mardi 9 février 2010

Témoignage enregistré

« C'est pour moi une grande joie chaque fois que je peux dire et crier ce que Jésus a fait dans ma vie: des choses merveilleuses; et quand on chante la reconnaissance à Dieu, je me sens vraiment privilégié par rapport aux autres.

Quand j'étais jeune,  je voulais être prêtre et j'ai fait mes études dans un séminaire. Elève studieux, consciencieux, tout le monde me voyait prêtre et j'avais de gros problèmes : le problème du célibat. Célibataire, cela me pesait, j'ai fait une retraite et me plaçant devant Dieu, eh bien, j'ai réalisé que je ne pouvais pas faire un bon prêtre, et qu'il valait mieux faire un bon père de famille qu'un mauvais prêtre. J'ai donc quitté, résilié mon sursis, accompli mon service militaire. Et de retour de l'armée - j'étais orphelin de mère, mon père anticlérical - je me suis retrouvé seul dans la vie, et à cause de cette solitude, j'ai perdu la foi en Dieu, parce qu'on a tenté de me rattraper pour aller au séminaire, et j'avais décidé de quitter, alors j'ai perdu la foi en Dieu.

Voyez, j'ai fait l'erreur de mélanger les dieux et les hommes; et depuis 1948 donc, j'ai vécu au fond comme un mécréant, ayant tout rejeté, et dans la vie voyant que j'étais misérable, j'ai été clochard pendant quatre mois : je couchais dans une cave, je me nourrissais des déchets de marchés, de poubelles... ce que je pouvais. C'était la misère.
Et j'ai pris la rage au cœur: celle de gagner de l'argent. Je me suis dit: « Faut gagner de l'argent puisque dans la vie y'a que l'argent qui compte ».

Je me suis marié et je suis rentré dans une administration après avoir fait plusieurs métiers, (l'électronique, artiste professionnel, prestidigitateur. J'étais prestidigitateur professionnel et je gagnais pas mal d'argent) mais le Seigneur m'attendait au virage. Vous savez, le Seigneur a un plan pour chacun d'entre nous. Il nous veut pour sa gloire, il nous veut pour son service et il nous cherche jusqu'à ce que nous ayons compris ce qu'il attend de nous. Et je n'avais pas compris cela, je l'ai compris bien après en allant travailler dans l'Administration.

J'étais toujours dans l'Administration. Je me rendais à mon travail en scooter, et j'ai été écrasé entre deux voitures: ma tête a frappé le coffre d'une traction-avant et une 4 CV m'a pris sur l'arrière; et vous savez ce qui se passe quand deux voitures se télescopent et qu'il y a une colonne vertébrale entre les deux: eh bien! Ce n’est jamais les voitures qui se font mal, mais bien la colonne vertébrale. Je me suis retrouvé à la suite de cet accident grand invalide. J'ai été appareillé pendant quatre ans et demi. Je sais pas si vous vous représentez ce que ça veut dire « appareillé » : porter un appareil, un corset qui me soutenait la tête et un lombostat.

Deux ans après cet accident, je prenais les béquilles en plus et je marchais avec des béquilles comme ça, et pour moi c'était une catastrophe, parce que là, ç'a été fini pour moi, moi qui comptais avoir réussi dans la vie, avoir de l'argent, etc., et me retrouver comme ça, invalide!

Mais je voudrais quand même donner mon témoignage en détail. Quand j'ai eu l'accident, je me suis dit: «Le gars qui m'a envoyé en l'air, il faut qu'il paie. » Alors, j'ai décidé de faire un procès; et, médicalement, j'aurais dû quitter l'appareil après deux ans ou avant deux ans, et comme j'étais en plein procès, j'ai continué à garder l'appareil, j'ai refusé les soins médicaux qui s’imposaient, (la rééducation), et quand le procès a été terminé, le tribunal m'a accordé des dommages et intérêts de vingt millions deux cent mille anciens francs; pour vous dire qu'on n'accorde pas vingt millions à quelqu'un qui n'a rien.

Il y a eu une expertise, un rapport de 16 pages, et les chirurgiens qui m'ont vu après, vous savez ce qu'ils m'ont dit ? «Monsieur G., avant cinq ans vous serez paralysé. Sachez une chose, quand vous serez paralysé, dites-vous bien que ce sera de votre faute. » Et pour moi, ça a été un poids énorme, un fardeau épouvantable. Je me suis retrouvé quatre ans et demi après dans un lit, paralysé, couché sur une planche et père de famille de quatre enfants. Et je disais, «Ça, c'est par ta faute pour avoir refusé les soins, pour ne pas avoir fait la rééducation. Maintenant tu es soudé, maintenant tu ne peux plus rien faire.» Il y avait un remords dans mon cœur, quelque chose d'épouvantable qui me rongeait et puis paralysé, encore j'aurais supporté, mais ce qui était abominable, c'était les douleurs. J'avais l'impression d'un rat qui me rongeait la nuque et je hurlais jour et nuit.

Au début, on a tenté des calmants. J'ai eu de la morphine: une injection toutes les huit heures, ensuite toutes les six heures, toutes les quatre heures puis toutes les heures. La morphine n'agissait plus. On m'a donné un tas de calmants associés. Dans la nuit du 16 novembre 1964, ma femme m'avait fait une injection de quatre calmants dans la même seringue. Un quart d'heure après, je hurlais toujours, j'avais toujours mal; et les chirurgiens m'avaient dit: «Lorsque vous serez paralysé, et, quand les calmants n'agiront plus, il faudra ouvrir le rachis cervical, scier les ailettes des vertèbres, tenter de racler l'arthrose, dégager les nerfs cervicaux-brachiaux, les nerfs du grand droit, le nerf sciatique, pour essayer de vous débloquer. Mais comme c'est placé sous le bulbe rachidien - j'avais cinq vertèbres: CI, C2, C3, C4 et C5 puis L4 et L5 donc qui avaient été écrasées- et comme c'est placé sous le bulbe rachidien, si on touche le bulbe, c'est la mort. Vous avez quatre enfants... le plus tard possible. » .

Pour moi, l'opération c'était la dernière issue. Je savais que la mort était là et, croyez-moi, quand on est paralysé, quand on sait que les calmants n'agissent plus, eh bien, on est paniqué ; par la mort. On a beau fanfaronner, mais quand la mort est là... J'étais paniqué. C'est pour vous dire dans quel état j'étais; ce que j'ai ressenti à ce moment-là: la souffrance, mais aussi le remords, le fardeau, tout ça...

Quand ma femme est partie chercher le médecin, dans mon lit de paralysé, j'ai crié à l'Eternel, et il m'a répondu, comme dit le psalmiste. J'ai dit: «Je sais que tu existes, je n'en peux plus, je capitule maintenant. Fais ce que tu voudras. » Capituler devant Dieu: voilà ce que le Seigneur attendait de moi.

Quand le médecin est arrivé, il m'a dit: «Monsieur G., on peut rien faire. Demain, au lever du jour: intervention chirurgicale. On tente le tout pour le tout. »

La réponse de Dieu? A sept heures du matin, un prédicateur gitan. Il y avait à ce moment-là, en 1964 à M..., une convention tzigane charismatique. Ce prédicateur gitan sauvait une tribu qu'il évangélisait. Il se trouvait à M... Pour gagner sa vie, il vendait du linge; et à sept heures du matin, il est parti dans ce village habité, à vingt kilomètres de M..., et il est venu dans ce village pour vendre du linge; et il a vu cette maison. J'habitais dans une maison sur une colline isolée. Il a vu cette villa, il a dit: «Tiens, je vais aller dans cette maison pour vendre du linge. »

Quand il s'est approché, il a entendu hurler dans la maison. Vous savez, je hurlais jour et nuit, à crier sans pouvoir avoir des calmants, sans pouvoir m'arrêter. Je n'avais plus... Je n'avais plus de forces, plus de larmes; c'était vraiment une chose abominable que de passer ce que j'ai passé. 

Et quand cet homme a entendu hurler, il a posé son trousseau, puis il a dit à ma femme: «Je veux voir cet homme.» 

«Pour quoi faire? » 

«Je veux le voir», sans dire pourquoi.  

S'il avait dit «pour parler de Jésus », ma femme l'aurait mis dehors, mais là, sans dire pourquoi, alors ma femme a été intriguée. Vous savez, un gitan, il avait le teint basané, un type espagnol. Seule avec un mari paralysé, elle a eu peur, elle est rentrée dans la chambre, et m'a dit: « C'est dehors, il y a un Gitan, il a une sale tête, il fait peur. » Elle m'a dit: «Il veut te voir, il n'a pas dit pour quoi. » Or, j'avais un gros berger allemand, et j'ai dit à ma femme: « Ecoute, fais-le rentrer, reste sur la porte, s'il y a quelque chose, tu détaches le chien, puis tu laisses faire. Qu'est-ce qu'on risque? »

Alors, cet homme est rentré dans la chambre, et sa première parole a été: « Frère, je viens te guérir, parce que Dieu t'appelle pour prêcher l'évangile.» Quand j'ai entendu ça, je me suis dit: «Mais, qu'est-ce que c'est cet hurluberlu; moi, prêcher l'Evangile alors que je suis dans un lit, paralysé?» Et puis, connaissant tout ce que je connaissais, saturé de toutes choses religieuses, alors, je me suis dit: «Ou c'est un charlatan, ou c'est un illuminé» et pour faire la part des choses, je lui ai proposé de l'argent. 

Je lui ai dit: « Qu'est-ce que tu veux? Tu veux de l'argent? » 

Il me dit: « Oh! non, je viens te parler de Jésus. » 

J'ai dit: « Ecoute, Jésus j'en ai... j'en ai assez, tu perds ton temps. » 

Il ne s'est pas découragé pour autant. Il a sorti sa Bible. Il ne savait pas lire, mais il avait une Bible toute bariolée de couleurs, alors il cherchait avec sa mémoire visuelle un passage; puis il dit à ma femme: «Lisez-lui ce passage», et ma femme commence à me lire le passage où Jésus a guéri Bartimé l'aveugle. Dès que ma femme a commencé à lire, j'ai dit: «Arrête, je connais. » 

Alors il a repris la Bible et puis il a recherché un autre passage: « Lisez-lui ceci, c'est le paralytique de Capharnaüm. 

J'ai dit: « Je connais. » Chaque fois, je disais « Je connais, je connais » ; et puis je me suis rendu compte qu'il voulait faire une prière, que c'était gratuit.

Alors, je me suis dit: « Ça me fera pas de mal, ça pourra peut-être me faire du bien, allons-y pour sa prière.»

Et cet homme me dit: « Tu sais, si tu veux être compris, il faut que tu donnes ton cœur à Jésus.»

« Oui, je donne mon cœur à Jésus.»

« Il faut que tu croies.»

« Oui, je crois.» Je disais « oui» surtout pour m'en débarrasser. Je le sentais importun, alors j’ai accepté qu'il prie, et puis, cet homme a prié; et après la prière, il m’a regarde: J’étais toujours paralysé.

Il m'a dit: « Quel dommage, si tu avais cru!»

En moi- même, j'ai eu un moment de satisfaction de dire: « Je savais bien que j'avais raison, c'est de la blague ces choses-là. » Et puis, je dis: « Mais tu ne comprends pas que je suis condamné par la médecine, qu'il n'y a plus rien à faire» ;

et il me dit : « Mais tu ne comprends pas que Jésus est vivant. Quel dommage, si tu avais cru, tu aurais été guéri! »

J'ai dit: « Vous croyiez que j'allais me lever comme ça, sauter comme un lapin, plus rien? »

Il me dit: « Exactement.»

Je dis: « C'est honteux. Tu viens tromper un paralysé. Je ne peux pas admettre une chose pareille. »

Il me dit: « Mais tu crois que je serais venu te tromper, te dire une chose fausse? Jésus est vivant. Si tu avais cru… quel dommage! » Et il avait une tristesse cet homme! Il est reparti tout triste devant mon incrédulité.

Il était huit heures et demie, cet homme est parti et à partir de ce moment-là, je n'ai plus eu de douleurs. J'ai attribué cela au hasard. Il a un grand dos... vous savez, on met tout sur le compte du hasard. J'ai refusé l'intervention chirurgicale du fait que je n'avais plus de calmants, que je n'avais plus mal. Quand je ne bougeais pas, je n'avais pas mal.

Le médecin est arrivé le soir à cinq heures. « Comment! On attend Monsieur G... à la clinique, on dérange tout .le monde puis... et il ne vient pas, etc., et il refuse l'ambulance.»

J'ai dit: «Docteur, depuis ce matin, je n'ai plus mal, et je préfère attendre»; alors, il appelle ma femme dans la cuisine - j'étais paralysé, mais j'avais l'oreille fine - «Votre mari a de la volonté. Même s'il n'a pas mal, faites-lui ses injections toutes les heures.» Il voulait me faire l'injection. J'ai dit: « Non, non, docteur, ma femme le fera.» Et quand il est parti ; j'ai dit à ma femme: «J'ai entendu. Ce n’est pas de la volonté, je n'ai pas mal. »

Dans la nuit du 16 au 17 novembre 1964, j'ai pu dormir pour la première fois d'une seule traite, sans me réveiller. Le lendemain matin, je me suis souvenu que j'avais crié à Dieu dans la nuit. Je me suis souvenu de ce Gitan qui venait me parler de Jésus, et cette phrase qui me revenait comme une flèche, un harpon dans mon cœur: « Quel dommage, si tu avais cru, tu aurais été guéri! »

J'ai dit: «Mais c'est vrai, ça fait vingt-quatre heures que la douleur n'est plus là. Mais peut-être que la paralysie aussi serait partie? »

J'ai commencé à espérer puis j'avais un doute, un combat: «S'il pouvait revenir... Je disais: c'est pas la peine, il perd son temps... s'il pouvait revenir! »

Vous voyez, il faut toujours insister lorsqu'on évangélise. Cet homme est revenu à neuf heures, et ma femme, quand il est arrivé, lui a dit: «Mon mari, depuis hier, il n'a plus de douleurs. »

« Alléluia! Aujourd'hui, il va marcher. »

Mais alors, je le voyais sûr de lui, vraiment il était sûr de lui. Alors, il me disait qu'il était pasteur, et moi, dans mon cœur, j'étais un catholique badigeonné puisque je pratiquais plus. J'avais tout rejeté.

Je disais même: «Qu'est-ce qu'il faut faire, il faut changer de religion? » Ça, je ne voulais pas changer de religion, je voulais rester à ma religion: puis il me disait qu'il était pasteur.

Il me dit: «Regarde le soleil, est-ce qu'il est Gitan, est-ce qu'il est français, russe, américain? Il est au-dessus de toutes les âmes. Eh bien, de même, Jésus apporte la vie, la chaleur, la lumière. Il est au- dessus de toutes les religions. Donne ton cœur à Jésus-Christ, maintenant, accepte Jésus-Christ.» Et il me parlait de Jésus, de l'amour de Jésus.

Je voyais ma vie défiler. Je voyais tout ce que j'étais: orgueilleux, croyant tout connaître, ne connaissant rien; et puis, ce remords qui me rongeait.

Je disais: « Mais le Seigneur, est-ce que vraiment il peut me pardonner, est-ce qu'il peut oublier, est-ce qu'il peut »

Il me dit: « Mais, il va faire de toi une nouvelle créature, tu vas changer, tu vas te transformer! »

J'avais soif de ça, puis il y avait un combat, vous savez, dans mon cœur. Il me dit: « Donne ton cœur, viens seulement comme tu es à Jésus.» Et là, sur mon lit de paralysé, je me suis converti. J'ai donné mon cœur à Jésus.

J'ai dit: « Jésus, je viens à Toi maintenant. Prends-moi tel que je suis... comme dit le chant»;

et alors cet homme lit un passage, du moins fait lire à ma femme un passage de Jean XV, verset 7, « Les Promesses de Jésus» : « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez et cela vous sera accordé. »

« Tu me dis que tu as accepté Jésus-Christ. Tu peux me le dire et ne pas le faire : tu te trompes toi-même. Mais si tu l'as fait, alors la première phrase s'est réalisée.»

Et cet homme m'a dit: «Après la prière, eh bien, tu vas te lever et tu vas marcher. » ;

J'étais content. Puis je me dis: « Non, c'est pas possible - il y avait un combat terrible - et cet homme prie pour moi.»

Il me disait: « Tu vois, je pose les mains, puisque Jésus dit d’imposer les mains aux malades, et les malades seront guéris.»

Il pose les mains, puis il prie: « Père Céleste, etc.» Je me souviens, il termine sa prière: « Au nom de Jésus, lève-toi et marche. »

Il dit en même temps: « Tu crois que Jésus l'a fait, eh bien alors, debout! » Il me prend par le bras, il m'assoit sur le lit. Je me suis assis, mais je me pliais en deux.

Il me dit: « debout, t'es guéri.» Je me suis retrouvé, je sais pas comment, debout, à gauche de mon lit, en train de faire cette gymnastique.

Je n'arrivais pas à réaliser que je me pliais en deux, que je n'étais plus soudé. Et puis, tout d'un coup, je me suis dit: «Mais c'est pas possible! » Alors, vous savez, pendant quelques minutes, j'ai cru vraiment perdre la raison. Je me suis dit: «Mais qu'est-ce qui m'arrive? Je dois faire un rêve. C'est un rêve. C'est un rêve. Je dors.»

Alors, je me suis pincé pour me dire: « Mais réveille-toi, qu'est-ce que tu fais .là? Mais réveille- toi, sors de ton rêve. » Puis une pensée a traversé mon esprit: «J'ai compris, je dois être mort»; et j'ai regardé sur ma planche s'il n'y avait pas mon corps allongé. Vous savez, c'est vraiment terrible de se voir dans des situations comme ça, et puis je vois encore ma femme devant moi. A ce moment-là, J'ai vu, bien sûr, qu'il n'y avait rien sur ma planche; et devant moi je vois ma femme avec deux larmes sur ses joues. Il y avait quelque chose dans mon cœur qui me disait: « Mais..., mais regarde, tu n'as plus de corset, tu n'as plus de béquilles, tu ne comprends pas que tu es guéri? Tu doutes encore?»

Je dis: « Quel pauvre homme je fais! Guéri et plus rien, et je doutais encore!»

Là, je me suis effondré en larmes, j'ai pleuré. Ma femme pleurait, le frère gitan pleurait. Nous étions - c'est indescriptible - puis là, vraiment, c'était des moments merveilleux. Et puis, il est parti continuer à vendre son linge; et puis toute la journée, évidemment, plus rien.

Et puis, à cinq heures, voilà que le médecin arrive. Que faire? Faire des ennuis à ce brave Gitan que je ne voulais pas qu'on traite de guérisseur? Alors ma première idée a été de me remettre sur ma planche, sur le côté gauche. Mon médecin rentre et il me dit: « Comment ça va?»

Je dis: « Docteur, je marche.»

« Vous plaisantez aujourd'hui? »

«Non, non, Docteur, je ne plaisante pas, je marche.» Alors il s'assoit, il croise les bras et il me dit: « Bien alors, faites-moi le voir. »

Et quand il m'a vu debout, il est venu sur moi: «Et là, vous avez mal? Alors tournez la tête à droite, à gauche.» Et puis, il voulait vérifier la souplesse de la colonne vertébrale, se rendre compte vraiment si elle était encore soudée ou si elle était souple. Alors, il m'a fait mettre les bras comme ceci, et il m'a pris par le haut des épaules: il m'a soulevé pour vérifier la souplesse de la colonne vertébrale.

En me soulevant il a lâché prise: il se tenait ses reins, puis me disait: « Oh! Mes reins...» : Je ne connaissais pas assez le docteur pour lui parler de la guérison divine. Je lui dit: «Vous avez mal, Docteur? », et c'est moi, le malade qui regardais le docteur plié en deux! Je ne sais pas ce qu'il s'est fait, mais enfin ça n'a pas été bien grave, puisque, après, il s'est remis.

Il m'a posé la question simplement: «Est-ce que vous vous sentez capable de monter dans ma voiture ? » Je ne savais pas du tout ce qu'il voulait faire, où il voulait en venir. J'ai dit: « Oui Docteur, je me sens en pleine forme. » Bon, alors Je vous emmène. »

J’ai pris mon pardessus, je suis monté dans sa voiture et il m’aemmeneé tout de suite au Docteur S... radiologue, à B... à 8 kilomètres de là où j'habitais. Il y avait encore des clients dans la salle d'attente. Je suis passé devant tout le monde comme si j'avais un brancard de priorité. Et il a pris des radios, il a développé les clichés tout de suite et quand le médecin est sorti du laboratoire, vous savez, il était livide. On avait l'impression qu'il avait reçu un coup de marteau sur la tête.

Il était là, abasourdi et il m’a dit : « Monsieur G… je ne comprends pas ce qui s’est passé. Vous avez une colonne vertébrale plus belle que la mienne. Je ne sais pas dans quel état était la sienne, mais il m’a dit : « plus belle que la mienne ».

Alors, je lui ai raconté: «Docteur, ne vous fâchez pas », et avec précaution, j'ai essayé de lui expliquer, et quand j'ai terminé, il m'a dit: «Monsieur G., vous avez la main de Dieu sur vous. »

C'était un médecin qui était conseiller municipal communiste, et pour qu'il dise ça, c'est vraiment que le Seigneur l'a touché. Alors, j'ai dit: « Docteur, comme vous êtes médecin, j'aimerais savoir qu'est-ce que vous en pensez, votre point de vue sur le plan médical, comment vous pouvez expliquer une chose pareille.» Il me dit: « Justement, c'est inexplicable. Votre cas n'est pas psychique, il est mécanique.

Imaginez un drap de lit - il m'a donné cette image - imaginez un drap de lit qui est déchiré, les fibres sont rompues. On peut raccommoder, mais on voit toujours leur accroc. Or, vous imaginez un drap déchiré, puis on retrouve des fibres neuves qui n'ont pas été rompues. Vous avez des vertèbres normales comme si vous n'aviez jamais été accidenté. »

C'était vraiment inexplicable. On voit vraiment la puissance du Seigneur Jésus et croyez-moi, j'ai eu pas mal de difficultés après ma guérison, des difficultés tout d'abord administratives: je travaillais à la Sécurité Sociale. J'avais été reconnu grand invalide, irrécupérable donc, et pour les médecins il n'y a pas de guérison. J'avais une pension de grand invalide: 4 260 francs par trimestre, une bonne pension à l'époque; et quand j'ai eu l'accident, le tribunal m'a accordé vingt millions de pretium doloris, et comme j'étais fonctionnaire et que c'était en allant travailler, ç'a été reconnu accident de trajet. L'Administration, en ce qui la concerne, a gardé 18 millions sur les 20, mais en compensation elle s'est engagée à me verser une rente toute ma vie.

Or, quand j'ai été guéri, il n'y avait aucune loi qui prévoyait la guérison pour un grand invalide; alors médicalement j'ai été reconnu guéri, mais administrativement et juridiquement toujours invalide. Alors, j'ai pu faire mes études bibliques, devenir pasteur dans le mouvement de la Pentecôte, tout en étant payé par la Sécurité Sociale. Et lorsque j'ai été guéri, bien sûr, il y avait le rapport de 16 pages sur mon cas, avec des radios. Et des experts ont été désignés pour examiner ce cas. Je suis resté quatre heures devant les experts. Alors ils avaient le rapport de 16 pages, ils lisaient, ils regardaient les radios d'avant, les radios du jour de la guérison. Ils discutaient entre eux, ils revenaient, ils me faisaient des tests. Pendant quatre heures de ce manège... Et ils ont apporté deux conclusions :

Première conclusion: « L'homme qui est devant nous n'a jamais rien eu dans la colonne vertébrale. »

Et deuxième conclusion, qui s'avérait pour eux logique: « Cet homme n'est pas monsieur G., celui qui est décrit dans le rapport. »

Il m'a fallu montrer patte blanche et dire « Oui, je m'appelle bien Jacques G. » On m'a demandé si j'avais des frères jumeaux, si j'avais des sosies, si j'avais… on ne voulait pas croire que ce soit le même homme.

Cinq ans après ma guérison, la direction de la Sécurité Sociale m'a reconvoqué en me disant... en me tenant ce langage: «nous nous sommes engagés à vous verser une rente à vie. Vous deviez vivre cinq ans. Ça fait dix ans! »

« Autrement dit, vous voulez que je meure!»

« En tout cas, ça fait dix ans. Nous avons doublé le temps de capital, des versements de pension. Donc à votre égard, nous sommes quittes. Nous arrêtons la rente, nous gardons le capital et on vous considère maintenant administrativement et juridiquement guéri. »

 Et, à partir de là, ma rente a été supprimée en 1970, reconnu guéri.

Le Seigneur a permis que je me trouve à B... ; et comme j'ai été guéri d'une façon miraculeuse, j'ai été appelé par pas mal de missions pour faire des missions d'évangélisation et itinérantes et, en faisant une mission à M..., j'ai :vu arriver. Pour le premier jour de la mission, dans une salle tzigane, trois hippies dont deux drogués. Le lendemain, ils étaient cinq, le surlendemain, ils étaient neuf; et j'ai trouvé un blockhaus. J'ai commencé à aménager ce blockhaus, à faire un refuge, et c'est comme ça que l'œuvre d'évangélisation parmi les hippies a commencé à M... Je me suis retrouvé là, avec les neuf hippies, puis j'ai dû abandonner et quitter B... pour m'occuper que de jeunes, et je donne mon témoignage pour que vous ayez à cœur de prier pour cette œuvre-là: un travail énorme, des âmes en détresse, des jeunes qui font la route, qui ne connaissent pas Christ, et j'ai à cœur ce fardeau-là: l'évangélisation des hippies et des drogués.

Dans ce blockhaus, quand je priais pour les jeunes, eh bien! le Seigneur délivrait les jeunes. Il donne ce ministère de délivrance et cela c'est important et il faut justement qu'il y ait derrière des prières pour que ces jeunes soient délivrés. Ces jeunes qui arrivent, je leur dis, je leur donne mon témoignage. Ça, ça frappe ces jeunes. Ils se disent: « Vraiment... », parce que je peux dire que je suis guéri devant tous.

Mais quand les gens me voient vivre 24 heures sur 24 avec eux, le travail que je fais: porter les sacs de ciment, faire toutes sortes de travaux, là, ils se rendent compte que vraiment ma colonne vertébrale est solide et qu'elle n'a absolument rien. Et ça... ça frappe les jeunes de voir que le Seigneur, eh bien, fait tout à merveille et le fait jusqu'au bout.

Depuis le refuge de M... qui a été fermé puisqu'il a pris feu deux fois: il y a eu des incendies - pas le véritable feu que j'aurais voulu... mais enfin, il y avait quand même l'esprit aussi qui était là; je me suis retrouvé dans un château à la française, où j'ai ouvert un centre d'évangélisation pour les jeunes; et depuis, nous avons eu de grandes joies: des jeunes qui ont été libérés, délivrés par la puissance du Saint-Esprit, des jeunes qui ont été délivrés par la puissance du Seigneur. C'est ça, oui; et je vous demande de prier pour cette œuvre.

Je comprends que le Seigneur m'a choisi pour ce travail. Le Seigneur a un plan pour chacun de nous. Il a permis que je me retrouve drogué à la morphine, il a permis que je me retrouve ' clochard en 1948, parce qu'il avait un plan pour son œuvre; et il faut que l'on sache, que vous sachiez, bien-aimés, ce que le Seigneur a pour chacun de nous un plan différent, et ce qu'il nous demande, c'est la disponibilité. Si nous savons être disponibles, à l'écoute, sensibles à l'Esprit, alors le Seigneur nous conduira, nous dirigera. Il nous poussera dans un endroit où il y aura la bénédiction, parce que nous sommes dans le lieu où Dieu nous veut.

Je voudrais aussi vous donner un témoignage de baptême dans le Saint-Esprit. J'ai été dirigé par ce prédicateur gitan dans une Assemblée Pentecôtiste. Bon, je suis rentré et j'ai écouté la parole de Dieu. J'ai obéi à la parole de Dieu et j'ai cherché ce baptême du Saint Esprit. J'avais fait des recherches maintes fois dans l'Assemblée: rien. Rien ne venait. Je ne comprenais pas pourquoi je n'étais pas baptisé du Saint-Esprit.

Et puis, au moment où je m'y attendais le moins, un dimanche soir, je raccompagnais mes beaux-parents chez eux et je rentrais à dix heures du soir à cent kilomètres à l'heure sur l'autoroute, et j'étais seul dans la voiture. Et je parlais au Seigneur dans ma voiture. J'ai été obligé de m'arrêter en catastrophe sur le bord de la route. Je parlais «en langue ». J'étais rempli du Saint-Esprit et jusqu'à deux heures du matin, au bord de l'autoroute, le Seigneur m'a baptisé de son Esprit.

Voyez: le Seigneur a des plans merveilleux, des situations quelquefois cocasses. Le Seigneur est vraiment bon et vraiment extraordinaire, et je lui rends vraiment grâce, pour tout ce qu'il a fait dans ma vie. Et je voudrais que ce témoignage vous aide à comprendre, eh bien, que le Seigneur m'a béni et qu'il veut aussi vous bénir tous.

Le Seigneur est merveilleux. Il est vraiment merveilleux. A Lui soit toute la gloire. Alléluia! »

L'Assemblée entonne un chant à la gloire du Seigneur...



Tiré du livre (épuisé, mais pouvant encore se trouver d’occasion sur le net) : « la névrose chrétienne » du Dr Pierre Solignac. Editions de Trévise.


Il est possible de lire le livre en entier sur le net en cliquant sur ce lien :




http://lanevrosechretienne.blogs.midilibre.com/




1 commentaire:

  1. Quel témoignage !

    Comme le Seigneur est bon et GRAND !

    Nous savons ce que le Seigneur a fait avec nous ....mais on a parfois du mal à croire ce qu'il a fait avec d'autres !!!!
    Combien je suis incrédule , parfois !
    Seigneur , pardonne notre incrédulité , et fais grandir notre foi !

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