vendredi 7 février 2014

QUE MANQUE-T-Il DANS NOS RASSEMBLEMENTS ?

par Chip Brogden
Durant un temps je me suis retrouvé avec quelques personnes dans une église de maison qui avait adopté la philosophie du «aucun leader.» Tout le monde se réunissait une fois par semaine pour parler de ce qu'il leur était arrivé, en pensant que c'était cela être «conduit par l'Esprit.»

Après quelques semaines de ce type de réunions j'ai remarqué que « l'Esprit » semblait toujours les «pousser» à parler de sport, de vin, ou des assemblées qui «sortaient» du système. Aucune répercussion spirituelle n'en est jamais ressortie.

Tout a changé un soir où je fus en mesure de diriger la conversation vers un thème d'orientation spirituelle. J'ai pu poser quelques questions et susciter l'intérêt pour un sujet particulier. Alors, quand on me l'a demandé, j'ai ouvert ma Bible, avec prudence et à l'écoute, ignorant leurs règles non écrites de n'avoir «aucun leadership», et j'ai enseigné sans interruption pendant quarante-cinq minutes. Ils ont écouté, attentifs. Lorsque la réunion s'est terminée, quelqu'un a fait remarquer à quel point cette rencontre était bénéfique, qu'ils se sentaient comme avoir accompli un but et appris quelque chose qui nous aiderait à grandir, en comparaison des réunions précédentes où rien d'édifiant ne semblait se produire.

A-t-il semblé à quelqu'un que j'avais tout simplement exercé la direction spirituelle ? Sans les dominer, ni en les poussant vers une direction où ils n'auraient pas voulu aller, ni en utilisant un titre ou un don pour les plier à ma volonté, j'avais seulement partagé mon coeur et doucement guidé la discussion vers un but précis : que Christ puisse grandir en eux et que les gens soient amenés plus près de la maturité spirituelle.

N'importe qui aurait pu le faire. Le fait est que personne d'autre ne l'a fait, et je l'ai fait. Le fait de fournir un leadership dans cette situation ne m'a pas mis en charge. Cela n'a pas fait de moi leur pasteur. Cela ne m'a pas donné des privilèges spéciaux ou soit disant tels. C'était une simple expression de la volonté de Dieu pour Son peuple afin de faire des progrès vers le but louable de la maturité spirituelle. Et quand cela leur a été présenté de cette manière, ils ont répondu naturellement et ardemment sans même réaliser que j'avais rompu leurs règles.

Je sais que ce type de groupe n'est pas inhabituel, mais c'est la caractéristique même de nombreuses réunions et de nombreux groupes que j'ai expérimentés. Sans un but  -et sans direction pour garder les gens alignés à ce but-  ces rencontres de maison sont spirituellement aussi insatisfaisantes que les services de l'église institutionnelle dont ils aspirent se libérer.

COMMUNION FRATERNELLE OU CAMARADERIE ? 

« Deux personnes peuvent-elles marcher ensemble sans être d'accord sur leur but ? » (Amos 3 :3)

Pour marcher ensemble, nous devons être d'accord sur ce qu'est le but. Avant de discuter de quelle façon nous rencontrer, où se rencontrer, avec qui se réunir, quoi faire en cas de réunion, nous devons répondre à la question de savoir pourquoi nous voulons nous réunir tous ensemble ? Quel est le but? Quelle est la raison? Pour beaucoup, la raison est la communion. Cela sonne comme une motivation spirituelle, mais c'est en grande partie de la recherche personnelle (égoïste). Ce que nous voulons vraiment, notre besoin, notre aspiration : c'est la compagnie des autres. Nous appelons cela de la communion parce que ça sonne spirituel et non égocentrique. Mais il y a un monde de différence entre la communion fraternelle et la camaraderie.

La distinction est importante, parce que si la camaraderie est le but, il est très peu probable que la croissance spirituelle se produise. La camaraderie est souvent confondue avec la communion, et la communion est souvent confondue avec la spiritualité. C'est une notion très trompeuse. Si la simple camaraderie était le but, et la croissance spirituelle était le résultat final de la réunion, alors réunissons-nous aussi souvent que nous le pouvons: enchaînons les réunions les unes après les autres, et regardons ceux qui se réunissent le plus comme étant les plus mûrs spirituellement!

Mais dans la pratique, nous savons qu'il n'y a aucune corrélation entre le nombre de réunions auxquelles ont participé les gens et leur maturité spirituelle. Il semble plutôt que les spirituellement immatures sont ceux qui ont le plus besoin de réunions, et qui chutent le plus rapidement lorsque les réunions ne sont pas disponibles.

Les gens vont se réunir, se rencontrer, et ils vont rechercher la compagnie d'autres personnes. C'est la condition humaine, ce n'est pas une exigence spirituelle, et la réunion elle-même n'amènera rien qui ait une valeur spirituelle, à moins que nous décidions et soyons en accord les uns avec les autres, dès le début, sur la raison pour laquelle nous nous réunissons.

Pourquoi nous rencontrons-nous? Quel est le but? Quel est l'objectif? Sans définir ces choses dès le commencement, la réunion tournera en rond. Il n'en résultera aucun fruit spirituel, et la réunion elle-même sera généralement dominée par celui qui est le plus fort, ou le plus bavard, ou le plus nécessiteux.
Alors, pourquoi devrions-nous nous rassembler? Le véritable but d'une réunion devrait être de grandir spirituellement, et alors que nous grandissons spirituellement ensemble, la vraie communion spirituelle les uns les autres en sera le résultat inévitable.

SEULS LES CHRÉTIENS CHARNELS REJETTENT LA DIRECTION SPIRITUELLE 

« J'ai écrit à l ‘assemblée, mais Diotrephes qui aime avoir la prééminence parmi eux, ne nous reçoit pas. » (3 Jean 9)

Comme c'est intéressant de noter que ceux qui rejettent toutes les formes de leadership, disent également qu'il est préférable de se rassembler sans ordre du jour, sans objectif, sans plan, sans but, à part une notion générale de « communion », en espérant que l'Esprit tout simplement conduira et dirigera la réunion. Encore une fois, cela semble si noble et spirituel! Mais dans le monde réel, ces idées exaltantes tombent tout simplement.

Pourquoi? Car cela suppose que tous ceux qui se rassemblent soient «dans l'Esprit». Cela suppose que tous les participants de la réunion soient susceptibles d'être conduits par l'Esprit. En fait, bien des gens qui assistent à une réunion sont charnels. Ils ne sont malheureusement pas dans l'Esprit lorsqu'ils se réunissent, ils sont dans la chair. Ils ne sont pas spirituellement mûrs, ils sont spirituellement immatures. Ce n'est pas une déclaration de condamnation, c'est juste la réalité. Mais cette réalité doit être reconnue et acceptée avant que quiconque puisse se développer au-delà. C'est la raison pour laquelle à la fois les charnels et les spirituels doivent se réunir - pour se développer, apprendre, être encouragés, et recevoir quelque chose qui va les aider dans leur cheminement.

Mais le charnel doit coopérer avec le spirituel. Sans des gens spirituellement matures pour aider et faciliter la croissance spirituelle, le charnel reste tout simplement charnel. La réunion devient un exercice futile -l'aveugle conduisant des aveugles. Ou alors on refuse complètement d'être conduit, prétendant que « Jésus est notre chef » et ne comprenant pas que la chair est inimitié contre Dieu, et que ceux qui sont dans la chair ne peuvent être conduits par l'Esprit. 

Le charnel évite le leadership, pensant que cela va en quelque sorte le rendre plus spirituel que les croyants plus organisés. Ou bien, pensant que tout ce qui « sent » le leadership doit signifier une hiérarchie institutionnelle. Tout en rejetant à juste titre la hiérarchie, ils vont à l'extrême opposé qui est de n'avoir «aucun leader» - comme si le leadership en lui-même était mauvais. Cela reflète un manque total d'expérience de ce qu'est le véritable leadership spirituel. Cela est compréhensible, compte tenu de tous les mauvais exemples de leadership et de tous les abus de la part des chefs religieux charnels. Cependant la solution n'est pas de renier le principe de leadership, mais plutôt de comprendre ce qu'est la vraie direction spirituelle. A quoi ressemble-t-elle? Comment cela devrait-il fonctionner ?

A quoi ressemblerait le leadership spirituel, si nous pouvions en avoir tous les avantages sans les inconvénients? Et si nous pouvions accueillir ceux qui sont équipés par Dieu pour guider, faciliter, servir, aider à garder les choses sur la bonne voie en direction de la cible, et aider en cas de problème - sans être égoïste, arrogant, ou inaccessible?

Prions pour que nos yeux s'ouvrent sur ces leaders-serviteurs qui nous sont envoyés pour notre édification spirituelle. Car chaque réunion a un ordre du jour, reconnu ou non. Chaque groupe a des dirigeants, reconnus ou non. Prétendre qu'il n'y a pas d'ordre du jour ni de dirigeants est naïf. Il est de loin préférable de reconnaître la réalité, afin d'arriver à une compréhension mutuelle et un commun accord sur l’objectif et discerner qui sera responsable pour faciliter les choses et les garder sur la bonne voie. Ce n'est pas « non spirituel » que de décider à l'avance la raison pour laquelle nous sommes réunis, c'est au contraire désigner l'objectif pour lequel nous travaillons, et le résultat que nous recherchons. Soyons d'accord à ce sujet avant que nous nous réunissions. Ainsi quand nous nous rassemblerons, il n'y aura pas de questions ou de difficultés sur le but. Cela mettra automatiquement tout le monde d'accord en évitant les dérives des chemins tortueux ou l'objectif se désintégrerait en absurdité. De plus, cela filtrera automatiquement ceux qui auraient des arrière-pensées ou des objectifs différents.

Jésus aurait pu dire «faites-vous des camarades» ou «construisez des églises» ou «tenez des réunions.» Mais il a dit «faites des disciples», ce qui est d'une plus grande intensité que tout ce qu'il aurait pu dire d'autre. Les disciples de Jésus spirituellement matures ne pourront le devenir sans faire de la maturité spirituelle un objectif, et ensuite en travaillant pour que ce but soit atteint. Si nous avons cet objectif à l'esprit lorsque nous nous rencontrons, et si nous accueillons l'assistance de véritables responsables spirituels, la réunion pourra fournir quelque chose d'une valeur inestimable pour l'établissement du Royaume de Dieu et pour l'édification de chaque membre de l'Ekklesia.

Chip Brogden

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10 commentaires:

  1. — Très bon "programme" ! Seulement, je relève une groôôôosssse incohérence :
    >... ""Mais le charnel doit coopérer avec le spirituel.""
    — Quand un disciple est accompli, le charnel est MORT ! Le charnel ne coopérera JAMAIS avec le spirituel :
    Galates 5, 16-17 : «Je vous dis donc : marchez selon l’Esprit; et vous n’accomplirez point les convoitises de la chair. Car la chair convoite contre l’esprit, et l’esprit contre la chair; et ces choses sont opposées l’une à l’autre; tellement que vous ne faites point les choses que vous voudriez.»
    — La chair, le charnel, est dans ce cas un "poids mort" dont il faut vraiment se débarrasser au plus vite ! Et plus vite nous nous en débarrasserons, mieux nous pouvons marcher par l'esprit et faire la Volonté de Dieu !
    — Alors, avant de pouvoir se réunir selon l'Esprit, il vaudrait mieux que la chair de chacun soit MORTE ! Ne faisons pas dire à la Bible ce qu'elle ne dit pas !

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  2. Hervé,

    Ne comprends-tu pas que ton raisonnement risque de continuer à t'enfermer loin de la communion fraternelle ? Si nous attendions que ta chair ait disparue pour te permettre de participer à ces échanges, tu te retrouverais complètement sur la touche !

    La plupart des épitres ont été écrites à des chrétiens qui étaient encore charnels, pour les encourager à faire mourir les membres qui sont sur la terre, et donc pas pour leur raconter que leur chair était déjà morte. Cette oeuvre de sanctification prend toute une vie et pendant ce temps, le charnel et le spirituel cohabitent et cheminent ensemble, pendant que l'un se détruit et que l'autre se renouvelle de jours en jours. De la même façon que dans le désert du Sinaï le "vieil homme" incrédule,disparaissant peu-à-peu dans le désert, a cohabité avec "l'homme nouveau, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que la nouvelle génération qui prendra possession du Pays de la promesse.

    A ce propos, il est intéressant de constater que les 70 anciens qui ont reçu l'onction de Moïse faisaient partie de ce "vieil homme" qui est mort dans le désert sans pouvoir entrer dans le pays... la chair et l'esprit ont donc bien coopéré ensemble.

    A méditer !


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  3. — Qu'est-ce que j'ai dit de faux !?... Je ne fais preuve là d'aucun raisonnement ! Je ne faisais que commenter ce que tu avais publié, rien de plus !
    — De plus, il faut bien qua ma chair soit morte pour que je continue à commenter sur ton blog sans éprouver de l'amertume ni de la méfiance car je ne soupçonne pas le mal !
    — Décidément, tu n'as rien compris à ce passage biblique que j'ai donné...

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    1. Hervé,

      Allons allons, nous ne sommes pas des magnétophones ni des perroquets ! Lorsque l'on parle ou que l'on écrit, on fait forcément preuve de raisonnement dans le choix de nos mots et de nos phrases. Dire le contraire est simplement de l'aveuglement sur notre condition humaine.

      Pour te répondre plus précisément, là où ton raisonnement s'éloigne de la pensée biblique, c'est lorsque tu prétends qu'il ne serait pas possible de nous réunir selon l'Esprit tant que la chair de chacun serait pas morte. Lorsque les disciples se réunissaient autour du Seigneur, la chair de chacun était encore bien vive et pourtant nous savons tous qu'ils se réunissaient selon l'Esprit, puisque c'était l'Esprit de Christ qui les avait assemblé et qui les édifiait. De plus selon les propres mots de l'apôtre Paul, les corinthiens étaient encore charnels et pourtant il était en communion avec eux malgré la distance qui les séparait. L'exemple de la marche dans le désert qu'il emploie pour nous parler de la cohabitation entre le « vieil homme » et « l'homme nouveau » nous montre bien que nous sommes tous appelés à nous dépouiller des œuvres de la chair et à nous revêtir de notre nouvelle personnalité en Christ. Tout ne se règle pas avec un spirituel claquement de doigts et une prétendue « position de foi » qui se rapprocherait plutôt de la méthode Coué, mais l'édification de « l'homme nouveau » se fait dans une conquête quotidienne par la foi de ce que Dieu nous a donné en Christ.

      « Mais vous, ce n'est pas ainsi que vous avez appris Christ, si du moins vous L'avez entendu, et si, conformément à la vérité qui est en Jésus, c'est en Lui que vous avez été instruits À VOUS DÉPOUILLER, à cause de votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses, à être renouvelés dans votre compréhension spirituelle, et À REVÊTIR l'homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité. » (Eph. 4 : 20-24.).

      Ce combat de conquête (que le Nouveau Testament appelle « la sanctification ») est toujours à continuer, puisque la Révélation de Jean nous dit : « que celui qui se sanctifie... se sanctifie encore. » (Apoc. 22 : 11.). Il est donc erroné de s'imaginer qu'il n'y aurait de communion possible qu'entre ceux qui prétendraient que leur chair serait morte. Il se feront peut-être ainsi un club fermé composé d'une trompeuse élite spirituelle, mais ce ne sera pas la communion du Corps de Christ conforme à ce que nous montre la cohabitation dans le peuple pendant le cheminement du Sinaï.

      Que celui qui a seulement passé le Jourdain ne s'illusionne pas : la conquête du Pays promis ne fait que commencer. Il y en a pour toute une vie de communion fraternelle !

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  4. Bonjour,

    "...« l'Esprit » semblait toujours les «pousser» à parler de sport, de vin, ou des assemblées qui «sortaient» du système...". Ca rappelle ce que disait Paul : "Toutes choses sont permises, mais toutes ne sont pas avantageuses ; toutes choses sont permises, mais toutes n'édifient pas. Que personne ne cherche son propre intérêt, mais celui d'autrui". 1 Corinthiens 10:23.

    ...

    Quand on a vécu dans une famille nombreuse et que l'on a vu comment une cohérence se gère entre frères et soeurs, on peut comprendre de quoi parle Jésus lorsqu'Il établit cette relation entre nous.

    En principe, l'aîné(e) donne l'exemple sans autorité déplacée, parce qu'il y a un respect, une sagesse, une douceur envers eux qui coulent de source... On ne peut qu'apprécier ce lien, non ?

    Jésus ne s'est pas trompé; nous ne grandissons qu'entre frères et soeurs parce que nous sommes liés à Lui, Lui qui est venu servir.

    Il n'y a pas de notions de camaraderie, d'égoïsme ou d'arrogance qui n'apportent rien là, si ce n'est de reconnaître tôt ou tard que nous sommes immatures comme le dit Chip Brogden.

    Il n'y a pas plus belle relation entre hommes et femmes que d'être unis au nom de Celui qui a donné sa vie pour nous, découvrions l'invisible et notre identité cachée en Jésus-Christ et que nous ayons la vie éternelle.

    Qu'est-ce qu'une ambition, une supériorité quelconque aurait à voir avec cette merveilleuse dimension ?

    Franck

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    1. quand on est en lui on a pas besoin des autres mais les autres ont besoin de nous !

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    2. Ca résume la vie monastique.
      Mais pour autant; ne pas tomber dans l’individualisme car cette conduite attire peu. Qu’est-ce qu’un individualiste peut apporter à l’autre ? Pas grand chose. C’est tout l’inverse d’un chrétien qui, lui, se donne, partage avec les autres pour retrouver ce sens. Attention, parce que ça peut-être mal compris.

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  5. Bonjour Hervé, Jean-Luc, Franck et chacun,

    plusieurs pensées évoquées sur ce fil, que ce soit au final à la gloire de Dieu le Père au nom de Jésus Christ nous amenant à devenir meilleurs et non pires.

    Parmi tout cela, j’ai cherché à comprendre la ‘’groôôôosssse incohérence’’ que tu relèves Hervé . ....mais je reconnais que plus je lis le texte de Chip et moins j’arrive à la trouver dans ce que tu relèves, bien au contraire....

    D’après ce que je lis, à moins que je n’aie pas compris qqch, il semble que ce soit plutôt un simple malentendu de lecture qui peut tous nous arriver.

    Lorsque Chip écrit ""Mais le charnel doit coopérer avec le spirituel."" , on peut comprendre ce qu’il veut dire par là en lisant la suite de son écrit . Tout comme toi, il ne le dit pas dans le sens que la chair serait en amitié avec le spirituel divin, au contraire, il dit que ‘’la chair est inimitié contre Dieu et que ceux qui sont dans la chair ne peuvent être conduits par l'Esprit ‘’

    A ce moment-là , il ne parle non pas de la marche intérieure du disciple déjà accompli tel que tu l’avais mentionné, mais il parle de la relation entre les croyants encore charnels ( qui ne réalisent pas forcément qu’ils le sont ) avec les croyants spirituels selon le coeur de Dieu.

    Et lorsqu’il dit que le croyant charnel devrait être amené à coopérer avec le croyant spirituel, par ‘’coopérer’’, il le dit dans le sens d’accueillir , de prier pour que leurs yeux, que nos yeux, que mes yeux, s’ouvrent à reconnaître ces leaders-serviteurs-don, tel qu’il l’écrit un peu plus loin :

    ’’ A quoi ressemblerait le leadership spirituel, si nous pouvions en avoir tous les avantages sans les inconvénients? Et si nous pouvions accueillir ceux qui sont équipés par Dieu pour guider, faciliter, servir, aider à garder les choses sur la bonne voie en direction de la cible, et aider en cas de problème - sans être égoïste, arrogant, ou inaccessible?
    Prions pour que nos yeux s'ouvrent sur ces leaders-serviteurs qui nous sont envoyés pour notre édification spirituelle. ‘’

    Qui que nous soyons, n’est-ce pas là des paroles à mettre en pratique, des paroles pour nos coeurs à tous ?

    alors.. incohérence ou pas.. l’important ,je trouve que Franck nous le rappelle magnifiquement, c’est ‘’ d'être unis au nom de Celui qui a donné sa vie pour nous
    sachant que ‘’nous ne grandissons qu'entre frères et soeurs parce que nous sommes liés à Lui, Lui qui est venu servir. ‘’


    http://www.youtube.com/watch?v=Me2lCRjVSo8

    à Lui la gloire et la victoire !




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  6. Bonsoir à tous,

    A la question : que manque-t-il dans nos rassemblements, je répondrais : tout le reste.

    En 3 ans sur la terre, Jésus a passé beaucoup de temps à manger avec les uns et les autres, (et les repas n'étaient pas pris en 30 minutes)à écouter, à discuter, à répondre aux questions des disciples et des uns et des autres.

    Les premiers chrétiens faisaient beaucoup de choses, et les rassemblements étaient une parmi plusieurs. Ils se rassemblaient surtout pour 'avoir des nouvelles', pour entendre les lettres des apotres, puis après les lettres écrite des chrétiens d'une ville à l'autre. Ils se rassemblaient aussi pour écouter les évangiles (ou les premiers écrits au sujet de l'évangile) et les écritures.

    Par contre, il y avait 'tout le reste', en premier manger chaque jour ensemble, distribuer de la nourriture aux pauvres, nourrir les femmes seules avec leurs enfants, discuter et se donner des nouvelles sur la place du temple et devant les synagogues et autres lieux de 'passage', visiter les malades et les prisonniers, se visiter les uns les autres ....

    Etre chrétien c'était avoir des amis chrétiens, être des amis les uns pour les autres .... une famille. Et non pas, une poignée de main le dimanche matin et éventuellement 'une prière' ou même un rendez-vous pour 'une heure d'écoute' et 'chacun pour soi' le reste de la semaine.


    Dans les pays où les chrétiens sont persécutés, généralement, ils ne vivent pas 'chacun pour soi'. Dans 'nos' pays où beaucoup sont 'de famille chrétienne', nous avons pris l'habitude de nous rendre à l'église pour écouter 'sagement' quelqu'un nous donner 'le message' et nous accomplissons ainsi notre 'devoir de chrétien'. Nous avons sacraliser 'le culte' (le culte est inexistant dans la Bible) au point de le rendre indispensable, 'obligé' ... et nous avons 'oublié' le reste de la semaine, au point de rarement même en parler.

    Nous avons rarement aussi des moments de discutions, où comme les premiers chrétiens, nous pouvons poser des questions, car généralement, toutes les rencontres ont un thème prévu d'avance, et le moment proposer pour les questions est très court et invite rarement aux questions 'hors sujet'.

    En résumé : mangeons ensemble, parlons-nous, épaulons-nous, c'est à dire vivons l'église des uns et des autres décrites par de très nombreux passages qui contiennent les mots 'les uns et les autres ! :)

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  7. Bonjour à tous ! Cette réflexion de Chip Brogden, et vos divers commentaires et remarques, montrent bien que ce sujet de l'utilité et de l'efficacité des vraies rencontres entre chrétiens est vraiment essentiel. Depuis que j'ai été amené par le Seigneur à réfléchir sur l'Eglise, ses formes, sa structure, son rôle.. et donc aussi, forcément, sur les dérives et contaminations diverses qui l'ont progressivement éloignée de ses bases scripturaires initiales, je suis bouleversé de découvrir à quel point elle est vraiment ce moyen formidable offert aux croyants pour leur maturation et leur perfectionnement, individuellement et collectivement, de manière indissociable. Et la forme initiale, telle qu'elle est décrite dans les textes du Nouveau Testament - groupe très local, de taille réduite, où on se connaît, où on échange, où on découvre concrètement la guidance de l'Esprit par les interventions et les compétences spirituelles qui s'y manifestent et s'y affinent - m'apparaît vraiment comme la plus à même de répondre à ces besoins.
    Mail il est vrai que l'équilibre est parfois difficile à trouver (et à conserver !) entre, d'une part, la tendance à trop structurer, sur la base de modèles finalement assez "liturgiques", les temps de rencontre - qui ressemblent alors un peu trop, à mon avis et selon mon expérience personnelle - à ce qu'on nomme "réunion" dans le monde évangélique,avec une certaine rigidité et prévisibilité; et d'autre part, le risque d'une forme excessivement "libre" et sans aucune structure formelle... ni même l'attente active des formes que l'Esprit du Seigneur souhaiterait donner à chaque moment spécifique de rencontre. c'est une réforme des pratiques qui demande du temps, d'autant plus si les membres d'un groupe sont plus ou moins marqués par des formes héritées de leur parcours "dans les églises", ce qui est quand même souvent le cas. (Suite à venir un peu plus tard !)

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