samedi 15 novembre 2014

1 La Vigne de Salomon et la Vigne de Jésus-Christ

Première partie


Eliane COLARD [Novembre 2014]



Cantique des cantiques 8/11 : « Salomon avait une vigne à Baal-Hamon. Il remit la vigne à des gardiens ; chacun apportait pour son fruit mille sicles d’argent. Ma vigne qui est à moi, je la garde. A toi Salomon les mille sicles ; et deux cents à ceux qui gardent le fruit ».

Il m’est assez souvent arrivé de parler du Cantique des cantiques. On peut y percevoir autre chose qu’un simple chant d’amour terrestre d’un homme envers une femme. Ce Cantique transporte une essence prophétique concernant Christ et son Épouse qui doit interpeller l’Église aujourd’hui plus que jamais. Il y est question du mystère sur lequel Paul a mis l’accent en Éphésiens 5 car il est l’aboutissement de l’amour de Dieu vers lequel l’Église doit converger.

Ce Cantique est un chant poétique certes, mais surtout prophétique, qui rapporte le combat de la Sulamithe, image prophétique de la lutte qu’a mené que mène et que mènera le peuple de Dieu pour se garder de la séduction afin de pouvoir être présenté à Jésus-Christ comme une Épouse, une vierge pure sans tache ni ride (2 Corinthiens 11/2). C’est pourquoi, tout au long de ce livre la Sulamithe représente un peuple que Dieu s’est mis à part pour être à Lui, une plantation pour servir à sa gloire.



Comme toute prophétie de l’ancienne alliance, ce cantique prophétique est à double fenêtre de réalisation. Ce genre est fréquent  dans la Prophétie biblique : il en est ainsi de la plupart des prophéties concernant notre sauveur et Seigneur Jésus Christ, au travers desquelles le peuple d’Israël n’a bien souvent discerné qu’une seule venue (en parousie comme Roi d’Israël), alors qu’elles portaient en germe dans le même temps l’annonciation d’un Messie soufrant (ex Zach 3/ 8 et 10). Pourtant rien dans toutes ces prophéties ne laissaient penser qu’elles portaient en germe deux venues du Fils de Dieu (une première venue puis un retour). D’ailleurs les Prophètes qui ont prophétisé sur ces choses n’ont pas toujours compris ce qu’ils annonçaient. Pierre dit qu’ils ont sondé les temps pour comprendre mais il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes qu’ils annonçaient ces choses, mais pour nous (1 Pierre 1/ 10-11). On peut aussi trouver ce genre de prophéties à multiples fenêtres de réalisation dans certaines prophéties du livre de Daniel. Par exemple celle concernant le 4° royaume dont l’histoire des hommes a déjà consigné une première réalisation mais dont il est aussi évident qu’elle n’est pas complète, car ce livre parlait en même temps d’un 4° et dernier royaume qui devait être définitivement détruit à la fin par la pierre qui se détache de la montagne pour le pulvériser (songe de Nébucadnetsar). 

C’est aussi de ce dernier royaume que parle l’apôtre Jean en Apocalypse 13/2. Dans le même genre à multiples fenêtre de réalisation, il y a également la prophétie de Daniel 7/ 23 à 25 qui s’est déjà en quelque sorte accomplie dans l’histoire tout en ne l’étant pas en totalité, puisque nous n’avons pas encore vu la réalisation des versets 26 et 27 dont il ne fait aucun doute que les évènements qui y sont décrits sont encore à venir. Car ne voir dans le verset 27 qu’une domination spirituelle matérialisée dans la première venue de Jésus serait une interprétation fragile contredite par les mots mêmes de Daniel parlant de royaumes qui sont sous les cieux. Or comme le dit la Bible, nous ne voyons pas encore que tout est soumis en ce monde-ci car aujourd’hui encore Satan l’adversaire est prince de ce monde et de ses royaumes. Or rien n’indique dans l’énoncé de cette prophétie (Daniel 7) que sa réalisation ne devait pas se faire en une fois. Il y aurait encore de ce type, la prophétie parlant de l’abomination de la désolation (Daniel 11/31) qui a connu une première réalisation sous Antiochus Epiphane et dont Jésus a pourtant parlé bien après (Matthieu 24/15) comme d’un évènement encore à venir alors qu’il évoquait avec ses disciples les signes de la fin (versets 3 et 14). Certains ont cru y voir une figure de Néron qui a persécuté les premiers chrétiens. Cependant nous voyons bien que certains évènements décrits par Jésus comme devant prendre place dans le contexte de fin devant accompagner cette abomination de la désolation n’étaient pas encore présents à l’époque de Néron ni même à celle de toute l’église primitive. Ces évènements concernent l’apparition d’un personnage nommé l’Impie par Paul et que Jean décrivait après la mort de Néron sous les traits d’un Antichrist à venir qui selon Paul serait anéanti par le souffle de l’avènement du Seigneur Jésus-Christ. 

Or nous savons que cet avènement n’a pas encore eu lieu et que le mystère de l’iniquité déjà présent à l’époque de Paul est encore agissant aujourd’hui. Mais Jean avait aussi affirmé qu’il y avait plusieurs antichrists (1 Jean 2: 18.) ce qui atteste le caractère de ces prophéties à multiples fenêtres de réalisation où l'on a l’impression qu’un évènement qui s’est déjà produit prête son caractère à un évènement encore à venir. D’ailleurs certaines versions de l’épître de Jean parlent d’antéchrists en lieu et place d’antichrists. Dans un certain sens, les deux termes se valent, mais antéchrist évoque en plus un personnage qui se présentant avant le Christ attendu, s’emploiera à séduire celle qui Lui est réservée pour l’entraîner à sa suite.

C’est pourquoi Salomon s’affiche ici dans ce Cantique comme une figure prophétique de cet Impie à venir. Celui qui emploiera toutes sortes d’artifices dans le but de séduire l’église de Jésus-Christ pour l’entraîner à sa suite en en faisant une Prostituée attachée à la litière de son gynécée dont les filles de Jérusalem de ce Cantique sont une image prophétique. 
 
C’est dans ce cadre que s’inscrit le verset clé de ce message (Cantique 8/ 11) qui parle de la coexistence de deux vignes, celle de Salomon et celle de la Sulamithe qui est aussi celle du Berger, car la Sulamithe est au Berger (Cantique 2/16 et Cantique 6/3).

Certains (dont Frédéric Godet) ont vu dans ce présent Cantique une figure prophétique de l’accueil réservé au fils de Dieu par le peuple d’Israël lors de sa première venue en tant que sauveur. Cependant, à l’instar de ce que Paul a écrit au sujet des choses écrites pour nous instruire nous qui sommes parvenus en des temps d’accomplissement, dans sa plus grande substance ce Cantique exprime non seulement des choses passées mais encore des choses présentes et surtout à venir. C’est pourquoi on doit aller plus loin et y discerner une prophétie de la lutte que devra mener la promise de Jésus-Christ (dont la Sulamithe est une image) dans les temps précédant la venue du Fils de Dieu en tant qu’Époux. C’est la raison pour laquelle ce Cantique se présente comme une prophétie à double fenêtre.

L’église de Jésus-Christ est appelée à avoir le caractère du scribe instruit sur les choses du royaume des cieux (Matthieu 13/52), celui qui sait tirer de son bon trésor à la fois les choses nouvelles et les choses anciennes. Et comme nous le verrons dans la suite, Cantiques 8/ 14 et Cantique 2/17 sont deux textes qui montrent assez clairement les deux niveaux d’accomplissement dans le temps de cette Prophétie (Israël premièrement puis l’église plus largement). La personne de la Sulamithe représente en effet dans ces deux niveaux prophétiques, le peuple de Dieu, mis à part pour Lui mais dont l’amour est convoité par un autre qui veut se l’attacher en le détournant par la séduction. Les temps dans lesquels nous sommes nous imposent d’entendre au travers de ce Cantique prophétique ce que l’Esprit a à dire à l’Église pour « aujourd’hui » (et non pour hier) et qui est d’une importance capitale pour l’Épouse de Jésus-Christ.



Les deux ceps de vigne
 
Jean 15 : « Je suis le Vrai cep et mon père est le vigneron.. ».

Ce passage parle d’un vrai cep, l’accent mis sur le qualificatif vrai, signifie qu’il existe à côté un ou des faux ceps que la Bible nomme d’ailleurs des ceps étrangers. La preuve en est que dans la suite de ce passage Jésus parle de sarments qui sont et demeurent en lui. Les faux ceps ont aussi des sarments, seulement ils ne sont pas connectés au vrai cep pour pouvoir porter son fruit. Aussi, ils portent des fruits différents. En Jérémie 5/10, il est question de ces sarments qui doivent être retranchés car ils ne sont pas à Dieu. Ce passage du livre de Jérémie évoque l’infidélité du peuple que Dieu s’était mis à part. À aucun moment la Bible n’envisage la prostitution ou l’infidélité en parlant d’un peuple qui n’était pas à Dieu au départ. La mise en garde contre la prostitution spirituelle ne peut concerner qu’un peuple appartenant à Dieu mais qui s’éloigne de son premier amour pour s’attacher à un autre. C’est cela l’apostasie et c’est un message pour l’Église aujourd’hui (2 Thessaloniciens 2/3). 
 
Dans un message que j’avais donné en Guadeloupe, je disais que l’église est à une croisée de chemins où se tiennent deux femmes qui l’interpellent ; deux femmes qui lui font entendre leur voix : la prostituée et l’Épouse ; et que c’est le temps de prêter l’oreille à la voix de l’épouse car elle dit la même chose que l’Esprit dans les temps de la fin. Et nous verrons encore à la fin de ce message-ci ce que dit ce Cantique sur la voix que fait entendre l’Épouse. La qualité des oreilles de l’église de Jésus-Christ va être décisive dans ces temps prophétiques. C’est l’Église et non pas le monde qui se trouve devant un choix : devenir l’Épouse ou la prostituée. Les instructions contenues dans la Bible (les lettres ainsi que l’apocalypse de Jean) sont adressées au peuple de Dieu et non pas au monde qui ne connait pas Dieu.

Cantique 8/11 met en présence deux vignes l’une appartenant à Salomon et qui est affermée à des gardiens et l’autre appartenant au berger et que celui-ci déclare vouloir garder lui-même. 
 
Le cep étranger - la vigne de Baal-Hamon, vigne de Salomon

Baal-Hamon signifie « seigneur de la multitude » ou encore « seigneur de l’abondance». La vigne de Baal-Hamon n’est pas la vigne du berger dont la garde revient à Sulamithe. Le Berger représente dans ce Cantique notre Seigneur Bien-aimé Jésus-Christ, l’Époux dont l’église est censée attendre et espérer la venue. La vigne de Baal-Hamon appartient à un autre propriétaire et c’est Salomon, il typifie le prince de ce monde qu’incarnera l’Impie à venir. 
 
Cette vigne de Baal-Hamon ne réunit pas les caractéristiques de la vigne du Seigneur Jésus-Christ c’est pourquoi elle est désignée avec le préfixe Baal signifiant « seigneur ou maître » ce terme étant entendu dans un sens qui évoque un autre maître que le Dieu vivant et vrai. Il s’agit là d’une vigne dont les sarments sont rattachés à un cep étranger qui n’est pas le Vrai Cep. C’est aussi pourquoi dans ce verset (Cantique 8/11), on voit la Sulamithe opposer la vigne de Salomon affermée à des gardiens, à sa propre vigne (qui est aussi celle du Berger) qu’elle affirme vouloir garder elle-même.

Dans la Bible le terme maître ou seigneur était aussi utilisé pour désigner l’époux : Sara appelait Abraham son seigneur. Nous voyons aussi cet aspect dans une expression utilisée dans le livre d’Osée où Dieu annonce que viendra le temps où son peuple l’appellera « mon époux » et non plus « Baal mon maître ». Mais ce qui est perceptible dans Osée c’est que la connotation négative du mot maître ou seigneur au travers du terme « baal » renvoie à l’idée de prostitution spirituelle et de domination. Le contexte de ce texte d’Osée traite d’ailleurs précisément d’un état de prostitution du peuple qui devait être pour Dieu comme une épouse fidèle, mais qui au lieu de cela était allé après de multiples amants pour se souiller avec eux (Osée 2). Le prophète exprime au travers de ce texte la volonté de Dieu de faire passer son peuple de l’état de prostituée à celle d’épouse : « tu diras non plus mon baal, mais mon époux », l’Époux ne domine pas comme le baal, mais en tant que chef il aime et protège (Éphésiens 5). C’est un des aspects importants et fondamentaux du mariage en ce qu’il incarne en cela l’image de l’union de Christ avec son Épouse.

Par conséquent cette vigne de Baal-Hamon a pour maître non pas le Seigneur Jésus-Christ mais le prince de ce monde, un maître dominateur. C’est une vigne dont l’assise se trouve sur la multitude des eaux de ce monde par lesquelles elle est nourrie et abreuvée. Cela nous parle de l’assise de la Prostituée décrite par Jean en apocalypse 17. Les eaux nous dit Jean, sont tous les peuples, nations et tribus de la terre. La Prostituée est une vigne comme l’est aussi la femme qui représente l’Épouse de l’Agneau qui est symbolisée elle par la vigne de la Sulamithe. Alors que celle-ci est la vigne du Seigneur, la vigne de Salomon vigne de la multitude est une image prophétique de la Prostituée qui est la vigne de la terre sur laquelle Jean, Ésaïe et Jérémie ont prophétisé. Elle touche la multitude de la terre à l’image même du règne de Salomon à son époque. Mais Dieu a annoncé par le prophète Jérémie qu’il allait assécher ses eaux et tarir sa source (Jérémie 51/36). Car c’est une vigne qui a poussé en opposition au plant du Seigneur : elle est la résultante de l’ivraie qui produit les ceps étrangers. Elle est cette vigne étrangère dont Dieu avait parlé à Jérémie en disant qu’on ne tirerait d’elle ni pierres angulaires ni pierres de fondement (Jérémie 51/26). Or au jour d’aujourd’hui plusieurs construisent dans l’église du Seigneur en contradiction avec cette parole. Mais cette vigne est destinée à la ruine comme nous le verrons plus loin. 


La cour du roi ou l’entourage de la vigne de Baal-Hamon

La vigne de Baal-Hamon a tout un équipage à son service. Il s’agit ici à la fois des habitants des palais de Salomon et des ouvriers qui travaillent à la prospérité et l’abondance de sa vigne. 
 
Les filles de Jérusalem 
 
D’entrée, ce Cantique nous met en présence des filles de Jérusalem. La Sulamithe n’en fait pas partie, elle est à part. Les filles de Jérusalem cherchent à l’attirer dans leur groupe engagé dans une course à la suite du roi Salomon et de son char. Leur espoir est de résider dans ses palais car c’est lui qu’elles aiment (Cant. 1 Verset 4 fin). Et au début, c’est l’attitude des filles de Jérusalem qui conduit la Sulamithe à une sorte d’ambiguïté et de doute sur l’identité de son bien-aimé. Puis le verset 7 montre une Sulamithe qui commence à discerner que celui que son cœur aime est un berger, mais elle ne le comprend bien que lorsqu’elle s’éloigne de l’entourage du roi (verset 12), elle saisit alors que son Bien-Aimé ne réside pas dans un palais mais qu’il a un troupeau qu’il fait paître et dont elle finit par trouver la trace après l’avoir recherché en dépit des oppositions placées sur son chemin par l’entourage du roi. Les deux premiers chapitres résument l’ensemble du drame qui se déroule dans le détail dans les chapitres suivants
 
Les filles de Jérusalem représentent ceux qui se laissent séduire par le charme de Salomon, le faste de son palais et qui à cause de cela confondent Salomon avec le Bien-aimé dont ils ne connaissent ni la demeure ni le caractère. C’est pourquoi elles demandent à Sulamithe de leur décrire « son bien aimé ». La recherche de la Sulamithe les surprend : pourquoi cherche t elle un autre, le roi est celui que leur cœur aime, elles sont heureuses dans les appartements de son palais et ne voient pas la nécessité de chercher ailleurs ; elles ne connaissent pas et ne comprennent pas la langueur de Sulamithe dont le cœur ne trouvera la paix que dans la rencontre avec le Bien-Aimé (Cant. 8/ 10). Mais les filles de Jérusalem font tout pour attirer la Sulamithe dans les appartements du palais de Salomon.

La Sulamithe et les filles de Jérusalem représentent deux factions du peuple de Dieu engagées dans deux mouvements qui se ressemblent vue de l’extérieur, tout en étant foncièrement opposés : les deux sont dans une course à la poursuite du trésor de leur cœur (Mat. 6/21). Là où la Sulamithe court à la recherche de celui que son cœur aime (le berger), les filles de Jérusalem courent après le char de Salomon. Le terme « nous courons » (verset 4), ce mouvement des filles de Jérusalem correspond à une prophétie qui avait été donnée à Samuel au sujet du roi que demandait le peuple parce qu’il ne voulait plus être dirigé par Dieu (1 Samuel 8/11)) « il prendra de vos fils afin qu’ils courent devant son char ». Salomon représente le cléricalisme qui prétend prendre la place de Dieu au milieu de son peuple. Mais au-delà, sur un plan prophétique, Salomon incarne spirituellement celui que le peuple préférera accueillir à la place du Fils de Dieu ainsi que Jésus l’avait prophétisé en Jean 5/ 42- 43. C’est ce qui arrivera selon Paul à ceux qui n’auront pas reçu l’amour de la vérité 2 Thessalonissiens 2/ 10 et 11. 
 
Les filles de Jérusalem ce sont des brebis qui errent sur toutes les collines (Ez 34), toutes les hauteurs; ces hauteurs sont représentées par les choses qui brillent ou attirent le regard. Elles sont attirées par le faste des palais ; leur cœur et leur trésor se trouve dans les choses élevées selon le regard des hommes. Ce sont des personnes sensibles aux honneurs et aux premières places. Pour elles, Dieu ne peut se trouver dans les choses humbles ou de peu d’élévation. Les filles de Jérusalem ne recherchent pas un bien-aimé résidant dans un jardin ; celui que leur cœur aime n’est pas berger mais roi. Et par ce regard qu’elles portent sur celui qui les fait courir, elles se définissent elles-mêmes comme des courtisanes et non pas comme des brebis. Ces filles de Jérusalem représentent ceux qui s’attendent à la venue d’un Salomon des temps de la fin, leurs regards sont dirigés vers le palais et le temple de Salomon à l’édification desquels ils apporteront leur contribution. Ils sont sans cesse tendus vers les choses matérielles visibles, aussi leurs regards ne captent pas les choses invisibles mais réelles et éternelles qui portent en elles le vrai trésor caché en celui qui ne se présente pas de manière à frapper les regards.

À la différence des filles de Jérusalem, la Sulamithe n’habite pas les palais ; comme son Bien-Aimé, sa place est dans les jardins : elle est d’ailleurs appelée habitante des jardins, c’est dans les jardins que son Bien-Aimé vient pour la rencontrer et non pas dans les palais. Elle est un lys des vallées au milieu des filles de Jérusalem qui sont comparées à des épines (Cant. 2/ 1 et 2). La vallée est l’inverse des hauteurs, collines ou montagnes, c’est une image de l’abaissement non pas de misérabilisme mais d’humilité et de vraie beauté et c’est cet aspect qui image la Sulamithe décrite par son Bien-Aimé comme un lys des vallées. Souvenons-nous de l’image qu’avait pris Jésus pour parler de la provision de Dieu envers ses enfants : le lys des champs qui ne file ni ne moissonne mais dont pourtant la beauté dépasse celle de la gloire de Salomon (Mat. 6/28). 
 
Les frères de Sulamithe

« Mes frères m’ont imposé d’être gardienne de vignes, mais ma vigne à moi je ne l’ai pas gardée ». Les frères de Sulamithe se sont irrités contre elles disent certaines versions. Comme les  filles de Jérusalem, ils sont aussi une image de ceux qui ont besoin d’un Salomon pour les guider en lieu et place de Dieu lui-même. Ils sont jaloux et furieux du zèle de ceux qui se lancent à la recherche du bien–aimé, pour eux c’est une perte de temps et de ressource. Ils sont tendus vers l’efficacité et le pragmatisme qui peut rapporter. Pour eux il faut à tous prix faire fructifier la vigne de Salomon et ceux qui n’y travaillent pas sont à la poursuite de chimères. Mais obliger la Sulamithe à garder les vignes de Salomon contribue à entraver sa rechercher du Bien-Aimé. Les frères représentent ceux qui sont plus intéressés par la prospérité de la vigne que par la personne du Bien-Aimé dont ils ne connaissent pas vraiment le cœur. Ils ne sont valorisés que dans l’activisme des œuvres de type Marthe
 
Ce verset 6 (Cant. 1) est à rapprocher du verset clé de ce message (Cant. 8/11) qui est en quelque sorte la façon dont l’histoire doit se terminer. En effet cette vigne que Sulamithe avoue n’avoir pas gardé (Cant 1/6) elle dira à la fin «  ma vigne à moi je la garde ». Il y a ici une évolution prophétique dans laquelle Dieu veut nous faire entrer quant à la considération de notre héritage en rapport avec notre identité. C’est une réformation dans la mentalité du chrétien. C’est toi le gardien de ta vigne parce que c’est à toi qu’appartient le sacerdoce ; tu es responsable de l’entretien de ta vigne, ce n’est pas à un autre de s’en occuper. Au départ de notre conversion quand on ne connait pas encore bien le Bien-Aimé on se laisse convaincre de devenir gardiens de vignes dans le vignoble des Salomons alors que notre propre vigne à nous reste en friche. On est occupé à faire vivre l’institution alors que notre propre vie reste une friche qui a besoin d’être cultivée pour produire son fruit qui correspond à la semence plantée en nous. On devient tellement pris dans le tourbillon des occupations du système qu’on n’a pas le temps de faire ce que le Seigneur demande de faire dans le champ qu’il nous a imparti à nous et à personne d’autre.

Les frères de Sulamithe représentent un esprit de légalisme et de religion qui ligote les enfants de Dieu, leur donnant des occupations qui les éloignent de l’intimité du Bien-Aimé et les empêchent d’entrer dans les œuvres préparées d’avance par Dieu pour eux. Pendant que Sulamithe faisait ce que ses frères lui avait imposé de faire, elle ne faisait pas ce qu’elle devait faire et qui était la seule chose nécessaire à l’instar de Marie qui avait choisi la bonne part.

Les bergers

Il y a dans ce Cantique d’un côté les bergers et de l’autre le Berger du cœur de Sulamithe. Au départ Sulamithe induite en erreur par les filles de Jérusalem, est poussée à confondre la demeure du Berger son bien aimé avec la cabane des bergers. Avant de trouver le lieu où réside le Berger, elle est dans l’errance auprès des troupeaux des bergers (Cant. 1/7). Avec la mention de cette errance nous avons une référence à Ezéchiel 34 où il est question de brebis errantes non seulement par toutes les montagnes mais encore par tous les coteaux élevés. Or les coteaux font référence à des vignes : ce mot désigne des terrains propres à la culture de la vigne. Pour un regard non exercé il est facile de confondre une vigne avec une autre et c’est ce qui arrive à Sulamithe au départ à cause de son environnement qui fait partie de la cour du roi. Cette confusion est entretenue par ceux qui travaillent à la vigne de Salomon et qui lui répondent que pour trouver la demeure du Berger elle doit suivre la trace des brebis qui la mèneront près des cabanes des bergers.

Certains ont cru trouver dans ce passage comme une directive divine tendant à démontrer que ces cabanes des bergers (improprement appelé les églises) sont la clef pour trouver Jésus. Mais cela est de la même nature que la maxime tant reprochée à l’église catholique romaine : « hors l’église point de salut ». Malheureusement force est d’admettre que c’est souvent ce qui est compris : quand une âme vient au Seigneur elle est souvent enseignée à croire que la cabane des bergers est automatiquement là où se trouve le Bon Berger, que rejoindre une église c’est trouver le salut en Jésus. Mais j’avais eu l’occasion de parler de cela lors d’une conférence  « les clés pour une vie victorieuse » au moment où j’ai abordé « la caverne de Makkeda » dont le nom signifie « l’enclos des bergers ». C’est l’endroit où Josué avait enfermé les 5 rois venus attaquer le peuple en attendant de poursuivre la bataille pour ensuite revenir les achever. Loin d’être un endroit sécuritaire cette caverne « lieu des bergers » peut se révéler pour les brebis être un endroit de rapine comme je l’avais expliqué. Et le texte d’Ézéchiel 34 le confirme assez bien puisque Ézéchiel prophétise que le Seigneur viendra retirer ses brebis des mains de bergers indignes afin de les faire paître lui-même, afin que ses brebis ne soient plus livrées à l’avidité de ravisseurs. 
 
Les bergers de Salomon travaillent de concert avec les frères de Sulamithe. Leur but : faire fructifier la vigne de Baal Hamon pour la rendre abondante. Ils la font prospérer aux dépens de ceux qui y travaillent et qui ne sont pas ménagés dans leurs efforts (Sulamithe avait le teint bruni par ce labeur) et qui sont par ailleurs obligés de payer un droit de vendange pour pouvoir travailler dans cette vigne ; droit de vendange dont une partie revient aux ouvriers de Salomon chargés de superviser le travail j’en reparlerai plus loin.

L’activisme de la caverne de Makkeda (la cabane des bergers) impose à ceux qui y entrent de devenir ouvriers dans la vigne de Salomon; tant qu’ils y sont occupés ils ne ne pensent pas à partir à la poursuite du bien-aimé. Dès que la Sulamithe comprend que le bien-aimé ne se trouve pas auprès des cabanes des bergers, elle reprend sa quête, mais à ce moment-là elle rencontre les gardes sur son chemin. Eux aussi font partie de la cour de Salomon. C’est pourquoi il est intéressant d’analyser ce qu’ils représentent sur le chemin de la Sulamithe.

Les gardes
 
Eux-aussi au service de Salomon, de son palais et de sa vigne, ils sont gardiens de la pérennité de tout son système mais aussi préposés à la surveillance des jeunes filles de la litière de Salomon, à l’image de l’eunuque Hégaï gardien des femmes du harem du roi Assuérus (Esther 2/ 3). Dans ce but, ils n’hésitent pas à contrôler les mouvements de la Sulamithe pour l’empêcher de franchir les limites de l’enclos des bergers. Les gardes sont représentés dans l’église par des bergers-serruriers, ceux qui gardent les portes et verrouillent les issues. Ce sont des bergers qui ont un fort esprit de contrôle et de domination. Au lieu de veiller et de protéger les brebis ils voient leur rôle comme devant être de les empêcher de franchir les limites assignées par leur soin, à savoir la cabane des bergers. Ils sont à l’image de ceux que visait Jésus en Matthieu 23/ 13 : ils ferment l’accès du royaume des cieux aux autres, n’y entrant pas eux-mêmes ils ferment la porte à ceux qui le voudraient. 

C’est pourquoi au lieu d’être des portiers ils sont des serruriers alors que la porte par laquelle les brebis entrent doit demeurer ouverte de sorte à permettre aux brebis d’entrer et sortir pour trouver pâture comme Jésus l’avait dit en Jean 10/9. Ces gardes dérobent la clé de la science aux brebis du Seigneur ne supportant pas qu’elles acquièrent une nourriture en dehors de ce qu’ils leur permettent de recevoir. Au lieu de les conduire vers une intimité plus profonde avec le Bien-aimé, ils les en privent en les entravant dans leur recherche de Dieu.

Notons bien que c’est chaque fois que la Sulamithe part à la recherche du Bien-aimé qu’elle rencontre les gardes qui font la ronde pour tenter de l’entraver dans sa recherche. Une première fois elle les a trouvés sur son chemin croyant qu’ils pouvaient lui indiquer où trouver le Bien-aimé mais elle a compris que ce n’était pas eux qui lui fourniraient la réponse ; et ce n’est que lorsqu’elle les a dépassés qu’elle a trouvé le Bien-Aimé (Cantique 3/ 3 et 4). Mais plus loin au chapitre 5 lorsqu’elle les rencontre à nouveau, cette fois ils la frappent la blessent et lui arrachent son châle, son voile (l’image de ce qui couvre les vierges). Lui arracher son voile c’est lui enlever les signes de sa pureté, de sa sainteté. Mais le voile est aussi ce qui protège, cela indique ici qu’au lieu de la protéger, ces gardiens-serruriers détruisent, brigandent et mettent à nue l’Église du Seigneur.


Le droit de vendange de la vigne de Salomon
 
Cantique 8/12 (Version Martin) : « Ma vigne qui est à moi, est à mon commandement. Ô Salomon, que les mille pièces d’argent soient à toi, et qu’il y en ait 200 pour les gardes du fruit de la vigne ».

Cette version rend de façon assez juste l’idée qui doit être perçue dans ce verset. La vigne qui est à mon commandement traduit dans les autres versions par « ma vigne qui est à moi, je la garde » permet ici de bien comprendre que la tête dirigeante dans cette vigne-là n’est pas Salomon car ce n’est pas la vigne de Baal-Hamon. Quant à la suite du verset il permet de mieux saisir dans cette version la répartition opérée dans la somme perçue entre ce qui revient à Salomon et ce qui revient aux gardes de la vigne de Baal-Hamon.

Dans cette vigne de la multitude, chacun doit apporter pour son fruit 1000 sicles d’argent (Verset 11) sur lesquels Salomon prélève 200 sicles pour les reverser aux gardiens (tous ses serviteurs chargés de la surveillance de sa vigne : tant les gardes que les bergers). Les 1000 sicles constituent un droit de vendange prélevé sur tous ceux qui veulent cultiver la vigne de Baal-Hamon ou y trouver pâture. Et les 200 sicles s’articulent comme une double dîme perçue sur le fruit. Autrement dit, sur cette somme perçue une dîme était accordée à la fois aux gardes et aux bergers serviteurs de Salomon; à chacun 10% sur les 1000 sicles soit au total 200 sicles prélevés pour rémunérer ces 2 types de superviseurs. Tout ceci avait été prophétisé par Samuel (1Samuel 8/14 et 15) : « Il prendra la meilleure partie de vos champs, de vos vignes, de vos oliviers et la donnera à ses serviteurs. Il prendra le dîme du produit de vos semences et de vos vignes et la donnera à ses serviteurs ». 
 
Comme ce que j’ai dit au sujet de la cabane des bergers, il se trouve aujourd’hui des prédicateurs pour justifier le prélèvement dans la nouvelle alliance d’une dîme sur la base de ce verset de Cantique 8/11, alors que ce n’est pas là son but. Mais ce texte décrit exactement ce qui se passe dans des assemblées aujourd’hui : la dîme (et non uniquement des offrandes) fait souvent partie des obligations (non écrites mais néanmoins tacites ou entendues) de celui qui veut se joindre à une église institutionnelle. Mais ce serait une honte de devoir apporter son obole pour avoir un droit de vendange dans la vigne du Seigneur Jésus-Christ, cela ne devrait jamais être ressenti comme une obligation ou une nécessité. Ce texte ne conduit en aucun cas à considérer cette gestion de la vigne de Baal-Hamon comme un modèle divin pour l’église puisque en conformité avec Ézéchiel 34 /11 et 15, il y a une distinction nette de gestion entre la vigne de la Sulamithe qui est celle du Berger et celle qui est au commandement de Salomon. La vigne du Seigneur n’est gardée par personne d’autre que Lui-même. Il n’y a pas de droit de vendange à prélever sur cette vigne-là : sa gestion se fait selon les normes divines car il s’agit d’une vigne de nature céleste. Or la vigne de Salomon qui est à l’opposé, est celle que la Bible appelle symboliquement la vigne de la terre dont le temps de la moisson ainsi que le jugement ont été prophétisés.



Le jugement de la vigne de la terre

Dieu a prononcé un jugement sur la vigne de Baal-Hamon. Ce jugement a été annoncé par plusieurs prophètes dans l’ancienne alliance (Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel) mais aussi dans la nouvelle alliance (par Jean dans la Révélation reçue du Seigneur Jésus-Christ).

La vigne de Salomon c’est la Prostituée décrite par Jean comme un principe spirituel appelé « le mystère de l’Apostasie ». Ce mystère était déjà typifié en tant qu’ombre dans l’ancienne alliance mais il est pleinement éclos dans la nouvelle, c’est sur lui qu’Ésaïe prophétisait déjà le jugement de Dieu (Ésaïe 7/ 23 et 24) : «  En ce jour-là, tout lieu qui contiendra mille ceps de vigne valant mille sicles d’argent sera livré aux ronces et aux épines : on y entrera avec les flèches et avec l’arc car tout le pays ne sera que ronces et épines.
 
La vigne de Salomon est aussi la vigne de la terre dont Jean décrit le jugement en Apocalypse 14 versets 18 et 19 : « Et un autre Ange sortit de l'autel, ayant puissance sur le feu; et il cria, jetant un grand cri à celui qui avait la faucille tranchante, disant: jette ta faucille tranchante, et vendange les grappes de la vigne de la terre, car ses raisins sont mûrs. Et l’ange jeta sur la terre sa faucille tranchante et vendangea la vigne de la terre, et il jeta la vendange dans la grande cuve de la colère de Dieu ».

Un ange lui annonçait (à partir du verset 8) la venue du Jugement de la Prostituée Babylone (dont il dit dans un autre chapitre que le nom est mystère), jugement qui sera développé à partir du verset 15. C’est là le jugement réservé à la vigne que n’a pas plantée le Père céleste et qui provient du faux cep. Cette vigne de la terre est la Jérusalem terrestre non pas au point de vue matériel en tant que ville identifiée dans la nation de la terre d’Israël, mais au point de vue spirituel. Car comme la Jérusalem céleste dont elle est l’antithèse, elle fut montrée à Jean comme une ville spirituelle nommée Babylone, principe d’Apostasie. Elle est une Prostituée qui a des filles qui sont les femmes du gynécée de Salomon dont je parlerai plus loin ; celles-ci sont nommées « filles de Jérusalem » parce que leur mère est la « Jérusalem d’en bas » qui s’est prostituée alors qu’elle aurait du rester fidèle à son époux. Cette Jérusalem-là représente non pas le peuple juif en tant que tel mais un peuple devenu apostat au lieu de rester fidèle à Dieu, elle se prostitue en allant après des amants à la manière des filles de Jérusalem courant après le roi Salomon. 
 
Ésaïe, au chapitre 5, avait prophétisé un Cantique sur la vigne, et Ézéchiel et Jean ont aussi prophétisé sur cette vigne de la terre qui est une mère ayant enfanté des filles selon sa nature ; c’est pourquoi Jean l’a nommée (Apocalypse 17/5) Babylone la grande, « mère des impudiques et des prostituées. Ézéchiel qui en parle aussi comme une mère l’a vue au départ comme une vigne plantée au bord de l’eau (du temps de sa fidélité) pour devenir à la fin une vigne plantée dans le désert dans un pays aride et sans eau (Ézéchiel 19/ 10 et 13) ce qui correspond à la vision de Jean car c’est dans le désert que l’ange l’a transporté pour lui montrer Babylone la mère des prostituées. Et Jean fut surpris en la voyant parce qu’il ne s’y attendait pas (Apocalypse 17/ 6) : « Et quand je la vis je fus saisi d’un grand étonnement », cette femme était devenue toute autre que ce à quoi elle était destinée : une habitation de démons et un repaire de tout esprits impurs (qui rappelle ce qu’avait décrit Ézéchiel au chapitre 8), au lieu d’être le tabernacle de Dieu avec les hommes. Donc les « filles de Jérusalem » de ce Cantique représentent les filles de cette Jérusalem spirituelle d’en bas : celle qui tue les prophètes et qui est ivre du sang des saints de Dieu. C’est une ville spirituelle qui a pris et prendra encore des formes différentes dans le temps et l’histoire des hommes jusqu’à la fin mais toujours avec le même caractère spirituel. Cette Jérusalem vigne de la terre (donc terrestre) est la mère des prostituées, mais Paul dit aux Galates que la mère de ceux qui restent fidèles à Dieu s’appelle à l’opposée la Jérusalem céleste (Galates 4/26).

La vigne de Baal-Hamon, vigne de la terre abreuve toutes les nations de la terre du vin de son impudicité (Apoc 18/3) ; c’est aussi ce que dit l’ange (Apocalypse 14/8) : « Elle est tombée Babylone la grande ville parce qu’elle a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de son impudicité ». Ce mystère de l’Apostasie est une vigne qui produit un vin qui abreuve la multitude des nations de la terre. Et c’est pour cela qu’elle est symbolisée dans ce Cantique par la vigne de Baal-Hamon qui signifie « seigneur ou maître de la multitude », ce vin dont elle abreuve la multitude des nations de la terre est un vin d’impudicité (de prostitution) qui va susciter le jugement de la fureur de Dieu contre elle. Et ce jugement touchera aussi tous les sarments qui y sont greffés, c’est pour cela que cette voix du ciel se fait d’ores et déjà entendre : « Sortez du milieu d’elle mon peuple afin que vous ne participiez pas à ces fléaux ».

La prophétie d'Ésaïe 7 dit qu’il viendra un temps où 1000 pieds de vigne valant 1000 sicles d’argent seront abandonnés aux ronces et aux épines. Il parle de ce temps sur lequel Jean a aussi prophétisé. Cela signifie qu’à ce moment-là, conformément à la voix de l’ange (sortez du milieu d’elle), aucun lys (Sulamithe) ne devra plus être trouvé au milieu des épines (les filles de Jérusalem). 

Souvenons-nous de la façon dont la Sulamithe est décrite au début du Cantique (chap. 2/2) : « Comme un lys au milieu des épines, telle est mon amie au milieu des filles ! ». Cela signifie donc un temps de séparation, un temps où on verra nettement la différence entre celui qui sert dans la vigne du Bien-Aimé et celui qui sert dans la vigne de Baal-Hamon. Un temps où la Sulamithe se démarquera nettement des filles de Jérusalem pour ne pas participer au jugement de la Prostituée. Car ce sera le moment du jugement et de la rétribution de cette vigne de la terre : le moment où elle sera payée comme elle a payé. Il est dit à son propos en Apocalypse 18: « Payez-la comme elle a payé, et rendez-lui au double selon ses œuvres. Dans la coupe où elle a versé, versez-lui au double. ».
Jean prophétisait aussi en Apocalypse 18/ 8 que la Prostituée serait consumée par le feu ; or déjà en son temps Ézéchiel (au Chapitre 15) prophétisait un tel jugement de la vigne par le feu, jugement qui était l’ombre du jugement définitif à venir sur la vigne de la terre. Il terminait son oracle en disant : « Je ferai du pays un désert parce qu’ils ont été infidèles dit le Seigneur l’Éternel ». 
 
Tous les prophètes, ancienne et nouvelle alliance confondues, ont prophétisé une seule et même chose bien qu’en des temps différents. Ils n’ont pas prophétisé ces choses de leur propre initiative mais parce qu’ils étaient inspirés par le même Esprit qui les animait. C’est pourquoi l’apôtre Pierre disait (2 Pierre 1/ 19 à 21) que nous devons prêter attention à leur message car il est pareil à une lampe qui brille dans un lieu obscur jusqu’à ce que le jour paraisse et que l’étoile du matin illumine nos cœurs. C’est pourquoi de plus en plus le ministère Prophétique doit contribuer aujourd’hui à mettre toutes ces choses en évidence pour l’église car c’est le temps où la lampe doit briller avec force car le jour décline. Et c’est aujourd’hui l’objectif de l’onction des fils d’Issachar (1 Chroniques 12/31) que Dieu déverse sur les vrais ministères prophétiques. Leur but n’est pas de distribuer des prophéties, mais d’éclairer la maison spirituelle que forme l’église avec la lampe afin que les enfants de lumière ne marchent pas dans la nuit comme les enfants de ce siècle. 
 
Le chapitre d’Apocalypse 18 décrit l’état de désolation de la vigne de la terre suite à ce jugement, et les versets 12 et 13 font penser à tout ce qu’apportaient les souverains étrangers pour le palais de Salomon : 1Rois 10/ 2, 10 et 11. Et le verset 14 apporte une précision qui confirme que Salomon est bien une figure prophétique de l’impie à venir : ce passage dit que le poids de l’or qui arrivait à Salomon chaque année était de 666 talents d’or. Ce nombre est définit par l’ange en apocalypse 13 comme étant celui du nom de la première Bête, nombre que la seconde Bête va obliger le monde entier à porter. Ce nombre 666 est celui d’un d’homme dit Jean : le fils de la perdition qui cherchera à se faire passer pour le Fils de Dieu. C’est lui qui est figuré par Salomon dans ce livre du Cantique des cantiques, c’est le Mystère de l’iniquité dont a parlé Paul aux Thessaloniciens. Le nouveau Salomon qui cherchera à la fin de s temps à séduire si possible les élus de Dieu ; le manège même auquel se livre le roi de ce Cantique envers la Sulamithe pour en faire une des filles de Jérusalem reposant dans la litière de son gynécée.
 
Les 1000 sarments de la vigne de Salomon ou les femmes du gynécée.

Comme je l’ai dit au début, les filles de Jérusalem, font partie du vignoble de Salomon, elles sont placées sous la surveillance des gardes de la ville. Elles constituent les sarments du Cep étranger d’où est issue la vigne de Baal-Hamon. Ce sont les 1000 pieds de vigne de la prophétie d’Esaïe 7. Elles sont comme 1000 offrandes valant 1000 sicles qui vont contribuer à la prospérité de la vigne de Baal-Hamon. 
 
Le harem de Salomon était constitué de 1000 femmes figurées par ces 1000 sarments de vigne produisant un vin de prostitution. 1 Rois 11 dit que ces femmes de Salomon appartenaient aux nations et de ce fait elles figurent symboliquement cette vigne de la multitude de la terre (Baal-Hamon)  : « le roi Salomon avait beaucoup de femmes étrangères appartenant aux nations dont l’Éternel avait dit aux enfants d’Israël vous n’irez point vers elles ; il eut 700 princesses pour femmes et 300 concubines ; et ces femmes firent égarer son cœur ». Salomon eut donc en tout 1000 femmes dans son harem et elles représentent la multitude des nations dont l’Éternel avait voulu séparer son peuple. Le gynécée ou appartement des femmes d’Apocalypse 14 renvoie de façon prophétique à ces 1000 sarments de la vigne de Baal-Hamon : c’est le principe même du mélange, de l’égarement et de la prostitution.

Le terme « filles de Jérusalem » rencontré fréquemment dans Cantique des cantiques est en effet une évocation du gynécée de Salomon. C’est à ces femmes du gynécée que fait spirituellement référence Apocalypse 14 disant que ceux qui suivent l’Agneau sur la montagne de Sion sont ceux qui ne se sont pas souillés avec elles. Le texte original grec laisse entendre qu’il s’agit là du « gynécée » autrement appelé « appartement des femmes », un terme qui peut signifier « harem ». La bonne interprétation de ce passage en Apocalypse 14 est donc « ceux qui (et non pas ils comme si cela ne concernait que des hommes) ne se sont pas souillés avec l’appartement des femmes. C'est-à-dire ceux qui spirituellement se sont maintenus séparés du harem afin de rester fidèles comme des vierges pures réservées à l’Époux. Le terme employé dans ce texte d’Apocalypse 14 n’est pas le mot femme qui en grec ancien s’écrit [γυνε] ou encore [γυναικοσ], mais le mot gynécée qui correspond bien à ce qui est écrit dans l’original du texte c’est à dire [γυναικῶν]. Nous retrouvons d’ailleurs ce même terme grec employé en Esther 2/3 et qui est traduit par la maison des femmes, ce qu’il signifie donc également en Apocalypse 14, c'est-à-dire le gynécée.  

Il n’est pas étonnant que ce terme peu utilisé en notre temps ait pu l’être sous la plume de l’apôtre Jean car la Grèce antique est le terreau du développement du christianisme primitif. Et les lecteurs de ce message prophétique de Révélation que Jean apportait, savaient exactement à l’époque ce qu’évoquait ce terme. Il renvoie à une idée d’érotisme et de polygamie qui symbolise la Prostitution spirituelle. Le but des avertissements de l’Esprit aux églises est la préservation de l’Épouse pour qu’elle soit gardée de l’esprit de Prostitution qui égare, de faire en sorte que celle qui doit être présentée à l’Agneau comme une épouse ne se laisse pas séduire pour s’attacher à un autre, le seigneur ou maître de la multitude qui n’est pas le Berger du cœur de la Sulamithe. 
 
Ce passage d’Apocalypse 14 (ceux qui ne se sont pas souillés avec les femmes du gynécée) évoque la litière de Salomon qui porte les filles de Jérusalem, les femmes du gynécée au nombre desquelles l’Épouse de l’Agneau, la colombe pure et sans tâche ne saurait être comptée, car elle est censée se garder vierge pour l’Époux. C’est à ce prix qu’elle pourra le suivre sur la montagne de Sion : Apocalypse 14/ 4 : «  ce sont ceux qui ne se sont pas souillés avec l’appartement des femmes (les femmes du gynécée) car ils sont vierges ; ils suivent l’Agneau partout où il va ». C’est l’Épouse qui est décrite là, car quand elle sera unie à l’Époux elle ne le quittera plus. Là où il sera, elle sera aussi Jean l’avait annoncé : «  Je vais vous préparer une place afin que là où je serai vous y soyez aussi » (Jn 14/3).

Mais Salomon aussi a préparé pour la Sulamithe une place de choix dans sa litière au milieu des filles de son gynécée ; cette place est préparée avec soin par les filles de Jérusalem qui cherchent à attirer la Sulamithe dans leur groupe (Cantique 3/ 10). La litière de Salomon est un lit de prostitution où Salomon va s’enfermer avec les filles de Jérusalem : il est dit de la Prostituée qu’elle forniquait avec les rois de la terre et c’est cette image spirituelle que représente la litière de Salomon. Mais ce n’est pas là la place de Sulamithe, même en tant que favorite car ce n’est pas à cela que Dieu destine l’Épouse de l’Agneau. 
 
Cantique 6/ 8-9 : «  Qu’il y ait soixante reines, quatre vingt concubines et des jeunes filles sans nombre, une seule est ma colombe, ma parfaite, elle est l’unique de sa mère ; la préférée de celle qui lui donna le jour. Les jeunes filles la voient et la disent heureuse ; les reines et les concubines aussi et elles la louent  en disant : qui est celle-ci qui parait comme l’aube du jour, belle comme la lune, brillante comme le soleil, redoutable comme des troupes sous leurs bannières ? ». C’est elle l’Épouse de l’Agneau, imagée par la Sulamithe.


Deuxième partie ---

Troisième partie --- 






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