jeudi 27 février 2014

(2) Comme des Renards au milieu des ruines

2) Élever un mur


Dieu cherche des prophètes qui vont édifier un mur afin que le peuple soit protégé et gardé de la dévastation. Dieu détruira les murs couverts de badigeon, c’est une destruction salutaire afin de laisser à son peuple l’opportunité d’édifier à la place quelque chose qui tienne dans les temps difficiles qui vont venir.


Justice ou vengeance/ miséricorde ou Jugement


Élever un mur afin que la destruction ne vienne pas sur celui qui se laissera avertir et ajuster, tel est l’appel du Seigneur au Prophète. C’est ce que Dieu attend de celui qu’il suscite comme sentinelle. Le Prophète ne va pas forcément arrêter le jugement en forçant la main à Dieu dans l’intercession comme certains enseignements le laissent à penser. Son rôle sera plutôt d’édifier une fortification, d’élever un mur afin de protéger de la ruine totale au jour de la manifestation de ce jugement. 


Quand vous pensez que Dieu va (ou doit) faire tomber son jugement sur ceux qui s’opposent à vous (ou même plus largement aux enfants de Dieu), vous n’êtes pas dans Sa pensée, vous êtes dans des pensées de vengeance humaine et non pas de justice divine. Et souvent à l’appui de ce genre de pensées on évoquera le verset qui dit que celui qui s’attaque à nous s’attaque à Dieu Lui-même. Et on se fourvoie dans une attente de la vengeance/châtiment de Dieu sur ces personnes. Mais avec de telles pensées nous sommes souvent loin du compte. Le jugement ou la colère de Dieu n’ont rien à voir avec la vengeance des hommes. En manifestant Son jugement ou plus tard sa colère, Dieu ne fait qu’établir Sa justice, cependant que dans l’esprit de l’homme naturel l’idée de jugement est étroitement liée à celle de vengeance. Mais dans la pensée de Dieu il n’en est pas ainsi. C’est pourquoi là où la colère de Dieu contribue à l’établissement de Sa justice, la vengeance des hommes n’accomplira jamais la justice de Dieu comme nous le dit l’apôtre (Jacques 1/ 20). 

Si Dieu devait se venger de ceux qui agissent mal selon l’idée que l’homme naturel se fait de la vengeance, un bon nombre de chrétiens auraient été détruits sans possibilité de parvenir au salut ; car nous étions nous aussi des enfants de colère avant que Dieu nous fasse connaître Sa lumière. Lorsque vous désirez que la main de Dieu frappe celui qui vous fait du tort, lorsque vous pensez que la justice divine serait que cette personne souffre comme elle a fait souffrir, vous n’appelez rien d’autre que davantage de ténèbres sur sa vie  alors que notre appel est de permettre à la lumière de Dieu de se lever sur.les méchants afin qu’ils soient mus non plus par les ténèbres mais par la lumière C’est la lumière qui chasse les ténèbres ; et c’est par des cordages d’amour et des liens d’humanité que Dieu fait sortir les hommes du joug du prince des ténèbres pour les attirer à Lui. Il faut admettre que nous vivons mieux lorsque les gens autour de nous baignent dans la lumière et non dans les ténèbres. Vous aurez beau combattre tous les démons qui poussent une personne à mal agir, si vous ne priez pas positivement pour la bénir par votre lumière, il y a de fortes chances qu’elle continue à être méchante et que vous en subissiez les conséquences. Mais l’homme naturel est davantage disposé à la vengeance qu’à la miséricorde à moins que l’Esprit de Dieu ne conduise totalement ses pensées et ne dispose son cœur au bien.


On peut regretter que beaucoup de prières ne soient souvent que des imprécations d’autoprotection et de véritables malédictions envoyées aux méchants. Ainsi en est –il de certains Psaumes d’imprécations dans la Bible, et qui à ce titre ne sont pas des modèles de prières à formuler. Pourtant certains les utilisent dans ce but. Alors il s’agit de malédictions formulées (consciemment ou non) en contradiction avec la recommandation du Seigneur en Matthieu 6/ 12. Demander que Dieu frappe ceux qui nous font du tort est dans la logique naturelle de l’homme naturel, c’est la justice issue de la loi du vieil homme : « œil pour œil dent pour dent ». Cet homme naturel (ou vieil homme) marche selon la vaine manière de vivre héritée du passé. Mais l’homme nouveau marche selon une autre dynamique parce qu’il est censé avoir un autre moteur. Toutes les fois que nous désirons que la vengeance de Dieu frappe nos ennemis, nous marchons selon l’homme naturel. Paul dit en Romains 12 (parlant du culte raisonnable qui est d’offrir son corps comme un sacrifice vivant saint et agréable à Dieu), il dit : « Ne rendez à personne le mal pour le mal…ne vous vengez point vous-même mais laissez agir la colère. Car il est écrit : à moi la vengeance, à moi la rétribution dit le Seigneur. Si ton ennemi a faim donne- lui à manger, s’il a soif donne-lui à boire ; car en agissant ainsi ce sont des charbons ardents que tu amasseras sur sa tête. Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien ». Ce qui est dit là est une folie pour l’homme naturel et je dois admettre pour ma part que ma chair ne raisonne pas ainsi. Cependant, c’est la tendance naturelle de ma nouvelle nature qui est spirituelle: pour elle ce n’est pas chose difficile, et c’est en raison de cela que Jean dira que les commandements de Dieu ne sont pas pénibles. Mais cela n’est valable que dans une logique de marche par l’Esprit de Dieu mue par non plus par la loi du vieil homme mais par celle de l’Esprit de vie. On notera que ce verset de Romains précise que la vengeance et la rétribution appartiennent à Dieu et non pas à nous.


Malheureusement on l’interprète trop souvent dans le sens que Dieu nous vengera en faisant payer à nos ennemis ce qu’ils nous ont fait (c’est ici l’idée de la rétribution : payer en retour). Mais c’est une erreur d’interprétation car Dieu est un Dieu de miséricorde et de justice qui désire faire grâce aux pécheurs afin de les amener à son admirable lumière et leur révéler son amour. Ce que dit Paul aux Romains est en étroite conformité avec ce qu’annonçait le Seigneur Jésus durant son ministère terrestre. L’étalon de justice de celui qui marche en nouveauté de vie est la Loi du Royaume (appelée la loi royale) et non pas la loi du talion. Quant à la vengeance et la rétribution elles sont réservées pour le Jour du jugement de l’Éternel quand chacun devra rendre des comptes lorsque la coupe aura été comble. Mais en attendant ce jour là, les choses peuvent changer et le niveau peut évoluer en faveur des méchants comme l’indique Ézéchiel au chapitre 18 ; durant tout le temps de Sa grâce Dieu permettra au méchant de revenir de sa méchanceté afin d’être gardé du feu de la destruction finale. Et c’est aussi là que le ministère du Prophète est essentiel : il avertit le méchant du jugement à venir, mais lui fait aussi connaître le moyen d’éviter les conséquences désastreuses de ce jugement. Mais si le méchant revient de sa méchanceté, il ne mourra pas mais vivra.


Notre conception du jugement divin est faussée ; elle provient souvent d’une méconnaissance du cœur de Dieu, de sa miséricorde et sa justice. Dieu est un juste juge qui ne médite pas la destruction sur la vie des hommes qu’Il a créés; son plan pour l’homme est le salut et la paix en étant réconcilié avec Lui. Et tout ce qu’Il fera durant le temps de sa grâce, le sera dans cette perspective, pour éviter la perte du grand nombre le Jour du jugement devant le trône éternel (Jean 3/16). En attendant de Jour, les hommes sont touchés par des jugements de grâce : le malheur frappera souvent justes ou injustes. Pour plusieurs raisons que je ne vais pas évoquer ici car ce n’est pas le propos, Dieu le « permettra » parfois en retirant sa main momentanément (Lamentations de Jérémie 2/3 : « Il s’est retenu d’intervenir quand l’ennemi est arrivé »). Si la main de Dieu n’était étendue en faveur des hommes, la terre ne serait que dévastation. Le monde est au pouvoir du malin c’est lui le prince de ce monde ; et si la dévastation n’a pas libre court c’est uniquement parce qu’elle est retenue par la main de Dieu qui permet aux bons comme aux méchants de vivre et prospérer sur la terre malgré les effets du péché sur la création, sinon les ténèbres et l’iniquité envahiraient tout. Plusieurs passages dans la bible corroborent cela : nous avons la mention dans Thessaloniciens concernant le mystère de l’iniquité qui agit mais est retenu ; aussi dans l’Apocalypse lorsqu’il est question des 4 anges qui retiennent les 4 vents de la terre (apocalypse 7/1). Ainsi, il y a des anges de Dieu préposés aux éléments (comme l’ange des eaux en apocalypse 16/5) afin que ceux-ci ne se déchaînent définitivement qu’au temps marqué par Dieu.


Ceux qui pensent avoir un appel prophétique devront apprendre à connaître et comprendre le cœur de Dieu, manger sa parole de façon à s’imprégner du caractère de Dieu (les prophètes Ézéchiel et Jean, qui ont eu la vision des 4 êtres vivants et du trône de Dieu entre les Chérubins, nous apprennent que le Prophète mange le rouleau et reçoit ainsi le fardeau de Dieu dans ses entrailles pour pouvoir porter les choses qui lui sont montrées). Cela permet de bien appréhender les jugements de Dieu dans leur signification profonde à ce propos : La 7° coupe de la colère de Dieu.

L’édification de murs


En attendant l’arrivée de ce qui est appelé le jour du jugement ou Jour de l’Éternel, les jugements que nous voyons sur la terre ou dans nos vies s’articulent comme un crible de l’ennemi que Dieu utilise de toute façon à notre avantage. Et dans ce crible, alors que l’ennemi nous réclame devant le trône de Dieu (parce qu’il y a encore accès jusqu’au temps prévu où il sera précipité sur la terre), nous avons besoin de l’intercession de Celui qui est sur le trône, celui qui a dit à Pierre : «  Pierre, Satan vous a réclamés pour vous cribler comme du froment, mais j’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas ». Alors que nous sommes éprouvés, Jésus ne nous abandonne pas mais il prie le Père, non pas pour nous ôter de l’épreuve mais pour que notre foi soit fortifiée dans l’épreuve, que nos murs tiennent bon. C’est dans ce but qu’il a donné des ministères à l’église (Éphésiens 4): afin que ceux-ci contribuent à l’édification du corps de sorte que ses membres ne soient pas emportés à tous vents, mais tiennent ferme sur le rocher des siècles.


Le prophète est un de ces Ministères d’édification qui contribuent à édifier les membres de l’église du Seigneur pour leur permettre de croître jusqu’à la stature parfaite de Christ. Non seulement parce que ce ministère fait partie des fondements de l’église selon Éphésiens 2/20, mais encore et surtout parce que l’édification fait partie du cœur même de son action : il édifie exhorte et console. On notera que quand on a passé cela en revue on n’a toujours pas parlé de prédictions concernant l’avenir, et c’est parce que ce n’est pas cela qui constitue son appel. Édifier, exhorter, consoler sont des actions qui renvoient au verbe consolider qui signifie affermir et fortifier. Oui le prophète est appelé à édifier une fortification qui tienne dans la tempête.


L’édification travaille à la fortification des murs de nos vies afin que nous puissions tenir ferme contre les assauts de l’adversité et ne pas y succomber à l’heure de l’épreuve. Et c’est le rôle du ministère prophétique ou de sentinelle d’élever/d’édifier ces murs afin que le peuple soit protégé dans les jours de détresse qui vont venir sur la terre. Ce rôle n’est pas simplement d’annoncer la venue de cette détresse mais de permettre à ceux qui sont menacés d’avoir les moyens d’y échapper, c’est à cela que sert un avertissement. Pour cela, la sentinelle va élever un mur de protection en faveur de ceux qui sont menacés.


Les murailles qu’édifie le Prophète consistent en la construction d’un rempart contre la ruine et la destruction : Ésaïe 26/1 « En ce jour, on chantera ce cantique dans le pays de Juda : Nous avons une ville forte ; Il nous donne le salut pour murailles et pour rempart ». Les murs sauvent (le salut) en ce qu’ils constituent le dernier rempart contre l’ennemi ; quand ils tombent la ville est ouverte et sans défense et l’ennemi est libre d’y pénétrer pour piétiner et détruire. Les murailles fortifiées de Jéricho déclarées imprenables, n’ont pu être abattues que par le déploiement de la puissance de Dieu. Lorsque le peuple de Dieu fut appelé à quitter Babylone pour revenir à Jérusalem, après avoir rétabli l’autel pour le culte, ils se sont attachés à restaurer les murs de la ville et en réparer les portes.


Les prophètes/sentinelle mandatés par le Seigneur seront comme le vigneron dont il est dit qu’il avait un figuier planté dans sa vigne et qui avait plaidé grâce en faveur de ce figuier en disant : «  Seigneur, laisse-lui encore cette année, je creuserai tout autour, j’y mettrai du fumier. Peut être à l’avenir donnera t il du fruit, sinon tu le couperas ». Autour de celui qui ne connaît pas encore le Seigneur, le mur construit par le Prophète/Sentinelle contribue à freiner les flots de l’iniquité afin de permettre le travail de la grâce de Dieu durant le temps de Sa patience qui court encore. C’est pour le figuier stérile, un temps de dernière chance avant la décision irréversible de destruction qui le menace s’il demeure stérile au regard du fruit que Dieu en attend.


Pour ce qui est de l’église corps du Christ qui pour sa part est censée être comme un figuier fertile, le travail du prophète/sentinelle consiste à édifier des murailles de protection spirituelle qui vont la fortifier et lui permettre de tenir sa position sans faillir dans les temps d’épreuve et d’affinement. L’ennemi cherche constamment à piétiner la vigne du Seigneur afin de s’emparer des trésors du peuple de Dieu, les fruits réservés au Seigneur (Cant. 2/ 13 et Cant. 7/13). Ésaïe 5/5 parle du piétinement de la vigne par l’ennemi, mais d’une façon qui laisse à penser que c’est Dieu qui abat le mur. Cependant, souvent Il se contentera de mettre à nu le mauvais mortier qui donne un semblant de consolidation. Mais s’il n’est pas restauré au temps convenable, le mur finit par tomber et se délabrer de telle sorte à ne donner aucune résistance face aux assauts de l’ennemi. C’est pourquoi le peuple de Dieu doit avoir autour de lui une muraille solide qui tienne face aux temps d’adversité et à la guerre.




Suite :         Chapitre 3 : Protéger de la guerre au jour du Seigneur

Précédent : Chapitre 1 : Se tenir sur la brèche



1 commentaire:

  1. Le problème c'est qu'à force de souffrir on devient des êtres morts ....Aussi après bien des persécutions je crois maintenant qu'il faut juste vivre sans s'occuper de ce que fait l'autre et garder son cœur plus que tout autre chose ...... la religion nous charge de toutes sortes de besoins, de règles, et de fardeaux que Jésus lui est venu nous enlever !

    J'ai beaucoup donné et en retour j'ai beaucoup souffert. Maintenant je tourne le dos à la religion et aux églises, car je sais dans mon cœur que ce n'est pas dans ces lieux que se trouve la vie ............
    La vie c'est être toujours avec lui notre Seigneur car sans lui nous sommes morts....et pour cela nous n'avons pas besoin des prêchiprêchas ....la relation est verticale et se passe d'intermédiaire !

    Être chrétien c'est être d'abord avec le Seigneur, en toutes choses, c'est tout !

    Alors stop taisez vous, laisser les âmes au Seigneur et retirez- vous..... lâchez l'épouse de l'Agneau elle ne vous appartient pas. .

    RépondreSupprimer