérer l’énonciation de ces 12 tribus mentionnées autrement que sur un plan strictement spirituel, on ne saurait expliquer l’absence de Dan, ni la présence de Manassé en même temps que son père Joseph. Le livre de la révélation de Jean est prophétique, aussi son contenu ne peut être abordé et perçu que de cette façon et non pas de façon strictement littérale. 

C’est pourquoi ces 12 tribus citées chacune au nombre de 12 000 représentent prophétiquement des portes spirituelles par lesquelles le peuple racheté de Dieu entre dans la Cité aux solides fondements. Ces 144 000 symbolisent la foule nombreuse, restée fidèle à l’Agneau, que Jean a vu après l’énonciation du nombre des 12000 par tribus (Apocalypse 7/9), foule revêtue de robes blanches qui se tenait devant le trône conformément à ce qui est dit en Apocalypse 14/ 5. Ce sont aussi les grandes (ou grosses) eaux dont Jean a entendu les voix semblables à celles de joueurs de harpe devant le trône (Apocalypse 14/2). Et le verset 3 précise que ces voix chantaient un cantique nouveau qui ne peut être chanté que par les 144 000. Autant de détails qui confirment que ces 144 000 sont cette grande foule car les eaux représentent les foules que ce soit celles qui forment l’Épouse ou celles qui constituent le lit de la Prostituée (Apoc. 17/15). 
 
Ne pas réveiller l’amour avant le temps 

« Je vous en conjure filles de Jérusalem, par les gazelles et les biches des champs, ne réveillez pas, ne réveillez pas l’amour avant qu’elle le veuille ». 
 
Les versions Martin et Ostervald disent «  Ne réveillez pas celle que j’aime.. ». Et la version Darby : « Ne réveillez pas mon amour ». Cela signifie que l’amour de la Sulamithe ne doit pas être réveillé avant son temps. Il y a un temps, une saison des amours pour la Sulamithe. Or les filles de Jérusalem ne respectent pas ce temps. Elles sont à la solde de Salomon le séducteur. Celui-ci se présente avant le Bien-Aimé dans le but de ravir le cœur de la Bien-Aimé. Il représente spirituellement celui au sujet duquel Jésus avait avertit (Jean 5/43) en disant « Si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez ». Il est celui qui venant avant le Christ pour séduire l’Élue de Son cœur, est un anté-christ. Et il ne faut pas que l’amour de l’Épouse soit éveillé pour lui. Or les filles de Jérusalem et Salomon ne cessent d’éveiller les émois et la sensualité de la Sulamithe pour l’encourager à se donner au premier venu, en l’occurrence à Salomon.

La même supplique « Ne réveillez pas l’amour avant qu’elle le veuille » se retrouve en deux endroits qui interpellent. D’abord en Cantique 3/5 où elle précède la mention de celle qui monte du désert au milieu des poudres des marchants, puis en Cantique 8/4 où elle précède cette fois la mention de celle qui monte du désert appuyée sur son Bien-aimé. Par ce détail non négligeable, nous sommes interpellés à faire la distinction, car ces deux femmes ne sont pas à confondre ; et une des choses qui fera la différence sera la manière dont leur amour aura été réveillé. Les émois et les sens d’une vierge qui veut rester pure jusqu’aux noces ne doivent pas être exacerbés avant le temps. Sinon elle est poussée à offrir les trésors de son intimité au premier venu. Le cœur de la Sulamithe devait s’attacher au Berger et non pas à Salomon, or Salomon s’est présenté le premier et n’a cessé de la distraire de sa recherche du bien aimé n’hésitant pas à la tromper en se faisant passer pour lui.

L’amour de l’Épouse, la Bien-aimé de Jésus-Christ ne doit être réveillé qu’au moment opportun, pour et par le bien-aimé. C’est lui qui doit réveiller son amour ; c’est pourquoi il est dit à la suite de ce même verset chapitre 8 verset 5 « Je t’ai réveillé sous un pommier ». Or c’est à un pommier que la Sulamithe assimile son Bien aimé (Cantique 2/3) : « Comme un pommier au milieu des arbres de la forêt, tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes. J’ai désiré m’asseoir à son ombre.. ». Aussi, ce n’est pas étonnant que la Bien-aimée soit réveillée en cet endroit si elle est assise à l’ombre du Bien Aimé. Elle s’endort là où elle s’est assise et par conséquent se réveille au même endroit. La parabole des vierges illustre le fait que toutes les 10 vierges se sont endormies mais toutes ne sont pas réveillées dans le même état. 5 étaient remplies d’huile alors que les 5 autres étaient à vide. Les 5 à la réserve remplie d’huile représentent les vierges qui suivront l’Agneau sur la montagne de Sion parce qu’elles se sont endormies assises à l’ombre du Bien-Aimé, c’est en cet endroit qu’elles seront réveillées par la voix qui dira au moment opportun : « Voici l’Époux allez à sa rencontre ». Celles qui se sont réveillées à vide ont entendu aussi la voix mais elles ne s’étaient pas endormies dans le même état ; elles n’étaient pas assises à l’ombre du pommier. Être réveillé sous le pommier (c'est-à-dire à l’ombre du Bien-aimé) doit évoquer pour nous ce que décrit notre Seigneur Jésus en Jean 15 : le Sarment qui demeure en Christ le Vrai Cep reçoit la sève qui coule et travaille même durant tout le temps de sa dormance. Et au temps de la maturité, le fruit formé qui est de la même nature que le Cep, peut être cueilli.

La Sulamithe n’a pas cédé aux avances de Salomon, elle a réservé son cœur pour le Berger son bien-aimé. Elle a attendu la saison des amours (Cantique2/ 10 à 14) symbolisée par la fin de l’hiver, le temps des chants, la voix de la tourterelle, la fertilité du figuier et la floraison de la vigne. C’est le temps où elle donnera son amour au Bien-aimé : lorsque les feuilles du figuier auront verdi et où la maturité de la vigne sera suffisamment avancée pour que la grappe soit formée, pas avant (autant de signes signalant l’accomplissement des temps). Il est fait référence ici au stade de l’homme fait que doit atteindre le peuple de Dieu pour devenir l’Épouse pure parfaite et sans tâche : un stade où Christ est parfaitement formé en lui au moment de la maturité du fruit. C’est là l’âge nubile de la fiancée pour devenir une épouse dont le fruit peut être consommé, pas avant. Les fruits peuvent être là mais si leur temps de maturité n’est pas atteint, il faut encore attendre que ce soit le cas. Et la Sulamithe qui image l’Épouse, doit conserver ce fruit sans le laisser cueillir par un autre avant que n’arrive le temps des épousailles avec celui qui est appelé à être son époux, son Bien-aimé. Paul dit (2 Corinthiens 11/2) : « …parce que je vous ai fiancés à un seul Époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure ».

Il y a un temps de fiançailles où le fiancé fait la cour à la fiancée, où celle-ci se languit de lui et un temps qui vient après pour la consommation du fruit de leur amour et c’est pourquoi nous retrouvons cet avertissement dans le livre «  filles de Jérusalem ne réveillez pas celle que j’aime avant qu’elle le veuille ! ». C’est en effet au soir des noces que le jardin de la bien-aimée s’ouvre pour la consommation de son fruit par le Bien-Aimé et par personne d’autre. C’est une femme vierge pure sans tâche ni ride qui va aux noces de l’Agneau. Une femme dont la virginité sera intacte et la robe blanche parce qu’elle n’aura pas fréquenté la litière de Salomon où les femmes se donnent sans attendre.

La voix de l’époux 

Un amour réveillé avant le temps peut faire tomber dans la danse à deux chœurs. C’est la voix de l’Époux qui doit réveiller l’Épouse et éveiller son cœur à l’amour et pas une autre voix. La Sulamithe a entendu cette voix lorsque l’époux l’a interpellée en lui indiquant l’arrivée de la saison des amours (Cantique 2/10) : « Mon bien-aimé parle et me dit : lève-toi ma bien-aimée ma belle et viens ! ».

Jésus dit dans le texte où il se présente comme le vrai Berger des brebis (Jean 10) : « tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands et les brebis n’ont pas écouté leur voix ». C’est pourquoi le travail de l’Esprit est d’affûter le discernement de l’Épouse afin qu’elle sache entendre et discerner la voix de l’Époux l’appelant à la saison des amours afin de pouvoir entrer à sa suite dans la salle des noces. 
 
La voix de l’Épouse

Jean termine la Révélation reçue du Seigneur Jésus-Christ en disant (Apocalypse 22/17) : « Et l’Esprit et l’Épouse disent : Viens. Que celui qui entend dise : Viens ! ».

A un moment donné, quand approchera le temps de la rencontre de l’Époux avec son Épouse, le Bien-Aimé appellera sa fiancée à faire entendre sa voix, une voix qui se mêlera à celle de l’Esprit pour dire la même chose : « Viens ! ». L’Épouse doit appeler la venue de l’Époux et l’Église doit entendre cette voix qui dit viens ! C’est afin de pouvoir dire elle aussi « viens ! » car Jean prophétise que celui qui entend doit aussi dire « viens ! ».

C’est Jésus lui-même qui suscite le désir de sa venue en son Épouse. En Cantique 8/ 13 le Bien-Aimé s’adresse à la Sulamithe en disant : « Habitante des jardins, des amis sont attentifs à ta voix, fais que je l’entende ». Et en réponse à cela, la Sulamithe lui fait entendre sa voix qui dit : « Fuis mon Bien-Aimé, sur les montagnes des aromates ».

De même nous avons en Cantique 2/14 l’appel du Berger à sa bien-aimé : «Ma colombe qui te tiens dans les fentes du rocher,..Fais-moi entendre ta voix …». Et pareillement la réponse de la Sulamithe se fait entendre en Cantique 2/17 : « Reviens mon Bien-Aimé comme la gazelle ou le faon des biches, sur les montagnes qui nous séparent ».

Ces deux réponses de la Sulamithe qui semblent à contretemps dans un sens chronologique du Cantique, correspondent comme je le disais au début de ce message aux deux niveaux prophétiques de ce Cantique : l’ancienne et la nouvelle alliance où la Sulamithe incarne à la fois le peuple d’Israël qui a accueilli le Messie lors de sa première venue, et en même temps l’Épouse de l’Agneau plus globalement qui se prépare à accueillir l’Époux.

Une fois la voix que fait entendre la Sulamithe à la demande de l’époux est « fuis », une autre fois cette même voix dit « Viens ». J’avais dit que les deux premiers chapitres du Cantique résument le drame entier de la lutte de la Sulamithe. Ainsi, Cantique 2/17 qui est la fin du deuxième chapitre, s’inscrit comme le dénouement final lors de la venue de l’époux, alors que le verset de Cantique 8/13 est le dénouement de la première venue du Messie en Israël en tant que sauveur. La Sulamithe symbolise le peuple d’Israël qui lors de cette première venue a accueilli l’Époux (Comme l’explique très bien Frédéric Godet) mais devait aussi le laisser repartir sur la montagne des aromates. Car il était avantageux pour nous qu’il en soit ainsi comme Jésus l’avait dit aux disciples en Jean 16/ 7, et comme il l’avait aussi dit à Marie en Jean 20/17. Et c’est pourquoi peu de temps après que la Sulamithe ait été en présence de son bien-aimé, elle lui avait dit « fuis sur le mont des aromates ». 

Normalement une bien-aimée n’est pas pressée de laisser son bien-aimé s’éloigner d’elle. Mais c’est ainsi que se termine le chapitre 8 de ce Cantique, elle le laisse partir et lui enjoint même de partir. Or ce n’est pas là, la fin heureuse d’une histoire d’amour. C’est pourquoi ce n’est pas là la fin de l’histoire d’amour relatée dans ce Cantique. Cette fin est résumée à la fin du chapitre 2 qui réunit tous les éléments précurseurs de la venue de l’Époux (pas celle du Sauveur mais de l’Époux) et sa réunion avec l’épouse pour les noces de l’Agneau. Et c’est pour cela que la voix de Sulamithe se fait entendre à ce moment-là pour dire «  Reviens ! » Ce qui sous entend que le Bien-Aimé était déjà venu une première fois.

Cette voix que l’épouse doit faire entendre à ceux qui y sont attentifs (terme utilisé en Cantique 8/13), c’est la même que l’Esprit fait entendre à ceux qui ont des oreilles. Cette même voix qui dit « Viens » doit être entendue à mesure que les temps sont menés vers leur accomplissement. Cette voix annonce une saison où la vigne fleurit, où le figuier qui était stérile (lors de la venue du Sauveur) donne enfin son fruit : Cantique 2/ 13.

Mais surtout cette voix proclame l’arrivée de l’étoile du matin qui annonce aussi la levée de l’aube après la nuit : « Avant que l’aube se lève et que les ombres fuient, reviens mon Bien-Aimé, comme la gazelle ou le faon des biches sur les montagnes qui nous séparent ». Cantique 2/ 17.

Jésus l’Époux est l’étoile brillante du matin (Apocalypse 22/16) qui apparaîtra avant que le vent du jour souffle. Et à sa menace, les ombres de la nuit s’enfuiront. C’est là la fin heureuse de l’histoire d’amour du Cantique des cantiques qui confirme tout ce que Jean a annoncé.

« Celui qui atteste ces choses dit : oui je viens bientôt. Amen ! Oui Seigneur Jésus, viens ! » Apocalypse 22/20.


 
Éliane COLARD (novembre 2014)





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1 commentaire:

  1. Beaucoup de chrétiens ont été habitués par leur lecture de commentaires extra-bibliques à voir un personnage Christique dans l'exemple du roi Salomon. Il me semble qu'il serait donc utile de rajouter un peu plus de détails bibliques pour révéler ce qui fait de Salomon une figure prophétique de l'antichrist dirigeant la religion mondiale qui va se mettre en place « là même où leur Sauveur a été crucifié ». Car beaucoup de lecteurs occasionnels de la Bible ont été voilés sur la véritable nature prophétique du type de Salomon et ils risquent de ne pas comprendre les avertissements de l’Écriture.

    Car enfin :

    - Salomon édifie le Temple avec l'aide de Hiram roi de Tyr. Or la Bible est très claire sur l'identité spirituelle de ce prince qu'on ne devrait pas confondre avec le Christ : « Fils de l'homme, dis au prince de Tyr: Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel: Ton coeur s'est élevé, et tu as dit: Je suis Dieu, Je suis assis sur le siège de Dieu, au sein des mers! Toi, tu es homme et non Dieu, Et tu prends ta volonté pour la volonté de Dieu. » (Ez. 28 : 2.)

    - Salomon astreint les 12 tribus à des corvées annuelles sous le prétexte initial de bâtir le Temple de YHWH (7 ans);

    - Puis il profite de la consécration du peuple et de sa main-d'oeuvre gratuite (1 mois de corvées par an et par tribu) pour se faire bâtir son palais personnel. Mais là il prend deux fois plus de temps (14 ans) que pour l'édification de « la Maison de Dieu »...

    - il désobéit à l'ordre de Dieu en épousant des multitudes de femmes et en amassant de l'argent et de l'or : « Qu'il n'ait pas un grand nombre de femmes, afin que son coeur ne se détourne point; et qu'il ne fasse pas de grands amas d'argent et d'or. »(Deut. 17 : 17.)

    - le nombre six cent soixante six est présent seulement 3 fois dans l'Ancien Testament et une fois dans le Nouveau. Deux fois il concerne Salomon (1 Rois 10 : 14 et 2 Chroniques 9 : 13.), une fois concernant le nombre des fils d'Adonikam (Esdras 2 : 16.) Or « Adonikam » signifie « un Seigneur s'est levé » et une dernière fois, il concerne de « nombre de la Bête » dans Apocalypse 13 : 18. L'apôtre Jean savait donc précisément de quoi il parlait en employant ce nombre de six cent soixante six.

    - après cela Salomon fait édifier des palais pour ses femmes étrangères épousées pour raisons de paix diplomatiques. (voir à ce propos Dan. 2: 43 qui à propos de cet homme impie parle littéralement de rechercher la paix en faisant des alliances « par des semences humaines ») :

    - Salomon achève son œuvre de séduction en entraînant le peuple à pécher avec lui en le faisant participer dans Jérusalem à l'édification des temples d'idoles pour chacune de ses femmes étrangères qui l'ont épousé sans abandonner leurs dieux.

    - la paix du pays du temps de Salomon provenait de ces alliances contre-nature et de l"épuisement du peuple à les établir par ses corvées annuelles. La division du royaume en sera malheureusement la conséquence...

    - On peut aussi faire le rapprochement entre la sagesse de Salomon et celle du roi de Tyr (Ez 28: 12.).

    Je suis sûr que les lecteurs attentifs pourront trouver d'autres concomitances troublantes entre l'anti-christ et le type prophétique du roi Salomon, (re)bâtisseur d'un temple terrestre qui ne sera pas fait de pierres vivantes...

    Dieu n'a-t-il pas dit à David : « YHWH t'annonce qu'Il te fera une maison » ?

    Qui bâtit quoi ?



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