lundi 20 juillet 2009

Le temps du salut.

Le Jour du salut

Lorsque nous entrons dans la vie de disciple du Christ, il y a beaucoup de choses que nous devons apprendre. La notion de temps, de rythmes et de saisons en fait partie.
« Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux » (Ecl. 3. 1.)
Malheureusement, certaines positions théologiques largement diffusées actuellement semblent faire complètement l'impasse sur cette réalité incontournable de notre existence terrestre. C'est ainsi qu'on entend dans certains milieux chrétiens des slogans du style : « une fois sauvé, toujours sauvé », auxquels s'opposent d'autres slogans tout aussi catégoriques, du type : « vous pouvez perdre votre salut ». Ce genre de débats est souvent pris un peu comme un match par ceux qui y assistent, où l'on se contenterait d'admirer les belles attaques et de compter les points, tout en souhaitant plus ou moins consciemment la victoire de l'équipe vers laquelle penche notre sympathie...
Cependant, il ne faudrait pas oublier que le sujet abordé concerne notre destinée éternelle et que nous sommes donc, chacun pour notre part, personnellement impliqué !

Nous ne pouvons pas sans risque nous contenter d'être spectateurs dans un débat comme celui-là. Il implique trop notre avenir pour que nous nous contentions de regarder de loin quel camp va réussir à éreinter l'autre. Surtout que chacun d'eux sait employer avec brio certains Textes Bibliques pour appuyer ses arguments, ce qui a malheureusement pour effet néfaste d'ébranler la foi des plus faibles, les nouveaux nés en Christ et aussi les asthéniques spirituels qui ne manquent malheureusement pas dans nos assemblées...
Posséder la vérité ?
Je voudrais rappeler ici un aspect fondamental (mais souvent oublié) de la vie chrétienne : la foi d'un disciple de Jésus Christ n'est pas appuyée sur des dogmes, mais sur une relation vivante avec Celui qui l'a sauvé. Selon L'Écriture Sainte, la vérité n'est pas un dogme à apprendre par coeur et à argumenter contre les autres, mais la Vérité est une personne : le Christ mort et ressuscité. Selon ce qu'il a déclaré Lui-même :
« Jésus lui dit: Je suis le chemin, LA VÉRITÉ, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 14. 6.)
Il est donc illusoire de s'imaginer détenir la Vérité. Nous pouvons (et je le souhaite à chacun de ceux qui me lisent) rencontrer la Vérité, la suivre et nous en nourrir. Mais si nous agissons ainsi, nous réaliserons assez vite que nous ne pourrons qu'établir une relation avec Elle et non pas la posséder. Comme toutes les relations, nous pourrons la cultiver ou la négliger; l'affermir ou la démolir; la conserver ou la rompre...
A la lecture du Texte cité ci dessus, il est déjà possible de tirer un premier constat : nous ne pourrons jamais détenir « la vérité et la vie », mais nous sommes invités au travers de toute L'Écriture à établir une relation durable avec Celui qui en est le détenteur, c'est à dire le Christ Jésus. La Vie éternelle n'est donc pas un objet que nous pourrions détenir ou perdre, mais la vivante réalité de Dieu à laquelle nous sommes invités à participer par une communion constante. Le Christ est venu pour faire de ceux qui croiront en Lui des « participants de la nature divine » (2 Pierre 1. 4.). N’oublions jamais que nous ne sommes pas les propriétaires du salut, mais seulement des invités. Plusieurs des paraboles de l'Évangile appuient sur cette réalité. Ou pour le dire d'une autre façon, nous sommes « en espérance, héritiers de la vie éternelle. » (Tite 3. 7.).
Deux volontés qui peuvent s’opposer.
Du côté de Dieu il y a la volonté que tous les hommes soient rassemblés par et dans la Vérité, afin de les sauver :
« Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi. » (Jean 12. 32.)
« Dieu notre Sauveur.. veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la Vérité. » (1 Tim. 2. 3-4.)
Mais du côté de l'homme il y a un libre-arbitre (voulu par Dieu afin de permettre –quand il est correctement employé- une relation d’amour), mais qui peut aussi malheureusement s'opposer à la volonté divine :
« Car ainsi a parlé le Seigneur, l'Éternel, le Saint d’Israël: C’est dans la tranquillité et le repos que sera votre salut, C’est dans le calme et la confiance que sera votre force. Mais vous ne l‘avez pas voulu! » (Es. 30. 15.)
« Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu! » (Luc 13. 34.)
Toute la Bible nous montre que DIEU VEUT établir une relation forte et durable avec nous (une « Alliance », souvent comparée à un mariage), mais il est tout aussi évident à la lecture de ces Pages Inspirées que DIEU N'IMPOSE PAS cette Alliance, ni n'oblige personne à y rester (Jean 6. 67.). Il n'est pas comme les autorités du monde qui abusent de leur pouvoir pour « violer notre intimité », ou nous obliger à des « devoirs » intimes, civils ou religieux.
Le projet d’amour de Dieu.
Car le projet initial de Dieu, depuis qu'Il nous a créé, a consisté dans la réalisation dans le coeur de l'homme d'un amour aussi inconditionnel que celui qu'Il a manifesté pour nous :
« Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » (Rom. 5. 8.)
« De loin l’Éternel se montre à moi: Je t’aime d’un amour éternel; C’est pourquoi je te conserve ma bonté. » (Jer. 31. 3.)
« Écoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l’unique Seigneur ; et : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. » (Marc 12. 29-30.)
Nous qui avons crus dans cet amour manifesté en Jésus Christ, nous en devenons les participants, comme le dit très bien l'apôtre Paul :
« la charité de Christ nous unit étroitement: tenant ceci pour certain, que si un est mort pour tous, tous aussi sont morts; et qu’il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent, ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. » (2 Cor. 5. 14-15. Martin)
Si nous croyons en Christ, nous sommes unis à Lui et nous vivons de sa Vie. Son amour alors « nous unit étroitement » à Lui et à tous ceux qu'Il a adopté dans le même Amour.
Posséder, perdre… ou vivre une relation d’amour ?
Il est symptomatique de constater que dans tous ces débats sur le « salut irrémissible » opposé à « la perte du salut », on ne voit pas souvent abordé l'aspect fondamental de l'Amour de Dieu, comme si ce mot dérangeait le « bon » déroulement de ce « match » conflictuel.
Pourtant, l'Alliance Nouvelle que Dieu est venu établir avec nous par Jésus Christ, est principalement basée sur l'Amour. Dans les Évangiles et les Actes des apôtres, ceux qui ont cru en Lui ne l'ont pas fait principalement parce que c'était « raisonnable », mais parce qu'ils ont vu et entendu ce qui rayonnait de Lui et qu'ils l'ont aimé.
C'est sur cet Amour que leur foi était posée. C'est aussi cet Amour reçu par la foi qui les mettait en marche à sa suite. C'est ce même Amour qui leur a permis de tenir ferme au milieu des tribulations annoncées, jusqu'à intercéder pour ceux qui s'amusaient à les voir déchiquetés par les bêtes dans les spectacles romains. C'est toujours la réception de ce même Amour qui nous rend aujourd'hui encore capables de marcher en confiance sur le chemin étroit de notre relation quotidienne avec Celui qui est la source de la Vie.
Car notre salut n'est pas écrit sur une page blanche que Dieu aurait signée et que nous pourrions ensuite remplir à notre guise, mais c’est un contrat en bonne et due forme, qui établit les conditions dans lesquelles nous pouvons demeurer « participants de la Nature Divine » et de la Vie éternelle qui est en Lui « en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise » (2 Pierre 1. 4.).
Le jour où nous sommes sauvés.
Mais ce contrat, cette Alliance, est basé sur une notion temporelle à laquelle nous ferions bien de prêter attention :
« Voici MAINTENANT le temps favorable, voici MAINTENANT le jour du salut. » (2 Cor. 6. 2.)
« Dieu fixe de nouveau un jour–AUJOURD’HUI–en disant dans David si longtemps après, comme il est dit plus haut: AUJOURD’HUI, si vous entendez sa voix, N’endurcissez pas vos coeurs. » (Heb. 4. 7.)
Pour ceux qui, comme l’Ecclésiaste ou les fils d’Issacar (1 Chr.12. 33.) savent reconnaître les temps, il devient évident que le « jour du salut » n’est pas hier, ni demain, mais bien aujourd’hui et aujourd’hui seulement ! C’est aujourd’hui que nous sommes sauvés ou perdus :
Hébreux 3:13 « Mais exhortez-vous les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu‘on peut dire: Aujourd’hui! Afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché. »
Notre conversion d’hier ou d’avant-hier n’est pas un élément suffisant pour nous assurer de notre salut futur, car ça le ferait reposer sur un acte personnel du passé et non pas sur une relation vivante fondée sur la foi dans l'Oeuvre divine. Notre conversion ne gardera son sens qu’à la condition que nous continuions aujourd’hui encore à marcher dans l’écoute confiante et obéissante à la Voix d’En Haut.
« Qui croit au Fils a la vie éternelle; mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. » (Jean 3. 36. Darby)
Confiance quotidienne.
« Si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui » (2 Tim. 2. 12.)
A ceux qui sont minés par la peur de perdre le salut qui leur a été donné en partage, j’aimerais aussi rappeler que nous ne pourrons jamais réussir par nos efforts à marcher droit sur le chemin étroit qui mène au Père. Il nous faudra Sa Présence continuelle, non seulement à côté de nous mais surtout « en nous » (Jean 14. 17 et 20 - Col. 1. 27.), pour nous garder dans l’espérance tout le long du chemin. Et Il nous a donné des assurances solides sur lesquelles nous pouvons nous appuyer avec confiance. Il nous promet qu’Il sera présent dans tous les aujourd’hui de l’histoire :
« Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Mat. 28. 20.)
« Ne vous inquiétez donc pas du lendemain; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. » (Mat. 6. 34.)
Il nous a aussi laissé une prière dans laquelle il y a tout ce qui est nécessaire pour nous rassurer :
« Ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin. » (Mat. 6.13.)
Ne croyez-vous pas que si nous faisons cette prière du fond de notre cœur, notre Père Céleste sera capable d’y répondre avec puissance ?
« S’il se tient debout, ou s’il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l’affermir. » (Rom. 14. 4.)
« Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins. » (Heb. 4. 15-16.)
En phase avec la Vie.
Dès que nous nous éloignons du Dieu Vivant et Vrai, nous perdons la Vie qui est « en Lui ». Mais dès que nous revenons à Lui, la relation se rétablit et la Vie d’En Haut recommence à couler dans notre existence. Car Il nous a promis qu’Il ne mettrait pas dehors celui qui vient à Lui.
« Il fallait bien s’égayer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et qu’il est revenu à la vie, parce qu’il était perdu et qu’il est retrouvé. » (Luc 15. 32.)
Que chacun de nous puisse demeurer (ou revenir) dans cette relation personnelle de tous les instants avec notre Seigneur Jésus Christ, car c’est en Lui et par Lui que se manifeste la Vie de l’éternité. Cette Vie divine à laquelle nous sommes appelés à participer et qui continuera encore à nous animer si nous persévérons quotidiennement en l'attendant.
Et nous aurons alors comme récompense de vivre une intimité encore plus grande avec Lui, lorsque le temps qui s’écoule ne sera plus qu’un souvenir, dans « ces nouveaux cieux et cette nouvelle terre où la justice habitera… où la mort ne sera plus… et où nous connaîtrons enfin comme nous avons été connus »…

1 commentaire:

  1. merci Jean-Luc pour ce texte.

    le fameux "débat" de perte du salut vs persévérance des saints devient un non-sens quand on s'éloigne de la logique de "salut en tant que bien qui m'appartient", et qu'on se rapproche de la révélation biblique qui nous présente un salut en tant que relation vivante avec Dieu.

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