mercredi 2 février 2011

Viens me rejoindre sur l'eau !

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Le passage relatant la marche de Jésus et Pierre sur l’eau est une remarquable leçon sur le rôle de la foi chez le disciple. Trois évangélistes rapportent l’incident : Matthieu, Marc et Jean.
Chacun le raconte à sa manière. Certains éléments se recoupent, d’autres diffèrent. La combinaison des trois descriptions nous donne une bonne idée de ce qui s’est passé sur la mer de Galilée cette journée-là. Lisons le récit de Matthieu :


'' Aussitôt après, il obligea les disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l’autre côté, pendant qu’il renverrait la foule. Quand il l’eut renvoyée, il monta sur la montagne, pour prier à l’écart ; et, comme le soir était venu, il était là seul. La barque, déjà au milieu de la mer, était battue par les flots ; car le vent était contraire. A la quatrième veille de la nuit, Jésus alla vers eux, marchant sur la mer.Quand les disciples le virent marcher sur la mer, ils furent troublés, et dirent : C’est un fantôme ! Et, dans leur frayeur, ils poussèrent des cris. Jésus leur dit aussitôt : Rassurez–vous, c’est moi ; n’ayez pas peur ! Pierre lui répondit: Seigneur, si c’est toi, ordonne que j’aille vers toi sur les eaux. Et il dit : Viens ! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus.Mais, voyant que le vent était fort, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer, il s’écria : Seigneur, sauve–moi ! Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit: Homme de peu de foi, pourquoi as–tu douté ? Et ils montèrent dans la barque, et le vent cessa. Ceux qui étaient dans la barque vinrent se prosterner devant Jésus, et dirent: Tu es véritablement le Fils de Dieu.'' (Matthieu 14:22-33)

Après la multiplication des pains

Pour bien comprendre cette histoire, quelques notions de géographie s’avèrent nécessaires. La mer de Galilée est un lac dont la forme se compare à une poire. Elle mesure 20 kilomètres de long (nord-sud) et 12 kilomètres dans sa plus grande largeur (est-ouest). Ce lac est entouré de collines qui sont particulièrement escarpées sur la rive orientale. C’est d’ailleurs de ce côté que s’est produit la multiplication des pains, un événement relié directement à notre passage.

Le texte nous informe au v. 22 qu’aussitôt après (i.e. tout de suite après les événements entourant la multiplication des pains), il (Jésus) obligea les disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l’autre côté, pendant qu’il renverrait la foule.

L’empressement de Jésus à congédier la foule et à envoyer ses disciples de l’autre côté du lac trouve son explication dans l’évangile de Jean. Nous apprenons en Jean 6.15 que Jésus, sachant qu’ils allaient venir l’enlever pour le faire roi, se retira de nouveau sur la montagne, lui seul. Les gens reconnaissaient qu’ils venaient d’assister à un miracle. Ils ont été tellement impressionnés par la multiplication des pains qu’ils voyaient en Jésus le Prophète annoncé par l’AT qui devait venir les délivrer du joug de l’empire romain et établir un gouvernement théocratique. Ils voulaient maintenant le proclamer roi. Et les disciples semblaient partager le même enthousiasme. Ceci explique la nécessité pour Jésus de les ‘contraindre’ (Darby) à s’embarquer. Il répugnait aux disciples de se séparer de leur Maître à un moment où un grand événement semblait se préparer.
Jésus les envoya pour le devancer sur l’autre rive. ‘L’autre rive’ correspond à la côte ouest du lac. C’est là que nous les voyons accoster au v. 34, à la fin du récit. Après avoir traversé la mer, ils vinrent dans le pays de Génésareth – une région localisée sur le bord occidental.

Après l’éparpillement de la foule, Jésus se retira sur une colline de la côte est pour prier. Le Seigneur lui-même, dans l’activité et le combat, éprouvait le besoin de retremper son âme dans la communion de son Père céleste. Les gens voulaient faire de lui un roi mais Jésus ne pouvait pas se plier à leur requête. Il était venu dans le monde pour mourir sur la croix à la place des pécheurs. En cet instant de gloire, il n’y avait rien de mieux pour rester humble que de rechercher la présence de son Père dans un lieu solitaire. C’est ce que fit Jésus en se mettant à l’écart sur une colline. Il y pria jusqu’à ‘la quatrième veille de la nuit’ (v. 25), la période de la nuit située entre 3 et 6 heures.
Le croyant doit lui aussi demeurer vigilant devant la vanité et l’orgueil. Il doit veiller pour ne pas succomber à la tentation. Le refuge de Christ était dans la prière solitaire. Combien plus cela est-il vrai de son disciple!

Une tempête sur le lac

Pendant que Jésus priait, un vent venant de l’ouest se leva et balaya violemment le lac. Essayez d’imaginer ce qui arrivait. Les disciples, assis dans leur barque, s’étaient éloignés du rivage. Tout à coup, une tempête s’abat sur eux. Ils sont bousculés par des rafales. Nous lisons au v. 24 que leur embarcation était battue par les flots. Le mot ‘battue’ (basanizo) indique que les disciples étaient gravement malmenés. Les vagues frappaient avec une telle force qu’ils se sentaient désemparés et craignaient de mourir. Le texte mentionne aussi que le vent était contraire. Il poussait dans le sens inverse. En plus d’être ballottés, les disciples luttaient contre un vent qui les empêchait d’avancer.

Ces pêcheurs de profession ramèrent toute la nuit avec l’énergie du désespoir sans vraiment progresser. L’apôtre Jean précise qu’ils n’ont parcouru qu’une distance de 25 à 30 stades (Jean 6.19). Un stade mesurait 185 mètres. Trente stades donnent une distance de 6 kilomètres. On se rappellera que le lac de Galilée a une largeur de 13 kilomètres. Cela signifie qu’au quatrième veille de la nuit, ils se trouvaient à peu près au centre du lac.
Dans cette situation critique, les disciples n’en menaient pas large. ‘Nous avons froids. Nous sommes exténués. Nous avons manœuvré ces rames la nuit durant et nous sommes encore sur le lac avec cette tempête qui nous immobilise. Si le vent et les flots ne se calment pas, il sera impossible de se rendre de l’autre côté. Il vaudrait peut-être mieux retourner à notre point de départ. Nous aurions au moins le vent avec nous.’

C’est un fantôme!

Regardons maintenant la suite de l’histoire. Il est approximativement quatre heures du matin. La tempête fait encore rage. Les vagues menacent toujours de faire chavirer l’embarcation. L’environnement est très bruyant. Au loin, dans le ciel de l’est, les disciples commencent à voir de la lumière. Souvenez-vous qu’ils ramaient. Ils ne faisaient pas du canot. Quand nous ramons, notre corps fait face à la direction opposée à notre déplacement. Cette position nous permet de faire travailler plus de muscles et donc de tirer plus vigoureusement sur les avirons. Comme les disciples se dirigeaient vers l’ouest, leurs yeux regardaient vers l’est. Les premières lueurs dorées du soleil pointaient à l’horizon devant eux. Derrière, à l’ouest, le ciel n’était toujours que noirceur.

Puis soudainement, les disciples aperçoivent une ombre dont le comportement bizarre éveille une grande inquiétude. Sortie de nulle part, cette tache sombre semble glisser à la surface de l’eau et donne l’impression qu’elle allait venir à leur rencontre. Ces hommes n’en pouvaient plus. Ils avaient lutté contre la tempête la plus grande partie de la nuit sans grand progrès. À la crainte de mourir noyés se joint maintenant un nouveau danger. Ils se trouvaient face à face avec quelque chose qui n’avait pas du tout l’air naturel.

Nous lisons au v. 26 qu’ils furent troublés, et dirent : C’est un fantôme ! Et, dans leur frayeur, ils poussèrent des cris. Ils prirent cette ombre pour un esprit ou un fantôme, ne s’imaginant pas qu’il pouvait s’agir d’un être humain puisque logiquement personne ne peut marcher sur l’eau. Ils partageaient la croyance populaire du temps selon laquelle les créatures démoniaques viennent de la mer (Apocalypse 13.1). Les disciples voyaient cette apparition comme une menace et croyaient qu’elle s’apprêtait à les attaquer.
Dans leur terreur, ils se sont mis à crier. Mais aussitôt une voix les rassura, disant, Ayez bon courage; c’est moi, n’ayez point de peur. L’expression ‘ayez bon courage’ est typique du vocabulaire de Jésus. Elle est rapportée à huit reprises : sept fois dans les évangiles et une fois dans les Actes. Personne d’autre que Jésus ne s’exprime en ces termes.

‘Ayez bon courage. N’ayez pas peur. C’est moi, Jésus.’ Le Seigneur Jésus assura les disciples de sa présence. Pourtant ceux-ci semblaient hésiter sur l’identité de cette voix. Notez la réponse de Pierre. Seigneur, si c’est toi… ‘Si c’est toi, Seigneur…’ Pourquoi Pierre se montrait-il incertain? Probablement parce qu’il ne parvenait pas à distinguer le visage de Jésus. Avec ses oreilles, il reconnaissait la voix mais avec ses yeux, il ne voyait pas la personne qui parlait.
Je vous mentionne à nouveau que c’était ‘la quatrième veille de la nuit.’ Selon notre mesure du temps, il devait être entre trois et six heures du matin. Vers le petit matin, lit-on dans certaines traductions. Jésus venait de l’est. Les disciples ramaient, le visage tourné vers l’est aussi. Ils pouvaient voir les premières lueurs du jour. Cette lumière arrivait de derrière Jésus. Ils ne percevaient qu’une silhouette, i.e. une ombre se profilant sur un horizon qui commençait à blanchir. Mais la face de Jésus était toujours dans le noir et c’est ce qui causa l’hésitation de Pierre. Il n’arrivait pas encore à voir la physionomie de son Maître.

Une audacieuse requête

Observez maintenant la deuxième partie de sa phrase. Seigneur, si c’est toi, commande–moi d’aller à toi sur les eaux. Quelle audacieuse requête! Rappelons que les deux hommes se trouvaient au milieu d’un lac. Et Pierre demande, ‘Commande-moi d’aller vers toi.’ Pourquoi n’a-t-il pas attendu que Jésus monte dans le bateau? Il entend Jésus dire, ‘C’est moi. Vous n’avez rien à craindre.’ Et comment réagit-il? En dépit des circonstances, il dit à Jésus, ‘Si c’est toi, Seigneur, donne-moi l’ordre de te rejoindre sur l’eau.’ Était-il nécessaire pour Pierre qu’il sorte du bateau et aille vers Jésus? Nous connaissons tous le caractère impétueux de Pierre. A-t-il une fois de plus parlé trop vite? Dans ce cas-ci, pas nécessairement. Le récit de Marc nous fournit une meilleure compréhension sur l’attitude de Pierre.

En Marc 6.48, nous avons un détail dont Marc est le seul à rapporter. Et ce détail a son importance.

'' Et les voyant se tourmenter à ramer, car le vent leur était contraire, vers la quatrième veille de la nuit, il vient vers eux, marchant sur la mer; et il voulait passer à côté d’eux.''
Notez bien cette dernière phrase. Il voulait passer à côté d’eux. Vous comprenez ce qui arrive? Le Seigneur n’avait pas nécessairement l’intention d’embarquer dans le bateau. Il avait plutôt le désir de passer à côté des disciples. Il allait donc s’éloigner d’eux.

Pourquoi ne voulait-il pas marcher vers eux jusqu’à la barque? Il est possible qu’il eut égard à la frayeur que son apparition pourrait causer chez ses disciples. Ces hommes savaient comment manœuvrer un bateau et ils n’en étaient pas à leur première tempête. Certes, ils avaient peur de chavirer. Mais ce n’était rien comparé au sentiment qu’ils ont éprouvé à la vue de ce qu’ils croyaient être un esprit. Ce fut un terrible choc! Puis ils notèrent que la forme humaine changea de direction et semblait vouloir les dépasser. Cela leur procura un certain soulagement car ils pouvaient espérer qu’en s’éloignant, ‘cette chose’ n’allait pas leur faire du mal. C’est pourquoi le Seigneur Jésus, sachant que sa voix ne suffirait pas à les calmer, se dirigea dans une autre direction et donna l’impression qu’il allait les devancer.

Pierre reconnut la voix de Jésus, mais ne distinguait pas son visage. Son expérience se compare à celle que nous avons lorsque nous utilisons le téléphone. S’il s’agit d’une voix familière, nous savons qui parle à l’autre bout du fil sans voir la personne. Ainsi, ayant entendu la voix de Jésus mais sans l’avoir vraiment vu, Pierre constata que son Maître commençait à le distancer. Tout de suite, il cria, Seigneur, si c’est toi, commande–moi d’aller à toi sur les eaux.

Encore une fois, il faut bien garder à l’esprit toute la pression que les disciples vivaient: des heures à lutter contre une tempête dans le froid et l’obscurité, l’angoisse de mourir noyés, la peur d’être foudroyés par un fantôme. ‘Le Seigneur s’éloigne de nous. Il s’en va de l’autre côté tandis que nous allons continuer à faire du sur place dans le lac. S’il te plaît, ne me laisse pas derrière. Je veux être avec toi. Ordonne que je marche vers toi. Sauve-moi de cette situation!’ Voyez-vous, ce n’était pas une question d’attendre Jésus quelques secondes de plus pour lui donner le temps d’arriver au bateau. Jésus ne se dirigeait plus vers les disciples. Il s’en éloignait. Il passait à côté d’eux, d’où la réaction de Pierre. Pierre voulait se joindre à lui et être sauvé du danger. Mais pensant être abandonné, il lui cria, ‘Je t’en prie, Seigneur. Je veux être à tes côtés. Ne me laisse pas ici.’

Je ne crois pas que Pierre se rendait compte qu’il demandait en fait un miracle. L’occasion n’était pas propice à de telles pensées. Il se trouvait dans une situation périlleuse et ce qui le préoccupait à ce moment, c’était d’être sauvé. La venue de Jésus lui permettait maintenant d’espérer. Jésus constituait la solution inattendue à son problème.

Pierre marche sur l’eau

Le Seigneur répond à la requête de Pierre par un seul mot : Viens. Il est intéressant de noter que Jésus ne le réprimande en aucune façon. Il aurait pu dire, ‘Qu’est-ce que tu demandes-là, Pierre? Penses-tu vraiment être capable de marcher sur l’eau? Ridicule! Et même si tu le pouvais, en quoi cela te profiterait?’ Non, il n’y a aucun blâme. Jésus lui dit simplement, ‘Viens. Viens vers moi.’

Et que fait Pierre en entendant cette invitation? Aussitôt, Pierre descendit de la barque et se mit à marcher sur l’eau, en direction de Jésus (v. 29). Pierre avait foi en Jésus. Il ne doutait pas qu’il pouvait le sauver. Remarquez ceci. Pierre n’a exigé aucune promesse. Il aurait pu dire par exemple, ‘Seigneur, donne-moi la garantie que je ne coulerai pas.’ Il demande plutôt, Ordonne que j’aille vers toi.

Il voulait un ordre de Jésus. Il avait appris que son Maître donne ce qu’il ordonne lorsque sa volonté est accueillie par la foi. Jésus accorde en temps voulu la force nécessaire pour exécuter ses commandements à tout disciple qui s’y plie avec confiance. Ainsi, obéissant à l’ordre du Seigneur, Pierre sortit du bateau pour le rejoindre en marchant sur l’eau. Quelle belle leçon sur la foi! Puissions-nous croire de la même manière. ‘Sur ta parole, Seigneur, je le ferai.’ Nous pouvons expérimenter ce qui paraît humainement impossible quand nous exécutons un ordre divin en portant nos regards sur Jésus avec les yeux de la foi.

L’action de Pierre, toutefois, n’a pas été uniquement l’exemple de sa foi, mais aussi de ses doutes. Après avoir parcouru une certaine distance, il se mit à penser à la tempête et à raisonner. Il la sentait le secouer. Ses deux pieds dans l’eau, fouetté par le vent et les vagues, il tentait de garder son équilibre. Il pouvait encore avancer. Puis tout d’un coup, de forts doutes l’assaillirent. ‘Qu’est-ce que je fais ici? Comment ai-je pu me laisser entraîner dans une situation pareille?’ Et encore une fois, la peur l’envahit. Mais voyant que le vent était fort, lit-on au v. 30, il eut peur.

La foi et la peur se mélangent mal. Pierre avait jusque-là les yeux fixés sur Jésus. Il avait la conviction que la puissance du Seigneur pouvait le garder sur l’eau. Mais il se laissa distraire par la force du vent. Il écarta son regard de Christ et avait maintenant un esprit tourné vers le doute. Il regarda la taille des éléments naturels qui lui étaient opposés et ceux-ci eurent raison de sa foi. La peur le priva de la force de cette foi qui le soutenait.

Notez la suite des événements. Comme il prit peur, écoutez bien ces mots, il commençait à enfoncer (v. 30). Ces mots mettent encore au défi notre connaissance des lois de la nature. Avez-vous déjà vu quelqu’un ‘commencer à enfoncer dans l’eau?’ Dès qu’on dépose le pied à l’eau, on ne commence pas à enfoncer. On coule à pic instantanément. Ici Pierre a pourtant eu le temps de prononcer trois mots : Seigneur, sauve–moi (v. 30). En réalité, c’est Jésus qui lui a donné le temps de dire ces paroles. Il lui a permis de ‘commencer à enfoncer.’ Cela signifie que même si la foi de Pierre vacillait, Jésus continuait à le soutenir, du moins partiellement. Il ne l’a pas laissé tomber, autrement Pierre se serait probablement retrouvé au fond du lac. Ce fut, pour cet apôtre, une des expériences les plus instructives de sa vie. Il apprit qu’il pouvait être porté par les eaux, mais seulement dans la mesure de sa foi en la puissance du Seigneur.

Une fois encore, Pierre poussa un cri de désespoir à Jésus pour son salut, Seigneur, sauve-moi. Jésus répondit immédiatement en tendant sa main à Pierre. Il le saisit par le bras et le ramena hors de l’eau. Et ensuite, que fit Jésus? Aurait-il transporté Pierre dans ses bras jusqu’au bateau? Ce n’est pas l’impression que nous donne le texte. Jésus montra la grandeur de sa grâce en lui procurant le pouvoir de marcher à nouveau sur l’eau. Ils marchèrent ensemble jusqu’au moment où ils montèrent dans la barque (v. 32). Imaginez cette scène miraculeuse dans laquelle Pierre et Jésus marchent côte à côte sur l’eau alors qu’une tempête fait rage! Il n’est donc pas surprenant qu’à la suite de cela, les disciples exprimèrent collectivement leur foi en Jésus comme Fils de Dieu (v. 33).

La foi : cinq caractéristiques

Ce passage est une splendide leçon sur la foi chrétienne. J’aimerais en conclusion souligner cinq caractéristiques de cette foi.

(1) Premièrement, la foi vient en écoutant. Au début, Pierre ne pouvait pas voir Jésus distinctement. Il n’était pas tout à fait certain qu’il s’agissait du Seigneur. Mais reconnaissant sa voix, il était disposé à le croire. Il se risqua alors à lui parler. Paul écrit en Romains 10.17, La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ. Par l’audition de la parole de Dieu, apportée par la prédication, vous reconnaissez la voix de Jésus. Vous constatez qu’elle porte le sceau de la vérité et qu’elle possède une puissance pouvant neutraliser le péché dans ce monde. Puis non seulement entendez-vous sa voix, mais vous le verrez.
Je vous rappelle le v. 33. Ceux qui étaient dans la barque vinrent se prosterner devant Jésus, et dirent: Tu es véritablement le Fils de Dieu. ‘Nous savons maintenant. Nos yeux ont vu et nos oreilles ont entendu. Vraiment, Tu es le Fils de Dieu.’ La foi des disciples avait été éveillée par la parole de Jésus puis consolidée par ce que Christ a fait paraître divinement sous leurs yeux.

(2) Plus nous écoutons Jésus, plus nous apprenons à le connaître, et plus il devient précieux pour nous. Aux yeux de Pierre, Jésus était si précieux qu’il ne voulait pas se retrouver sans lui. ‘Seigneur, si tu t’en vas, emmène-moi avec toi. Je ne veux pas me séparer de toi. Où que tu ailles, je veux y être aussi.’
Le verset en 1Pierre 2.7 l’exprime de cette manière. Elle est donc précieuse pour vous qui croyez. L’apôtre Pierre présente Jésus comme une pierre vivante qui est extrêmement précieuse pour les vrais croyants. Est-il précieux parce que nous avons la foi, où avons-nous la foi parce qu’il nous est précieux? Les deux raisons sont tout aussi valables! Plus vous croyez, plus vous vous rendez compte à quel point Jésus est précieux. Et plus vous prenez conscience à quel point il est précieux, plus vous lui faites confiance.

(3) La foi s’exprime par l’obéissance aux commandements divins. Pierre a marché sur l’eau pour aller à Jésus, mais pas avant que Jésus le lui ordonne. ‘Donne-moi l’ordre, Seigneur, de venir te rejoindre,’ dit-il. Pierre avait compris que si Jésus ne l’appelait pas, il ne pouvait pas venir à lui. Il lui fallait attendre un ordre auquel il obéira. Concrètement, la foi consiste à faire la volonté de Dieu, à exécuter ses ordonnances.

(4) La foi authentique sait prendre des initiatives. Pierre ne s’est pas donné comme réflexion, ‘Étant donné que Jésus ne m’appelle pas, je vais rester dans le bateau à l’attendre.’ Il eut l’audace de demander à sortir de l’embarcation. Vous ne possédez pas, écrit Jacques, parce que vous ne demandez pas (Jacques 4.2). La foi motive le disciple à dire, ‘Seigneur, demande-moi de le faire. Et à ton commandement, je l’accomplirai’ – même si l’ordre semble irréalisable. Tout comme marcher sur l’eau, vivre la foi chrétienne nous fait expérimenter ce qui est humainement impossible.

(5) La foi implique un engagement total. Mettez-vous à la place de Pierre. Pensez à ce qu’exigerait la décision de sortir du bateau au milieu d’un lac en ayant la conviction que les eaux allaient vous soutenir. Vous ne pouvez pas vous y engager à moitié. Cette décision requiert un engagement entier de votre part. L’audace de Pierre ne reposait pas sur l’assurance qu’il pouvait toujours nager s’il devait se retrouver dans l’eau. Il s’est fié entièrement sur une chose : la parole de Jésus. Viens, avait-il entendu. S’il avait été induit en erreur, il courait le risque de perdre sa vie. Il n’avait pas le choix d’avoir un pied dans le bateau et l’autre dans l’eau. Tel est le caractère de la foi. Elle n’accepte pas les demi-mesures. Celui qui a la foi véritable s’engage à avoir les deux pieds dans l’eau et assume les ‘risques’ de sa confiance en Christ.

http://www.entretienschretiens.com/

1 commentaire:

  1. Merci Carole pour cette étude remarquable d'Yves Cheng. Comme toujours, il nous fait découvrir des merveilles. J'aime beaucoup son site. Sois bénie chère Carole ! Aline M

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