Je m’appelle T. aujourd’hui j’ai 24 ans, mais mon histoire commence pendant mon année de CM2, quand je n’avais alors que 10 ans. J’ai été élevé dans le respect des traditions, et dans le respect de Dieu, mais un jour je me suis dis qu’il fallait que je découvre les choses de la vie. C’est comme ça que j’ai fumé ma première cigarette. A 12 ans fumer n’était plus suffisant pour moi, alors je m’amusais à piquer des bières à mon papa.

Les années passaient, et je me plaisais dans mes bêtises d’adolescent, je me sentais plus grand, plus fort quand je fumais, ou volais des bières à mon papa. Devant les autres ça faisait bien, mais pas assez selon moi. C’est comme ça que j’essayais mon premier joint à 14 ans alors que je vivais à la Réunion, où le cannabis est fumé pur. Ainsi quand je fumais mon herbe, je ne coupais pas mon joint avec du tabac, je fumais directement l’herbe qui pousse très facilement sur l’île.

Puis je suis rentré en métropole à 15 ans. Je cherchais à nouveau les sensations que j’avais eu auparavant. Ne connaissant personne dans mon nouveau cadre de vie, je continuais à m’enfermer dans la spirale du cannabis et de l’alcool. De plus en plus, j’étais attiré par les teufs, et l’atmosphère dégagée par celles-ci.
Puis l’occasion de goûter des drogues plus dures s’est présentée à moi, et à 15 ans je pris pour la première fois de la cocaïne, puis de l’héroïne.

A 16 ans, alors que d’autres jouent au foot, ou s’amusent avec leurs mobylettes, je participais à mon premier festival. Cette expérience entraîna avec elle la prise de nouvelles substances, comme le LSD, les extasy ou les champignons hallucinogènes.

Je vivais des moments difficiles.

Avec la prise de LSD je m’étais senti aspiré par la lune, ou j’avais vu des monstres sortir de nulle part. Je savais alors que mes hallucinations n’en étaient pas, qu’un monde invisible se cachait derrière ce que les yeux humains peuvent voir. J’avais pris conscience que mes yeux étaient ouverts à des choses étranges, mais en parler ne m’était pas possible, par peur d’être incompris.

Pourtant nombreuses étaient mes relations dans le milieu de la drogue.

Les expériences des mes amis ne m’empêchaient pas de continuer dans mon addiction. J’avais un ami qui avait fait de l’hôpital psychiatrique, d’autres étaient restés « perché » ou avaient fait de la prison. Les menaces de mon père, ou mises en garde de ma mère ne me faisaient pas réagir non plus.
J’ai mené joyeuse et brillante vie jusqu’à mes 21 ans, quand pendant que je fêtais la nouvelle année avec des amis, je me suis rendu compte que je devenais paranoïaque.

J’ai donc décidé en ce premier de l’an d’arrêter l’héroïne. Je m’étais dis que le peu de poudre qui me restait serait pour moi la fin des angoisses, et qu’une fois cette poudre prise, je n’en rachèterai plus, et que ma paranoïa s’arrêterait avec mon sachet. Très vite je fini mon héroïne mais le besoin de snifer était trop important.

Un ami qui avait des subbutexs me dépanna pour m’aider à arrêter mais je savais qu’en prenant un substitut je ne faisait que repousser le problème. Que mon héroïne devenait légale, qu’elle changeait juste de nom, mais que ses méfaits restaient les mêmes. Je pensais que ma vie était condamnée. Que même en vieillissant je resterai un toxico.

Heureusement pour moi, j’ai rencontré le 10 janvier (soit 10 jours après ma résolution) une jeune fille, M.
Très vite je suis tombé amoureux avant même que mes yeux ne la voient, elle était en tout point ce que j’espérai dans mes rêves d’enfants.

Elle avait reçu la même éducation que moi.
Elle avait eu la chance de grandir dans un foyer chrétien, elle-même avait fait un pas vers Dieu.

Lorsqu’elle me rencontra, malgré le fait qu’elle ait lâché Dieu pour vivre sa vie de jeune femme moderne; son éducation raisonnait dans son cœur.
Lors de notre rencontre, je me suis senti obligé de lui avouer mes soucis liés à la drogue.

Ne voulant pas lui faire trop peur je ne suis pas rentré dans les détails, mais je lui faisais part de mon désir d’arrêter l’héroïne pour ne plus avoir d’angoisse, ou de délires paranoïaques.

Elle m’encouragea, et me proposa son soutien.

Elle me conseilla d’aller chez mon médecin pour qu’il m’aide à sortir de là en étant guidé.


Je l’écoutais et dès lendemain j’allais voir mon médecin de famille à qui j’ai expliqué mon accoutumance et mon envie d’arrêter cette horreur. Je lui ai demandé de ne pas me prescrire de substitut.

Des calmants pour m’aider à dormir furent la seule chose que j’ai accepté. M. était là pour moi la nuit, et le jour, elle savait que ça serait dur mais elle voulait m’accompagner pendant mes sueurs froides. J’espérai ma guérison rapide avec son aide, mais humainement parlant malgré ma volonté, et l’aide de ma bien aimée, c’était impossible.

Et puis un soir M. m’a parlé de Dieu.  

Elle m’a dit que seul Dieu pouvait m’aider, mais sans me proposer de prier, sans me parler de la croix; juste en me disant que l’aide humaine ne ferait rien et que Dieu m’aiderait beaucoup plus.


Ce soir là le 15 janvier, je me suis endormi en réfléchissant à ce que M. m’avait dit.
Le lendemain, M. me questionnait quant à ma relation avec mes parents.

Et elle me dit que ce qui m’aiderait à avancer serait le pardon de mes parents pour qui j’avais été un fils indigne, ainsi que le pardon de mes deux petits frères pour qui je n’avais pas été un exemple.

Alors que M. me disait ça, quelque chose se passait dans mon cœur.

Et le besoin de repentance m’envahit.

J’ai pleuré à chaudes larmes, puis j’ai pris mon courage à deux mains, et je suis allé trouvé mes parents et mes frères qui m’attendaient pour manger.

Pendant que chacun s’occupait de son assiette et de ce qui se passait à la télévision, j’ai respiré un bon coup, et j’ai pris la parole.


J’ai commencé par demander pardon à mes parents pour toutes les méchancetés que j’avais faites, je leur ai demandé pardon de ne pas avoir été le fils qu’il auraient mérité d’avoir.

Puis je me suis tourné vers mes frères, et je leur ai demandé pardon pour l’exemple que je leur avais donné, de ne pas avoir été un grand frère modèle.
Une fois seul avec mes parents, je leur ai déballé toute ma vie.
Les drogues, les teufs, les amis, tout; il fallait que je leur dise tout.

Très assommés par la triste nouvelle qu’était la mienne, ils m’ont encouragé à me sortir de ma spirale, et ils m’ont dis qu’ils me soutiendraient dans cette épreuve.

Une semaine s’était passé et sans que je les vois je ne prenais plus de calmant, ni d’héroïne, ni même aucune drogue.

Mes parents, mon docteur, mes amis; personne, même pas moi n’en revenait.

Je savais qu’il s’était passé quelque chose mais ne savais pas quoi exactement, je savais que ce miracle ne venait pas de moi, mais je ne pensais pas que Dieu avait pu s’intéressé à moi.

Ma vie continuait avec M., qui voulut me présenter sa maman.
On est donc parti ensemble un week-end pour cette nouvelle rencontre.

La maman de M. ne savait rien de moi, elle ne connaissait rien de ma vie passée; et pourtant…

En me rencontrant elle me demanda si ça me dérangeait qu’on discute un peu en tête à tête.
J’ai accepté pour lui faire plaisir plus qu’autre chose.

La première chose qu’elle m’a dit c’est: « je sais que tu as vu des démons! » .

Comment cette femme que je ne connaissais pas, que je n’avais jamais vu de ma vie savait quelque chose que je n’avais osé dire à personne?

Comment savait-elle ce que j’avais pu voir?

Comment pouvait-elle donné un nom à ces choses horribles qui m’effrayaient?

J’ai été très attentif à tout ce qu’elle me disait.

Elle m’a parlé de la croix, puis ensemble nous avons prié, enfin surtout elle!


En sortant de la pièce j’étais quelque un d’autre, j’étais libéré.

A ce moment là j’ai compris que si ma vie avait changé ce n’étais pas grâce à ma propre volonté, ni l’aide de mon entourage; mais bien parce que Dieu avait percuté ma vie de plein fouet!

Le travail sur moi s’est fait immédiatement mais mon approche de Dieu se fit avec le temps.

Je pensais que ma vie était rentré dans l’ordre jusqu’au jour où durant le mois d’octobre à nouveau j’avais des délires paranoïaques.

Bien que la drogue soit bannie de ma vie, il me restait des séquelles spirituelles.
Avec mon pasteur j’ai prié.

Avec son aide, j’ai ordonné aux esprits et démons, liés à mon ancienne vie, de me quitter.
Depuis ce jour, je vis dans la plénitude de Dieu, qui est aujourd’hui plus que mon sauveur personnel, mais mon libérateur!

Je vis chaque jour un pur bonheur avec M. que j’ai très vite épousé.

Et je suis l’heureux papa d’un petit garçon.

Si Jésus n’était pas rentré dans ma vie, s’il n’avait pas mis sur ma route ma femme et sa maman, je ne sais pas ce que je serai devenu.

Je ne sais pas dans quel caniveau je serai en train de traîner.
Si Jésus n’avait pas opéré ce miracle dans ma vie je n’aurai pas pu me sortir de cet enfer qu’est la drogue aussi facilement et rapidement.
La semaine aurait pu être une décennie, ou la mort!

Si Dieu n’avait pas eu pitié de moi, ma famille aurait volé en éclats, et je ne pourrai pas goûter au bonheur qu’est le mien.

Aujourd’hui je rends grâce à Jésus de s’être penché sur mon cas, de m’avoir tendu la main et d’avoir permis que j’ai la force de lui tende la mienne en retour.

Merci Seigneur d'être venu me chercher où j'étais aussi bas tombé, puisqu’aujourd’hui je suis un témoignage vivant.

Rapporté par Jokebed

http://www.blogdei.com/pauletbarnabas/index.php/2010/06/11/360-histoire-dun-jeune-drogue-qui-a-pu-changer-radicalement-de-vie