mercredi 2 septembre 2015

L'inspiration du Livre d'Hénoch.

par Jean-Luc B


Après des siècles d'absence, les découvertes archéologiques de Qumran en 1947 ont permis de redécouvrir plusieurs livres antiques dont la teneur spirituelle nous avait échappée. Il ne semble pas qu'il existe en langue française une étude sérieuse sur les aspects doctrinaux et scripturaires du Livre d'Hénoch, alors qu'on peut pourtant découvrir qu'il est cité à de nombreuses reprises dans le Nouveau Testament. En l'étudiant, j'ai découvert qu'il est également à l'origine de certaines affirmations apostoliques qui ne trouvent leurs origine que dans ce Livre.

J'ai entendu parler d'un pasteur américain qui aurait relevé 80 citations du livre d'Hénoch dans le Nouveau Testament. Ne lisant pas l'anglais couramment je ne peux pas vous en dire plus, mais je relèverai 5 aspects qui nous montrent que les apôtres considéraient ce livre comme une base de connaissance fiable concernant la doctrine:

- C'est au travers de ce Livre et nulle part ailleurs que l’apôtre Paul sait que « nous jugerons les anges » (1 Cor. 6. 3.). Remarquons au passage qu’il semble étonné que les Corinthiens ne le sachent pas…

-C'est au travers de ce Livre et nulle part ailleurs que l’apôtre Pierre sait que : « Dieu n’a pas épargné les anges qui ont péché, mais il les a précipités dans les abîmes de ténèbres et les réserve pour le jugement… » (2 Pierre 2. 4.).

- C'est de ce Livre inspiré que vient l’expression « le Fils de l’homme » à laquelle le Christ fait souvent référence en parlant de Lui.

- C'est dans ce Livre inspiré que l’auteur de l’épître aux Hébreux a appris qu’Hénoch avait « reçu le témoignage qu’il était agréable à Dieu ». (Heb. 11. 5.)

- C'est au travers de ce Livre et nulle part ailleurs que l'apôtre Pierre a su que Noé était un « prédicateur de la justice » (2 Pierre 2. 5.).

Ce qui nous montre non seulement que les apôtres connaissaient bien ce livre, mais qu’ils appuyaient également sur lui certaines de leurs convictions doctrinales.

Dans nos milieux évangéliques, il est de bon ton de faire référence à l'attitude des habitants de Bérée qui, après avoir écoutés la prédication de l'apôtre Paul « examinaient chaque jour les Écritures pour voir si ce qu’on leur disait était exact » (Actes 17 : 11.). CE QU'ON OUBLIE SOUVENT, C'EST QU'À L'ÉPOQUE OÙ LUC A ÉCRIT CETTE PHRASE LE « CANON DES ÉCRITURES » N'EXISTAIT PAS ENCORE. Mais le livre d'Hénoch, (ainsi que beaucoup d'autres écrits «oubliés» ou rejetés) faisait encore partie des livres consultés pour voir si ce que Paul enseignait était conforme à la Révélation Écrite qui était transmise par les rouleaux contenus dans les synagogues. Nous savons par l'histoire que jusqu'au 4° siècle de notre ère, le livre d’Hénoch était lu publiquement dans les assemblées chrétiennes.
Hénoch chez les pères de l’Église :

Tertullien (160-230 après JC) ( http://www.tertullian.org/french/g3_10_de_cultu_feminarum1.htm ) nous explique que les juifs l'avaient enlevés de leur canon parce qu'ils le trouvaient trop rempli de prophéties messianiques :

[[III. Je sais que le livre d’Hénoch, où est rapporté ce que j'ai dit des anges déserteurs, n'est point reçu par quelques auteurs, attendu qu'il n'est pas admis au nombre des Écritures sacrées parmi les Juifs. Ils ont cru, j'imagine, que, composé avant le déluge, ce monument n'avait pu se conserver au milieu des ruines de toutes choses. S'ils n'ont pas de preuve plus concluante, je leur rappellerai que Noé, petit-fils d’Hénoch, survécut à la destruction universelle, Noé, qui, en vertu du nom qu'il portait, avait appris, par une tradition héréditaire, les grâces que Dieu avait faites à son aïeul, et les doctrines qu'il avait enseignées, d'autant plus qu’Hénoch n'avait rien tant recommandé à son fils Mathusalem que d'en léguer la mémoire à sa postérité. Noé a donc pu, sans aucun doute, succéder à son aïeul dans la délégation de cet enseignement. D'ailleurs, eût-il gardé le silence sur les dispositions d'un Dieu qui l'avait sauvé et sur les monuments illustres destinés à perpétuer la gloire de sa maison?
Mais qu'il n'ait pu conserver cet ouvrage, je l'accorde. Voici qui maintiendrait encore l'authenticité de cette Écriture. Si ce monument disparut dans la violence du déluge, Noé n'a-t-il pas pu le réparer sous l'inspiration de l'Esprit, à peu près comme les Écritures sacrées des Juifs qui avaient péri dans la prise de Jérusalem, sous la main de Babylone, furent rétablies par Esdras, ainsi que l'atteste l'histoire? Ajoutez à cela que le livre d’Hénoch renfermant des prophéties qui concernent le Seigneur, nous ne devons rien rejeter de ce qui nous intéresse. Ne lisons-nous pas que «toute Écriture propre à nous édifier est inspirée par Dieu.» Qu'importe donc que les Juifs aient rejeté celle-ci, comme ils rejettent tout ce qui concerne Jésus-Christ? Je ne m'étonne plus qu'ils aient repoussé la muette parole qui l'annonce, eux qui devaient repousser le Christ, lorsqu'il viendrait leur parler en personne. Vous faut-il une dernière preuve? l'apôtre Jude rend témoignage au livre d’Hénoch.]]

Les découvertes de Qumran il y a plus de 70 ans ont remis à la lumière certains de ces livres qui avaient disparus après le concile de Laodicée en 364. Lorsque nous étudions l'histoire de l’Église, nous découvrons que ce concile est très particulier. C'est en effet le moment où l'évêque de Rome va réellement prendre le pouvoir sur le reste de la chrétienté. C'était un concile de rupture. Rupture avec les racines judaïques de la foi qui depuis Jérusalem ou Alexandrie influençaient encore les chrétiens, et rupture également avec une certaine liberté locale dans la direction des assemblées. C'est en effet à ce concile qu'il a été interdit aux chrétiens de «judaïser» en respectant le sabbat, qui a été transféré arbitrairement au dimanche sur décision de l'empereur. C'est également lors de ce sinistre concile qu'il a été interdit de donner aux femmes des responsabilités dans l'église, ce qui n'était pas le cas dans les siècles précédents. C'est enfin dans ce même concile qu'a été repris dans la sphère occidentale la liste limitative (décidée à Jamnia) des livres de l'Ancien Testament qui seront désormais considérés comme les seuls inspirés. Ce n'est qu'à ce moment là que le Livre d'Hénoch a été interdit de lecture dans les églises sous la domination de Rome, alors que l'histoire nous apprend qu'il était couramment lu en public dans les assemblées pendant les 4 premiers siècles à cause de ses nombreux passages prophétiques messianiques. Il n'y a que dans la Bible de l'église Éthiopienne (qui échappait à l'autorité romaine) que le livre d'Hénoch et d'autres écrits antiques ont été conservés jusqu'à nos jours.

A Qumran, une partie importante du livre d'Hénoch a été redécouverte écrite en araméen sur un parchemin de mouton qui a été daté de 200 à 300 ans AVANT la naissance du Christ. D'autres livres intéressants ont été également été remis au jour. Les historiens les ont tous assemblés dans un ouvrage qu'ils appellent «les écrits inter-testamentaires» (ce terme n'est pas très exact, car la plupart de ces livres ont une origine beaucoup plus ancienne que ceux qui composent la fin de l'Ancien Testament occidental). Il est possible de se procurer librement cet ouvrage en librairie. Je mets en fin d'article un lien vers une version web du livre d’Hénoch traduit en français, mais je ne saurais que trop vous conseiller de lire également les autres écrits retrouvés à Qumran. En particulier « le testament des douze patriarches » où de nombreuses prophéties messianiques nous permettent de mieux comprendre l'attente spirituelle dans laquelle se trouvaient les contemporains du Christ.

Comment ces Textes Inspirés ont-ils disparus ?

Les lectures en assemblée pendant les premiers siècles ne comprenaient pas uniquement les 66 livres du « canon officiel ». Il y en avait d’autres, plus nombreux, qui ont subis la censure après le synode de Jamnia qui a fixé et limité le nombre des livres de l'Ancien Testament qui sont actuellement reconnus comme inspirés dans la sphère occidentale. Pourtant la Bible que nous connaissons actuellement n'est pas vraiment muette sur l’inspiration divine de ces Textes écartés par les censeurs du 2° et du 4° siècle et nous allons le découvrir ensemble. Si chacun entreprend les recherches nécessaires avec le désir de connaître la vérité, nous comprendrons plus profondément la volonté de Dieu exprimée au travers de Sa Parole qui n'est pas liée ou limitée, mais qui est « vivante et permanente » (1 Pierre 1 ; 23.).

Concernant les Écritures de l'Ancien Testament, il est historiquement prouvé que son «canon officiel» a été défini par des juifs pharisiens qui refusaient de reconnaître le Messie, et cela assez tardivement, puisqu'ils ne l'ont fait que vers la fin du premier siècle ou le début du deuxième siècle qui ont suivi la mort et la résurrection de notre Seigneur Jésus Christ (synode de Jamnya 90-110 après JC). Certains livres de la tradition juive cités pourtant par les apôtres et leurs contemporains dans le Nouveau Testament ont à ce moment là été considérés par les juifs comme trop «messianiques» et «apocalyptiques», et ont donc été rejetés par les Massorètes (ce qui est le cas du livre d’Hénoch et d'autres ouvrages anciens). Par exemple, dans ce livre «écarté» nous apprenons qu’Hénoch « a reçu le témoignage qu’il était agréable à Dieu » selon ce qu’en dit l’auteur de l’épître aux Hébreux (Heb. 11 : 5.). Il est aussi question dans ce livre des myriades d’anges qui accompagneront le Seigneur quand Il reviendra exercer son jugement sur terre (Jude 1. 14-15- Hénoch 1 ; 3.). Comme je le disais plus haut, ce livre d'Hénoch a été conservé jusqu'à nos jours dans la Bible éthiopienne, mais complètement mis de côté par la tradition Romaine à partir du IV° siècle…

Ce livre était tellement « messianique » dans certaines de ses parties (on le verra plus bas), qu'il y a même eu des commentateurs et critiques bibliques pour affirmer qu’il aurait été conçu et écrit par un chrétien… jusqu’à ce que la découverte dans les grottes de Qumran des fragments d’un exemplaire de ce livre écris sur un rouleau en peau de mouton datée de plus de deux siècles avant notre ère, ne renvoie à leur chères études ces prétendus experts « historico-critiques » de la Bible…

Nous pouvons donc légitimement nous poser la question de l’honnêteté des choix restrictifs du «canon» des livres de l’Ancien Testament faits par les Massorètes. Ils ont clairement écarté de leur sélection une partie des livres au contenu considéré comme trop « messianiques » et rabaissés ou rejetés aussi d’autres livres «apocalyptiques ou parlant trop des anges». Le livre de Daniel, par exemple, malgré sa renommée qui lui a épargné un rejet complet, n’a plus été classés parmi les prophètes alors que le Christ le cite pourtant avec le titre de prophète (Mat. 24. 15.). Il existe donc des Livres anciens qui n’ont pas trouvé place dans le «canon officiel» mais qui confirment et corroborent les Textes Inspirés actuellement acceptés dans nos Bibles.

Il est écrit :

« Ce n’est pas à l’homme, quand il marche, à diriger ses pas. » (Jer. 10. 23.)

Et aussi :

« Je t’instruirai et te montrerai la voie que tu dois suivre ; Je te conseillerai, j’aurai le regard sur toi. » (Ps. 32. 8.)

Ce que nous confirme le Christ :

« Quand le Consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité… » (Jean 16. 13.)

« Il est écrit dans les prophètes: Ils seront tous enseignés de Dieu. » (Jean 6. 45.)

Apprenons à nous appuyer avec confiance sur notre Père Céleste et sur Lui seul.

« Éternel, toi seul peux venir en aide au faible comme au fort : viens à notre aide, Éternel, notre Dieu ! Car c’est sur toi que nous nous appuyons… » (2 Chr. 14. 11.)

Tout ce sujet est apte à ébranler ce qui semble solide dans nos vies mais qui n’est pas fondé fermement sur le Rocher des siècles…

Référence à Hénoch dans les Écrits apostoliques.

On peut se demander où Jude a pu bien apprendre qu'Hénoch était prophète, puisqu'il écrit concernant les incrédules : « Hénoch, 7° depuis Adam a longtemps prophétisé à leur sujet ». Cela n'est pas écrit dans la Bible canonique juive/romaine. Il a donc fallu à Jude avoir connaissance de sources «extra-canoniques» fiables pour affirmer de telles choses et parler concernant Hénoch de ses prophéties à propos des temps de la fin qui sont introuvables dans les Textes «canoniques officiels» de l'église occidentale.

Jude affirme également que des anges désobéissants ont été « enchaînés éternellement par les ténèbres » (Jude 1 : 6.). Ce qui est confirmé par l'apôtre Pierre (2 Pierre 2. 4.), or aucun Texte canonique juif/romain ne nous apprend ces choses, mais le livre d'Hénoch y fait clairement allusion. Jude insiste même pour dire que ses lecteurs devraient se souvenir de ces choses, malheureusement, depuis la décision du concile de Laodicée les lecteurs occidentaux de la Bible ont été tenu dans l'ignorance de ces enseignements extra-canoniques et ne risquent donc pas de s'en souvenir...

L'apôtre Paul va dire à ses lecteurs : « ne savez-vous pas que nous jugerons les anges ? » (1 Cor. 6 : 3.). Il semble même surpris que les Corinthiens ne le sachent pas. Pourtant, aucun Texte de l'Ancien Testament de la Bible canonique occidentale ne parle de ce sujet. Mais de son côté, le livre d'Hénoch annonce clairement que les justes jugeront les anges (Henoc 1 : 5-9.). A cause des décisions arbitraires des conciles juifs et romains, les chrétiens du XXI° siècle rechignent à considérer comme inspirés les Livres Saints redécouverts à Qumran et se retrouvent donc un peu dans le même cas d'ignorance que les chrétiens de Corinthe et les destinataires de la lettre de Jude... Mais cette ignorance n'était pas voulue par les apôtres puisqu'ils font indiscutablement référence à ces Saintes Lettres qui ont malheureusement été écartés du canon officiel Romain...

L'auteur de l'épître aux Hébreux nous apprend « qu'avant d'être enlevé, Hénoch avait reçu le témoignage qu'il était agréable à Dieu » (Héb. 11 : 5.). Pourtant, là aussi, aucun Texte des Bibles canoniques occidentales ne parle de l'enlèvement d'Hénoch, mais seulement de sa disparition. Là encore, c'est le Livre d'Hénoch qui nous apprend à la fois qu'il a été enlevé et également qu'il avait reçu le témoignage qu'il était agréable à Dieu. Et c'est parce que ce livre disparu était lu et reconnu par les premiers chrétiens que l’épître aux Hébreux peut affirmer ces choses.

De la même manière, Noé est appelé par Pierre le «prédicateur de la justice» (2 Pierre 2 : 5.), or là non plus, aucun Texte des Bibles canoniques occidentales ne parle d'une quelconque prédication de Noé, mais le livre d'Hénoch l'explique très bien.

Références à Hénoch dans les évangiles.

Nous savons tous que beaucoup de concepts présents dans les évangiles proviennent des écrits de l'Ancien Testament, mais cependant certaines idées ne se retrouvent que dans le livre d’Hénoch. Je ne vais pas vous montrer ici la totalité, mais seulement les plus saillants. Car d'après certains chercheurs il y aurait plus de 80 similitudes évidentes entre le livre d’Hénoch et le Nouveau Testament. Si vous êtes intéressés, c'est vous de continuer la recherche par la lecture et ainsi découvrir qu'il est incontestable que les enseignements du Christ et des apôtres faisaient référence à une source scripturaire commune qui les avait précédée et qui dépassait le «canon» malheureusement limité de l'Ancien Testament que nous connaissons aujourd'hui.

Il est écrit dans l'évangile :
« Jésus lui répondit: Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids: mais le Fils de l'homme n'a pas un lieu où il puisse reposer sa tête. » (Luc 9 : 58.)

Ce dont le Fils a rendu témoignage était annoncé bien avant dans le livre d'Hénoch :

« La sagesse n'a point trouvé sur la terre de demeure où reposer sa tête, c'est pourquoi elle fait sa résidence dans le ciel. La sagesse est descendue du ciel pour habiter avec les enfants des hommes, mais elle n'a point trouvé de demeure. Alors la sagesse est retournée vers son divin séjour, et a pris place au milieu des saints anges. Après sa retraite l'iniquité s'est présentée, et elle a trouvé une demeure, et elle a été reçue par les enfants des hommes, comme la pluie est reçue par le désert, comme la rosée est reçue par une terre desséchée. » (Hénoch 41 ; 1-2.)

Le Christ nous parle aussi du « feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges » (Mat. 25 ; 41.), or il n'y a que dans le livre d’Hénoch qu'il est question de ce feu réservé aux anges (Hénoch 10 ; 9.). Cette notion est absente de l'Ancien Testament canonique occidental que nous connaissons et nous ne la retrouvons que dans ce livre disparu.

Pour conclure, quelques citations messianiques du livre d'Hénoch :

Chapitre 46 du livre d'Hénoch, versets 1 à 5 :
« Là j'ai vu Celui qui détient le Principe (littéralement « la Tête ») des jours, sa tête était comme de la laine blanche, et avec Lui un autre, dont le visage avait une apparence humaine et débordait de grâce comme l'un des saints anges. J'ai interrogé sur ce Fils d'homme l'un des saints anges qui m'accompagnait et me montrait tous ces secrets : ''qui est-il et d'où vient-il ? Pourquoi accompagne-t-il le Principe des jours ?'' Il m'a répondu : ''c'est le Fils d'homme auquel appartient la justice. La justice a demeurée avec Lui, et c'est Lui qui révélera tout le trésor des mystères. Car c'est Lui que le Seigneur des Esprits a élu et dont le lot a obtenu la victoire devant le Seigneur des Esprits, selon le droit, pour l'éternité.Ce Fils d'homme que tu as vu fera lever les rois et les puissants de leurs couches, les forts de leurs sièges. Il dénouera les liens des forts et broiera les dents des pécheurs. Il chassera les rois de leurs trônes et de leurs royaumes, parce qu'ils ne l'exaltent pas et ne le glorifient pas et ne confessent pas d'où leur est venu la royauté. »

Hénoch 48, versets 2 à 7 :
« A cette heure ce Fils d'homme fut appelé auprès du Seigneur des Esprits et son Nom fut prononcé en présence du Principe des jours.Avant que soient créés le soleil et les signes, avant que les astres du ciel ne soient faits, son Nom a été prononcé par devant le Seigneur des Esprits.Il sera un bâton pour les justes, Ils s'appuieront sur Lui sans risque de trébucher. Il sera le Roi des nations, il sera l'espoir de ceux qui souffrent dans leurs cœurs. Devant Lui s'inclineront et se prosterneront tous les habitants de l'aride. Ils glorifieront, béniront et chanteront le Seigneur des Esprits. C'est pour cela qu'il est devenu l’Élu et Celui qui a été caché par devant Lui dès avant la Création du monde et jusqu'à l'avènement du siècle.Mais la sagesse du Seigneur des Esprit l'a révélé aux saints et aux justes. Il est en effet préservé le lot des justes, parce qu'ils ont haï et méprisé ce siècle de violence et en ont haï toute l'oeuvre et toutes les voies, au Nom du Seigneur des Esprits. C'est par son Nom qu'ils seront sauvés, et par Sa volonté qu'Il est devenu leur vie. »

Hénoch 49, versets 1 à 4 :
« Que le Nom du Seigneur des Esprits soit béni ! Car devant Lui la sagesse coule comme de l'eau,et la louange ne tarira pas, à tout jamais, car Il est fort de tous les mystères de justice. La violence passera comme une ombre et n'aura plus de lieu où se tenir, car l’Élu se tient devant le Seigneur des Esprits. Sa gloire est éternelle, Sa puissance est pour tous les âges. En lui résident l'esprit de sagesse, l'esprit d'instruction, l'esprit de science et de puissance, et l'esprit de ceux qui se sont endormis dans la justice.
C'est Lui qui jugera ce qui est caché, et nul ne pourra dire devant Lui une parole vaine, car Il a été Élu devant le Seigneur des Esprits, selon Sa volonté. »

Au travers des quelques exemples que j'ai donné ici, j'espère vous avoir démontré que le livre d'Hénoch était bien inspiré du même Esprit que les reste des Écritures actuellement reconnues. Le «Fils de l'homme» y est décrit comme étant le seul Sauveur, recevant l'adoration des créatures terrestres et célestes, ce qui est l'un des fondements de notre foi. 

Précisons que l'expression « le Fils de l'homme » est employée 17 fois dans le livre d'Hénoch et 72 fois dans les évangiles par la bouche de Jésus, comme si le Christ au travers de cette expression prophétique voulait orienter les regards de ses auditeurs vers le sens de son ministère et de sa mission si bien annoncés dans ce livre oublié... Remarquons qu'Étienne au moment de sa lapidation par des juifs est le premier et le dernier disciple à employer cette expression dans le Nouveau Testament en témoignant que les cieux sont ouverts et que « le Fils de l'homme » est maintenant « debout à la droite de Dieu » (Actes 7 ; 56.). Nous pouvons observer que les apôtres dans leurs discours aux païens ne font jamais usage de cette expression, qui n'avait de sens que pour les juifs comme accomplissement de ce qui était annoncé depuis avant le déluge, mais qui ne signifiait rien pour les autres peuples qui ignoraient les annonces prophétiques de ce Livre. Pour les apôtres, la victoire du Christ sur la mort révélait une réalité plus importante : le Fils de Dieu qui avait été engendré avant les temps éternels, avait enfin été manifesté avec puissance par sa résurrection d'entre les morts (Actes 13 ; 33.).

Alors, faudrait-il rajouter le livre d'Hénoch (et quelques autres) au canon actuel ? Certainement pas ! Car l'idée même d'un canon est absente des Écritures et provient d'un abus de pouvoir de la classe des clercs qui s'est installée peu à peu à des postes de pouvoir qu'elle avait elle-même institués, mais qui étaient totalement absents dans l'époque apostolique. Cependant je pense avoir démontré ci dessus qu'il existe des «témoignages inspirés» qui n'ont malheureusement pas trouvés place dans les sélections canoniques humaines influencées par Jamnia ou Rome, mais qui ont pourtant bien des choses à nous apprendre sur la pensée de Dieu. Il n'est pas non plus question de le rajouter aux Textes du Nouveau Testament déjà reconnus comme Inspirés dans la sphère occidentale, mais seulement de remettre enfin à la disposition des croyants des témoignages antiques qui nourrissaient l'espérance de ceux qui attendaient le Messie et qui ont édifié également les premiers chrétiens jusqu'à ce que l'autoritarisme clérical abuse de son pouvoir en les soustrayant à la vue des croyants.

Lorsque des témoins sont appelés dans un procès, ce n'est pas aux juges de décider qui a le droit de parler. Chacun témoigne librement pour une partie ou pour l'autre, et c'est seulement après avoir écouté l'ensemble de ceux qui se sont exprimés que les personnes assemblées peuvent discerner le vrai du faux. Les cléricalismes juifs et catholiques se sont pourtant arrogés pendant des siècles le droit de censurer les témoignages qui ne leurs plaisaient pas et ils ont ainsi injustement fait taire des témoins qui avaient des choses importantes à nous dire pour nous aider à discerner la pensée divine. Aujourd'hui heureusement, ces clercs ont perdu une grande partie de leurs pouvoirs abusifs et les témoins peuvent à nouveau s'exprimer librement. Profitons-en pour les écouter et respirer le Souffle Divin qui passe au travers de leurs déclarations !

Jean-Luc B


Traduction française du livre d'Hénoch présent dans les Bibles éthiopiennes :





Dans le même ordre d'idée :


Les dogmes religieux et leur effets pervers.

Petite histoire du "canon" et des apocryphes. 

Dans quelle Alliance sommes-nous?

La Divinité du Fils. 

La chair de "Jésus-Christ homme" était-elle différente de la notre? 

La vigne de Salomon et la vigne de Jésus-Christ.

 

5 commentaires:

  1. Je me souviens d'avoir lu ce texte et me rappelle d'un passage qui disait que le Fils de l'Homme (ou le Messie) s'apprêtait à descendre sur terre.

    RépondreSupprimer
  2. Bonjour,
    Texte très intéressant mais peut être est ce voulu de votre part il ne me semble pas exhaustif car il y a beaucoup de textes de la Bible qui ne trouvent l'explication de leur contexte que dans ce livre d'Hénoch
    prenons l'exemple de Lévitique 16 les deux boucs expiatoires : l'un pour l'Eternel et l'autre pour Azazel. Le premier réservé à l'Eternel devait être offert en sacrifice pour le pardon, c'est uniquement le sang versé du bouc réservé à l'Eternel qui permettait au sacrificateur de pénétrer au delà du rideau. Mais le second bouc réservé à Azazel devait être placé "vivant" devant l'Eternel avant d'être envoyé dans les lieus arides du désert; il n'était pas destiné à un sacrifice sanglant mais était considéré comme un bouc expiatoire lui aussi.
    Aucune autre mention d'un Azazel dans la Bible, ici on comprend qu'il s'agit d'un être spirituel mais aucune information sur sa nature et la raison de sa présence dans ce passage concernant l'expiation pour le péché.
    Quant au désert on pourrait trouver une similitude avec ce que dit Jésus dans les évangiles à propos des esprits impurs qui sortis des hommes s'en vont par les lieux arides du désert sans trouver de repos.
    Pourtant ce passage trouve son contexte expliqué dans plusieurs passage du livre d'Hénoch, on y apprend qui est Azazel aussi appelé Azael , on y découvre la nature de ce désert ainsi que la raison pour laquelle Azael y a été envoyé. Des passages du livre d'Hénoch donnent tout leur sens à ce texte du Lévitique 16 qui sans ça reste obscur.
    Raison pour laquelle peu de prédications sur ce passage pourtant essentiel au regard de la doctrine du pardon des péchés et de l'imputation du péché.
    J'avoue qu'il y aurait encore tant à dire sur les occurences entre la Bible et le livre d'Hénoch tant votre texte ouvre de perspectives à ce sujet vue que vous n'avez pas tout exposé.
    En tout cas merci pour votre partage.

    RépondreSupprimer
  3. Bonjour Anonyme,

    Je n'ai écrit (assez courtement) que pour démontrer que le Texte du Livre d'Hénoch est inspiré, mais il y a effectivement beaucoup à apprendre concernant la pensée de Dieu contenue dans ce livre.

    Ce que tu dis à propos d'Azazel est effectivement à approfondir, mais peu de théologiens évangéliques actuels n'oseront le faire, car il plane malheureusement encore une odeur de souffre lorsque l'on parle de ce livre dans leurs milieux...

    Ma petite étude contribuera peut-être à changer les choses.

    RépondreSupprimer
  4. Bonjours Jean-Luc,
    Bon article ! Ce que je trouve intéressant c'est que Hénoch vivait avant Noé et pour que ce livre est survécu ,il a fallut que Noé le récupère et l'amène dans l'arche pour que ce livre survivre le DÉLUGE, En tous les cas J.Luc cela a changé les chose pour moi. Je conserve cette article merci.

    RépondreSupprimer
  5. Jean-Marie Cros14 mars 2017 à 20:13

    Les chrétiens "flat earthers" c'est-à-dire adeptes de la terre plate (Rob Skiba par exemple) font souvent référence au livre d' Hénoc. Que penses-tu de la terre plate?

    RépondreSupprimer