jeudi 17 mars 2011

L'éthique a-t-elle sa place dans un monde dirigé par l'économie et le profit ?



L'accident nucléaire qui prend de l'ampleur au Japon et qui inquiète le monde entier, n'est probablement pas pas simplement le résultat malheureux d'un tragique concourt de circonstances. Même s'il est exact que de mémoire d'homme un tremblement de terre d'une telle ampleur n'avait jamais touché le Japon, il n'en reste pas moins vrai que les mensonges et les manipulations des rapports concernant la sécurité de ces centrales ont probablement eu un impact important sur leur incapacité à éviter la catastrophe atomique qui se déroule sous nos yeux.

Nous sommes dans un monde de plus en plus dépensier en énergie, et les responsables techniques et politiques de nos nations semblent de plus en plus facilement fermer les yeux sur beaucoup de procédés dangereux, du moment que la Machine Économique (je l'appelle « La Bête », en référence à ce qu'en dit le livre de l'Apocalypse) ne s’arrête pas, et que les bénéfices continuent à s'engranger...

Il faut reconnaître que depuis quelques décennies, nous avons accouché d'une société ou les hommes sont de moins en moins autonomes et dépendent de plus en plus de l'énergie et des transports. Il devient alors facile de comprendre que le moindre obstacle à la bonne marche de ce mécanisme inhumain est considéré comme un ennemi de la société, car il serait capable de générer des catastrophes en arrêtant ce fragile mécanisme qui anime tous les rouages qui sont devenus indispensables aux échanges dans notre système.

L'article que je mets en ligne ci-dessous nous fait encore une fois la démonstration que lorsque des enjeux énergétiques sont en jeu, les exigences de sécurité et de vérité sont très facilement négligés au profit de la Production. J'ai en projet de développer d'autres articles qui permettrons de comprendre à quel niveau il est possible d'agir afin de ne pas être participant et esclave de ces mécanismes pervers qui ont déformés le monde des humains à un point qui était difficilement imaginable il y a seulement un siècle. L'avertissement du Christ sur l'impossibilité de servir en même temps « Dieu et la Richesse » (Mat. 6: 24.), ne m'a jamais semblé aussi pertinent lorsque nous prenons la peine de scruter notre monde au delà des apparences. Il y a des choix personnels et éthiques devant lesquels il est impératif de nous situer correctement, afin de bien choisir notre camp...

J'ai découvert sur le net un article en anglais qui pointait les nombreux scandales dont est responsable la TECPO (la société japonaise qui est précisément responsables des réacteurs en feu de Fukushima) en trichant cyniquement sur l'aspect primordial de la sécurité nucléaire. Un grand merci à MJ pour sa traduction qui permet au public français d'avoir accès à ces éléments importants pour comprendre les dessous de cette tragique affaire.

Jean-Luc B


Vous pouvez retrouver l'article original en anglais en cliquant ICI :

Sortirdunucleaire.org


Les dissimulations de la Tepco, société d’exploitation de centrales nucléaires japonaises.

Des documents truqués, de fausses réparations, des accidents mortels : la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon est le résultat d’une série de scandales au sein de la compagnie Tepco. Elle voulait fermer ce mois ci, le réacteur touché par cette catastrophe.

Ce n’est pas la première fois que la Tepco se trouve sous les feux de la rampe à cause d’un désastre nucléaire. La « Société d’Exploitation de l’Energie Electrique de Tokyo » (TEPCO) est un des plus grands groupes japonais, source de nombreuses affaires. La catastrophe actuelle permet d’apporter un nouvel éclairage sur ces scandales.

Il y a neuf ans, le Directeur Général de la Tepco, ainsi que d’autres responsables, ont du quitter la compagnie. Les plus importants producteurs d’énergie du Japon étaient alors soupçonnés d’avoir falsifié des documents de maintenance dans 29 cas. Cette fois, les principaux salariés en ont assumé la responsabilité en démissionnant. 17 réacteurs, dont celui qui est aujourd’hui en cause, ont du être momentanément retirés du réseau pour vérification. De violentes protestations s’élèvent en 2003, lorsque la Tepco remet le réacteur en marche.

Rapidement de nouveaux incidents et des accusations de falsification de documents reprennent contre la Tepco. En Août 2004, le jour du 59ème anniversaire de la frappe nucléaire américaine sur Nagasaki, quatre employés décèdent lors d’une fuite de vapeur chaude dans la centrale nucléaire de Mihama. En 2006, le groupe est accusé d’avoir falsifié les relevés de température de l’eau de refroidissement de leurs réacteurs entre 1985 et 1988. Les relevés furent présentés en 2005 pour un contrôle. En 2007 il apparaît qu’il y a encore plus de données falsifiées concernant les réacteurs de la Tepco. Mais cette fois les centrales électriques restent malgré tout en fonctionnement.

Après que le scandale ait été rendu public en 2007, la Tepco a reporté d’un an l’achèvement des nouveaux réacteurs de Fukushima-Daiichi, qui se situent près du réacteur aujourd’hui endommagé suite au tsunami. Ces réacteurs auraient du être mis en service en 2013 et 2014. Ce calendrier semble maintenant devoir être revu.

Les affaires étouffées ainsi que les erreurs ont construit l’histoire de la centrale nucléaire de Fukushima, à 200 Km de Tokyo. En 2008 après un tremblement de terre, de l’eau radioactive s’échappe d’un container dans lequel étaient stockées des barres de combustible usées. En 2006, fuite de vapeur radioactive d’une conduite, en 2002 des fissures sont découvertes sur des conduites d’eau. En 2000 un réacteur doit être fermé à cause de la perforation d’une barre de combustible. En 1997 et 94 des accidents similaires se produisent au cours desquels de la radioactivité est relâchée.

La catastrophe actuelle aurait presque pu être évitée : le réacteur actuellement mise en cause dans ce désastre devait être arrêté dans le courant du mois, selon les informations d’une base de données internationales sur les centrales nucléaires. Le réacteur n° 1 de l’unité de Fukushima-Daiichi, devait être arrêté ce mois ci après environ 40 ans de fonctionnement. Une base de données de recherche du « Centre de formation nucléaire » (ICJT) situé en Slovénie déclare que « la date de fermeture prévue » était mars 2011.

La catastrophe de cette centrale nucléaire pourrait avoir des conséquences lourdes et durables sur l’activité de la compagnie, car bien avant le tremblement de terre, de nombreux Japonais étaient déjà très critiques sur l’énergie nucléaire. L’opposition au nucléaire est très forte au Japon, ce qui s’explique aussi par l’histoire : ce pays est traumatisé par les bombes atomiques lâchées à la fin de la seconde Guerre Mondiale sur Nagasaki et Hiroshima, qui montrent la réalité de la puissance de destruction du nucléaire.

A maintes reprises, les centrales nucléaires japonaises on été source de problèmes, et ces dernières années les incidents se sont multipliés. Cependant le Japon déclare être dépendant du nucléaire, à cause de son manque de matières premières. Environ 30% de son électricité provient de ses 54 centrales nucléaires.


Vous pouvez retrouver l'article original en anglais en cliquant sur ce lien:

http://groupes.sortirdunucleaire.org/blogs/alerte-nucleaire-au-japon/article/les-mensonges-de-tepco

Une vidéo qui fait réfléchir éditée par un français vivant là-bas :

http://www.youtube.com/watch?v=tp1qkmImCnY




1 commentaire:

  1. Merci Jean-Luc pour cet article et tous les autres (notamment ceux concernant la foi).
    En attendant ces articles dont tu nous fait part ici.

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