dimanche 21 février 2010

Croyant, mais certainement pas naïf !

-->


Cela fait bien longtemps que je voulais rectifier une mauvaise apologie qui est faite de la naïveté chez les croyants. En effet, on entend souvent dire que si un chrétien aime totalement, comme un petit enfant, il avale forcément tous les bobards.

Je me rappelle il y a quelques années, une soeur en Christ qui au détour d'une conversation sur les blagues dans lesquelles il nous arrive de tomber le 1° avril, m'avait sorti avec une touchante ingénuité :

« Tu sais, je vis tellement profondément 1 Corinthiens 13, que je crois tout ce qu'on me dit, même les bobards et les mensonges. En effet il est écrit : «l'amour ne soupçonne point le mal » et aussi : « l'amour croit tout ». 

Et pour rajouter un tour de noeuds supplémentaire aux liens qu'elle avait déjà sur son intelligence,
elle rajouta en faisant référence à l'Évangile de Matthieu : « nous devons être des petits enfants pour entrer dans le royaume de Dieu, or un enfant est tellement naïf et confiant qu'il croit tout ce qu'on lui dit. Hé bien moi je suis pareille, je gobe tout ! »

Cette apologie de la naïveté est peut-être très touchante, mais elle ne correspond absolument pas aux enseignement bibliques et pose sur les âmes des liens spirituels, intellectuels et moraux de vulnérabilité qui ont malheureusement faits beaucoup de dégâts dans les vies de ceux qui se sont laissé convaincre que cette aberration était un enseignement biblique. Combien sont entrés dans des sectes à cause de ces liens, combien se sont laissés séduire par les bobards de discoureurs manipulateurs? Tout cela parce qu'ils s'imaginaient que le summum de la perfection consistait dans la crédulité et la naïveté !...

Nous allons reprendre ensemble les Textes bibliques auquel il est fait allusion ci-dessus et nous constaterons que c'est leur mauvaise compréhension qui les rend dangereux.

Commençons par 1 Cor. 13. 7 :

« L'amour... croit tout... ».

Il est important de savoir que cet amour divin (agape) est aussi « l'amour de la vérité » (2 Thess. 2. 10.). De la même façon qu'une épouse qui aime son mari n'acceptera pas de coucher avec d'autres hommes, de même, celui qui a découvert la vérité n'acceptera pas non plus d'avaler le mensonge. 

Croire « TOUT » ne signifie donc pas qu'il est normal de croire même les bobards et les mensonges, mais qu'il est important de croire TOTALEMENT la Parole divine qui est venue parmi nous en Jésus Christ. Croire implique donc un choix qui vient d'un discernement. Il n'est pas question ici de CROIRE TOUT, depuis la vérité jusqu'au mensonge, mais de CROIRE TOTALEMENT ce que nous savons être la vérité qui sauve et qui donne la vie.


Continuons par 1 Cor. 13. 5 :

« l'amour... ne soupçonne point le mal »

Là nous nous trouvons devant un problème de traduction, car le mot grec que Second traduit ici par « soupçonne » (logizetaï), signifie simplement « pense ». Il serait donc moins ambigu de traduire :

« l'amour... ne pense point à mal » (Martin )

Ou :

« l'amour... n’impute pas le mal » (Darby)

Je me rappelle une leçon que le Seigneur m'a donnée concernant ce Texte que je comprenais mal. Je travaillais à l'époque avec un homme qui était en train de m'embobiner avec ses mensonges et au même moment, une petite voix intérieure (que je connais bien maintenant) m'a averti très précisément de ses manipulations. Malheureusement, comme j'avais été enseigné dans une conception déviante du combat spirituel, j'ai repoussé cet avertissement au nom de Jésus en proclamant fermement cette traduction de Second : « l'amour... ne soupçonne point le mal » !

Et voilà comment je me suis laissé séduire, parce que je refusais les avertissements d'En Haut à cause d'une mauvaise compréhension de la Parole Divine. Inutile de dire que depuis que j'en ai pris conscience, je suis devenu beaucoup attentif aux avertissements divins et que je suis aussi plus circonspect dans l'emploi de l'épée de l'Esprit! Car un Texte Biblique mal employé peut faire de gros dégâts et il n'y a malheureusement pas que l'apôtre Pierre qui coupe des oreilles avec une lame tranchante manipulée sans discernement... 

Rassurons-nous cependant, il est écrit de l'Esprit Saint que le Christ nous envoie, qu'il nous « conduira dans toute la vérité », donc, si notre communion avec Dieu nous rend attentifs à sa Voix, il nous gardera du mensonge et des séductions.


Un autre aspect à aborder concernant ces liens spirituels qui nous rendent vulnérables, vient d'une mauvaise compréhension de Matthieu 18. 3 :

« Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. »

Qu'est-ce que l'on n'a pas entendu, dans ces prédications du haut de la chaire, sur la crédulité et la naïveté des enfants que nous devrions prendre comme exemple ! Combien ont été (et sont encore) manipulés par ces raisonnements qui prétendent qu'il faudrait accepter passivement (comme un enfant) tout ce qui vient du chef de la congrégation. Combien sont restés (et restent encore) dans des groupes sectaires à cause des entraves que ce Texte mal compris a posé sur leur âme !

Lorsque Jésus enseignait, il faisait continuellement référence à ce qui avait été écrit avant son incarnation, il s'appuyait sur les Saintes Lettres que tous les juifs connaissaient et qui étaient leurs références culturelles et intellectuelles. Lorsque qu'il parle de la condition de « petits enfants » qui est nécessaire pour entrer dans le Royaume, il fait précisément allusion à une Parole prophétique, contenue dans le livre du Deutéronome, en rapport elle aussi avec l'entrée dans le Pays de la promesse :

« ET VOS PETITS ENFANTS, dont vous avez dit: Ils deviendront une proie! et vos fils, qui ne connaissent aujourd’hui ni le bien ni le mal, ce sont eux qui y entreront (dans le Pays promis), c’est à eux que je le donnerai, et ce sont eux qui le posséderont... » (Deut. 1. 39.)

Remarquons bien qu'il est dit ici que ce sont ceux « qui ne connaissent aujourd'hui ni le bien, ni le mal » (c'est à dire ceux qui se retrouvent dans la condition de l'Adam d'avant la chute, 1 Cor. 15. 45), ce ne sont que ceux là qui entreront dans le Pays de la promesse. N'est-ce pas l'image exacte de la « metanoïa », la repentance, le changement complet de mentalité et de valeurs, qui nous fait (comme dit Paul) « renoncer à tout afin de gagner Christ » (Phil. 3. 8.)?

Mais n'oublions pas non plus que ces « petits enfants » du temps de Moïse ont dû grandir dans le désert pour devenir des hommes capables de se saisir de toutes les armes utiles pour pouvoir combattre et  prendre possession des promesses. Il ne sont pas resté dans la condition d'entrée, ils ont dû après cela devenir des maîtres (Heb. 5. 12.), des adultes en Christ (Eph. 4. 13.) pour parvenir à vaincre le Malin (1 Jean 2. 13-14.).


En résumé, il est important de comprendre que la vie nouvelle en Christ n'encourage absolument pas à la naïveté, ni à la crédulité aveugle, ni à l'infantilisme, mais elle nous exhorte à devenir des adultes exerçant le discernement que Dieu nous a donné. Le Christ nous appelle à la maturité, à la prudence et à faire des choix réfléchis :

« Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups; soyez donc prudents comme des serpents, et simples (littéralement : sans mélange) comme des colombes. » (Mat. 10. 16.)

Ceux qui prennent leur naïveté comme excuse pour expliquer les séductions dans lesquelles ils (ou elles) sont tombés, devraient avoir la franchise de reconnaître que cette propension à se laisser séduire venait d'un coeur qui n'était pas droit. L'expulsion de démons et le « coupage de liens » dans des prières de délivrances ne régleront pas le problème fondamental qui vient de l'attitude de coeur. Ils risqueront au contraire de provoquer un endurcissement et des attitudes de généralisation sensées les protéger contre la reproduction des mêmes dynamiques dangereuses. 

Une femme abusée aura ainsi tendance à se méfier des hommes en général et ne saura probablement pas reconnaître l'homme capable de l'aimer dans un don réciproque. Une victime d'inceste se méfiera des "figures paternelles" qui existent partout dans une société (instituteurs, policiers, juges, responsables professionnels et politiques...) et aura, par voie de conséquence, des difficultés relationnelles et sociales qui handicaperont son existence...

Mais celui qui aura vécu une véritable transformation intérieure dans la communion avec Christ, celui-là verra tout devenir nouveau et chaque chose retrouver sa vraie place. Aussi bien dans ses souvenirs que dans sa vie présente et future, car le Christ est venu initier une oeuvre de rétablissement à laquelle il nous invite à participer (Actes 3. 21.) .



5 commentaires:

  1. Eh bien, moi je préfère « croire » à tout, ou, plutôt je me nourris de tout.
    Tout m’intéresse, tout vient de l’humain et tout ce qui est humain m’intéresse.
    Et, dans chaque chose (religion, philosophie) du tout, je prends, j’utilise ce que je veux, ce que je décide de prendre.
    Et, même, si je prenais rien d’une chose du « tout », je ne la dénigrerai pas.
    Car elle est, certainement utile à quelqu’un d’autre.
    Que l’autre soit content ou pas de son expérience, il aura grandi de son expérience, donc il ne peut que remercier son expérience ; il est dit que :Tout ce qui ne tue pas renforce.
    Si non ce personnage est un malhonnête.
    Donc tout est bon.
    Il est possible que les esprits mauvais voient le mal partout et les bons esprits le bien partout !

    Jean Luc tu dis que tu es croyant mais pas naïf !
    Que les autres sont des naïfs avec des croyances loufoques, voire dangereuses.
    Ne serait pas naïf de penser ceci ?
    Le dangereux c’est l’agression physique, hors ceci, toute pensée est loufoque, j’aurai la prétention de dire même la tienne, tout dépend de la place de l’observateur.
    Jésus a dit aime tes ennemis ; les « loufoques » sont, certainement, plus des amis que des ennemis, alors … !
    Amitiés
    Lovyves

    RépondreSupprimer
  2. Bonsoir Jean-Luc, que la grâce et la paix du Seigneur soient avec nous et nos esprits, amen !

    Je te remercie pour ce partage.
    De mon côté, il m'arrive parfois d'utiliser cette expression que j'affectionne :

    "Je suis chrétienne, mais pas : crétine !"

    Je trouve que les évangiles sont très clairs là-dessus et tu les as cité comme il se doit. Je prêche souvent le coeur de l'enfant de Matthieu 18.3 car il parle de la simplicité avec laquelle un enfant croit certes, mais aussi ... Pardonne.

    Cette disposition de coeur est ce que Jésus affectionne pour nous car elle nous donne la possibilité d'accéder plus rapidement et efficacement à cette notion de pardon qui nous ait tant nécessaire pour Le Servir.
    Il est aussi question du naturel que les enfants ont et que nous, nous perdons.
    Quand on observe les petits, on apprend beaucoup d'eux.

    Je confirme que lorsqu'on a un passé lourd et chargé, il y a tellement de reproductions et de projections que l'on peut faire à tout bout de champ que si on ne nait pas de nouveau au point même de redevenir comme un petit enfant, on a tendance à se méfier de tout et de tous et ne plus pouvoir vivre la vie que Dieu nous offre dans Sa Paix et Sa Joie.

    Quant à "Tout gober" c'est facile, et Dieu nous appelle : "insensés" dans ce cas là, à plusieurs reprises dans Sa Parole.
    L'équilibre n'est jamais évident mais sa quête est l'essence même de notre nouvelle création en Jésus-Christ et lorsque nous le laissons nous conduire en toutes choses, nous en tirons les enseignements correspondants avec le discernement qui convient.

    Prions pour que celui-ci croisse d'avantage chaque jour dans nos âmes, afin que nous ayons une connaissance de plus en plus juste du Plan de Dieu pour nos vies, et pour le Servir, amen !

    N'ignorons pas délibérément les choses qui nous dérangent car Dieu connait chacune de nos intentions puisque c'est au coeur qu'Il regarde avant tout.

    Je te souhaite une bonne suite dans ton ministère et dans ta vie, à bientôt mon frère.
    Fraternellement notre.

    RépondreSupprimer
  3. la vérité enseigné en 1 corinthien 13 n'a pas empêché Jésus de clamer haut et fort pendant tout un chapitre l'hypocrisie des scribes et des pharisiens (Matthieu 23) en des termes et des métaphores qui nous feraient risquer des poursuites judiciaires pour dommages moraux si nous nous adressions de la même façon aux religieux qui polluent la surface de cette terre !

    bien des chrétiens mélangent "amour" avec mollesse et lâcheté... C'est un amour rose bonbon qui semble bien mignon à prime abord, mais qui au fond n'est que de l'indifférence... Cela est bien dénoncé dans 1 Jean 3, et dans Jacques 2

    RépondreSupprimer
  4. C'est tellement vrai.

    J'aime beaucoup !!

    J'espère Jean Luc tu me permettra de prendre ce lien dans mon site ?

    J'ai crut lire dans un post que ca poserait pas de problèmes, sauf qu'il faut noter ton lien !!

    Que Dieu te gardes et te bénisses.

    SOLANGE

    RépondreSupprimer
  5. +5 pour pour ce meilleur blog, que le seigneur t'a mis à cœur.Sois béni

    RépondreSupprimer