vendredi 23 octobre 2009

Soumission ou obéissance ?

 
Il existe une malheureuse confusion entre la notion de soumission (qui est biblique) et la notion d'obéissance (qui n'est pas obligatoirement imposée par la Bible). A ce sujet, il est très important de ne pas déformer l'Écriture Inspirée. Dans la Bible, il n'est pas ordonné « d'obéir aux autorités » comme le disent certains, mais d'être « soumis aux autorités ». Ce qui n'est pas la même chose, même si beaucoup ne semblent pas discerner la différence! 

Regardons ensemble ce qui est réellement écrit :

« Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu.
 
2 C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre que Dieu a établi, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux–mêmes. 3 Ce n’est pas pour une bonne action, c’est pour une mauvaise, que les magistrats sont à redouter. Veux–tu ne pas craindre l’autorité? Fais–le bien, et tu auras son approbation. 4 Le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains; car ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal. 5 Il est donc nécessaire d’être soumis, non seulement par crainte de la punition, mais encore par motif de conscience. » (Rom. 13. 1 à 5.)
 
Le discours de Paul à ce sujet nous parle du respect des choses ÉTABLIES par Dieu et non pas d'obéir aveuglément à des ordres injustes. Lorsque Paul écrit ces lignes aux chrétiens de Rome, Néron commence justement à les poursuivre et à les persécuter. Ceux qui voulaient échapper à cette persécution auraient pu prendre prétexte sur cette mauvaise compréhension qui prétend qu'il faut « obéir aux autorités » et simplement obéir aux ordres des soldats qui leur imposaient d'adorer leurs (nombreux) dieux. Il auraient ainsi sauvés leur corps mais malheureusement perdu le salut de leur âme. 
 
L'histoire nous montre que les disciples de l'époque savaient ce qu'il avaient à faire, sans hésitation et quel qu'en soit le prix. Pour eux, accepter l'autorité en place et se soumettre à elle ne voulait pas dire obéir à des ordres contraires à l'enseignement biblique. Et beaucoup ont payé de leur vie, à travers de grandes souffrances, cette fidélité au Dieu de l'Écriture. Il n'ont pas contesté l'autorité (Néron) « établie par Dieu », mais il ont refusé d'obéir à ses ordres injustes.
 
Nébukadnetzar roi de Babylone est considéré par les prophètes comme un marteau employé par Dieu pour corriger le peuple d'Israël et les nations environnantes (Jer. 51. 20.) . Mais concernant son action en faveur du prophète Jérémie, il est un protecteur et un libérateur (Jer. 39.). Paul devait y penser quand il a écrit :
 
« Veux-tu ne pas craindre l’autorité? Fais-le bien, et tu auras son approbation. Le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien. » (Rom. 13. «3-4.)
 
Daniel nous fait la même démonstration pendant son séjour à Babylone. 
 
Je voudrais pourtant mettre en garde contre une mauvaise raison de refuser d'obéir à un ordre injuste. Pour agir d'une manière qui soit conforme à la volonté de Dieu, il est impératif de bien Le connaître et aussi d'aimer Ses commandements. Car Dieu n'attend pas de nous des actes d'insoumission aux autorités, mais une obéissance dans l'amour à Ses commandements.
 
Celui qui, dans un esprit de révolte, refuse d'obéir aux autorités établies parmi les hommes, ne fait pas la volonté de Dieu et aura à en rendre compte. Cependant, celui qui décide d'obéir à Dieu pourra éventuellement se trouver contraint de refuser d'exécuter certains ordres injustes venant d'hommes en position d'autorité. Mais ce n'est pas pour autant qu'il remettra en cause les « autorités établies par Dieu ». Son refus d'obéir ne viendra pas d'un esprit de révolte, mais d'un désir d'obéissance à des commandement qui viennent de plus haut, c'est à dire de Dieu.
 
« Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. » (Actes 5. 29.)
 
Cette manière de mettre Dieu à sa place d'Autorité suprême a un prix. Un prix qui peut être la persécution, l'emprisonnement, ou même la perte de sa vie physique. Toute l'histoire de l'Église est là pour nous le rappeler. Mais nous savons aussi que Dieu donne la force de supporter toutes choses quand elle sont vécues à cause de son Nom.
 
A titre d'exemple, pendant la dernière guerre mondiale, les protestants de France ont décidés d'accueillir les juifs alors que le gouvernement de Vichy avait donné l'ordre de les livrer à la police. Marc Boegner leur président, a publiquement exhorté tous les protestants à le faire. Il s'est basé pour cela sur des textes d'amour et de compassion qui parlaient d'accueillir « l'étranger » et « ceux qu'on même à la mort ».
 
Il y a eu aussi, malheureusement, des pasteurs pentecôtistes et évangéliques qui ont interdit à leur ouailles d'accueillir des juifs, sous prétexte de « soumission aux autorité ». Mais l'amour du prochain et de la vérité étaient absents de leurs motivations... il avaient surtout peur de voir leurs salles fermées et de perdre ainsi leur revenus. La crainte avait remplacé l'amour...
 
« La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour. » (1 Jean 4. 18.)
 
Il peut arriver dans la société, la famille ou le couple, que l'autorité en place ait des exigences qui soient en opposition avec la Parole. Il existe malheureusement des gens dans les systèmes religieux qui prétendent qu'il faudrait néanmoins obéir (quelque soit la chose injuste exigée) sous prétexte de «soumission à l'autorité ». 
 
J'ai écrit ce billet pour que les personnes qui ont des telles autorités injustes au dessus d'elles comprennent bien que selon la Bible, elles ne sont pas tenus de leur obéir. Mais il est impératif de chercher la face de Dieu afin d'avoir la sagesse et la force d'obéir à l'ordre supérieur que Dieu donne.
 
Il faudra peut-être refuser en face certains ordres, ou prendre de la distance, ou demander la protection d'autorités supérieures. Dieu est près de ceux qui souffrent de l'injustice et qui ne veulent pas y participer et Il répond à leurs demandes quand ils crient à Lui. Il leur ouvrira un chemin de libération et leur donnera la sagesse et le courage d'agir selon sa volonté.
 
En résumé, celui qui aime Dieu et qui le connait ne cherchera pas à savoir dans quelles circonstances « il aurait le droit » (!) de désobéir, mais il cherchera la volonté de son Père pour obéir à ses commandements d'amour. Et il le fera sans remettre en cause la légitimité des autorités en place « qui ont été instituées par Dieu ». Car les ennemis qu'il a à combattre ne sont pas de chair et de sang, mais sont des ennemis spirituels (Eph. 6. 1.) qui font la guerre à son âme. Et ce n'est qu'en demeurant « dans la Parole » qu'il aura une vision claire du véritable combat spirituel et qu'il pourra recevoir la liberté d'obéir à Dieu sans crainte. 
 
« Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera. » (Jean 8. 31-32.)

Jean-Luc