jeudi 8 février 2018

Malgré tous mes efforts, je n'arrive plus à l'aimer.



Cette phrase terrible, je l'ai entendue dans la bouche d'un grand nombre de chrétiens et de chrétiennes dans des circonstances très différentes. On peut l'entendre dans le cadre du couple ou des relations familiales, mais pas seulement. On peut l'entendre également lors de conflits professionnels ou confessionnels, mais en réalité, toutes les relations humaines peuvent être affectées par cette incapacité à aimer. 

Pourtant, les Écrits Sacrés nous montrent clairement que cet objectif est voulu par Dieu. Il est la raison même pour laquelle Il nous a tous créé : «Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même.» (Luc 10 : 27 – Deut. 6 : 5 - Lev. 19 : 18.) 

Et comme si la barre n'était pas placée assez haut, le Christ va la relever encore d'un étage, en disant : «Mais je vous dis, à vous qui écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous maltraitent.../... aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer. Votre récompense sera grande et vous serez fils du Très-Haut, car il est bon pour les ingrats et pour les méchants. Vous serez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux.» (Luc 6 : 27-28 et 35-36.) 

Pour un enfant de Dieu, l'amour n'est donc pas une option que nous pourrions choisir, ou pas, en fonction des circonstances, car il s'agit de l'expression la plus aboutie de cette vie de l'éternité à laquelle le Christ est venu nous appeler à participer. 

«Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, CAR DIEU EST AMOUR.» (1 Jean 4 : 8.)


Cet amour a trouvé son plein accomplissement en Christ, en particulier lors du sacrifice de la croix, où Il a donné sa Vie afin que nous puissions y participer. Tous les chrétiens le savent, mais pourtant, en observant la vie de beaucoup d'entre eux, il semble qu'il arrive des moments terribles où la source bénie ne coule plus et où l'amour devient un effort surhumain, impossible à accomplir. 

Pourquoi ? 

Il y a certainement beaucoup de raisons pour que cette source bénie tarisse. Certaines sont liées à la rancune et au ressentiment, à la peur et au manque de pardon qui freinent et parfois même paralysent la vie de l'Esprit en nous. Mais dans certains cas, il semble que la liberté d'aimer des commencements de la vie chrétienne se soit déplacée imperceptiblement vers des efforts de plus en plus laborieux pour essayer d'obéir à ce qui finit par n'être plus qu'un ordre impératif, qui parait de plus en plus hors de portée. 

Un ordre impératif ou un objectif divin ? 

Le plus grand commandement ne dit pas « TU DOIS aimer » (ce qui serait un ordre impossible à accomplir, car on ne peut pas aimer sur ordre), mais dit exactement : « tu aimeras » (au futur), ce qui est une annonce de ce que Dieu veux réaliser dans la vie de ceux qui le croient. Pour être authentique, le commandement doit venir de l'intérieur, du fond du cœur (Jérémie 31 ; 31.). 

Ce projet de Dieu trouve son accomplissement dans nos vies lorsque nous le recevons dans la foi, comme Abraham a cru l'annonce de l’Éternel concernant sa descendance et l'a vu s'accomplir au moment et de la manière voulus par Dieu. Car Dieu est l'Origine et le But du croyant et tout ce qu'Il annonce s'accomplit par la puissance de son Esprit dans la vie de ceux qui le croient. 

Encore un problème de traduction ! 

On va dire que je rabâche, mais je sais que beaucoup de chrétiens se sont laissé enfermer par l'expression fautive « faites tous vos efforts » que l'on retrouve dans certaines traductions (2 Pierre 1 : 5. Second, Colombe.)(2 Pierre 3 : 12 et 14. Bible en français courant etc...) alors que le grec (spoude ; spoudazo ; speudo) signifie simplement « saisir l'occasion » ou « ne pas perdre de temps »... ou bien l'expression « efforcez-vous » (Luc 13 : 24.) traduit le verbe grec « agonizomaï » qui signifie simplement « combattre ». Ces mauvaises traductions mettent malheureusement l'accent exagérément sur les oeuvres et les efforts humains, alors que la Parole nous encourage à combattre pour, et par, la foi. Le combat victorieux ne venant pas de l'effort dans les œuvres, mais de la foi dans les promesses divines. Les œuvres de la foi ont évidemment de l'importance, mais prenons garde qu'elles ne finissent par remplacer l'amour en devenant l'appui principal de la vie chrétienne. Car les seules œuvres justes que nous pourrons apporter devant le Trône seront celles que Dieu Lui-même aura accompli en nous. Afin que toute gloire Lui revienne. 

Obéir ou croire ? 

 Pour en revenir à la phrase en titre de ce billet, nous savons tous qu'il est impossible d'aimer sur ordre. Car l'amour n'est pas un commandement à exécuter, mais une source à laisser couler. Si la source ne coule pas, ou ne coule plus, nos efforts ne nous permettront que d'accomplir des gestes apparemment gentils, mais qui n'auront malheureusement pas leur source dans notre cœur, mais seulement dans un désir de conformité à la norme divine. Pour reprendre une chanson célèbre « avoir envie d'aimer » n'est pas suffisant pour y arriver, même si c'est déjà la démonstration d'une prise de conscience de notre incapacité à y parvenir... 

 Ce que j'ai contre toi... 

« Je connais tes œuvres, ton travail et ta persévérance...Tu as de la persévérance, tu as souffert à cause de mon nom et tu ne t'es pas lassé.MAIS J'AI CONTRE TOI QUE TU AS ABANDONNÉ TON PREMIER AMOUR. SOUVIENS-TOI donc d'où tu es tombé, repens-toi et pratique tes premières œuvres... » (Apoc . 2 ; 4.) 

Jean-Luc B 



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