mardi 30 novembre 2010

Seigneur, montre-moi ma poutre..

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Ne jugez point

Le septième chapitre de l’évangile de Matthieu pourrait s’intituler ‘Les relations chrétiennes’ puisque son enseignement porte sur les relations que le chrétien entretient avec divers groupes d’individus. Le premier groupe de personnes dont Jésus fait mention concerne les frères et sœurs en Christ. Voici ce que nous lisons en Matthieu 7.1-5.

'' Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés.Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez.Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère: Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère.''

Une mise en garde contre le jugement téméraire : ‘Ne jugez pas les autres.’

Ce commandement biblique ne vous est probablement pas étranger. Si vous avez déjà entendu parler du Sermon sur la montagne, vous connaissez sûrement cette phrase. Qu’est-ce que Jésus veut dire par ‘juger quelqu’un?’ Le mot grec pour ‘juger,’ kreeno, comporte une grande diversité de significations. Dans son sens littéral, il décrit l’action de séparer, de mettre quelque chose en morceaux. Il est aussi utilisé pour exprimer une préférence ou une opinion. Dans le NT, il est plutôt employé comme un terme légal et semi-légal, avec toute la gamme des nuances que le monde juridique peut lui attribuer. C’est le contexte qui détermine la signification exacte de ce mot.

Dans le contexte de Matthieu 7, la phrase ‘Ne jugez pas’ pourrait avoir comme équivalent ‘N’adoptez pas une attitude critique qui cherche l’erreur.’ Ne critiquez pas de manière irréfléchie. Ne posez pas un jugement sur un frère en le condamnant sans aucun fondement. Ceci est clairement exprimé en Romains 2.1, dans la traduction de la Bible du Semeur.

'' Toi donc, qui que tu sois, qui condamnes ces comportements, tu n’as donc aucune excuse, car en jugeant les autres, tu te condamnes toi–même, puisque toi qui les juges, tu te conduis comme eux. ‘' . ''Toi qui les juges, toi qui condamnes leurs comportements.’'

Il n’y a pas de doute ici que celui qui juge est celui qui ‘condamne le comportement’ des autres. Il porte un jugement sur autrui en condamnant ses actions.

Le Seigneur Jésus fait référence à l’attitude critique de la personne qui cherche constamment l’erreur dans le but de causer du tort à l’autre. Elle prend plaisir à souligner les fautes des autres et n’a aucune intention de leur venir en aide. Il s’agit d’une disposition qui n’apporte rien de positif dans ses relations avec autrui.

Il est à remarquer que le jugement dont il est question ici en Matthieu, cette attitude condamnatoire que nous venons de décrire, est exactement l’inverse de celle qui cherche à sauver.

Jésus dit en Jean 12.47 '' Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde point, ce n’est pas moi qui le juge; car je suis venu non pour juger le monde, mais pour sauver le monde. ''

Dans ce verset, ‘juger le monde’ et ‘sauver le monde’ sont des antonymes. Lorsque nous portons un jugement sur un frère par des propos médisants, il est clair que nous n’éprouvons aucune envie de le sauver, i.e., de lui prêter main-forte et de l’édifier.


Faire preuve de discernement

Avant d’aller plus loin, je m’empresse d’ajouter cette précision. Il serait faux de penser que Jésus désapprouve toute forme de jugement. Ce commandement de ne pas juger notre prochain ne réclame pas l’abandon de notre esprit critique. Il s’agit d’une interdiction de juger dans un esprit qui cherche querelle et non pas d’une suspension de notre discernement. Il ne faudrait surtout pas que les chrétiens ferment les yeux sur le mal et se fassent accroire que tout va bien alors que péché est en train d’empoisonner la vie de l’église.

L’enseignement biblique nous incite constamment à faire preuve d’esprit critique dans les situations où il faut distinguer la vérité du mensonge, ou le bien du mal. D’ailleurs ces paroles du Seigneur sur le jugement sont immédiatement suivies par deux autres commandements dont la pratique exige l’exercice de notre discernement. Au v. 6, Jésus nous demande ''de ne pas donner aux chiens ce qui est sacré ni de jeter nos perles aux pourceaux'' et au v. 7, il nous met en garde contre les faux prophètes. Il y a dans ces instructions une obligation implicite à reconnaître ceux que Jésus appelle des chiens, des pourceaux et des faux prophètes. L’identification de ces personnes doit forcément passer par notre sens du discernement.


Soumettez-vous les uns aux autres

Il est bien connu que la nature humaine a une propension à critiquer à la légère. Il est toujours plus facile de chercher le blâme plutôt que de chercher à comprendre le pourquoi des choses. Pourquoi se compliquer la vie quand on peut accuser quelqu’un? Nous préférons cultiver une image de nous-mêmes qui nous favorise par rapport au reste de la société. Personne n’aime se retrouver au bas de l’échelle. Pour être francs, avouons que nous prenons un malin plaisir à critiquer les autres. Ne trouvez-vous pas? Car le fait de condamner les autres a pour effet de rehausser, du moins en apparence, l’image qu’on a de soi. En parlant des malheurs d’autrui, on se donne l’impression d’être dans une meilleure posture, d’appartenir à une classe supérieure car bien sûr, nous ne commettons pas ce genre d’erreurs. Nous savons faire bien mieux que cela, du moins à nos propres yeux.

La parole de Dieu enseigne une façon beaucoup plus constructive d’être en relation avec notre prochain. Les chrétiens doivent apprendre à se soumettre les uns aux autres. Dans le royaume de Dieu, il n’y a pas de place pour ceux qui veulent se donner des airs de supériorité. Le Seigneur Jésus a communiqué cette leçon à ses disciples en Jean 13 par un geste empreint d’humilité. En lava leurs pieds, il dit,
'‘Le geste que je viens de faire, vous devez aussi le faire l’un envers l’autre.’'

Le lavage des pieds était une responsabilité qui appartenait à l’esclave. Par son exemple, Jésus nous demande de nous mettre au service des autres. L’apôtre Paul revient sur ce point à deux reprises, en Philippiens 2.3 et Éphésiens 5.21.

'‘Soyez soumis les uns aux autres,’' écrit-il. '‘Faites preuve d’humilité et ne vous considérez pas au-dessus des autres.’' Ne vous imposez pas en souverain devant votre prochain. Soyez plutôt son esclave.

Cette attitude d’esprit se développe au fur et à mesure que nous marchons avec Dieu. Nous apprenons à distinguer les choses qui comptent aux yeux du Seigneur. Jésus nous dit,

'‘Ne considérez pas les gens avec la même échelle des valeurs que le monde. Les grands de ce monde n’ont pas nécessairement une position équivalente dans le royaume des cieux. Si vous voulez être tenus pour grands dans le royaume de Dieu, agissez dans l’esprit d’un petit de ce monde. Devenez l’esclave de votre prochain.’'

Quel renversement des valeurs ! Dieu n’a pas du tout la même vision des choses que l’homme naturel. Plus vous nourrissez le sentiment de supériorité dans ce monde, plus cette attitude vous nuira dans le royaume de Dieu.

La disposition à condamner les autres avec mépris et sans réflexion peut conduire une église à s’engouffrer dans une voie très meurtrière. En Galates 5.15, Paul fait la mise en garde suivante.
'' Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez détruits les uns par les autres.''

L’expression ‘mordre et dévorer les uns les autres’ est une autre manière d’évoquer les critiques déplacées et blessantes que condamne Jésus. Cette façon de juger les autres ne peut qu’étouffer la vie de l’église. Si vous mordez et si vous dévorez, i.e., si vous critiquez en cherchant une querelle, alors vous allez finir par vous détruire les uns les autres. À la fin de tout cela, il ne restera rien de vous. Vous allez fatalement à votre perte commune.
Vous voulez éviter une fin aussi tragique ? Alors cessez de vous critiquer mutuellement. Cessez vos médisances. Si vous êtes en désaccord avec l’opinion d’un frère, allez le trouver et discutez de cela en privé. Vous n’avez pas de besoin de crier sur les toits votre divergence de vues et en faisant valoir vos opinions. Et même si vous aviez raison et qu’il avait tort, cela ne vous donne pas le droit de nuire à la réputation d’un frère.


Qui es-tu pour juger ?

Le pouvoir de juger est une prérogative qui relève du souverain. Le juge agit au nom de l’État pour représenter l’ordre judiciaire. Il a pour fonction de rendre la justice. À cet effet, il est investi d’une autorité juridictionnelle qui lui donne le pouvoir de faire appliquer la loi. Si vous avez enfreint la loi, ou s’il y a une discorde entre deux individus, le problème est présenté devant un juge qui statuera sur la question. Par son droit et son pouvoir de prononcer un jugement, le juge se trouve dans une position d’autorité.

Lorsque nous jugeons une personne, c’est comme si nous prononcions une sentence contre cette personne. Par une telle attitude, nous nous plaçons au-dessus de celle-ci. Nous prétendons être dignes de cette position et nous nous donnons le droit d’être le juge de la vie d’un autre. Aucun individu n’a la permission de revendiquer un rôle et une responsabilité qui relèvent de Dieu seul. Car en prenant sur nous le droit de juger les pensées et les intentions des autres (ce que nous sommes tous tentés de faire quand ceux-ci ne partagent pas nos opinions), nous usurpons la place de Dieu. Depuis quand suis-je devenu son maître et qu’il est devenu mon serviteur? Depuis quand ai-je reçu le pouvoir de m’imposer comme juge devant mes semblables par les critiques que je formule à leur égard ?

C’est la question que Paul pose aux chrétiens de Rome en Romains 14.4.
''Qui es-tu, toi qui juges un serviteur d’autrui ? S’il se tient debout, ou s’il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l’affermir.''

Paul est en train de dire, ‘Chaque croyant est un serviteur de Jésus, notre Maître. Chacun de nous rend compte à notre Seigneur pour être approuvé ou désapprouvé. Nous n’avons pas le droit de juger un autre comme si nous étions son maître. Ce rôle appartient à Dieu.’

Il est vrai que certains individus sont appelés à être des juges dans les cours de justice de leur pays. Il s’agit d’une fonction bien légitime et il ne faudrait pas penser que Jésus la condamne. Nous devons savoir cependant qu’il est répréhensible de poser un jugement moral sur la destinée spirituelle d’une autre personne. Dieu seul peut exercer ce droit, ce qu’il fera d’ailleurs par Jésus Christ au jour du jugement.

Paul le comprenait fort bien. Il écrit en 1Corinthiens 4.4-5,
 '' Car je n’ai rien sur ma conscience; mais par là je ne suis pas justifié; mais celui qui me juge, c’est le Seigneur. Ainsi ne jugez rien avant le temps, jusqu’à ce que le Seigneur vienne, qui aussi mettra en lumière les choses cachées des ténèbres, et qui manifestera les conseils des cœurs; et alors chacun recevra sa louange de la part de Dieu.'' 

 Par ces mots, Paul veut nous faire savoir que l’homme ne peut pas se donner le même pouvoir que seul Dieu possède. Aucun être humain n’a la compétence nécessaire pour juger un frère sur sa fidélité envers Dieu car nous ne pouvons pas lire dans la pensée des gens ni évaluer avec justesse leurs intentions. En outre, nous disposons rarement de tous les faits qui entourent une situation donnée. Avec tous ces manquements, on doit admettre que l’homme est incapable de se prononcer en toute connaissance de cause et en toute équité. La leçon est simple. Ne jugez pas. Ne jouez pas le rôle du Juge Divin. Ne vous prenez pas pour Dieu.


On récolte ce qu’on a semé

Il y a un grand danger auquel nous nous exposons lorsque nous commençons à juger les autres. Tôt ou tard, nous serons également jugés. Et la sévérité du jugement que nous subirons sera proportionnelle à la sévérité que nous avons exprimée quand nous avons osé condamner les autres. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. Le critiqueur sera jugé selon la loi de la réciprocité, i.e. que vous serez jugés en appliquant sur vous la même mesure dont vous vous êtes servis pour juger votre prochain. Cette relation réciproque présente le principe biblique selon lequel toute personne récolte ce qu’elle a semé. La parole de Dieu en fait mention à plusieurs endroits. En voici quelques exemples.

Galates 6.7.  ''…Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi.''

2Corinthiens 9.6. ''Sachez-le, celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment.''

Matthieu 5.7. '' Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde! ''

Jacques 2.13. '' Car le jugement est sans miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde ''

Job 4.8. ''Pour moi, je l’ai vu, ceux qui labourent l’iniquité et qui sèment l’injustice en moissonnent les fruits.''

Proverbes 22.8. ''Celui qui sème l’iniquité moissonne l’iniquité, et la verge de sa fureur disparaît.''

Ce principe de réciprocité régit la vie de tout homme et il s’applique tant dans ses rapports avec Dieu qu’avec ses semblables. Il se rapporte tout autant à la manière dont les gens peuvent nous juger qu’à la mesure dont Dieu se servira pour juger. Une personne qui est portée à la critique invite les autres à faire de même à son égard. Si elle a l’habitude de tenir des propos méchants pour tout et pour rien, elle doit s’attendre à être payée de la même monnaie. De même, Dieu nous traitera de la même façon que nous agissons envers les hommes. Ceux qui jugent les autres se retrouveront dans une situation où ils seront jugés par Dieu. C’est ce qui est arrivé au roi David lorsqu’il s’est approprié la femme d’un de ses officiers.


Le jugement de David

La Bible nous rapporte cette histoire dans le onzième chapitre du deuxième livre de Samuel. David était devenu amoureux de cette belle femme et on apprend plus tard qu’elle lui donnera un enfant. Le mari de celle-ci, un vaillant officier, était occupé à faire la guerre pour la nation d’Israël. Afin de cacher son vice, David s’arrange pour le faire tuer durant une manœuvre militaire. Il va sans dire que David doit maintenant porter le poids de deux péchés sur sa conscience : l’adultère et le meurtre. Selon les ordonnances divines, ces deux transgressions méritent la peine de mort (Exode 21.12; Lévitique 20.10).

Il aurait cependant été difficile d’appliquer la peine capitale à David. Si son cas avait été discuté devant un tribunal humain, il aurait probablement pu s’en sortir indemne. Je pense à certains délits qui font la manchette des journaux et à la manière dont ils ont été débattus dans nos cours de justice. J’imagine le roi David au banc des accusés, en présence de son avocat. Quel raisonnement aurait-il pu utiliser devant le jury pour défendre son client? Je pense qu’il aurait pu présenter une défense très solide en argumentant sur la base du fait que David était le roi d’Israël.

Ce titre, en soi, ne lui procure évidemment aucune immunité contre les peines prévues dans la loi. S’il mérite la peine capitale, on devra exécuter la sentence, qu’il soit un roi ou non. Tout le monde s’entend là-dessus. Mais notez ceci. À titre de roi, David était le commandant en chef de son armée. Et Bath-Schéba était l’épouse d’un officier qui le servait dans son armée. Étant le roi, David avait un droit absolu d’envoyer n’importe quel soldat à la guerre à l’endroit de son choix. Dans ce cas-ci, il prit la décision d’envoyer Urie en première ligne, à l’endroit le plus dangereux d’une bataille. La conséquence de cette décision était prévisible : Urie mourut au combat. David a-t-il commis un acte illégal? Non. Le commandant de l’armée est en droit de placer ses soldats là où il le désire. Face à la loi des hommes, il n’avait rien à se reprocher. Et bien sûr, Urie étant mort, David pouvait maintenant marier sa veuve en toute légitimité. Encore une fois, il n’y a rien de mal à prendre pour épouse une femme dont le mari est décédé.

Voyez-vous, les intentions du cœur sont infiniment plus difficiles à démontrer que les faits. On peut probablement établir la responsabilité de David dans la décision de mettre Urie à l’endroit où le combat était le plus violent. Mais il est à toute fin pratique impossible de prouver que David voulait le faire disparaître afin d’épouser Bath-Schéba, la femme d’Urie. Cette faiblesse limite la capacité de notre système judiciaire à rendre la justice. Mais on ne peut pas tromper Dieu de cette façon. Dieu n’est pas dupe. Il avait ses yeux fixés sur le cœur de David, et il a vu son péché. Il a perçu le caractère malfaisant de ses intentions. Un serviteur de Dieu du nom de Nathan est alors venu trouver David pour lui faire part de toute cette affaire.

‘'J’aimerais vous informer, Votre Majesté, d’une désolante histoire. Voici ce qui s’est passé. Il y avait un homme qui avait une petite brebis. Elle lui était très précieuse car c’est tout ce qu’il possédait. Il en prenait soin comme si elle était sa propre fille. Il lui donnait sa nourriture et elle grandissait avec ses enfants. Elle couchait même dans ses bras. Il y avait aussi un autre homme dans la ville. Celui-là était très riche. Il avait des brebis et des bœufs en grand nombre. Mais il ne voulait pas prendre un animal de son troupeau pour le repas qu’il devait servir à un visiteur. Il prit plutôt la brebis de l’homme pauvre.’'

Quand David entendit ce récit, il se mit dans une violente colère contre l’homme riche.

'‘Comment a-t-il osé commettre une telle injustice! Il possède tant de moutons et malgré cela, il n’a pas hésité à s’emparer de la seule brebis appartenant à l’homme pauvre. Pour avoir agi ainsi sans pitié, je déclare qu’il devra compenser la brebis au quadruple.En d’autres mots, il devra remplacer la brebis volée par quatre autre brebis.''

 Le prophète Nathan regarda David droit dans les yeux et lui dit, '‘L’homme qui a fait cela, c’est toi!’'
O, quelle surprise!

Que s’est-il passé? Par cette parabole, Nathan amena David à prononcer une sentence contre lui-même. En faisant la déclaration selon laquelle l’homme riche devra rendre la brebis au quadruple, David se condamnait par une peine similaire. '‘Tu es l’homme riche qui a volé l’agnelle de l’homme pauvre. Tu as fait périr Urie le Hittite et tu as pris sa femme pour qu’elle devienne ta femme.’'

Le Seigneur exécuta la sentence telle que David l’avait prononcée. En conséquence, David perdit quatre de ses fils. Ils moururent l’un après l’autre. Le bébé que Bath-Schéba avait enfanté à David mourut (2Samuel 12.15). Puis on tua son fils Amnon (2Samuel 13.28-29). Ensuite Absalom subit le même sort (2Samuel 18.14-15). Et finalement, Adonija fut aussi assassiné (1Rois 2.24-25). Dieu jugea David selon son appréciation de la justice dans ce cas-ci, i.e., rendre au quadruple ce qui avait été volé. ''Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez.''


Ne faites pas l’hypocrite

Il y a un contraste qui mérite d’être noté dans cette histoire. David a réagi très vivement en condamnant immédiatement l’action de l’homme riche mais il était totalement aveugle face à ses propres péchés. Il pouvait apercevoir le brin de paille qui était dans l’œil de l’homme riche mais il ne se rendait pas compte qu’un objet beaucoup plus imposant obstruait son œil. Il vivait dans le péché sans en avoir conscience, ou sans vouloir y faire face.

Le Seigneur Jésus dit, '' Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil ? ''

Il y a une teinte d’humour dans cette question que Jésus pose. ‘Comment se fait-il que tu sois si habile à discerner un grain de sciure dans l’œil de l’autre alors que tu ne vois même pas la grosse poutre qui est dans le tien? Quelle aberration!’ Jésus utilise souvent un style hyperbolique pour mettre en relief les points essentiels de son enseignement. La paille et la poutre représentent les défauts personnels qui nécessitent une correction. Et l’absurdité de la situation se perçoit aisément dans la question suivante : Pourquoi le critiqueur est-il si préoccupé par les petites imperfections des autres quand il a de graves problèmes personnels à régler?

Vous savez, il est extrêmement facile pour chacun d’entre nous de commettre la même erreur, i.e., d’être à l’affût des lacunes de tout le monde sans avoir conscience de ses propres lacunes. Il semble que cette tendance régit toute l’activité de l’homme dans ses relations avec ses semblables. Nous avons tous une propension à exagérer les défauts des autres tout en minimisant les nôtres. Et bien souvent, la distorsion se produit davantage sur le plan de l’évaluation que nous faisons de nous-même que sur celle des autres. En Proverbe 21.2, nous pouvons lire cette phrase:
'' Toutes les voies de l’homme sont droites à ses yeux; mais celui qui pèse les cœurs, c’est l’Éternel.''
 Ce manque d’impartialité semble nous pousser à porter un jugement qui soit toujours en notre faveur.


Se juger soi-même

Au lieu de regarder les autres, le Seigneur Jésus nous demande d’être juges de nos propres actions. Ôte premièrement la poutre de ton oeil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. Examinez vos propres fautes avant d’aller critiquer celles des autres. N’essayez pas de résoudre les problèmes des autres sans avoir mis de l’ordre dans votre propre vie.

Il ne faudrait pas interpréter cette instruction comme une interdiction d’aider ceux qui se trouvent aux prises avec des difficultés. Jésus nous encourage certainement à venir en aide à ceux qui en ont de besoin, mais pas avant d’avoir pris soin de s’occuper de nos propres problèmes. Ceci est facile à comprendre. Si vous avez pris la peine de vous pencher sur vos défauts, il est fort probable que vous allez rendre service aux autres avec tact. Celui qui a su s’examiner et résoudre ses problèmes est capable de voir clairement. Il sera en mesure d’enlever comme il se doit la poussière dans l’œil de son frère. Nous pouvons également expliquer les paroles de Jésus sous l’angle suivant : les personnes qui ont acquis la maturité nécessaire pour assister adéquatement les autres sont ceux qui ont appris de leurs fautes.

En conclusion, le commandement de ne pas juger autrui n’en est pas un qui nous demande de fermer nos yeux et d’agir en aveugles. Bien au contraire. Jésus veut que nous ayons les yeux grands ouverts, non pas sur les autres, mais d’abord et avant tout sur notre propre personne. Au lieu de juger les autres, commençons par nous juger nous-mêmes.

( Eric Chang / Yves I-Bing Cheng  entretiens chrétiens )

1 commentaire:

  1. Oui je suis d'accord avec cela et je viens de l'expérimenter récemment à mes dépens.
    Oh non pas que j'ai voulu me poser en juge mais.. Je l'ai fais.. Ma chair l'a fait pour moi et je l'ai laissé me nuire l'espace d'un instant.

    Quand le Saint-Esprit me l'a montré, je n'ai pas eu d'autre choix que de devoir assumer les conséquences de mes actes en m'humiliant intimement devant Dieu d'abord, mais publiquement aussi et cela est très pénible !
    Mais c'est une grâce également, car j'avais assez de discernement et de sagesse pour savoir, avant de commettre cette erreur, qu'en parlant comme je l'ai fais, j'allais porter un jugement !
    J'en ai tiré de belles leçons et vendredi je dois encore m'entretenir avec une personne concernée par cela, mais je suis en paix, car je sais que Dieu m'a pardonné et qu'Il me montre comment le glorifier à présent dans l'humilité et la repentance, amen !

    Les temps sont mauvais alors soyons vigilants et restons toujours ancrés dans la parole de notre Dieu vivant. Suivons l'exemple que Jésus nous donne pour apprendre à marcher par Son Saint-Esprit et soyons reconnaissants de ce salut offert par Sa grâce, tout n'est que grâce, amen !

    Soyez bénis, Flo.

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