mercredi 1 janvier 2014

LES MODÈLES D'AUTORITÉ


par Frank A. Viola 

Au fond, l'idée de "couverture" repose sur une conception hiérarchique de l'autorité. Cette conception est inspirée des structures d'organisation du monde, et ne reflète en rien le royaume de Dieu. Je m'explique.

La structure hiérarchique de l’Église occidentale moderne émane de ce qu'en matière d'autorité, on a tendance à penser en termes de positions, de postes à remplir, de titres à porter, de grades à atteindre. On cherche à mettre en place des structures d'autorité explicites. Ainsi les termes "pasteur", "ancien", "prophète", "évêque", etc. sont devenus de simples titres désignant des postes ecclésiastiques bien définis.

Un "poste", au sens où nous emploierons ce mot, c'est une entité sociologique, que crée un groupe de personnes, dont la nature est définie de manière objective, indépendamment de la personne qui le remplit, et des actions qu'elle accomplit. Un poste est créé, puis, ensuite, on cherche quelqu'un qui puisse le remplir.

Inversement, dans le Nouveau Testament, la conception de l'autorité est plutôt fonctionnelle. On met l'accent sur les dons de l'esprit, la maturité spirituelle, le service de tous les membres les uns pour les autres. L'important ce sont les fonctions, les tâches, et non pas les postes et les titres. La préoccupation principale réside dans les activités qui sont menées: on conduit, on exhorte, on prophétise, on garde, etc. Dit d'une autre façon, dans la conception positionnelle, on s'attache aux noms, tandis que dans la conception fonctionnelle, on s'intéresse plutôt aux verbes.

Dans l'organisation positionnelle, l’Église est construite à la manière des organismes militaires et administratifs de notre culture. Dans l'organisation fonctionnelle, l’Église vit. L'exhortation mutuelle vient naturellement. Toutes traces de structure et de rang sont absentes.

Dans les églises à organisation hiérarchique, il y a comme une machine politique dans l'arrière-plan, qui en élève certains à une position de pouvoir ecclésiastique.

Dans les églises à organisation fonctionnelle, tous les membres s'exhortent et se fortifient mutuellement dans les dons donnés par l'Esprit à chacun d'entre eux, et sont dirigés par une écoute commune des instructions du Seigneur.

En résumé, l'autorité selon le Nouveau Testament est corporelle et fonctionnelle, alors que le modèle hiérarchique de l'autorité est fondamentalement mondain. Et il y a une proximité naturelle entre le modèle hiérarchique et l'idée de "couverture protectrice". 

Jésus et les païens / L'idée hiérarchique de l'autorité. 

Pour clarifier le problème de la "couverture", il peut être bon de considérer le ministère de Jésus à ce sujet. Observons le contraste qu'Il fait entre le modèle hiérarchique du monde païen et l'autorité dans le Royaume de Dieu.

Alors que Jacques et Jean avaient demandé une place d'honneur à la droite de son Trône, voici ce que Jésus répondit : 

...Vous savez que les chefs des nations LES TYRANNISENT, et que les grands LES ASSERVISSENT. IL N'EN SERA PAS DE MÊME AU MILIEU DE VOUS. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu'il soit votre esclave. C'est ainsi que le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de beaucoup. (Matthieu 20:25,26)

Et aussi, 

... Les rois de nations les MAÎTRISENT, et ceux qui LES DOMINENT son appelés bienfaiteurs, QU'IL N'EN SOIT PAS DE MEME POUR VOUS. Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert. (Luc 22:25,26)

Le mot grec traduit "asservir" dans le passage de Matthieu est katexousiadzo. Katexousiadzo résulte de la combinaison des deux mots Kata, signifiant au-dessus ou par-dessus, et exousiadzo signifiant "exercer l'autorité". (Dans Luc le même sens est préservé, quoique les mots diffèrent quelque peu.)

Jésus, dans ces passages, ne condamne pas tant, en soi, les dirigeants oppressifs, mais plutôt, l'autorité hiérarchique qui dirige le monde païen. Je répète.

Jésus ne condamnait pas simplement les gouverneurs tyranniques; il rejetait en fait la structure hiérarchique elle-même !

Cette structure hiérarchique se fonde sur l'idée que le pouvoir et l'autorité coulent d'en haut, et que chaque niveau social doit obéir aux ordres des niveaux supérieurs, et domine sur les niveaux inférieurs.

La structure hiérarchique de l'autorité se base sur un concept mondain de la puissance. Cela explique qu'elle soit appliquée dans toutes les structures bureaucratiques traditionnelles. On la retrouve dans les relations seigneur/vassal et maître/esclave, de même que dans l'organisation militaire ou gouvernementale.

Toute bénigne qu'elle puisse souvent être, cette forme d'autorité est nuisible au peuple de Dieu, car elle réduit les relations humaines à des questions d'ordres et d'obéissance. C'est-à-dire qu'elles sont à l'image des relations au sein d'une structure militaire, ce qui ne trouve pas sa place dans les enseignements et les exemples du Nouveau Testament.

Cette forme d'autorité est employée partout dans la culture païenne. Il est regrettable qu'elle ait été adoptée aussi par la plupart des églises chrétiennes de notre époque.

Si l'on résume l'enseignement du Seigneur sur ce type d'autorité, les contrastes suivants se dessinent :

Dans le monde païen, les dirigeants fonctionnent sur la base d'une structure socio-politique -- une hiérarchie -- leur assurant l'obéissance de leurs ordres, et donc leur pouvoir. Dans le royaume de Dieu, l'autorité vient d'une humilité d'enfant et d'un service dévoué.

Dans le monde païen, l'autorité se fonde sur la position et le rang. Dans le royaume de Dieu, l'autorité est reconnue à ceux dont le caractère ressemble à celui de Dieu.

Remarquez comment Christ décrit les dirigeants: "Qu'il soit un serviteur" et "Qu'il soit comme le plus petit". Aux yeux de notre Seigneur, l'être précède au faire, et le faire vient de l'être. Autrement dit, la fonction provient du caractère. Ceux qui servent le font parce qu'ils sont des serviteurs.

Dans le monde païen, la grandeur se mesure par la proéminence, le pouvoir externe, et l'influence politique. Dans le royaume de Dieu, la grandeur se mesure par l'humilité intérieure et la servitude extérieure.

Dans le monde païen, les dirigeants exploitent leur position pour dominer sur les autres. Dans le royaume de Dieu, les dirigeants ne veulent pas être honorés particulièrement. Ils se considèrent "comme le plus petit".

L'autorité hiérarchique est caractéristique de l'esprit des païens. L'adoption de ces principes par l'Eglise est donc naturellement en contradiction avec les enseignements du Nouveau Testament. Le Seigneur n'a pas caché son dédain envers cette conception de l'autorité. Il a même dit : "Il n'est sera pas de même parmi vous!".

En conclusion, l'enseignement de Christ n'est pas compatible avec le modèle d'autorité hiérarchique qui existe dans l'Eglise moderne. 

Jésus et les Juifs / Le modèle positionnel de l'autorité 

Notre Seigneur a aussi opposé le modèle d'autorité du Royaume au modèle d'autorité du monde religieux. Dans le passage suivant Jésus oppose vivement le modèle divin au concept juif: 

Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre maître, et VOUS ÊTES TOUS FRÈRES. Et N'APPELEZ PERSONNE SUR LA TERRE VOTRE PÈRE; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. NE VOUS FAITES PAS APPELER DIRECTEURS; car un seul est votre Directeur, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé. (Matt 23:8-12)

Nous pouvons en tirer les choses suivantes :

Dans le système religieux des juifs, il y a un système de classes constitués de spécialistes en matières religieuses d'une part, et des non-spécialistes d'autre part. Dans le royaume, tous sont frères de la même famille.

Dans le monde juif, on attribue aux dirigeants religieux des titres honoraires (par exemple: Professeur, Père, Pasteur, Evèque, Prêtre, Ministre, etc.) Dans le royaume, on n'utilise pas de tels titres, qui obscurcissent l'honneur unique qui est dû à Jésus Christ et lui seul, et qui ignorent la révélation du Nouveau Testament qui élève tous les chrétiens à la position de ministre et de prêtre.

Dans le monde juif, les dirigeants sont élevés à des positions de gloire aux yeux de tous. Dans le royaume, les dirigeants préfèrent travailler dans les modestes conditions de la servitude, et dans l'humilité.

Dans le monde juif, l'autorité se fonde sur les statuts, les titres, et la position. Dans le royaume, l'autorité se fonde sur la vie et le caractère intérieurs. (Dans cet esprit, en affectant des "doctorats" honoraires à une partie considérable du clergé, comme on le voit si souvent aujourd'hui, l'Eglise moderne ne fait qu'imiter ces principes d'autorité qui vont à l'encontre du royaume de Dieu.)

En résumé, l'autorité dont parle Jésus est loin de ce qui existe dans la plupart des églises modernes. Le Seigneur en a terminé aussi bien avec le modèle païen/hiérarchique que le modèle juif/positionnel de l'autorité.

Ces modèles, qui flattent l'ego des dirigeants et à les promouvoir à des places d'honneur, sont incompatibles avec la simplicité primitive de l'Eglise et du Royaume de Jésus Christ. Ils brisent l'image de l'église comme famille. Ils empêchent le service pastoral de chaque croyant. Ils nuisent à l'avancement du peuple de Dieu, et à l'expression de l'autorité suprême de Christ dans son église. C'est pourquoi "il n'en sera pas de même parmi" ceux qui portent le nom du Sauveur. 

Les apôtres et l'autorité hiérarchique/positionnelle 

Nous avons vu comment notre Seigneur condamnait les structures d'autorité hiérarchique/positionnelle. Mais qu'en est-il de Paul et des autres apôtres? Contrairement à ce que pensent beaucoup, les lettres du Nouveau Testament ne parlent jamais de l'autorité dans l'église en termes de "postes" ni d'organisation sociale humaine. (Nous traiterons plus tard des divers passages utilisés fréquemment pour défendre l'idée de "postes" ecclésiastiques.)

A chaque fois que le Nouveau Testament se réfère à ceux qui sont principalement responsables de l'église, il le fait en parlant de leurs actions. Ainsi, on parle surtout en termes de fonctions. Les verbes abondent.

Les responsables de l'assemblée locale sont appelés des anciens (Tite 1:5-7), pour la simple raison qu'ils exerçaient le rôle d'un ancien : être des modèles de maturité pour les plus jeunes dans la foi, et veiller au bien-être spirituel de l'église (1 Pierre 5.2,3).

Le rôle des anciens est illustré par la métaphore du "berger" (Actes 20:28; 1 Pierre 5:1-4). De même qu'au sens propre un berger a garde les brebis, un "berger", au sens figuré, garde les "brebis", en prend soin.

Le terme "ancien" ne correspond donc pas à un poste ecclésiastique très précis. Plutôt, ce mot est employé dans les Ecritures pour décrire ce que doivent être les responsables de l'église: des hommes âgés, d'une grande maturité spirituelle. Et s'ils sont appelés des "bergers", c'est pour indiquer la fonction qu'ils exercent: ils veillent sur les "brebis".

Il est à noter que tous les chrétiens participent à la direction corporelle de l'église. Chacun dirige en exerçant son don spirituel. Comme je l'ai montré dans "Rethinking the Wineskin", l'assemblée toute entière dirige l'église et prend les décisions. Lorsqu'ils émergent (ce qui peut prendre du temps), les anciens veillent sur l'assemblée. 

Le rôle des anciens et des responsables ecclésiastiques 

En Grec, le mot traduit "ancien" (presbuteros) signifie simplement un vieil homme. Au fond, un ancien, c'est donc un saint âgé, un frère qui a vécu.

Les anciens mentionnés dans le Nouveau Testament étaient simplement des hommes d'une grande maturité spirituelle, et d'une vie exemplaire, chargés de veiller aux affaires de l'église (et non pas de les diriger ni de les contrôler).

Les anciens n'étaient pas les chefs de l'organisation de l'église. Ce n'étaient pas des prêtres professionnels, des gérants ecclésiastiques. C'étaient simplement des frères âgés, qui remplissaient dans l'église, de par leur expérience et leur maturité, certaines fonctions : ils "faisaient paître" l'assemblée, veillaient sur elle, la conseillaient, etc.

Leur tâche était triple: être des modèles de servitude dans l'église; motiver les saints aux bonnes oeuvres; et façonner les jeunes croyants dans leur développement spirituel (1 Pierre 5:1-3). Ils s'occupaient aussi des situations délicates qui se produisaient dans l'église (Actes 15:6).

Mais jamais les anciens ne prenaient les décisions pour l'église. Comme je l'ai montré dans "Rethinking the Wineskin", les décisions n'étaient prises, dans le Nouveau Testament, ni sur une base dictatoriale, ni sur une base démocratique, mais sur le principe du consensus général. Tous les frères et soeurs étaient concernés.

Les anciens, en tant que gardiens de l'église, surveillaient le travail des autres (plutôt que de s'y substituer). Ils priaient les yeux ouverts, prenant toujours garde aux loups. En temps de crise, on s'appuyait sur leur sagesse, et leur longue marche donnait du poids à leurs conseils.

Avec un coeur de berger, ils portaient les fardeaux de l'église. Ils guidaient, protégeaient et nourrissaient les jeunes croyants, jusqu'à ce qu'ils puissent tenir termes par eux-mêmes.

Autrement dit, les anciens étaient une aide spirituelle, qui guidaient et nourrissaient l'assemblée, et encourageaient le dévouement dans l'église. Ainsi, l'"ancienneté" est une action, et non pas un poste qui est à remplir.

Tout ceci est assez clair dans le Nouveau Testament, car si Paul et les autres apôtres avaient voulu dépeindre les anciens comme occupant un poste, il y a de nombreux mots grecs qu'ils auraient pu employer.

Il est cependant révélateur que les termes suivants soient absents de leur vocabulaire ecclésiastique : 

- arche (un dirigeant, un chef) 
- time (un officier, un dignitaire) 
- telos (le pouvoir propre d'un dirigeant) 
- archisunagogos (un responsable de synagogue) 
- hazzan (un conducteur de louange) 
- taxis (un poste, une position, un grade) 
- hierateia (le poste de prêtre) 
- archon (un directeur, un chef)

Jamais le Nouveau Testament n'emploie de ces mots pour décrire la direction de l'église. Comme Christ, le mot qu'emploient le plus souvent les apôtres pour décrire les dirigeant de l'église est "diakonos", ce qui signifie "serviteur".

Ainsi, dépeindre ces serviteur-dirigeants comme détenteurs d'un poste, d'un office, c'est dévitaliser le fonctionnement de l'église, en obscurcissant le sens original des mots bibliques! 

Le problème du rôle pastoral moderne 

De la même manière, la notion, communément acceptée de nos jours, du "sola pastora" (un seul pasteur) est en désaccord avec le Nouveau Testament. L'idée d'un homme qui se tiendrait à la tête de l'assemblée locale, dirigerait toutes ses affaires, lui prêcherait tous les dimanches, conduirait ses baptêmes et sa communion, est totalement étrangère à la Bible.

Le rôle du pasteur est devenu de nos jours une profession hautement spécialisée. Cette conception représente une invention post-biblique qui évoque des traditions sacerdotales bien-intentionnées mais sans véritable intérêt. C'est essentiellement un héritage des pratiques romaines (un prêtre), ce qui rappelle d'avantage la prêtrise lévitique que les principes énoncés dans le Nouveau Testament.

D'autre part, ceux qui exercent le rôle de pasteur ont tendance à être déformés par ce professionnalisme clérical. Aucun homme n'est appelé à subvenir à lui seul aux besoins de l'église. C'est un fardeau trop lourd, et Dieu ne nous a pas demandé de le porter.

De plus, le pasteur maintient l'assemblée dans un état permanent d'infantilité spirituelle, dans la mesure où il empêche aux croyants de remplir le ministère spirituel qu'ils sont appelés à exercer les uns envers les autres, ce qui du coup les rend faibles et dépendants du pasteur, incapables de chercher par eux-mêmes la nourriture spirituelle.

Certes, nombre de pasteur exercent leur rôle pour des motifs louables, désirant sincèrement voir leur assemblée croître, et prendre de la responsabilité spirituelle, et beaucoup même se désolent de l'état de leur église, mais sans remettre en question la place qu'ils occupent.

Mais malgré tout, le poste moderne du pasteur, de par sa nature-même, étrangle inévitablement la pratique de la prêtrise de chaque croyant.

Comme c'est le pasteur qui se charge du travail de l'église toute entière, la plupart des croyants deviennent passifs, paresseux et égocentriques, et leur marche spirituelle s'arrête. Ainsi, aussi bien le pasteur que la congrégation se trouvent affaiblis par ce poste totalement extra-biblique.

S'il est vrai que dans le Nouveau Testament, Paul est appelé un "apôtre", Philippe un "évangéliste", Manaen un "enseignant" et Agabus un "prophète", il est à noter que personne n'est appelé un "pasteur". Ce mot n'apparaît qu'une seule fois dans le Nouveau Testament (Eph. 4:11), et il s'agit alors d'une métaphore, et non pas d'un poste ecclésiastique. Ceci est manifestement en opposition aux pratiques courantes. Nous avons l'habitude de considérer que le pasteur est la tête de l'église locale. Dans les mentalités actuelles, le pasteur représente "son" église, alors que le Nouveau Testament accorde bien plus d'importance aux autres ministères.

Finalement, le rôle pastoral moderne empêche que le Seigneur Jésus soit réellement la Tête de son église, et qu'il dirige vraiment ses croyants. Même ceux qui seraient particulièrement doués pour enseigner et veiller sur le troupeau ne peuvent pas exercer leur don au sein d'une assemblée présidée par un pasteur. Ainsi, la prêtrise de tous les croyants, telle qu'elle est conçue et énoncée par Dieu dans le Nouveau Testament, ne peut s'exprimer pleinement dans de telles conditions.

En général, si quelqu'un autre que le pasteur -- aussi mature, doué et fiable soit-il -- tentait d'enseigner les brebis, le pasteur se sentirait menacé, et y mettrait fin, sous prétexte de "protéger" le troupeau!
 Pour être plus précis, la conception moderne du pasteur est très loin de la pensée de Dieu. Elle impose à la vie et au dynamisme de l'église du Nouveau Testament la camisole de l'Ancienne Alliance.

Pourtant, en dépit de la tragédie spirituelle que cela engendre, les masses continuent de défendre et de se reposer sur ce poste non-biblique. C'est pourquoi les "laïcs" sont tout aussi responsables de ce problème que l'est le "clergé". Comme dit Jérémie 5:31, "les sacrificateurs dominent par leur propre moyen; et mon peuple l'aime ainsi. Et que ferez-vous à la fin?" (Darby)

En fait, beaucoup de chrétiens trouvent plus commode d'embaucher un spécialiste religieux pour prendre en charge la responsabilité du ministère, que de faire l'effort de s'occuper eux-mêmes les uns des autres, et de vivre la servitude humiliante à laquelle Christ nous a appelés.

Les mots du prophète traduisent bien le mécontentement du Seigneur face à cette attitude : "Ils ont établi des rois sans mon ordre, et des chefs sans se référer à moi ..." (Osée 8:4)

A la lumière de ces faits, on pourrait se demander sérieusement pourquoi le rôle pastoral demeure si communément accepté dans les églises d'aujourd'hui. La réponse c'est que ce poste est profondément lié à l'histoire de la Réformation, et il est renforcé par les impératifs culturels de notre époque.

Dans notre obsession pour les titres et les postes, caractéristique de la culture occidentale du vingtième siècle, nous avons été amenés à surimposer nos propres idées au modèle ecclésiastique du Nouveau Testament. Celui-ci, pourtant, s'oppose ouvertement à l'idée que l'église puisse être menée par un seul homme, ou que le rôle des anciens en soit réduit à un poste officiel.

Les Écritures sont aussi en désaccord avec la pratique courante d'élever l'un des anciens (le "senior pastor") à une position de supériorité et d'autorité sur les autres. A aucun moment le Nouveau Testament n'approuve l'idée du primos inter pares -- le premier parmi un ensemble de personnes égales. En tout cas, cette position ne doit pas être instituée de manière formelle ni explicite.

La rupture entre "le pasteur" et les autres anciens est un accident de l'histoire de l'Eglise. Mais comme cette conception rejoint très bien les mentalités de notre culture, les croyants modernes n'éprouvent aucune difficulté à faire dire aux Ecritures à ce propos ce qu'elles ne disent pas.

En somme, le rôle du pasteur moderne n'est guère plus qu'un mélange homogénéisé d'administration, de psychologie, et d'art oratoire, conditionné de manière uniforme pour la consommation religieuse. Ainsi, le rôle sociologique du pasteur, tel qu'il est pratiqué dans notre culture occidentale, a très peu en commun avec le Nouveau Testament! 

Le manque d'enseignement sur l'autorité dans le Nouveau Testament. 

Les lettres de Paul mettent l'accent sur les actions exemplaires, mais elles ne montrent aucun intérêt particulier pour les titres et les postes. Par exemple, à chaque fois que Paul écrit à une église, il s'adresse à l'église elle-même plutôt qu'à ses dirigeants (Rom. 1:7;1 Cor. 1:1;2 Cor. 1:1; Gal. 1:1-2; Eph. 1:1; Phil. 1:1; Col. 1:1-2;1 Thess. 1:1;2 Thess. 1:1).

(Pour ce qui est des "épîtres pastorales" -- 1 Timothée, 2 Timothée, et Tite -- elles étaient adressées aux collaborateurs apostoliques de Paul et non à des églises.)

Je répète. A chaque fois que Paul écrivait une lettre à une église, il s'adressait à l'église tout entière, et non pas seulement au(x) dirigeant(s)!

On retrouve cette tendance dans l'épître aux Hébreux. L'auteur y invite les saints, à la fin de sa lettre, à saluer leurs conducteurs. (Heb. 13:24)

C'est encore plus frappant quand nous examinons l'église la plus tourmentée dont parle le Nouveau Testament, l'église de Corinthe. Paul ne s'adresse jamais aux anciens. De toute sa correspondance avec les Corinthiens, Paul n'a jamais repris les anciens. Il n'a pas non plus exhorté l'église à leur être plus obéissante. D'ailleurs il ne les a même pas mentionnés!

Plutôt, Paul en appelle à l'église toute entière. Il lui montre que c'est à elle de prendre la responsabilité des blessures qu'elle s'est infligées. Plus de trente fois dans 1 Corinthiens, Paul exhorte et implore "les frères", comme s'il n'y avait aucun dirigeant.

S'il y avait eu des dirigeants dans l'église, Paul leur aurait certainement écrit pour résoudre leurs problèmes. Mais jamais il ne s'adressa à eux. A la fin du livre, Paul conseille à l'église de se soumettre au dévoué Stéphanas et à sa maison. Il a cependant élargi ce groupe en disant "et à tous ceux qui travaillent à la même oeuvre."

Remarquons que Paul insiste sur les fonctions et non les positions. Il s'adresse à toute l'église. Tout le livre de Corinthiens en appelle à l'ensemble de l'église pour prendre en main ses problèmes.

L'absence dans l'église de Corinthe d'anciens attitrés est particulièrement visible dans 1 Corinthiens 5, où Paul fait appel à l'ensemble de l'église pour remettre à Satan un membre tombé (1 Cor. 5:1). De nos jours, on penserait qu'une telle tâche ne pourrait être accomplie que par ceux d'un assez grand poids ecclésiastique.

Le contraste entre notre façon de concevoir les anciens et celle de Paul ne pourrait guère être plus marquée. Tout au long de ses neuf épîtres à des églises, Paul ne souffle pas mot à propos des anciens. Il exhorte continuellement "les frères" à agir.

A une seule occasion, Paul fait allusion aux dirigeants, et ce de manière assez brève. Il salue les dirigeants après avoir salué l'ensemble de l'église (Phil. 1:1). Sa lettre commence par: "Paul et Timothée, serviteurs de Jésus-Christ, à tous les saints qui sont à Philippes, aux évêques et aux diacres". Cet ordre serait assez étrange si Paul tenait à l'idée de dirigeants ecclésiastiques.

En somme, on voit clairement dans les lettres de Paul le peu d'intérêt qu'il accorde aux anciens. Il rejetait manifestement l'idée que certains membres de l'église puissent dominer sur les autres, ainsi que la notion de postes ecclésiastiques.

Dans les lettres de Pierre, on retrouve tout-à-fait la même chose. Tout comme Paul, Pierre donne très peu d'attention aux anciens. Quand il s'adresse à eux, c'est pour les mettre en garde contre l'esprit des païens. Il dit explicitement que les anciens sont parmi l'assemblée, et non au-dessus (1 Pierre 5:1-2).

Les anciens, d'après Pierre ne doivent pas "dominer sur (katakurieuo)" les saints (1 Pierre 5:3). Il est intéressant de remarquer que Pierre utilise le même mot qu'avait utilisé Jésus en parlant de l'autorité. Il a dit : "...les chefs des nations les tyrannisent (katakurieuo)..." (Matt. 20:25).

Il en est de même dans le livre des Actes. Paul y exhorte les anciens à Ephèse en ces mots: "Prenez donc garde à vous-même, et à tout le troupeau au milieu duquel l'Esprit Saint vous a établis surveillants pour paître l'assemblée de Dieu ..." (Actes 20:28, DBY). Remarquez que les anciens sont au milieu, et non au dessus du troupeau.

Jacques, Jean et Jude écrivent dans le même esprit. Ils parlent peu d'autorité, et jamais d'une organisation officielle autour des anciens. Le verdict est donc très clair. Le Nouveau Testament rejette unanimement toute notion de charges ecclésiastiques. 

L'ancienneté par opposition à la fraternité. 

Nous ferions bien de nous demander pourquoi le Nouveau Testament accorde si peu d'importance aux anciens de l'église. La raison est simplement que la responsabilité du soin pastoral, de l'enseignement, et du service dans l'ekklesia repose sur les épaules de l'assemblée toute entière.

La richesse de la vision Paulienne du Corps de Christ vient de ce qu'il insiste continuellement que chaque membre a ses dons, son ministère; il est un "croyant responsable" dans le Corps (Rom. 12:6;1 Cor. 12:1; Eph. 4:7;1 Pierre 4:10). Par conséquent, la responsabilité du ministère ne doit pas être réservée à quelques-uns.

Cela explique que le mot adelphoi, traduit "frères", apparaisse 346 fois dans le Nouveau Testament, dont 134 fois dans les épîtres de Paul. La plupart du temps, ce mot fait référence à l'ensemble des croyants d'une église -- hommes et femmes. Par contraste, le mot "anciens" n'apparaît que cinq fois dans les lettres de Paul, "gardien" quatre fois, et "pasteurs" une seule fois.

L'accent est donc mis, dans le Nouveau Testament, sur la responsabilité corporative. C'est la communauté des croyants, l'église toute entière, qui est appelée à exercer les fonctions pastorales. Tous les frères et soeurs sont appelés, ensemble, à : 

- gérer leur propres affaires (1 Cor. 11:33-34; 14:39-40; 16:2-3)  
- discipliner les membres déchus (1 Cor. 5:3-5; 6:1-6) 
 - avertir ceux qui vivent dans le désordre (1 Thess. 5:14) 
- supporter les faibles (1 Thess. 5:14) 
- abonder dans l'oeuvre du Seigneur (1 Cor. 15:58) 
- s'exhorter les uns les autres (Rom. 15:14; Heb. 3:13; 10:25) 
- s'enseigner les uns les autres (Col. 3:16) 
- prophétiser les uns aux autres (1 Cor. 14:31) 
- se rendre serviteurs les uns des autres (Gal. 5:13) 
- porter les fardeaux les uns des autres (Gal. 6:2) 
- prendre soin les uns des autres (1 Cor. 12:25) 
- s'aimer les uns les autres (Rom. 13:8; 1 Thess. 5:11) 
- se supporter les uns les autres (Eph. 4:2; Col. 3:13) 
- s'exciter mutuellement à l'amour et aux bonnes oeuvres (Heb. 10:24) 
- s'encourager les uns les autres (1 Thess. 5:11) 
- prier les uns pour les autres (Ja. 5:16) 
- exercer l'hospitalité les uns envers les autres (1 Pierre 4:9) 
- être en communion les uns avec les autres (1 Jean 1:7) 
- confesser leurs péchés les uns aux autres (Ja. 5:16).

Toutes ces exhortations "les uns aux autres" montrent donc clairement que les soins pastoraux sont la responsabilité de chaque croyant. L'église doit être dirigée de manière corporative et non solitaire.

Il s'en suit que l'idée que les anciens dirigent l'église, prennent toutes les décisions de la part de l'assemblée, s'occupent de tous ses problèmes et fournissent tout son enseignement est étrangère à la pensée de Paul. La Bible ne dit rien qui puisse faire imaginer une telle chose. Il ne faut pas s'étonner par la suite que la maturité spirituelle des églises dirigées par des anciens ait tendance à s'atrophier, et que les membres deviennent passifs et indolents.

Il n'y a rien dans le Nouveau Testament pour justifier une église dirigée, gouvernée par des anciens ! Et encore moins par un pasteur ! L'église du premier siècle était entre les mains des frères et soeurs. Purement et simplement.

L'exemple de l'église primitive nous montre que le service de tous les membres doit prendre le dessus sur la direction des anciens. En vertu de leur maturité spirituelle, les anciens ont simplement pour rôle de montrer l'exemple du soin pastoral (Actes 20:28-29; Gal 6:1;1 Pierre 5:1-4; Héb. 13:17). Le but des anciens, ainsi que des travailleurs extra-locaux est de fortifier les saints afin qu'ils puissent prendre la responsabilité du troupeau (Eph. 4:11-12;1 Thess. 5:12-13). Les anciens peuvent très bien être à la fois prophètes, évangélistes et enseignants. Mais tous les prophètes, évangélistes et enseignants ne sont pas nécessairement des anciens. Encore une fois, les anciens sont simplement les hommes les plus mûrs et fiables de l'église.

Dans le Nouveau Testament la responsabilité de l'église appartient donc à l'église elle-même. La direction de l'église et la responsabilité pastorale sont la charge de chaque membre, et non d'un pasteur unique, ou d'un groupe d'élites.

Dans la conception divine de l'église, la fraternité précède et passe au-dessus de l'ancienneté. Paul comprend que la direction de l'église doit être corporative et il s'oppose à ce que l'assemblée soit dominée par quelques-uns. C'est pourquoi il parle beaucoup plus des frères que des anciens. En cherchant à lui faire adosser le concept de charges ecclésiastiques, on va à l'encontre de tout ce qu'il a dit à ce sujet.

En somme, tout le Nouveau Testament dénonce très clairement l'autorité hiérarchique/positionnelle, en harmonie avec l'enseignement de Jésus. Ainsi, on peut conclure avec la phrase de Jésus: " Il n'en sera pas de même au milieu de vous " (Matt. 20:26)!

 Frank A. Viola 

( Traduit par Église de Maison.com )



24 commentaires:

  1. Cette étude de Viola a été écrite dans un but particulier, celui démontrer l'aspect non scripturaire de la notions de « couverture spirituelle » qui a cours aujourd'hui dans ce qu'on appelle un peu abusivement le milieu de « la mouvance prophétique ». Pour résumer, cette notion, elle prétend que pour exercer un « ministère » il est indispensable de trouver un autre ministère en activité auquel on se soumettra et qui servira de « couverture spirituelle ». C'est une façon charnelle de contrôler les « électrons libres » de la mouvance évangélique et Viola a bien entendu raison de s'opposer à cette pratique malsaine et il explique très bien pourquoi.

    Néanmoins, il est symptomatique de remarquer que certains textes Inspirés concernant l'exercice de l'autorité dans l'assemblée (et également l'établissement d'autorités reconnues dans les assemblées locales) sont étonnamment absents de cet exposé, ce qui déséquilibre et affaiblit l'ensemble de son argumentation. Si ces Textes ont été mis de côté par Viola, c'est qu'ils infirmaient une partie ses arguments et qu'il a donc préféré ne pas en tenir compte.

    J'ai bien peur que dans le fonctionnement de l'assemblée, il n'ait hélas confondu égalité et égalitarisme, ce qui est une grave erreur dans laquelle sont malheureusement tombés avant lui beaucoup de « chrétiens de gauche ».

    A ce propos, il est important de ne jamais oublier que le Christ n'est pas venu contester ou remplacer les autorités de son temps,(qu'elles soient religieuses ou politiques), mais Il est venu établir une autorité supérieure, totalement différente de celles qui étaient établies et exercées dans le monde avant sa venue.

    Je suis en train de préparer une étude sur la façon (totalement opposée à celle des systèmes religieux) dont le Règne de Dieu s'établit sur la terre, comme elle est exercée au ciel. Je ne vais donc pas développer le sujet ici, mais juste faire remarquer que l'autorité exercée dans l'assemblée n'est pas l'opposé symétrique des abus d'autorité dans le monde (religieux et politique) dont nous pouvons être les témoins, ou parfois les victimes, mais qu'elle est simplement totalement différente. Il est malsain de vouloir l'établir en opposition à une réalité perverse (car ça la mettrait en position de dépendance), mais il nous faut bien garder à l'esprit qu'elle était là avant la Création du monde et le Christ est venu la rétablir sur terre au travers de son Corps dont nous sommes les membres (Actes 3 : 21.).

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  2. (.../... )
    Pour en rester à l'établissement d'autorités dans l'assemblée, il y a en particulier trois Textes importants dont Viola n'a pas parlé et qui donnent pourtant un tout autre regard sur le fonctionnement de l'église néotestamentaire. Regardons-les ensemble :

    « Ils firent nommer des anciens dans chaque assemblée, et après avoir prié et jeûné, ils les recommandèrent au Seigneur, en qui ils avaient cru. »

    Lorsque Second emploie l'expression « ils firent nommer », il s'écarte du sens originel de verbe « cheirotoneo », qui signifie littéralement « voter à main levée ». Si nous reprenons le processus, nous voyons que c'est lors de son deuxième voyage missionnaire (nous reviendrons sur l'importance de cet aspect chronologique) que Paul établit des anciens dans les assemblées. Mais le fait qu'il ne le fasse pas par une décision autoritaire, mais en consultant publiquement l'ensemble des membres, nous montre que pendant son absence, certains membres avaient révélé des dons et des ministères de direction. L'action de Paul ne consistait donc qu'à entériner ce que l'assemblée toute entière avait discerné par l'expérience. Il n'en reste pas moins que des anciens ont été établis et qu'il n'était donc pas question d'une autorité égale de tous les membres (égalitarisme), mais nous voyons bien que les anciens institués avaient une autorité reconnue au dessus des autres. Ils étaient évidemment des frères au milieu d'autres frères, mais plus matures que les autres et équipés des charismes de direction (égalité de nature mais supériorité de fonction). Un peu comme une autorité peut être déléguée à un grand frère pour conduire le petit frère ou la petite sœur à l'école ou pour les garder à la maison.

    On retrouve un peu cette notions de l'autorité de fonction dans l'exemple de l'esclave qui était chargé de l'éducation des enfants (le païdagogos de Gal. 3 : 24.), qui avait une véritable autorité sur eux (qui pouvait aller jusqu'à des corrections physiques !), tout en étant esclave de leur père.

    Concernant la chronologie des faits, il est important de rappeler que la première lettre aux Corinthiens a été écrite avant que Paul et Banabas ne mettent en place des anciens dans les assemblées. Il n'est donc pas étonnant qu'il ne soit pas question d'anciens/évêques dans son épître.
    (.../... )

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  3. (.../... )
    Les deux autres Textes font référence à la même pratique d'institution d'autorités reconnues dans l'assemblée :

    « Je t'ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens dans chaque ville, s'il s'y trouve quelque homme irréprochable, mari d'une seul femme, ayant des enfants fidèles, qui ne soient ni accusés de débauche ni rebelles. Car il faut que l'évêque (grec : épiscopos) soit irréprochable comme économe de Dieu; qu'il ne soit ni arrogant, ni colère, ni adonné au vin, ni violent, ni porté à un gain déshonnête; mais qu'il soit hospitalier, ami des gens de bien, modéré, juste, saint, tempérant, attaché à la vraie parole telle qu'elle a été enseignée, afin d'être capable d'exhorter selon la saine doctrine et de réfuter les contradicteurs. » (Tite 1 : 5-9.)

    Un « épiscopos » c'est littéralement un « sur-veillant », c'est à dire quelqu'un qui « veille au dessus » des autres. Paul donnait donc l'ordre d'établir des gens qui « veilleraient au dessus » des autres dans les assemblées. Là encore l'idée d'égalitarisme est à écarter. Et si nous regardons aux « critères de sélection » de Paul, il nous faut reconnaître qu'il y aurait beaucoup de difficultés à trouver des anciens à établir dans certaines assemblées actuelles où on se contente d'une « profession de foi » bien récitée pour confier des fonctions à responsabilité à des personnes qui ne savent déjà pas gérer leur propre vie...

    « Cette parole est certaine: Si quelqu'un aspire à la charge d'évêque, il désire une oeuvre excellente. Il faut donc que l'évêque (le sur-veillant) soit irréprochable, mari d'une seul femme, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l'enseignement.  Il faut qu'il ne soit ni adonné au vin, ni violent, mais indulgent, pacifique, désintéressé. Il faut qu'il dirige bien sa propre maison, et qu'il tienne ses enfants dans la soumission et dans une parfaite honnêteté; car si quelqu'un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l'Église de Dieu? Il ne faut pas qu'il soit un nouveau converti, de peur qu'enflé d'orgueil il ne tombe sous le jugement du diable. Il faut aussi qu'il reçoive un bon témoignage de ceux du dehors, afin de ne pas tomber dans l'opprobre et dans les pièges du diable. » (1 Tim. 3 : 1-7.)

    Bon, là encore on peut regretter que Second traduise « épiscopat » (« sur-veillance ») par « charge d’évêque ». « Charge » n'est pas dans le grec mais nous montre que Second concevait malheureusement la surveillance comme une « charge », un poste à acquérir. Dans les usages de la vieille France catholique une « charge d’évêque » était effectivement une fonction rémunérée qui pouvait s'acheter et qui donnait droit à des revenus conséquents (territoire, dîme, servage, corvée, ect...).
    (.../... )

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  4. (fin)
    Selon ce que dit Paul dans sa lettre à Timothée la fonction de surveillance est « une belle action ». Ne la dénigrons donc pas, mais gardons là dans le cadre qu'elle avait dans l'église néotestamentaire. C'est à dire une fonction d'autorité conjointe déléguée à ceux qui habitaient sur place et exercée à plusieurs dans le cadre de l'assemblée locale. Dans une assemblée conforme au modèle biblique, il n'y a pas de surveillants « parachuté » par une organisation, ni qui contrôlant de loin, mais des frères de la ville, plus matures et équipés des dons nécessaires pour amener à l'état adulte ceux dont ils ont la charge.

    Il reste à préciser que le lecture du grec nous apprend qu'il y avait également (ce que les traducteurs ont soigneusement camouflé) des « anciennes » et des femmes « apôtres » dans certaines assemblées. Mais j'ai bien peur que ce que je viens de dire ne fasse se réveiller les misogynes de service. Vous savez, ceux qui ne sur-veillent pas les brebis pour les amener à la maturité, mais qui se contentent de surveiller l'application des dogmes et des règlements dans le système auquel ils sont enchaînés !

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  5. Bonsoir Jean-luc,

    selon ta vision des choses, il y aurait donc 2 groupes bien distincts, avec une hiérarchie , un petit groupe étant au-dessus de l’autre.
    Le premier dirigeant et possédant l’autorité, l’autre groupe obéissant lui étant soumis.

    Le premier groupe dont font partie’’ les anciens ‘’, ce sont ceux qui ont une autorité de ministère au-dessus de l’autre groupe. Ils sont plus matures que les autres et équipés des charismes de direction, ils sont au-dessus des autres de par leur fonction et ils dirigent et surveillent les en-dessous .

    Les pas matures, ceux-là sont en-dessous, dans la soumission et l’obéissance des quelques uns qui font partie du premier groupe de direction.

    Le groupe de direction représente l'autorité recevant de Dieu et se faisant son porte parole.

    Est-ce bien ce que tu veux dire Jean-Luc ?

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  6. Bonjour Carole,

    Où ai-je dit qu'il y aurait deux classes dans l'assemblé ? J'ai simplement fait remarquer que l’Écriture nous montre qu'il y a des « sur-veillants » établis de façon collégiale pour garder le troupeau. C'est une réalité incontournable qu'il nous faut bien admettre, même si elle a tendance à mettre le doigt sur certaines blessures pas encore cicatrisées subies sous des autorités abusives dans notre histoire personnelle. Pour éviter justement que l'on puisse imaginer que ces « épiscopos » soient une classe à part, j'ai même donné l'exemple du grand frère chargé de surveiller le petit frère ou la petite sœur dans des circonstances précises. Il s'agit d'une autorité déléguée, qui s'exerce dans un cadre délimité, pour contribuer à la croissance et l'édification de l'ensemble. Un des développement les plus parlant de cette réalité (qui écarte complètement l'idée d'égalitarisme) se trouve dans Éphésiens 4 : 7 à 16.

    Sous un autre fil, Hervé parlait avec justesse d'une « autorité croisée » liée aux dons que chacun a reçu. Mais je continues à constater que l’Écriture n'encourage jamais à refuser le principe des autorités mises en place dans le monde ou dans l'Assemblée. C'est Pharaon (une autorité abusive) qui donne l'ordre de sortie d’Égypte, C'est aussi Cyrus qui ouvre la porte du retour au peuple de Dieu qui est en captivité à Babylone. Et il n'y a aucun « kapo » qui empêcherait la sortie dans la vision de Ove Falg, ni dans Jean 10 qui nous parle pourtant de la même chose. C'est Dieu qui institue Moïse comme chef du peuple et qui va lui faire mettre en place toute une délégation d'autorités. Depuis les 70 « anciens » jusqu'aux « chefs de dizaine »...

    En fait, dans mes réponses ci-dessus je n'ai abordé que LE PRINCIPE structurel de l'autorité dans l’Église, qui était mis en cause par Viola. Mais on pourrait éventuellement aborder aussi LA MANIÈRE dont l'autorité est exercée dans l'Assemblée pour approfondir la question. Cependant, on ne doit jamais oublier que l’Écriture ne nous enseigne pas à contester le principe de la supériorité des autorités, « car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu.  » (Rom. 13 : 1.), mais il y a une énorme différence entre être soumis et obéir à des ordres injustes.

    Même si les prophètes ont parfois dénoncé les autorités établies sans l'ordre de Dieu (Osée 9 : 4.), nous pouvons cependant observer qu'ils n'ont pas contesté les autorités elles-mêmes, mais seulement leurs actes lorsqu'ils étaient réprouvables. Le Christ Lui-Même nous en faisait la démonstration lorsqu'il dira au représentant de la puissance occupante (Pilate) : « Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'En Haut. » (Jean 19 : 11.). Un pouvoir abusif qu'il ne conteste pas mais qui va pourtant l'envoyer à la croix... comme les autorités religieuses qui l'avaient envoyées vers Pilate pour le faire mourir et qui accomplissaient ainsi (sans le savoir) les prophéties le concernant (Actes 13 : 27-29.).
    [.../... )

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  7. (.../... )
    Je ne pense pas qu'on puisse être libéré des traumatismes subis par des abus d'autorités, sans remettre à sa juste place notre regard sur la façon dont Dieu a institué le principe d'autorité dans le monde et dans l'Assemblée. La guérison pour être durable ne pourra passer que par un « renouvellement de notre compréhension » à ce sujet (Rom. 12 : 2.), Car il n'y a pas que nos traumatismes que Dieu veut guérir, mais aussi leurs conséquences. C'est à dire la façon dont nous y avons réagis, mais également les schémas de pensée excessifs que nous avons adopté en nous imaginant ainsi éviter d'autres expériences douloureuses. Le Père nous apprend ainsi qu'Il était à l'oeuvre dans notre passé pour nous permettre d'arriver jusqu'au moment de notre rencontre avec Lui et la grâce manifestée en son Fils Jésus-Christ. Nous découvrons alors que notre passé a préparé notre présent et fondé notre avenir en Lui...

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  8. Moi voici comment je vois ça :
    Dans l’église depuis la venue de Jésus tout le monde doit être pareil au même niveau pas une tête qui dépasse c’est comme ça que je me sens rassuré je veux pas qui en ai un qui aurait reçu plus que moi qui serais vu plus que moi qui ferait plus que moi sinon ça voudrait dire que je suis moins ; et je sais que dieu veut pas que je me sente moins que les autres ; donc meme si la bible dit autre, pour moi pour que je sois bien dans ma foi il faut que les autres soient pas plus que moi. Nous avons tous reçu la meme chose au départ, alors pourquoi seraient à un niveau différent de moi
    Je dis pas ça par jalousie ni par sensation d’infériorité mais parce que dieu peut pas vouloir donner plus à l’un qu’a l’autre tout le monde est pareil et dans son corps qui est l’église c’est la même chose voici comment je vois ça.les histoires de gardiens de troupeau ou surveillant ou d’anciens je n’y ai jamais cru je pense que c’est mauvaise traduction chacun est sous la direction de l’esprit donc chacun peut agir librement dans le corps sans demander avis aux autres et je ne vois pas pourquoi dieu me demandrait de me soumettre à quelqu’un d’autre que lui. Même avec ma femme elle se soumet pas à moi je lui demande pas ça et pareil je me soumets pas à elle ; quand je veux faire quelque chose je le fais idem pour elle. En meme temps c’est vrai qu’il y a des fois et souvent on fait pas toujours des choses ensemble parce qu’on n’est pas d’accord de faire en meme temps mais au moins chacun trouve son compte et personne n’est ennuyé. Pour nos enfants c’est pareil Dieu s’occupe lui-même de les éduquer et ça se passe bien parce que nous sommes tous directement soumis à dieu et c’est comme ça que je vois l’église comme ma famille. Tous sur la meme ligne au meme niveau et seul dieu au dessus pas une pyramide mais une ligne, un seul chef dieu et les enfants sont des frères et sœurs qui sont comme nous et nous sommes pas au dessus d’eux d’ailleurs ils nous disaient ça souvent quand on essayait de les reprendre ils disaient que c’est pas à nous de faire mais à Dieu car c’est à lui qu’on est tous soumis et que nous les parents on n’était pas plus qu’eux mais comme eux.
    Alors vous comprenez quand je lis autorité des hommes dans l’église je dis que vous l’avez pas lu votre bible, la soumission oui c’était avant avec moïse mais Jésus a cassé tout ça.

    Jean-paul M

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  9. Bonjour à tous,

    Finalement Jean-Paul, ta vision, ta tendance ne s'écarte pas tellement de ce qu'écrivent Frank Viola et Jean-Luc puisqu'il est question, d'une façon ou d'une autre, de consensus général, de rapports de confiance mutuelle dans l'église pour qu'elle croisse. De ces rapports qui garantissent et témoignent de la présence du Saint Esprit car autrement c'est la hiérarchie qui commande et contrôle. La première est d'en-haut, l'autre d'en-bas, la dernière copiant très mal la première.

    Je ne crois pas que Jésus est tout cassé, je pense plutôt que les loups sont entrés dans la bergerie.

    Fraternellement

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  10. Merci à "Eglise de maison" pour la traduction du texte de Frank Viola et Merci Jean-Luc pour cette étude et la préparation de la suivante qui semble nous réserver des surprises. Puisse le Seigneur t'inspirer dans l'amour fraternel.
    Fraternellement

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  11. pour répondre à ton premier commantaire je dis oui c'est vrai qu'il faut faire attention et éviter de laisser pénétrer la hiérarchie dans l'église.
    Avec ma femme les psy nous ont dit surtout pas de hiérarchie à la maison ça casse les enfants dans la croissance de leur personnalité. C'est pour ça qu'on a décidé de pas trop agir dans leur éducation on prie et Dieu fait. Le premier a des amis qui prennent de la drogue, on veut pas avoir peur, alors on fait confiance parce qu'on croit que Dieu voit et veille mais on dit rien du tout il faut que les gosses apprennent par eux memes avec l'aide de Dieu. Il doit faire des dents tout seul comme ma femme et moi et s'il touche à la came on va pas le sermonner, si Dieu permet qu'il touche je pense qu'après ça il grandira plus fort.
    Le psy nous a bien fait comprendre que si les parents interdisent les enfants grandissent pas ou deviennent dépendants sans savoir prendre des initiatives ou se sentent rejetés dans leur personne; on ne doit pas non plus les reprendre ni leur dire ce qu'ils devraient ou pas faire.
    Je peux vous dire que tout ça m'apprend beaucoup sur l'église et la grâce de Dieu qui veut qu'on dépende de lui directement et pas des autres pour grandir.
    Je crois que l'église est libre quand chacun est libre de faire et dire ce qu'il veut. Je dis pas qu'il faut écouter les psy tout le temps mais ils ont beaucoup à nous apprendre je lis beaucoup Françoise Dolto.
    je dis toujours que Jésus est ma seule couverture, d'ailleurs lui même a donné l'exemple il n'a pas de couverture au dessus de lui il est égale au père qui n'est pas au dessus de lui.
    Si Jésus est à la droite du père c'est que tous les 2 sont sur la même ligne, comme moi et ma famille et non pas l'un au dessus de l'autre pas de hiérarchie entre eux.
    Le père n'est pas plus que lui ils sont tous les deux pareils avec les mêmes droits les mêmes rôles comme chacun de nous dans l'église; oui c'est ça le père et lui sont l'exemple de ce que nous sommes tous. sur la terre quand il y était jésus était soumis au père. Mais au ciel il ne l'est pas c'est pourquoi nous n'avons pas à prier le père mais jésus directement parce que c'est lui le chef suprême.

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  12. Bonjour Jean-Paul,

    Jean-Paul, tu es d'accord avec moi mais pas comme je l'entends. Je m'explique : tu dis qu'il faut faire attention et éviter de laisser pénétrer la hiérarchie dans l'église, alors que je dis que la hiérarchie est déjà dans l'église depuis longtemps puisque c'est elle qui commande et contrôle.

    Il n'y a pas que toi qui a mal lu…

    Je croyais t'avoir bien lu et relu au départ avec ton premier commentaire mais je m'aperçois maintenant qu'un détail m'a échappé en le relisant de nouveau. Ton deuxième commentaire maintenant est tellement surprenant que je vais essayer de faire attention à ce que je t'écris.

    Je récapitule : tu envisages la liberté sous un minimum de contrainte même au sein d'une assemblée où personne n'a à te dire quoique ce soit. Bon, à la limite pourquoi pas si c'est en attendant que tu te rendes comptes que tôt ou tard tu auras besoin de l'autre pour comprendre, du coup, qu'il est ton frère ou ta soeur et pas ton chef.

    Le détail maintenant. Le détail c'est les enfants. Tu dis que ce sont tes enfants qui vous disent que c'est à Dieu de les éduquer et pas à vous, les parents, puisque finalement on est Lui est tous soumis... Jean-Paul, ça semble un bon argument mais ce n'est pas ce qu'il est dit dans Ephésiens chapitre 6 verset 4 : "Et vous, pères, n'irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur". Voilà un exemple où, au nom de la liberté et de l'amour, ton rôle de père peut s'exprimer et tes enfants le comprendront sans peine.

    Les choses se précisent dans ton deuxième commentaire : je peux comprendre que la foi vous permette avec les enfants d'être dans une confiance totale et puis je lis ensuite que vous vous adressez à une tiers personne pour vous dire comment vivre ensemble. C'est drôlement étonnant !

    Ce que dit cette personne est dit selon une façon de voir l'Homme qui n'est pas la façon dont le Créateur Le voit. De plus, son message vous impressionne tellement qu'ils vous en apprend beaucoup sur l'église. en fait, elle est devenue plus importante que ce qu'enseigne l'apôtre Paul aux églises.

    Je veux bien croire que les psy ont des choses à nous apprendre mais les psy ne voit qu'une partie et mettent de côté tout l'aspect essentiel de l'Homme qu'ils ne peuvent expliquer, décrire, comprendre : sa spiritualité, la tienne, la votre.

    Fraternellement

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  13. Bonsoir Jean-Paul,

    Ce que ne comprennent pas la plupart de ceux qui voudraient éliminer les autorités dans les assemblées, c'est quelles seront remplacées très rapidement, car la chair a horreur du vide et ne perdra pas de temps pour en mettre d'autres en place. Le célèbre « il est interdit d'interdire » de Mai '68 était la démonstration que la chair -contrairement à l'Esprit- veut absolument contraindre les autres à « faire le bien » (selon son point de vue, évidemment). En fait, la plupart de ceux qui veulent supprimer les autorités seront les premiers à prendre leur place pour combler ce vide... il y en a toujours qui manoeuvrent contre la notions d'autorité dans le seul but de devenir « calife à la place du calife ».

    Donc si je te comprends bien, d'après toi pas une tête ne devrait dépasser dans les enfants de Dieu. Il me semble que tu vas devoir réviser ta position parce que je lis dans la Bible que dans la parabole des talents (Mat. 25 : 14-30.) le Maître de maison a donné des sommes différentes à ses serviteurs (5 ; 2 ; 1 talents, « à chacun selon sa capacité »). apparemment le Seigneur est moins égalitariste que toi et fait une distinction de capacité entre ses serviteurs !

    Et celui qui n'avait pas fait fructifier la petite somme qui lui avait été confiée a même été jeté dehors pendant que son talent lui était enlevé pour être donné à celui qui en avait le plus ! Le Dieu de la Bible ne ressemble absolument pas à la divinité égalitariste dont tu nous parles ici...

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  14. Bonjour Franck
    oui je vois l'église comme je vis dans ma famille, d'ailleurs je crois même que l'église est comme une famille.
    bien sûr les psy ne voient qu'une partie et je ne leur fais pas confiance pour tout mais ils ont parfois de bons conseils surtout les livres de dolto.
    Tu comprends peut être pas bien mon point de vue mais les enfants je les considère comme nos frères et soeurs à ma femme et moi et nous sommes pour eux que des parents biologique mais entre nous il n'y a pas de parents on est une ligne. Comme dans la bible parmi les chrétiens il n'y a pas de parents ni jeunes ni petits enfants c'est pourquoi tout ce que dit ici sur les anciens je crois que c'est mal compris parce que mauvaise traduction.
    de la même façon que je n'ai pas le droit de reprendre mes enfants sous prétexte que je suis leur parents je crois que on ne doit pas reprendre certains dans l'église dieu le fera lui même c'est lui seul qui doit nous enseigner c'est lui l'onction; j'avais dit ça sur un autre blog et on m'a balancé un soi disant verset mais mal traduit qui va dans le sens de ce que tu dit sur l'obéissance des enfants aux parents; il disait obéissez à vos conducteurs ou quelque chose comme ça mais toutes ces traductions c'est une astuce de brigadiers pour tenir les gens. Dieu lui même ne dit pas ça c'est jésus le seul conducteur dans l'église sinon il aurait dit le contraire

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  15. j'avais pas fini avec toi Frank,
    selon toi j'aurais besoin de l'autre pour comprendre qu'il est mon frère et ma soeur et non mon chef?
    je crois pas parce que j'ai jamais pensé qu'il devait y avoir un chef dans la famille c'est pourquoi je le pense pas pour l'église comme je t'ai dit que je vois l'église comme je vis ma famille.
    je ne me verrais pas comme un chef pour ma femme ni pour les gosses, et c'est pour ça que jésus qui est notre exemple n'a pas de chef au dessus de lui comme je te disais. dans ma famille nous sommes tous à la fois chef. mais si tu m'as bien lu tu verras que je dis que parfois nous ne faisons pas les mêmes choses ensemble parce qu'on n'est pas d'accord en même temps et c'est le seul bémol mais ça ne dérange personne je te dis, du moment que chacun peut être libre de faire ce qu'il veut.
    Pourquoi en cas de désaccord on ferait ce que dit un seul d'entre nous alors que les autres entendent Dieu pareillement?

    j'ai pas besoin de l'autre pour comprendre quoi que ce soit j'ai déjà dit que dieu seul m'enseigne et je préviens tout le monde c'est pas la peine de me faire changer d'avis. si dieu voit que je me trompe il sait me le dire et tant qu'il me le dit pas je vais pas faire comme le prophète de béthel parce que rien ne me prouve que l'autre qui veut me faire changer d'avis entend dieu mieux que moi.
    mais je connais aussi les techniques de gredin dans les églises oui je suis au courant. les gens pensent toujours que c'est eux qui ont raison et veulent imposer aux autres sous prétexte de leur apprendre la vérité et ne pas laisser dans l'erreur ou la séduction oui je connais la chanson mais elle est mauvaise.

    moi je crois pas tout ce qu'on me dit sauf si jésus lui même me confirme c'est lui le seul chef et c'est le saint esprit le seul enseignant et si quelqu'un se croit enseignant c'est que moi aussi je suis enseignant parce que on est tous pareil sur une ligne et pas l'un plus que l'autre
    alors oui mes enfants peuvent aussi me dire que c'est pas à moi de les éduquer comme je peux le dire à n'importe quel chrétien qui prétend me remettre sur le droit chemin

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  16. pour te répondre Jean luc b,

    Ce que ne comprennent pas la plupart de ceux qui voudraient éliminer les autorités dans les assemblées

    je crois que simplement les vrais assemblés n'ont pas d'autorité humaine visible pour diriger c'est l'esprit de dieu qui gère tout tout seul et comme ça il n'y a pas un au dessus des autres pour les guider comme s'ils étaient des bébés ou des robots aveugles qui ont besoin de recevoir des ordres.

    Et les évangéliques doivent évoluer dans leur mentalité , car dès qu'on vous parle de dolto vous répondez toujours mai 68 mai 68
    je vais pas continuer ce dialogue de sourd vous m'apportez rien bien que ça m'a fait plaisir d'échanger

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  17. Bonjour Jean-Paul,

    Si, si, j'avais bien compris que tous dans la famille, petits et grands, vous vous considérez comme des frères et soeurs et j'entends bien que tu ne changeras rien à votre façon de vivre, ni pour comprendre quoi que ce soit de l'autre comme tu le dis. Seul Dieu t'enseigne, d'accord.

    Seulement crois-moi à ton tour, le temps que j'aurais passé avec toi ici n'était sûrement pas pour te convaincre mais pour te répondre simplement.

    Je découvre maintenant la fin de ton commentaire à Jean-Luc…

    Fraternellement

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  18. Je découvre maintenant la fin de ton commentaire à Jean-Luc…

    l'ami ne prend pas mal quand je dis que je vais pas continuer ce dialogue de sourd ou que vous m'avez rien appris, c'est une constatation
    un dialogue de sourd parce que je ne vous rejoindrai pas sauf peut être viola quand il dit que l'église est comme une famille en sous entendant qu'il n'est pas question de chef
    et vous ne me rejoindrez pas non plus je l'ai déjà vu ailleurs.
    et deuxièmement vous m'apportez rien non plus car j'ai déjà entendu tout ça ailleurs;
    mais faut rien prendre mal parce que j'ai dit aussi que ça m'a fait plaisir de partager, j'ai pu librement dire ce que j'avais à dire comment je vois les choses.
    ailleurs j'ai essayé et on m'a vite fait comprendre que j'avais tort et que ma vision n'était pas bonne mais j'étais venu ici parce que viola dit que l'église est comme une famille sans chef particulier au dessus puisque chacun peut être chef, mais ça je le savais et je suis d'accord avec lui
    la vraie fraternité est de laisser chacun dire comment il perçoit les choses sans le juger sans chercher à contester ou réfuter sa vision car on a tous l'esprit pas plus l'un que l'autre
    l'essentiel est la liberté de s'exprimer

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  19. Bonjour Jean-Luc et tous,

    Ce que Hervé a reçu au sujet de la soumission croisée ou de l’autorité croisée est édifiante en effet, nous sommes donc d’accord sur ce point.
    Maintenant peut-être que la compréhension de chacun peut différer suivant là où il se trouve et/ou son expérience.

    Evidemment qu’il est attendu que les enfants se soumettent à l’autorité de leurs parents, que l’épouse soit soumise à son époux , que les moins expérimentés se soumettent aux ‘gardiens’ institués par Dieu pour protéger et affermir le troupeau.
    Que les gardiens institués par Dieu se soumettent les uns les autres selon les dons de chacun.

    Sachant aussi que le fruit peut être opposé si la soumission s’effectue par peur ou par amour.

    Maintenant cette soumission et cette autorité agit-elle toujours que dans un seul sens au travers des même personnes, d'un même groupe ?

    Arrive-t’il qu’un ‘gardien institué par Dieu’ se soumette à ce que dit et fait un frère pas encore très mature ?
    Arrive-t’il que l’époux se soumette à ce que dit et fait son épouse ?
    Arrive-t’il qu’une mère se soumette à ce que dit et fait son enfant ?
    La voix de Dieu que les plus matures ont appris à reconnaître, n'agit-elle qu'au travers de quelques personnes ou de toutes ?

    Pour résumer, une personne ou un groupe de personnes se soumettent-ils qu’à une, à plusieurs personnes ou à toutes ?

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  20. Bonjour Carole,

    Je prends acte que tu reconnais maintenant que le principe de soumission est une réalité structurelle de la vie chrétienne. Mais pourquoi vouloir absolument chercher des exceptions théoriques au lieu de simplement pratiquer la Parole ? Lorsque l'apôtre Paul dans les chapitres 5 et 6 de l'épître aux Éphésiens nous parle de soumission « les uns aux autres » il développe sa pensée en montrant bien que cette soumission n'est pas égalitariste, mais est à comprendre dans un ordre hiérarchique. Il ne s'agit pas d'une soumission croisée fantasmatique qui ne tiendrait pas compte des réalités de terrain. Dans la pensée de Paul, les « uns » (femmes enfants, esclaves) se soumettant aux « autres » (maris, parents, maîtres), il n'est évidemment pas question que des parents se soumettent à leurs enfants, ni des maîtres à leurs esclaves, ni qu'un ignorant vienne prétendre enseigner dans l'assemblée. Nous avons vu les nombreuses affirmations non scripturaire que Jean-Paul M est venu apporter ici et il est évident qu'un serviteur de la Parole n'avait à se soumettre à lui, ni à ses idées.

    Nous pouvons également remarquer que Paul ne se contente pas de parler de la soumission dans son cadre structurel, mais il aborde également LA FAÇON d'exercer l'autorité ou la soumission, par le moyen de l'amour et du respect, mais chacun à sa place. Cependant, nous sortons là du sujet abordé ici (qui était la structure non égalitariste de l'Assemblée).

    Nous retrouvons la même pensée dans l'épître aux Hébreux (remarquons le pluriel de « conducteurs » qui confirme bien qu'il n'y avait pas un berger unique à la tête de l'assemblée :

    « Obéissez à vos conducteurs et soyez-leur soumis ; car ce sont eux qui veillent pour vos âmes, comme devant en rendre compte ; afin qu'ils le fassent avec joie, et non en gémissant ; car cela vous serait désavantageux  » (Heb. 13 : 17.)

    Pour ceux qui se posent des questions doctrinales à la lecture de la Bible, je voudrais vous conseiller de vous connecter sur la BibleOnline qui est mise gratuitement à votre disposition sur le site Lueur.org et de consulter les commentaires dans « la Bible annotée de Neuchâtel ». Ils sont très bien faits et évitent les mauvaises compréhension du Texte Biblique.

    Par exemple, à propos de Heb. 13 : 17 il est expliqué (je cite) :

    Ils veillent pour vos âmes, c'est à-dire au salut de vos âmes.
    Grande responsabilité des pasteurs. (Ézéchiel 33) qui doivent rendre compte des âmes
    Responsabilité non moins grande des troupeaux qui, en n'étant pas soumis (grec en ne cédant pas), peuvent entraver l'œuvre de leurs conducteurs, à leur propre désavantage spirituel !
    .

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  21. Bonjour Jean-luc et tous,

    comme on le voit fréquemment dans le monde, la soumission peut être enfermée dans un cadre rigide, de contrôle, de domination par un ou plusieurs chefs, imposée par toutes sortes de menaces ciblées qui dénigrent selon des schémas de pensées issues des systèmes du monde.

    Alors oui la soumission et la façon qu’elle est vécue peut apporter soit des fruits amers de mort, comme elle peut engendrer le respect, la bonté, la vérité, la justice, l’amour,la foi, la vie.

    Comme toi, je n’avais jamais entendu parler de la réalité des ‘exceptions théoriques’. Il a fallu que je sorte physiquement des assemblées pyramidales à structures puis que je me plante le nez ben raide dans la boue pour que Dieu vienne ensuite tout déstabiliser et mettre par terre , plaçant sous mon nez ‘Ses exceptions théoriques à Lui’ devenant du coup une réalité vivante!

    Et maintenant avec du recul, tu sais quoi ?
    Ces genres ‘d‘exceptions théoriques’ pour les uns ou autre chose pour les autres, et bien je remarque qu’elles bousculent, ne laissant pas indifférent, cela fait partie d’un tout qui fait progresser ensemble je crois, tout en nous apprenant à tous l’humilité et à nous aimer les uns les autres en nous attendant à Christ.

    C’est toute la bonté et la sagesse de Dieu qui élève et abaisse qui Il veut selon sa volonté pour que l’amour de Christ grandisse en tous, et à ce jour, en t’en parlant je remarque que je ne voudrais plus revenir en arrière.



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  22. Réalité théorique ou vivante, en tous les cas, on peut remarquer qu’il y a des frères et soeurs qui sont des modèles à suivre, amenant la motivation de les imiter, d’imiter leur foi, imposant le respect de tous.
    Pourquoi ?
    Par leur manière d’être !

    non seulement par leur maturité spirituelle mais pour leur grande humilité, leur justice, leur bonté, leur dévouement sincère même lorsqu‘ils ne sont pas vus, toujours prêts à se donner, à servir sans faire de favoritisme, la gloire ne les intéressant pas, s’abaissant pour élever l’autre, y compris le faible, y compris le petit qui est encore à la mamelle, l’élevant, l’encourageant lorsqu’ils le discernent devant Dieu, lui apprenant à servir à son tour.
    modèles de soumission...

    gardiens donnés qui servent au milieu de tous avec humilité,
    serviteurs soumis à Christ et aux autres à qui Dieu donne le discernement spirituel mature juste et aimant,
    les plaçant pour la protection et l’édification du Corps !


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  23. c’est ainsi que de même
    les soumis,
    les serviteurs humbles et obéissants,
    sont des modèles et des exemples à suivre pour
    ... les ‘maîtres’...

    tel que mentionné aussi dans Éphésiens 6

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  24. — Jean-Luc, tu dis :
    >... ""Ce que ne comprennent pas la plupart de ceux qui voudraient éliminer les autorités dans les assemblées, c'est quelles seront remplacées très rapidement, car la chair a horreur du vide et ne perdra pas de temps pour en mettre d'autres en place.""
    — Tu sembles donc oublier que, pour un disciple de Christ, la chair est MORTE !? Alors, c'est évidnet que la CHAIR NON CRUCIFIÉE mettra en place des autorités abusives, qui ne sont tout simplement pas à leur place dans l'Église de Christ !
    — Donc, il faut :
    Galates 5, 24 : «Or ceux qui sont de Christ, ont crucifié la chair avec ses affections et ses convoitises.»
    — On pourrait donc légitimement douter de l'appartenance à Christ de ceux qui mettent en place des autorités abusives dans l'Église de Christ, non !?...
    — Au fait... pourquoi Paul, apôtre éminent, a-t-il dit :
    Romains 12, 5 : «Ainsi nous qui sommes plusieurs, sommes un seul corps en Christ; et chacun réciproquement les membres l’un de l’autre.» (ça va dans n'importe quel sens !)
    , et que, dans de nombreux passages bibliques, il appelle les disciples "Frères" !?...
    — Alors, commençons par le commencement : si Christ nous a appelés à la repentance et nous a fait naître de nouveau, ça ne vient pas de nous : c'est le don de Dieu ! Et Il est Souverain là-dessus :
    Romains 9, 22-24 : «Et qu’est-ce, si Dieu en voulant montrer sa colère, et donner à connaître sa puissance, a toléré avec une grande patience les vaisseaux de colère, préparés pour la perdition? Et afin de donner à connaître les richesses de sa gloire dans les vaisseaux de miséricorde, qu’il a préparés pour la gloire; Et qu’il a appelés, c’est-à-savoir nous, non seulement d’entre les Juifs, mais aussi d’entre les Gentils.»
    — Ne cherchons pas à "posséder Christ" : c'est Lui qui nous a et non le contraire !
    — À méditer...

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