dimanche 3 mars 2013

La foi, racine nourricière du partage évangélique.

Par Jean-Luc B


« La multitude de ceux qui avaient cru n'était qu'un coeur et qu'une âme. Nul ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais tout était commun entre eux.
Les apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus. Et une grande grâce reposait sur eux tous.
Car il n'y avait parmi eux aucun indigent: tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu'ils avaient vendu, et le déposaient aux pieds des apôtres; et l'on faisait des distributions à chacun selon qu'il en avait besoin.
 » (Actes 4 : 32-35.)


Les conditions idéales de fraternité et de partages racontées dans ces lignes peuvent générer des dynamiques fort différentes chez ceux qui en sont les auditeurs. Nous n'en sommes pas toujours bien conscients, mais selon le terrain qu'il rencontre, un même Texte biblique peut provoquer des mouvements de cœur parfois diamétralement opposés. Et c'est ce qui s'est passé (et se passe encore) avec ce Texte particulièrement.


En effet, combien de groupes dissidents se sont formé avec le projet de vivre ce partage fraternel de façon plus radicale que le commun des autres chrétiens. Mais derrière ce désir apparemment légitime se cachait un sentiment de supériorité qui nourrissait leur orgueil et les séparaient du reste du Corps. Et c'est cette dynamique perverse qui les a entraîné dans de malheureuses dérives sectaires, bien éloignées de la dynamique de liberté de la première église de Jérusalem... car ne l'oublions jamais : « là où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté » (2 Cor. 3 : 17.). Le partage biblique n'est pas une obligation, ni une contrainte, mais un élan d'amour qui vient du fond du cœur ; Et là où il est seulement une obligation à accomplir, il perd ses racines qui se trouvent dans l'amour que Dieu répand par son Esprit dans les cœurs de ceux qui croient en son Fils Jésus-Christ (Rom. 5 : 5.).


« Que chacun donne comme il l'a résolu en son coeur, sans tristesse ni contrainte; car Dieu aime celui qui donne avec joie. » (2 Cor. 9 : 7.)


Comme toujours, le peuple de Dieu risque de retomber dans l'ignorance du sabbat. Car c'est pour n'avoir pas respecté le principe du sabbat (l'arrêt des œuvres humaines) que le peuple de Dieu s'est retrouvé en captivité à Babylone (2 Chr. 36 : 20-21.). C'est l'apôtre Paul qui va dévoiler la grande leçon du sabbat selon l'Esprit dans la Nouvelle Alliance en expliquant que ce n'est point par les oeuvres humaines, mais par la foi que l'oeuvre de Dieu peut s'accomplir dans le cœur de celui qui croit. La foi en Christ est fondamentalement la renonciation aux œuvres humaines pour se reposer sur l'Oeuvre d'amour qu'Il a accompli à la croix. Cette Oeuvre Divine s'accomplit dans les cœurs de ceux qui se confient en Lui. Selon ce qu'Il avait annoncé Lui-Même :


« Écoute, Israël ! YHWH, notre Dieu, est le seul YHWH. Tu aimeras YHWH, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force. » (Deut. 6 : 4-5.).


Remarquons bien qu'il n'est pas écrit « tu DOIS aimer », mais Dieu nous appelle à l'écouter avec foi lorsqu'Il nous annonce cet amour total qu'Il va installer Lui-Même dans nos cœurs, car Il prédit déjà la Nouvelle Alliance dans le verset suivant :


« Et ces commandements, que je te donne aujourd'hui, seront dans ton coeur... » (verset 6).


Car dans la Nouvelle Alliance, selon ce qu'avait annoncé le prophète Jérémie (Jer. 31 : 33.), ces lois divines ne sont plus écrites « sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs. » ( Cor. 3 : 3.) Il n'est plus alors question de procéder à des contraintes extérieures pour faire appliquer la Loi de Moïse, mais c'est de cœurs transformés par la foi que sort la « loi de Christ », cette « loi de liberté » qui est une source jaillissante d'amour et de justice (Jean 7: 38.)


Lorsque les hommes non régénérés par la Parole Vivante et Permanente de Dieu ont lu le Texte tiré du chapitre 4 du livre des Actes des apôtres qui est en introduction de cet article, au lieu de placer leur confiance dans la Dieu d'amour manifesté en Jésus-Christ qui est l'Architecte et le Constructeur de la Cité idéale (Heb. 11: 10.), ils ont voulu l'accomplir par leurs propres efforts humains et il en est sorti des fruits terriblement vénéneux.


Lorsque le communisme a voulu contraindre les riches de partager avec les pauvres au travers de la prétendue «dictature du prolétariat», il a engendré un système affreusement tyrannique et totalitaire. En voulant transformer les gens par la contrainte des «camps de rééducation» plutôt que par l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ, ce système a créé des goulags qui laissent un sinistre bilan de millions de mort, bien éloigné de l'idéal de partage et de fraternité qu'il avait voulu mettre en place...


Lorsque la franc-maçonnerie, se prenant pour l'architecte et le bâtisseur de la société, cherche à la transformer pour la rendre meilleure par toute une stratégie humaine d'influences et de manipulations plus ou moins avouables, elle non plus n'a pas encore compris que ce n'est que de l'intérieur, par l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ, que les mentalités peuvent changer sans entraîner les abus de pouvoir et les déviations de toutes sorte que nous pouvons constater en regardant le résultat de ses manœuvres et de son histoire occultes...


Pour être à même de vivre aujourd'hui cet amour et ce partage que nous observons dans la première église, il n'est donc pas question d'inventer de nouvelles règles ou de nouvelles contraintes (ce qui serait encore des « œuvres de la chair » extérieures à l'homme), mais d'en revenir seulement à la prise de conscience que Dieu seul est capable de le faire en nous par son Esprit. Il ne s'agit évidemment pas de «faire des efforts», des «oeuvres serviles», pour essayer de partager un peu plus de nos avoirs, mais bien plutôt d'arrêter de faire obstacle à l'action d'amour de Dieu en nous. Il s'agit d'entrer véritablement dans le Repos de Dieu , dans ce sabbat spirituel qui n'essaie plus de donner «un petit coup de pouce» à Dieu par des efforts humains, mais qui a confiance dans le fait que Dieu accomplit Lui-Même parfaitement ce qu'il a promis. Selon ce qui est écrit à propos d'Abraham, notre père en la foi :


« face à la promesse de Dieu il ne douta point, par incrédulité, mais fortifié par la foi, il donna gloire à Dieu, pleinement convaincu de ceci : ce que (Dieu) a promis, il a aussi la puissance de l'accomplir. » (Rom. 4 : 20.)



« Craignons donc, tandis que la promesse d'entrer dans son repos subsiste encore, qu'aucun de vous ne paraisse être venu trop tard. Car cette bonne nouvelle nous a été annoncée aussi bien qu'à eux; mais la parole qui leur fut annoncée ne leur servit de rien, parce qu'elle ne trouva pas de la foi chez ceux qui l'entendirent. Pour nous qui avons cru, nous entrons dans le repos » (Heb. 4 : 1 à 3.).



Nous sommes donc invités à entrer par la foi sans tarder dans les promesses de Dieu, sachant que c'est Lui qui mettra en nous la volonté et l'action qui ne nous rendront pas inactifs dans ses œuvres d'amour et de justice. « Car c'est Dieu qui opère en vous le vouloir et le faire selon son dessein bienveillant. » (Phil. 2 : 13.)



« Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu, et quiconque aime celui qui l'a engendré aime aussi celui qui est né de lui. Nous connaissons que nous aimons les enfants de Dieu, lorsque nous aimons Dieu, et que nous pratiquons ses commandements. Car l'amour de Dieu consiste a garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles, parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde; et la victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi. Qui est celui qui a triomphé du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu? » (1 Jean 5 : 1 à 5.)



Oh que chacun de ceux qui me lisent puisse expérimenter personnellement cette victoire qui triomphe du monde et de son égoïsme !



Jean-Luc B





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4 commentaires:

  1. Merci Jean-Luc pour ta prière. Que cela soit ! amen !

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  2. Très bien cet exposé sur ce sujet ....ce que tu mets en lumière sur les motivations profondes de se séparer d'une églises est tout à fait juste ...Ou alors parfois des personnes rejetés et en ruptures avec le corps de Christ et là c'est différant, c'est la persécution qui conduit certains chrétiens à se rassembler entre eux ...

    Mais pour le fond je suis assez d'accord avec ta réflexion très pertinente sur ce sujet délicat.

    Mais je déplore que la langue française ne fasse pas de distinction entre le Sabbat juif et le Sabbat des sorcières ...Aussi je préfère l'entendre en hébreux !

    Signification du mot Sabbat

    le Chabbat (ou Shabbat), mot hébreu, septième jour de la semaine, jour de repos dans le judaïsme
    le Sabbat, forme française du mot hébreu, est le septième jour de la semaine, "jour du Seigneur" selon la tradition chrétienne

    Le Sabbat, même mot, réunion de sorcières

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    1. .
      Cher Anonyme,

      L’Écriture nous dévoile qu'il existe de bonnes, mais aussi de mauvaises raisons pour se réunir. Tout dépend de l'état du cœur. Les brebis qui sortent du troupeau à cause des mauvais traitements des bergers mercenaires, ou à cause des coups de cornes des autres brebis (voir Ez. 34 pour comprendre que la dynamique d'exclusion ne vient pas seulement des dirigeants...), se retrouvent majoritairement en très mauvais état spirituel et moral. Pour pouvoir revenir à des relations fraternelles équilibrées, elles ont souvent un gros nettoyage intérieur à faire concernant en particulier la crainte et les ressentiments qui les dominent et les empêchent de vivre une vie normale d'échanges et de partages. Et c'est là que le Bon Berger intervient pour prendre soin de son troupeau.

      C'est Lui qui va chercher la brebis perdue et qui la ramène sur ses épaules pour se réjouir de ses retrouvailles avec ses voisins. C'est Lui qui soigne celle qui a été blessée et qui la rassure en chassant sa crainte. Il le fait parfois directement par une expérience intime, parfois par le moyen des membres de son Corps, par des frères et sœurs animés de son Esprit d'amour et de justice. Cependant, j'ai constaté que l'auto-apitoiement empêche malheureusement de voir ces moyens que Dieu met en œuvre pour nous aider à avancer dans la liberté en Christ. Il n'y a qu'en se tournant avec confiance vers le Seigneur que le voile (c'est à dire la chair) est mise de côté et qu'il est possible d'être au bénéfice de Sa grâce toujours active en notre faveur. Il y a donc une part de l'homme, une responsabilité personnelle indispensable pour entrer en possession des promesses de Dieu. C'est ce que l'apôtre Paul appelle « l'écoute de la foi » et que j'ai essayé de mettre en lumière dans cet article.

      Concernant le sabbat spirituel, n'oublions jamais que ceux qui ont fait mourir la Parole de Dieu Incarnée étaient persuadés de pratiquer correctement le sabbat, alors qu'ils ne faisaient qu'en singer la réalité. Car pour eux le sabbat était une oeuvre à accomplir alors qu'il n'est au contraire qu'une cessation, un arrêt des œuvres humaines qui permet de se reposer en Dieu.

      Leur projet homicide s'est dévoilé justement lorsque le Christ a vécu devant eux la pratique spirituelle de Sabbat (Jean 5 : 16 – Marc 3 : 6.) et qu'il ne l'ont pas supporté, car cela ne correspondait pas à leurs schémas de pensées religieuses charnelles. La différence avec les sabbats de sorcières n'est donc pas forcément tellement grande, puisque les deux se rassemblent en fait pour servir le même maître qui « est meurtrier dès le commencement »... et ils le démontrent en rejetant le Prince de la Vie.

      Il est important de remarquer que la première fois que l’Écriture nous parle du jour du sabbat, c'est en rapport direct avec la manne qui est une image du Christ (Ex. 16 : 23 – Jean 6 : 51.). Et c'est pour nous apprendre que que lorsque les œuvres humaines s'arrêtent (sabbat signifie « cesser », « arrêter ») il n'est plus nécessaire de chercher le « Pain du ciel », la Manne d'en Haut, car Elle est là, au milieu de ceux qui sont assemblés, nourrissant et fortifiant ceux qui ne font plus d'oeuvres pour obtenir quelque chose d'En Haut, mais qui se reposent (shabbaton) sur l'Oeuvre Divine déjà accomplie en Christ.

      Jean-Luc B

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  3. merci pour ce texte tres interessant! vivi

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