samedi 12 mai 2018

Ce qu’il fallait pratiquer sans négliger les autres choses

Éliane Colard


Matthieu 23/23 : « Malheur à vous Scribes et Pharisiens hypocrites ! Parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et que vous négligez les choses les plus importantes de la loi ; la justice, la miséricorde et la fidélité : c’est là ce qu’il fallait pratiquer sans négliger les autres choses ».
Luc 18/12 : «  je jeûne deux fois la semaine et je donne la dîme de tout ce que je possède ».
En lisant dans la Bible la façon dont Jésus a fustigé les Pharisiens, nous pourrions penser ne pas être concernés par ces reproches. Pourtant passant au milieu de nos rassemblements aujourd’hui, Jésus pourrait avoir matière à agir de même. La religiosité (Pharisaïsme d’autrefois) se nourrit de ce que notre propre nature peut avoir à offrir, et prendra selon le temps et les cultures des formes différentes. N’est-il pas fréquent d’entendre des chrétiens se définir ou se situer en fonction de toutes leurs actions ou réalisations spirituelles ? Vous demandez à une personne de ses nouvelles et elle vous répond en vous présentant la carte de visite de ses états de service pour Dieu, cela ne vous est jamais arrivé ? Pourtant notre état de santé spirituelle (voire parfois physique) ne dépend pas de ce que nous faisons ou pas pour Dieu, mais bien souvent de l’état de notre âme. Ce que vous êtes en Dieu primera toujours sur ce que vous faites pour ou au nom de Dieu.
Parfois vous demandez à des frères et sœurs d’une assemblée des nouvelles d’un des leurs et vous entendez la réponse suivante : « oh tu sais, il ne vient plus aux réunions » et tout est dit là. On pourrait en tirer la conclusion suivante : si vous allez l’église (comme on dit) vous allez bien, mais si on ne vous voit pas aux réunions c’est que vous êtes rétrograde, perdu, ou du moins sur une pente glissante. Mais dire qu’une personne est rétrograde ou sur la mauvais pente du fait qu’elle est absente des rassemblements est évidemment une analyse simpliste quoique tout à fait courante dans nos milieux évangéliques où le faire visible prime sur la vie spirituelle intime et secrète là où seul Dieu vous voit et vous entend. L’autre réalité est aussi que des personnes n’allant plus dans les rassemblements, on ne s’en préoccupe plus du tout et on passe à autre chose. Cette attitude est assez normale si l’assemblée se situe davantage dans une logique clientéliste que fraternelle. Dans une logique clientéliste on parle de membres et les gens ont une valeur toute numérique. Et étant donné que dans certaines assemblées les gens vont et viennent, lorsque certains partent d’autres arrivent et on ne fait pas la différence car ce qui compte c’est qu’il y ait toujours autant de monde pour donner l’impression que l’église va bien. Le critère de la santé y est par conséquent quantitatif et jamais qualitatif. Mais ce n’est pas le sujet de ce message, aussi je ne m’étendrai pas dessus. Notons juste que le fait d’être présent à toutes les réunions d’église ne devrait jamais servir à définir notre qualité d’enfant de Dieu. Car une assemblée peut facilement être remplie de personnes étrangères à la vie de Dieu. Or Dieu ne s’arrête pas aux apparences, c’est la réalité du dedans du cœur qui prime dans la vie spirituelle. Ce n’est jamais ce que nous faisons extérieurement qui écrit notre identité, c’est d’abord et premièrement ce que nous sommes à l’intérieur qui devrait déterminer ce que nous faisons.
Beaucoup de chrétiens envisagent la vie spirituelle de façon déconnectée de l’état de leur âme. Or l’état de notre âme a une incidence directe sur toute notre vie, dans le sens où cela va déterminer notre marche non seulement naturelle mais aussi bien souvent spirituelle. C’est pourquoi l’apôtre Jean disait à Gaius qu’il lui souhaitait de prospérer à tous égards et sois en bonne santé, à l’instar de l’état de son âme. Si ton âme prospère, le reste devrait suivre. Comme on dit quand on a le moral dans les chaussettes on ne va pas loin. Ton âme prospère non pas parce que tu pointes quotidiennement à l’église ou à toutes les réunions, mais dans la mesure où tu marches dans la fidélité et la vérité en étant établi dans le Fidèle et Véritable. Beaucoup de réunions évangéliques sont des rassemblements d’âmes malades, en souffrance ou en mauvaise santé, et cela a une incidence non négligeable sur la qualité des rassemblements. S’il s’agit d’une grosse assemblée cela ne sera pas aussi visible ou directement apparent que dans un tout petit rassemblement où tout est tout de suite perceptible. Pour donner un exemple simple : un culte de louange dans une assemblée d’une centaine de personnes parmi lesquelles 10 sont en état de déprime, ne sera pas vécu de la même façon au sein d’un rassemblement de 20 personnes parmi lesquels seulement 2 personnes déprimées. C’est pourquoi de grosses assemblées peuvent être malades dans leur âme tout en donnant une impression de vie et de santé. Elles sont à l’image de l’église de Sardes. C’est juste que la taille empêche de discerner la maladie de certains petits membres. Dans le corps humain si un membre est malade c’est tout le corps qui en pâtit dans sa santé et cela peut dans certains cas toucher d’autres membres. Et il en est de même dans l’église corps de Christ même si certains rassemblements donneront une illusion de santé globale du fait de la taille.
Ton être entier sera à l’image de ton âme car celle-ci marque ta personnalité, ton identité. Dans la vie spirituelle, c’est quand et parce que tu es, que tu peux faire. Si ton identité dans le corps de Christ est d’être un bras tu agiras alors comme un bras et non comme un pied, d’où l’intérêt pour le corps de Christ que chacun connaisse et entre dans son identité. Cette identité tu la reçois du bon Berger qui connaît chacune de ses brebis et les nomme chacune par son nom comme le fait un père ; et c’est parce que le nom définit l’identité. C’est Dieu et non pas toi qui dit qui et ce que tu es. Puis la loi de l’Esprit de vie va insuffler dans notre cœur l’énergie divine qui nous permettra de bouger ou d’agir dans l’identité qui est la nôtre et selon la volonté de Dieu. Cette loi de l’Esprit de vie est très pratique dans son essence et sa finalité. C’est pourquoi la mise en garde de notre Seigneur Jésus aux Pharisiens de son époque doit absolument interpeller l’église aujourd’hui. Même si les circonstances sont différentes, la propension du cœur humain à se glorifier de ce qu’il fait ou produit est toujours la même.
L’aspect très pratique de la loi de l’Esprit de vie
Luc 11/42 : « Malheur à vous Pharisiens ! Vous donnez à Dieu le dixième de plantes comme la menthe et la rue, ainsi que de toutes sortes de légumes, mais vous négligez la justice et l’amour pour Dieu : c’est pourtant là ce qu’il fallait pratiquer sans négliger le reste ». Ce verset de Luc 11 parle de l’amour pour Dieu. La plupart des Chrétiens disent « j’aime Dieu », mais Jean dit que nul ne peut aimer Dieu et haïr son prochain. Or quand vous avez des dossiers non réglés avec des personnes de votre entourage ou votre famille, du non pardon ou de la rancœur, vous manifestez que vous n’aimez pas vraiment Dieu.
Michée 6/8 dit encore ceci : « On t’a fait connaître ô homme ce qui est bien, et ce que l’Eternel demande de toi, c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde et que tu marches humblement avec ton Dieu (qu’on lui soit fidèle dans la marche). Dieu attache manifestement une grande importance à ces 3 choses : la justice, la miséricorde et la fidélité. Tout ça est très pratique et bien loin de la lettre d’une loi qui serait impersonnelle, abstraite ou demeurant de l’ordre de la simple connaissance. Dieu ne nous demande pas seulement de connaître ce qui est bien puis de nous contenter de transmettre cette connaissance. Il nous va demander de mettre aussi tout cela en pratique. La meilleure manière d’enseigner passe par le miroir de notre vie. Nos enfants apprennent en nous regardant. Si nous pratiquons notre vie sous leurs yeux, ils finissent par regarder comme nous, nous ressembler ; to look like signifie en Français ressembler mais au mot à mot on traduit regarder comme. L’enseignement que nous leur donnons par le miroir de notre vie ne passe pas uniquement par ce que nous leur disons par nos paroles, mais aussi surtout par ce que nous leur montrons de nous de notre vie. La preuve : en plus de ressembler à leurs parents, certains enfants finissent par parler comme eux avec parfois le même timbre de voix. De même, si nous regardons le Seigneur, si nos yeux se fixent sur lui, nous finissons par lui ressembler peu à peu jusqu’au jour où nous refléterons Christ entièrement. C’est ce que Paul nous dit en 2 Corinthiens 3/18 : « Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur l’Esprit ».
Dieu nous appelle à être des modèles, des exemples à suivre, nos vies devraient être des lettres de Christ pour ceux qui nous entourant et nous côtoyant, nous regardent vivre. Nous sommes pour eux comme des livres ouverts avec des lettres qui vont communiquer un message. Si nous sommes dans le Fidèle et Véritable, ils sont censés lire ou percevoir ce que Christ leur dit au travers de nous. Notre vie transmet un message à notre entourage. Ce que tu es ou vis parlera toujours plus fort que ce que tu dis avec ta bouche. Parfois on s’entend dire « je ne sais pas ce que c’est, mais il y a en toi quelque chose qui m’attire». Ce ne sera jamais ce que nous ferons qui va attirer à Christ, mais ce que nous sommes, ce que les gens vont percevoir en nous. Faire ou reproduire ce que nous faisons extérieurement ça peut être plus ou moins facile, il suffira souvent d’en avoir les moyens. Les actions extérieures sont faciles à mettre en place, mais il en va tout autrement de ce qui nécessite une implication de l’esprit et un engagement du cœur envers le Dieu vivant.
L’obéissance et non les rites
La marche dans l’obéissance que Dieu attend de notre part nécessite absolument une implication de l’esprit et un engagement du cœur. Le contexte du passage de Michée cité ci-dessus est très parlant. Car, alors que notre vie devrait manifester les 3 choses importantes (la justice la miséricorde la fidélité), elle laisse parfois plutôt voir à ceux qui la lisent, uniquement les multiples accomplissements religieux que nous faisons. Cela donne en lecture l’image d’un Dieu tout le temps courroucé qu’il convient d’apaiser pour se le rendre propice, en langage évangélique on dira pour incliner son cœur en notre faveur. C’est le faire pour au lieu du faire parce que. C’est exactement la voie dans laquelle sont engagées les religions païennes qui rendent culte à un dieu lointain impersonnel et courroucé. Mais contrairement aux divinités païennes, notre Dieu préfère toujours l’obéissance aux sacrifices. Sacrifice sans obéissance équivaut à des actes de sorcellerie, comme des baguettes magiques qu’on actionnerait pour avoir un résultat rapide et précis. C’est ce que font parfois certains en s’engageant dans des jeûnes qui auraient pour objectif de faire bouger le bras de Dieu dans le sens de leur propre volonté qu’ils finissent par prendre pour celle de Dieu. Mais cette attitude vient aussi d’enseignements pernicieux sur la foi, où certains ont prêché que si vous croyez fortement une chose quelle qu’elle soit et sans douter, elle va vous être donnée. A partir de là, la porte a été ouverte pour faire entériner par Dieu tout et n’importe quelle chose à laquelle nous croirions fermement sans douter. On trouve toutes sortes d’incitations dans ces enseignements à dormir debout, comme par exemple prier pour que Dieu vous donne un jet privé etc. Il y est souvent question de jeûner pour avoir plus, et rarement pour diminuer afin de faire plus de place à Dieu en soi. Pourtant au lieu de multiplier de tels jeûnes, il est bien plus judicieux d’entrer simplement dans l’obéissance. Va-t-on jeûner pour la conversion du conjoint alors que dans le même temps on est un mauvais témoin de Christ à la maison ? Allez-vous jeûner pour que Dieu vous donne un meilleur travail alors que dans votre travail actuel vous êtes désinvolte, négligent ou réputé pour être un absentéiste pratiquant ? Si vous savez être fidèles dans les choses de peu d’importance, Dieu vous en confiera de plus grandes.
J’ai vu des gens prendre des décisions ou faire des choix clairement à l’opposé de la volonté évidente de Dieu, ce qui les a placés sur un chemin où ils n’avaient rien à faire, et dans cette situation ils sont entrés dans des jeûnes multipliés pour demander à Dieu de venir les bénir là. Mais réfléchissons une minute : Dieu pourrait-il faire une telle chose s’il nous aime ? Ce qui est clair c’est que les personnes engagées dans une voie qui n’est pas celle que Dieu a prévu, tourneront en rond, perdront du temps voire des années de leur vie. Peut-être un jour reviendront-elles à l’endroit précis où elles ont bifurqué sur la route  ou peut-être ne reviendront-elles jamais de leur mauvaise voie et finiront malheureuses. Ce qui est certain, c’est qu’on ne peut connaître le repos et la paix véritable que sur le chemin que Dieu nous a tracé. Là seulement notre âme peut être calme et dans le repos comme un enfant sevré qui repose sur le sein de sa mère.
Pour en revenir au texte de Michée, le contexte de ce passage de Miché 6/6 et 7 rappelle l’épisode de Balak faisant appel à Balaam pour maudire Israël, et la façon dont le prophète/voyant avait multiplié les holocaustes dans le but d’avoir une réponse de Dieu en faveur de la demande faite par Balak. Avec tous ses holocaustes, Balaam était néanmoins resté dans l’incapacité d’aller à Dieu. C’est Dieu qui chaque fois était allé au devant de lui car Il avait un but au travers de cet évènement qui tout en n’étant pas dans Sa volonté allait néanmoins servir Son plan. Pour aller à la rencontre de Dieu, ton cœur doit être droit et sans détour. Mais Balaam avait emprunté une voie de détour, une voie tronquée et c’est pourquoi chaque fois qu’il allait à la rencontre de Dieu pour recevoir son oracle, il est dit que Dieu alla au devant de lui. Il ne pouvait se tenir devant Dieu et sur le terrain de Dieu avec le dessein qu’il avait dans le cœur. Il avait beau offrir tous les holocaustes qu’il voulait en respectant minutieusement les rites, il avait beau changer de position géographique dans son évocation (tel qu’on le voit en Nombres 23/13), rien de tout cela ne réussissait à faire changer les plans de Dieu. Tu ne peux infléchir la volonté de Dieu concernant Ses plans alors que toi-même tu agis hors de Sa volonté connue. C’est pourquoi la quantité d’holocaustes offerts par Balaam sur les 7 autels ne changea rien. Et même, Dieu qualifiait ces holocaustes de tentatives d’enchantements ou de divination (verset 23). Michée 6 le dit « l’Eternel agréera t-il des milliers de milliers de Béliers, des myriades de myriades de torrents d’huile ? ». Bien que le jeûne soit une pratique encouragée par Dieu tant que l’époux ne sera pas de retour (Marc 2/19 et 20) des jeûnes multipliés peuvent ne rien prouver du tout ; et même pire : certains jeûnes n’ont eu pour conséquence que de renforcer des liens de la servitude chez ceux qui les pratiquaient. La première fois que j’ai vu cela j’ai été estomaquée car je ne comprenais pas. C’était il y a bien longtemps, je me trouvais avec un groupe de personnes à prier et jeûner quand tout à coup un homme qui se trouvait là aussi a manifestement été saisi pendant ce temps de jeûne et prière d’un esprit de délire mystique. J’ai vu aussi le cas de personnes dont la situation a empiré à partir de la période où elles sont entrées dans de très longs jeûnes. Cela signifie toujours que le cœur n’avait pas été en phase avec l’esprit du vrai jeûne. C’est le genre de chose qui peut arriver quand on jeûne pour tenter de forcer la main de Dieu en ne cherchant pas à faire d’abord ce que Dieu nous demande, ce qu’Il attend premièrement de nous et qui souvent se trouve déjà à notre portée.
Ce que l’Éternel demande de toi
La pratique d’un rituel précis ne pourra jamais justifier l’intervention divine, de la même manière que la simple obéissance à la Loi ne saurait justifier quiconque. Cette obéissance-là toute légaliste, n’implique pas forcément l’adhésion du cœur : l’amour pour Dieu et pour le prochain n’entrent pas en compte dans cette obéissance. Dieu qui n’est pas dupe dit d’ailleurs en Osée 6 à Israël « L’affection que vous me portez est comme un nuage matinal ou comme la rosée qui bientôt se dissipe. C’est pourquoi je vous combattrai par le message des Prophètes, je vous tuerai par les paroles de ma bouche et mes jugements éclateront comme la lumière. Car j’aime qu’on agisse avec bonté plutôt que des sacrifices, et la connaissance de Dieu plutôt que les holocaustes ». Voilà ce que Dieu attend : c’est qu’on agisse avec bonté.
On saisit aussi dans ce texte, l’opposition entre la Loi écrite et la Parole vivante de Dieu imagée par le message des Prophètes. C’est cette parole-là qui actualise la Loi dans son sens pratique et sa finalité suprême. Car les Ecritures nous disent à quoi se résume la Loi : aimer Dieu et son prochain. En Romains 13/9 et 10 Paul dit  « Les commandements : tu ne commettras point d’adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point, et ceux qu’il peut encore y avoir se résument dans cette parole : tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait point de mal au prochain, l’amour est donc l’accomplissement de la Loi ». Mais pratiquer la loi parce que c’est la loi sans en saisir le but et la finalité c’est juste rester dans une posture légaliste vide de contenu de sens et de but et cela ne plait pas à Dieu qui est pourtant Celui qui a donné la Loi. Il est tout à fait possible de pratiquer la lettre de la loi sans aimer son prochain et sans aimer Dieu ; et c’est ce que Dieu reproche à son peuple dans ce texte d’Osée « L’affection que vous me portez est comme un nuage matinal ou comme la rosée qui les bientôt se dissipe ». Ce texte montre un peuple qui accomplissait les préceptes de la loi, offrant ses holocaustes sans que son cœur soit impliqué. Dieu leur dit qu’il les combattrait par la Parole des prophètes. Si la Loi donnée sur les tables suffisait, Dieu n’aurait pas envoyé de Prophètes, tout était déjà écrit. Aussi c’est très étonnant d’entendre dire aujourd’hui qu’on n’a pas besoin de Prophètes ou de prophéties sous prétexte que tout est déjà dit et écrit, qu’il n’y aurait donc rien d’autre à dire. Est-ce à dire qu’aujourd’hui nous honorons un Dieu silencieux ? Un Dieu qui n’a plus rien à dire puisqu’il a déjà tout mis par écrit ? Vous imaginez-vous en tant que parents, ne plus du tout parler à vos enfants après leur avoir laissé un jour des instructions précises sur ce que vous attendez d’eux ? Du temps de l’ancienne alliance ce qu’ont annoncé les Prophètes après Moïse n’était pourtant pas autre chose que ce que Dieu avait déjà dit à Moïse et même avant dans les promesses faites aux pères ! Tout y était déjà dans les grandes lignes, absolument tout : les idolâtries à venir du peuple d’Israël, son rejet des préceptes de Dieu, son éloignement du Dieu vivant pour aller s’attacher à d’autres dieux, sa déportation etc ou encore l’émergence de la tribu de Juda d’entre ses frères pour être un sceptre en Israël jusqu’à l’avènement du Schilo (Genèse 49/8 à11). Et que dire de ce que Dieu disait déjà en son temps à Abraham en Genèse 15 concernant sa descendance et tout son cheminement (donc bien avant l’avènement de Moïse). N’est ce pas aussi la même chose que Dieu dira par Moïse et que décréteront également plus tard les prophètes Jérémie ou Ézéchiel.. etc ? L’applicabilité de la Loi par ceux à qui elle était destinée ne pouvait s’incarner ou s’actualiser pratiquement sans la Parole des Prophètes. Il en est ainsi dans la vie naturelle au niveau des normes qui régissent notre vie dans la société civile : il y a toujours une norme souveraine et supérieure ; sans remonter à la Constitution, prenons la loi ; il faut alors des décrets d’application, règlements, circulaires ou arrêtés pour lui donner corps concrètement en ses divers niveaux d’applicabilité, sinon elle pourrait rester lettre morte, inerte et tomber en désuétude faute de lisibilité pratique permettant sa mise en vigueur. Justement si on parle de mise en vigueur c’est bien parce qu’autrement elle est sans force, sans vie. On dira concrètement que le décret lui permet de sortir de son état de latence ou d’inertie. Rapportée à la vie spirituelle cela explique pourquoi il est dit que c’est l’Esprit qui vivifie, sans lui la lettre de la loi est morte, inerte.
Ce que l’Éternel demande de toi, la lettre de la loi te l’apprend, mais sans te donner la capacité de l’accomplir. Ce n’est pas là son but. La loi est là pour dire le droit, ce qui est juste ou ne l’est pas. Mais ce n’est pas la connaissance de la loi qui te donne la capacité d’accomplir ce que l’Éternel demande de toi. Pour imager cela, le droit Français dit que nul n’est censé ignorer la loi ; pourtant nous savons bien que ce n’est pas la connaissance des règles qui empêche aux gens de les enfreindre, sinon nous serions dans une société idéale. Mais la règle de droit est édictée pour permettre la mise en œuvre de la sanction lorsque la loi est transgressée. C’est pourquoi il est dit qu’il n’existe ni crime ni peine sans loi ; autrement dit, si une loi ne définit pas un fait comme une infraction ou un crime nul ne peut sanctionner ce fait. Par conséquent c’est par la loi qu’on connaît le crime ou l’infraction. Ce principe qui émane du droit Romain n’est finalement pas très étranger au principe divin, car comme on peut le comprendre il en est de même sur le plan spirituel où Paul dit en Romains 7 que c’est avec la loi ou le commandement qu’est venu le péché. Le commandement au lieu de conduire à la vie, a conduit à la mort dans le sens où il ne contient pas en lui-même de puissance pouvant donner la vie, il n’apporte que la connaissance de ce qui est juste ou pas, donc amène en quelque sorte la condamnation et la mort. Si nous restons uniquement dans une relation spirituelle basée sur le commandement nous restons sous l’emprise d’une loi de mort quand bien même la loi est divine puisque donnée par Dieu. Le Saint-Esprit doit donner vie à la Loi divine pour qu’elle devienne Esprit et Vie au lieu de se contenter d’énoncer la sentence. Sa finalité lorsqu’elle est vivifiée sera la vie et non plus la mort. Mais sans le souffle vivifiant de l’Esprit de Dieu elle n’apporte que la mort car alors elle ne fait qu’édicter règles sur règles, préceptes sur préceptes, pointant sans cesse la sentence qui tombe sur quiconque ne pratique pas toutes ses dispositions. Paul le dit clairement en Romains 7/10. Aussi, la parole de Dieu n’est pas appelée à rester juste un commandement, elle doit véhiculer la vie, le mouvement et l’être afin que le commandement de mort soit rendu vivant pour atteindre sa finalité suprême. Le redire si nécessaire que le commandement en tant que tel ne conduit pas à la vie ; ce rôle est dévolu à la loi de l’esprit de vie qui est dans la parole vivante et dynamique de Dieu sous l’impulsion du dunamis de Dieu, l’Esprit de la prophétie qui témoigne de la vie du Fils en nous. C’est le Rhêma qui actualise la parole écrite en nous et pour nous. C’est le Dunamis de Dieu qui impulse en nous la vie le mouvement et l’être pour nous permettre de nous mouvoir dans la vie spirituelle. Vous ne pouvez pas vivre en Dieu et de la vie de Dieu juste avec et/ou en pratiquant littéralement ce qui est écrit dans les pages de la bible ; vous avez besoin de ce que la Parole de Dieu fait couler en vous par son Esprit, son souffle vivifiant. Et ça, ce ne sont pas les pages de la Bible même apprises par cœur, mais des décrets que Dieu prononce par sa bouche depuis son trône et fait descendre sur vous. Ce n’est pas une chose faite une fois pour toutes dans le passé à votre conversion, mais des paroles que Dieu édicte continuellement pour écrire sa volonté sur les pages de votre vie et dérouler son plan pour vous tout au long de votre pèlerinage. Votre foi sera édifiée, fortifiée par ces paroles dynamiques de la bouche de Dieu qui descendront dans notre cœur pour susciter en vous vie, mouvement et être. On ne peut pas dire que tout ce qui est écrit dans la bible sort de la bouche de Dieu pour qu’on le pratique. Lorsque par exemple le livre des Rois parle de l’infidélité de David ou de ce qu’Absalom a fait, il s’agit là de récits qui doivent nous servir d’exemple de ce qui ne convient pas de faire à nous qui sommes parvenus à la fin des temps.
Ce qui sort de la bouche de Dieu dans les récits de l’Ancienne Alliance c’est ce qui est dans la Loi et ce que disent les Prophètes dans leurs prophéties, or la Bible ne contient pas que cela ! Beaucoup de ce qui y est écrit constitue des récits dont le but est de nous avertir, de nous encourager, et en ce sens oui elles fortifient et réveillent la foi, mais leur objectif n’est ni de communiquer la vie ni de nous faire vivre par elles. Ce rôle revient uniquement à ce qui sort de la bouche de Dieu et de notre Seigneur Jésus-Christ et qui est bien plus qu’un récit de ce qui s’est passé autrefois. C’est une parole toujours actuelle car vivante et efficace, elle est la description de ce que Dieu fait dans l’aujourd’hui pour nous et en nous par l’Esprit parce que Christ ressuscité est auprès du Père en train d’intercéder pour que la volonté de Dieu édictée dans le ciel par la loi divine s’accomplisse concrètement sur la terre dans nos vies.
Dieu dit aussi dans ce texte d’Osée 6 que Ses jugements éclateront sur le peuple comme la lumière. Lorsque Dieu trouve en nous des ténèbres il envoie sa lumière pour détruire ces ténèbres. Il faut toujours un jugement avant une restauration et c’est le jugement de la lumière que Dieu envoie dans nos profondeurs pour nous transformer et nous restaurer conformément à Sa volonté; nous devons souhaiter ce jugement sinon nous restons sous la condamnation des ténèbres et prisonniers de son prince. Ces jugements peuvent prendre la forme de cette parole vivante et permanente de Dieu donnée par l’Esprit prophétique et qui agit souvent comme une épée allant dans les profondeurs de notre être pour séparer entre âme et esprit. J’aime bien l’image qu’on voit en Juges 3/20 quand Ehud dit à Eglon roi de Moab : « j’ai une parole de Dieu pour toi ». En réalité cette parole n’était rien d’autre qu’une épée à double tranchant (voir au verset 16) qu’il enfonça dans le ventre (les profondeurs) d’Eglon. Cet épisode n’est en effet pas sans nous rappeler ce qui est dit en Hébreux 4/12 « Car la Parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à double tranchant, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les pensées et sentiments du cœur ».
La justice la miséricorde et la fidélité
La suite du verset 8 du texte de Michée dit « On t’a fait connaitre ô homme ce qui est bien, ce que l’Eternel demande de toi c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde… ». Comme évoqué précédemment, celui qui jeûne alors que son cœur n’est pas droit, fait un jeûne qui n’est pas saint ; il se met lui-même sous une condamnation et fait du mal à son âme en prêtant le flan à l’adversaire. Si vous jeûnez alors que vous avez des dossiers en cours non réglés avec des personnes de votre entourage, vous laissez une porte grande ouverte aux puissances de harcèlement ; ce sont là les bourreaux spirituels de la nature de ceux dont parle Jésus en Matthieu 5/21. Dans ces cas-là, vous pouvez vous sentir malmené dans votre corps, ce sont les coups des bourreaux spirituels que vous armez par des jeûnes injustes. Car le jeûne ouvre la porte au monde spirituel dans la mesure où il amenuise la chair en l’abaissant ; votre chair devenant faible par le manque de nourriture, votre esprit prend le dessus. Mais si celui-ci n’est pas en condition d’être soumis à l’Esprit Saint, il sera d’une façon ou d’une autre soumis à un autre esprit résidant dans l’air et qui n’attend que ça. La Bible laisse entendre que c’est lorsque nous sommes dans la soumission à Dieu que nous pouvons résister efficacement au diable. Le jeûne est une façon de soumettre le corps à l’esprit peu importe de quel esprit il s’agit, et c’est pour cela que vous retrouvez la pratique de jeûnes dans toutes les religions dont beaucoup de religions orientales où des gens jeûnent pour rentrer en connexion avec des esprits guides ou maîtres spirituels ascensionnés. C’est pourquoi une bonne relecture d’Esaïe 58 s’impose pour la compréhension du vrai jeûne selon Dieu. En Esaïe 58 on peut voir qu’un jeûne saint pardonne les péchés, guérit les maladies et chasse les démons ; il monte avec force au trône de Dieu comme une huile parfumée. Alors qu’un mauvais jeûne ou un jeûne mal fait, (ou mal saint/malsain) au lieu de briser les jougs ou de délier les liens de servitude va amener de nouveaux jougs ou faire prospérer la méchanceté. Comment expliquer que des chrétiens jeûnent pour que Dieu brise ou condamne leurs frères et sœurs ? Comment peut-on jeûner dans l’optique d’amener quelqu’un à faire quelque chose contre sa propre volonté ? Ce sont là des jeûnes de contrainte où des chrétiens demandent à Dieu de forcer des âmes à faire telle ou telle chose. Or quand tu jeûnes, c’est ton âme que tu dois amener à l’humiliation devant Dieu, pas celle de ton frère, de ta sœur, de ton conjoint ou encore celle de ton voisin. Tu ne jeûnes pas pour forcer le bras de Dieu, l’amener à faire ta volonté ou aboutir ton plan. Le vrai jeûne comme le dit Ésaïe 58 doit être pratiqué dans le but de te faire entrer toi dans la volonté de Dieu, d’entrer dans ce sabbat qu’est le repos en Christ, et ce sabbat comme le dit la fin d’Ésaïe 58 c’est honorer Dieu en nous abstenant de suivre nos propres voies. Tu ne peux pas non plus jeûner avec un cœur amer, envieux ou rancunier car cela place le cœur sous l’autorité et l’emprise de l’ennemi. Au contraire, le vrai jeûne détache les chaînes de la méchanceté et rompt toutes espèces de joug. Par conséquent tu ne peux pas jeûner pour demander à Dieu de poser un joug sur ton frère et ta sœur. Je le précise car le fait n’est pas si rare que ça. Vous entendez des chrétiens dire qu’ils ont jeûné ou vont jeûner pour forcer des âmes à faire telle ou telle chose qui va dans leur sens. D’autres jeûnent pour la conversion d’un proche alors qu’ils refusent de lui témoigner l’amour de Christ qu’ils sont censés avoir en eux. Lorsque par exemple Paul s’adresse à celles et ceux dont le conjoint n’est pas en Christ, il ne leur dit pas de jeûner pour leur conversion mais plutôt ceci : « Femmes soyez soumises à vos maris afin que si quelques uns n’obéissent point à la parole ils soient gagnés sans parole par la conduite de leurs femmes ». Ce que vous êtes parle bien plus et beaucoup mieux que ce que vous pourriez dire. Ce que je trouve toujours tristement pathétique ce sont ces femmes bigotes faisant profession de connaître par cœur tous les versets de la bible ou portant foulard sur la tête, avec des réponses toutes faites à toutes situations et laissant pourtant un témoignage de vie exécrable dans leur sillage ou leur entourage (famille ou voisins ou collègues de travail). Je pense que la situation est grave lorsque des non chrétiens en arrivent à qualifier un chrétien de méchante personne. Cela arrive malheureusement trop souvent et dessert clairement la cause de l’évangile. Ce qui est dit pour les femmes est valable pour les hommes ; c’est juste qu’en général dans l’église il y a davantage de femmes ayant un mari incroyant que d’hommes ayant une femme incroyante et cela ne devait pas être très différent dans les premiers temps de l’église du temps de Paul. J’ai pris ce verset car il établit clairement qu’on peut gagner son prochain sans paroles juste par notre conduite. Mais la méchanceté et le mauvais témoignage ne sont pas une spécificité féminine loin s’en faut. Je sais que des hommes mal animés se servent régulièrement de ce verset comme d’une verge pour frapper leurs femmes qu’ils n’hésitent pas à qualifier d’insoumises ou de mauvaises chrétiennes ; mais il est aussi dit dans un autre passage similaire que le mari doit aimer sa femme comme Christ a aimé l’église. C’est là pour les maris, le grand défi qui va révéler le cœur et la vraie position dans l’esprit. Or beaucoup échouent à ce défi où Christ les attend : ils se révèlent au contraire dans leur foyer, loin des regards de la foule du dimanche, comme des vrais manipulateurs, pervers, narcissiques ramenant tout à leur petit univers comme si Dieu avait créé la femme pour justifier leur propre existence ou la manifestation de leur règne personnel. Mais une telle pensée démontre seulement qu’on n’a pas saisi Christ ni embrassé la révélation de Son corps. Lorsqu’un homme agit d’une manière qui méprise ou avilit sa femme, il ne fait qu’annihiler sa propre existence car Paul le dit « de même que la femme a été tirée de l’homme, de même l’homme existe par la femme et tout vient de Dieu ».)
Si tu ne peux partager l’évangile à tes proches : famille amis ou voisins, ne dis jamais que c’est parce qu’ils sont trop mauvais ou trop impies pour entendre la Parole et la recevoir. Parfois c’est la honte ou le sentiment de n’avoir pas été à la hauteur qui bloque. Si tu es un modèle en paroles, en conduite, en foi, en pureté et surtout en charité, tu n’auras jamais à avoir honte de laisser ta famille tes voisins et tes amis lire la lettre de Christ en toi. Mais si tu refuses de les côtoyer parce qu’ils ne sont pas chrétiens, comment pourront-ils lire cette lettre ? Beaucoup délaissent le terrain proche de la mission qui est le leur (à savoir la famille) pour aller sur un terrain où personne ne les connait. Tu ne peux pleurer pour un inconnu mort sans avoir pu faire la paix avec Dieu tout en restant froid concernant ceux qui te sont proches et qui n’ont pas encore fait la paix avec Dieu. La mission c’est d’abord Jérusalem avant d’aller aux extrémités de la terre. Paul n’est pas allé auprès des Païens avant d’avoir acté le fait que les Juifs rejetaient son évangile. Pourtant quand Dieu l’a appelé c’était dès le départ dans la perspective d’annoncer la bonne nouvelle aux Païens ; mais il a fait les choses dans l’ordre que Jésus avait dit : d’abord Jérusalem avant les extrémités de la terre (Actes 13/46- 47) : « C’est à vous premièrement que la parole de Dieu devait être annoncée ; mais puisque vous la repoussez.. Voici nous nous tournons vers les païens ; car ainsi nous l’a ordonné le Seigneur : je t’ai établi pour être la lumière des nations, pour porter le salut jusqu’aux extrémités de la terre ». Par conséquent tu ne peux pas laisser ta maison en plan (ie en désordre) en prétendant aller mettre de l’ordre à l’autre bout du monde : Dieu est un Dieu d’ordre, un Dieu très méthodique : d’abord ça puis ça ; on y revient encore et toujours : ce qu’il fallait pratiquer d’abord sans négliger les autres choses.
Trois choses sont les plus importantes dans la loi disait notre Seigneur Jésus aux Pharisiens : la justice, la miséricorde et la fidélité. On pourrait penser que ces trois choses nous ne les devons qu’à Dieu. Mais nous ne manifestons bien souvent ces choses envers Dieu que lorsque nous les manifestons envers notre prochain. Tu ne peux déconnecter ton interaction envers Dieu de ton interaction avec le prochain ; car comme on le voit dans la parabole du fils prodigue quand tu pèches contre ton frère, c’est d’abord contre Dieu que tu pèches : Luc 15/21 : « le fils lui dit Mon père j’ai péché contre le ciel et contre toi… ». Et en Nombre 21/7 lors de l’épisode des serpents brûlants, le peuple se repent d’avoir parlé contre l’Eternel et contre Moïse. C’est dans les faits contre Moïse qu’ils avaient murmuré, cependant ils furent conscients que c’était aussi par conséquent contre Dieu qui l’avait envoyé devant eux pour les conduire. Dans ces deux exemples c’est premièrement contre un homme que le péché est commis, pourtant c’est avant tout Dieu ou le ciel qui est cité premièrement.
J’aime bien le Psaume 50 très actuel dans la nouvelle alliance et qui dit à partir du verset 5 : « Assemblez-moi mes bien-aimés qui ont fait alliance avec moi par le sacrifice…j’ai des reproches à te faire mais ce n’est pas pour tes sacrifices ; tu n’as d’ailleurs jamais cessé de m’en offrir. Je n’irai pas prendre un taureau chez toi, ni des boucs dans tes enclos car j’ai à moi toutes les bêtes des forêts, et toutes les bêtes des montagnes par milliers. Le monde entier est à moi et tout ce qu’il contient. …Offre plutôt ta reconnaissance à moi ton Dieu, et tiens les promesses que tu m’as faites, à moi le Très-Haut… ». Puis plus loin encore au verset 16 : «  A quoi bon réciter mes commandements et parler de l’engagement que tu as pris envers moi, alors que tu n’acceptes pas les reproches et que tu rejettes ce que je dis ?.. Tu te laisses aller à dire du mal des autres et tes discours sont un tissu de mensonges. Tu prends position contre ton prochain, tu traines dans la boue ton propre frère ! Voilà ce que tu fais, et tu voudrais que je ne dise rien ? T’imagines-tu vraiment que je suis comme toi ? ». Beaucoup de chrétiens s’imaginent que Dieu est comme eux. Ils appliquent dans leur jugement une mesure qui n’est pas toujours celle du Seigneur. Ils montrent par cela une méconnaissance manifeste des profondeurs du cœur du Seigneur, sinon ils sauraient que la mesure du Seigneur même dans le jugement, porte toujours la marque de ces choses qu’il faut pratiquer premièrement : la justice la miséricorde et la fidélité (ou bonté). Tel Il est, tels nous devrions être. La vraie justice doit puiser dans la miséricorde qui à son tour puise dans la fidélité de/à Dieu.


Savoir tenir sa maison 
Je prendrai pour exemple ici les conditions fixées par Paul pour être un Ancien donc un modèle du troupeau  mais cela s’applique dans la vie de tout chrétien (1 Timothée 3/5) : « Car si quelqu’un ne sait pas conduire sa propre maison, comment prendra t-il soin de l’assemblée de Dieu ? ». La maison symbolise spirituellement notre vie. Je sais que le Ministère ou Service dans l’église exerce un attrait particulier sur plusieurs comme si c’était un signe de promotion spirituelle. Et cela a conduit à beaucoup de désordres et mauvais témoignages dans l’église du Seigneur. Un grand nombre de personne veut être calife, comme s’il y avait là une source de gain ; pourtant Dieu dit que la vraie source de gain en la matière c’est la piété AVEC le contentement. S’il y a du désordre dans ta propre vie, si tu ne sais pas gérer les choses pratiques de ta propre vie dans la sphère naturelle, tu ne seras pas en mesure d’amener une gestion saine dans l’église du Seigneur. Les choses de notre vie pratique sont un terrain d’apprentissage et de formation où nous apprenons à régner et à vaincre dans les pires situations d’adversité. David a appris à régner alors qu’il était berger ; c’est sur ce terrain-là que Dieu lui a appris à vaincre. Pose-toi la question de savoir ce qui se passe de façon récurrente dans ta vie et tu sauras ce que Dieu cherche à produire en toi. Le terrain où il t’amène régulièrement est celui de la victoire qu’il veut amener dans ta vie, le terrain où tu as de l’échec est celui de ta formation ; et tant que tu n’auras pas appris et vaincu tu y reviendras. Ce ne sera pas la peine de jeûner pour sauter l’étape, tu ne partiras de là pour aller ailleurs à l’étape suivante que lorsque tu seras entré dans l’obéissance, appris et reçu ce qu’il y a pour toi en cet endroit du parcours.
L’amour pour Dieu et la charité
Ne croyons pas que nous ne devons et ne pouvons aimer que ceux qui nous aiment. Dieu a donné à ceux qui Lui appartiennent la capacité d’aimer au-delà de ce qui est possible humainement. C’est-à-dire non seulement la capacité d’aimer ceux qui ne nous aiment pas, mais aussi la capacité d’aimer ceux qui ne sont pas du tout aimables. Tous, il nous arrive de côtoyer des gens qui ne sont pas du tout agréables ou « aimable » dans le vrai sens du terme et cela même parmi nos frères et sœurs chrétiens. Pas aimable signifie des gens pour lesquels les aimer naturellement demande de prendre sur soi : un vrai sacrifice. Des gens difficiles à supporter au quotidien, toujours ronchons, à se plaindre de tout, souvent moroses, à critiquer tout ce qui n’est pas selon leurs schémas de pensée ; des gens à proprement parler que vous auriez envie de fuir ou que sans la grâce de Dieu vous expédieriez sans hésiter sur une autre planète où vous seriez sûrs de ne pas du tout les rencontrer. Faut-il préciser ici que malheureusement il est possible que nous soyons aussi aux yeux des autres et parfois à notre insu ce genre de personnes « peu aimables », casse-pied au demeurant, jamais conciliantes etc, à donner parfois mal à la tête à son entourage ! Pour savoir si vous êtes dans cette catégorie, demandez-vous qui dans votre entourage partirait sans hésiter en vacances au moins deux semaines avec vous. Côtoyer quelqu’un occasionnellement et le côtoyer régulièrement voire tous les jours, ce n’est pas la même chose. C’est aussi pourquoi le couple et la famille proche sont un bon terrain de formation du caractère. Cette capacité d’aimer qui vient du Seigneur ne se décrète pas car elle n’est pas dans l’ordre naturel des choses, elle nous fait marcher à contre courant de notre propre nature qui nous pousse à rejeter ce qui nous ennuie ou ne nous correspond pas. C’est très facile de dire qu’on aime les gens tout en se préservant de toute communion fraternelle qui comporte le risque de frictions de chocs et bien entendu de blessures émotionnelles. Pourtant c’est ainsi que les membres croissent dans un corps humain qui se met en mouvement, la cohérence et l’agencement ne viennent jamais d’un coup de baguette magique. C’est certainement facile de prêcher sur l’amour, mais ce qui parle et marque davantage c’est l’amour qui se vit en terrain aride ou qui se manifeste en terrain notoirement infertile.
Nous avons la possibilité de recevoir en nous un pouvoir et une puissance que n’ont pas ceux qui ne connaissent pas Dieu. Il s’agit du pouvoir d’aimer celui qui n’est pas aimable et la puissance de pardonner à celui qui nous blesse. On ne peut pas attendre la capacité d’aimer ou de pardonner de la part de ceux qui ne les ont pas reçues de Dieu. Par contre nous devrions pouvoir être en mesure de les leur donner lorsque cela dépend de nous ; ce qui a la puissance de créer en eux un impact qui prépare dans leur cœur un terrain propice à la réception de l’amour et le pardon du Seigneur. Si toi qui a le pouvoir de le faire tu ne le fais pas, tu renvoies un très mauvais signal sur ce qui agit en toi. La bible dit en Jean 20/22-23 que Jésus a donné à ses disciples la capacité et le pouvoir de pardonner les péchés. La tradition religieuse a confiné ce pouvoir aux prêtres catholiques dans une très mauvaise interprétation du passage. Mais à contrario, certains évangéliques n’ont pas fait mieux en en tirant une sorte de fausse doctrine qui prétend que Dieu nous demanderait de retenir les péchés de certaines personnes en refusant de pardonner leurs fautes. Non bien sûr ! Le passage ne dit que ce qui est écrit et rien d’autre. Et en l’espèce, il dit simplement que ceux à qui nous pardonnons seront pardonnés et ceux à qui nous ne pardonnons pas ne le seront pas. Nous recevons la capacité de le faire mais comme pour tout, nous aurons toujours devant nous le choix d’utiliser cette possibilité ou non, autrement dit de pardonner ou de retenir. Tout dépendra dans quel sens nous laisserons s’incliner notre volonté et notre cœur. Si vous avez reçu Christ vous savez ce que ça fait d’être pardonné de ses péchés. Par conséquent que c’est une chose bien terrible de retenir les fautes de ceux qui nous ont fait du tort si nous avons reçu de Dieu ce qu’il faut pour les laisser aller libres ; c’est à la fois une chose terrible pour celui qui ne pardonne pas et une chose horrible pour celui qu’on refuse de pardonner, les deux seront toujours liés et les deux âmes peuvent être ou libérées ou rester enchaînées. Mais celui qui refuse le pardon ne pourra pas être libéré s’il retient les fautes de son débiteur. Il s’agit ici ni plus ni moins d’une compréhension juste et éclairée de la parabole de Matthieu 18 / 22 : le serviteur impitoyable. Lorsque nous refusons de pardonner, nous jetons en prison notre débiteur en le laissant en proie aux tourments de sa culpabilité/dette. Mais en retour nous nous mettons nous aussi en prison : notre attitude nous laisse nous aussi livré aux bourreaux (verset 34). Le pardon procède d’une histoire de vases communicants : si tu as été pardonné tu as reçu le pouvoir de pardonner ; et si tu pardonnes tu es aussi libéré que celui à qui tu as pardonné : « pardonne-nous comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé ». Celui qui ne pardonne pas est appelé dans la parabole « méchant serviteur » dixit le verset 32. La puissance et la capacité de pardonner, les enfants de Dieu l’ont reçu s’ils sont passés sous le sang de l’Agneau, mais pour autant pardonner ne se décrète pas. Cela passe pour beaucoup par la volonté de ne pas retenir la dette. Or souvent quand on a souffert par la faute d’une personne, il y a en nous dans la chair, cette vie naturelle quelque chose qui trouve injuste de laisser aller gratuitement sans exiger paiement ou châtiment. Mais c’est l’amour que nous avons reçu de Dieu qui brise le cadenas de ce genre de prison. Cet amour divin a seul la capacité de couvrir toute sorte de fautes. Nous avons quelques versets qui parlent de la puissance de l’amour au regard des péchés des autres contre nous : nous avons les passages de Proverbes 10/12 et Proverbes 17/9 souvent cités à tort hors de leur contexte malheureusement pour faire entériner toutes sortes de dérives, mais nous avons aussi 1 Pierre 4/8 : « Ayez avant tout les uns pour les autres une ardente charité, car la charité couvre une multitude de péchés ».
Si je n’ai pas l’amour
Tout récemment alors que j’étais en pleine rédaction de ce message, nous avons appris la nouvelle du décès subit d’un cher frère qui était dans le Ministère. Peu de temps avant son décès, il discutait avec une autre personne exerçant également le ministère et qui a donc pu témoigner des derniers mots de leur conversation car elle était la dernière personne à qui ce frère a parlé ; et il lui avait dit : « tu vois, toutes ces choses : les ministères les titres tout ça ce n’est rien, ce qui importe c’est l’amour, alors aime les gens ! ». Cette parole a une résonance particulière dans des milieux où les ministères revêtent une importance démesurée, milieux où les titres ronflant deviennent le carburant de certains ministères évangéliques. Cette déclaration revêtait tout son sens à ce moment-là et connaissant ces deux personnes je pense qu’il s’agissait là d’un véritable testament spirituel. Tous les échos de la cérémonie de l’enterrement du frère étaient unanimes : ce qui ressortait clairement dans tous les témoignages c’était l’amour que ce frère avait manifesté durant sa vie, autour de lui, envers tous ceux qui le connaissaient et le côtoyaient. Non pas ce qu’il avait fait, mais comment il avait vécu ce qu’il avait reçu et compris. C’est là la trace qu’il a laissée après lui. Et là on comprend ce que disait l’ecclésiaste en écrivant que la fin d’une chose vaut mieux que son commencement. C’est là ce témoignage fort d’amour pour Dieu et pour les autres qu’il a laissé derrière lui. Sa vie avait manifesté cette parole que sa bouche avait dite à peine une heure avant son décès : à savoir que ce qui importe avant tout, c’est l’amour.
Bien entendu l’amour ne fait pas tout, mais tout sans amour, équivaut à rien, du vide ! L’amour ne fait en effet pas tout car beaucoup de fausses doctrines sont enseignées par des gens aimant, des gens remplis d’amour pour leurs semblables. Vous trouvez des gens très débonnaires dans les mouvements du new âge ou des enseignements clairement déviant, alors que dans le même temps vous trouvez des chrétiens avec de bonnes doctrines mais au caractère aigris grincheux parfois même malveillants. Cependant, devrait-on pour autant accepter l’enseignement de personnes débonnaires du new âge ou d’autres doctrines étrangères à la Parole de Dieu. Certes non ! L’amour ne fait donc pas tout. Mais vous pouvez avoir la doctrine juste, la capacité de décrypter comme personne les pépites inédites de la Parole de Dieu ou encore avoir de la foi pour faire tomber toutes sortes de forteresses résistantes, que tout cela n’aurait aucune importance aux yeux de Dieu s’il vous manque l’amour, cette chose essentielle qui est le moteur des œuvres préparées d’avance auxquelles nous sommes appelées. C’est sur ça que tenait à insister le frère juste avant de partir auprès du Seigneur. Je crois que le message a été reçu 5 sur 5 par les frères et sœurs de son assemblée. Ce qu’il avait dit n’était en fait rien d’autre que ce qu’énonçait Paul en 1 Corinthiens 13 et qui est si souvent négligé au profit du reste. Alors que c’est ce qu’il faut pratiquer premièrement sans négliger le reste. C’est pourquoi 1 Corinthiens 13 vient avant 1 Corinthiens 14.
Se délecter des pépites d’or de la Parole de Dieu et passer à côté du diamant que Dieu veut tailler en nous.
1 Corinthiens 13 : « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour je suis comme un airain qui raisonne, une cymbale qui retentit. Et quand même j’aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand même j’aurais toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas l’amour je ne suis rien. Et quand même je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, et quand même je livrerais mon corps pour être brûlé, si je n’ai pas l’amour cela ne me sert de rien ». Nous avons là un résumé des sujets dont nous pourrions éventuellement nous glorifier spirituellement si nous devions nous appuyer sur nos belles actions spirituelles extérieures. Posséder toute la connaissance spirituelle ou de la foi jusqu’à transporter des montagnes, pénétrer la science des mystères émanant de la Parole et ne pas avoir/ ou négliger l’amour.
Les évangéliques toutes dénominations confondues ont cette particularité certainement héritée de la Réforme Protestante, d’idolâtrer la Parole écrire (les Ecritures) comme une œuvre d’art exposée au musée du Louvre. On entend parfois : frères et sœurs la Parole de Dieu est belle ! Le Seigneur m’a montré telle et telle chose dans la Parole en me conduisant dans une révélation profonde etc etc. .. Mais et après ? Qu’est ce que cela a produit dans ta vie ? Quelle trace cette super révélation laisse dans ta vie si elle t’a parlé ? De quelle manière cela t’a-t-il influencé, changé et transformé un petit peu à l’intérieur ? Ce n’est rien de dire «  cela me parle » car en fait ça veut absolument rien dire. Mais quel mouvement différent cela a opéré dans ma marche ? Oui ça a du sens. On peut enfler par la connaissance sans jamais être édifié ou construit correctement à l’intérieur et donc avoir les moyens de croître réellement. Jésus n’est pas mort juste pour nous donner l’intelligence ou la compréhension spirituelle, mais pour que nous ayons la vie en lui, le mouvement par l’Esprit et l’être par la révélation du Père qui nous fait entrer dans notre véritable identité de fils du royaume. Si on ne saisit pas cela, on tombe dans le piège de ceux qui courent après les exégètes Juifs qui comme disent certains, savent décortiquer la Thora. Ils la décortiquent et pourtant n’en saisissent pas la substance de vie à l’instar du fameux rav Dynovisz dont les prédications font fureur chez des chrétiens mal affermis dans la grâce révélée en Jésus-Christ. Ces exégètes Juifs qui refusent le Messie révélé en Jésus-Christ sont exactement à l’image de ce que Paul décrit en Actes 13/27. Ils lisent encore cette Parole chaque sabbat, la décortiquent tout en passant pourtant à côté de Celui dont elle parle, le voile étant encore là. Et c’est devant eux que certains chrétiens tombent en admiration, devant les soi-disant connaissances répandues dans ces prêches, quel drame ! Ces chrétiens sont en train de rétablir le voile déchiré de haut en bas à la mort de Jésus-Christ. Mais l’exégèse n’a jamais contenu la Vie, ni n’a jamais eu la capacité de la véhiculer. Platon et Aristote étaient de brillants exégètes, allons-nous les lire pour recevoir la révélation ?
La vraie intelligence vient de la Vie et la Vie c’est connaître Dieu, non pas avoir une connaissance approfondie de Sa parole, les Écritures. Je peux lire les lettres d’une personne et avoir une certaine idée de cette personne, savoir ce qu’elle aime ou pas, etc, même être capable d’en parler à d’autres, sans pourtant l’avoir jamais rencontrée dans l’intimité. Et ramené à notre relation à Dieu : avoir les lettres, lire ces épîtres que Dieu nous a laissé ne peut remplacer la connaissance de Son cœur qui vient de la Vie qu’il fait couler en celui qui Le reçoit. Alors cessons de vouloir savoir toujours plus de choses à propos de Dieu tout en refusant de faire de l’espace en nous afin que Dieu puisse y manifester Sa vie. Ne soyons pas comme ceux dont Paul disait à Timothée qu’ils apprennent toujours sans jamais parvenir à la connaissance de la vérité. Et ce disant il les comparait à Jannès et Jambrès qui s’étaient opposés à Moïse. Mais ces deux là souvenons-nous, c’était des enchanteurs magiciens de Pharaons. Certains qui cherchent toujours à connaître plus sans se laisser enseigner ou formater le cœur par le Seigneur sont dans une logique de sorcellerie où la bible devient un livre de formule magique et le Saint-Esprit une baguette à actionner pour avoir de la puissance. Mais cela procède d’une méconnaissance manifeste du Dieu vivant.
Une compréhension erronée de l’approbation divine
Certains pensent que Dieu les approuve parce qu’ils font plein de choses pour Lui ou reçoivent des révélations. Ils sont comme dit au début, prompts à produire leurs états de service ou leurs révélations. Je fais tout ci ou tout ça, j’ai tel titre. J’ai guéri un tel j’ai délivré un tel, j’ai ressuscité un tel ! Nous savons déjà ce que Jésus a répondu à ça, à propos de ceux en qui il ne trouvait pas le fruit qu’il attendait, c’est à dire un esprit qui manifeste Son caractère à Lui : je ne vous ai jamais connus ! On peut prophétiser juste tout en n’étant pas en phase avec la volonté de Dieu. Saül n’était-il pas parmi les Prophètes ? Balaam a produit des révélations puissantes de la part de Dieu sur Israël : il a vu un astre sortir de Jacob et un Sceptre s’élever d’Israël, n’était-ce pas une parole parfaitement en accord avec la prophétie aussi donnée auparavant par Jacob en Genèse 49/10. Prophétiser juste n’est pas et ne sera jamais un critère que l’approbation divine repose sur la personne qui prophétise. Voici ce que Balaam disait de lui, comment il se définissait lui-même Nombres 24/ 16 : « Oracle de celui qui entend les paroles de Dieu, qui connait la science du Très-Haut, qui voit la vision du Tout-Puissant, qui se prosterne et dont les yeux sont ouverts ». On dirait de lui aujourd’hui qu’il est un personnage totalement prophétique, il entend Dieu et peut prophétiser mot à mot, il a le don de révélation et de sagesse pour pénétrer la science divine et a des visions prophétiques percutantes (l’œil ouvert). Il est dit de lui qu’il était un voyant ; non pas dans le sens commun du monde mais dans le sens biblique comme l’était Samuel : il voyait ! De plus il se définissait même comme quelqu’un qui se prosterne, donc plus spirituel que lui… ! Néanmoins, vous pouvez faire toutes ces choses, vous définir comme tel spirituellement, et pourtant marcher en ennemi de la Croix, si votre course se situe en dehors des clous de la volonté divine. Rappelons la signification du nom Balaam « qui détruit le temple ». Or la prophétie est donnée dans la nouvelle alliance pour édifier le temple, le corps de Christ : « celui qui prophétise édifie exhorte console ». Si ce que vous dites de la part de Dieu ne produit pas ce genre de fruit en ceux à qui vous parlez de la part de Dieu, ce n’est pas de l’édification du temple. Et si tu ne participes pas à la construction, selon Proverbes 18/9 tu prêtes main forte à celui qui détruit. Dieu ne donne pas ses dons pour l’élévation ou la glorification personnelle du canal, mais pour l’édification de son peuple qui est le récipiendaire et destinataire de ces charismes donnés dans le but de conduire les cœurs à s’attacher à Dieu seul et à nul autre. Par conséquent recevoir des révélations de la part de Dieu ne doit jamais devenir objet ou sujet de gloire personnelle. Dieu vous utilisera si cela peut aider à faire avancer son plan (en cela vous serez des serviteurs inutiles) mais cela ne voudra jamais dire que vous avez son approbation. Dieu utilise les canaux qu’il trouve. Si vous avez les sens spirituels aiguisés, vous pouvez être un canal spirituel, mais ne vous faites pas d’illusion car vos sens vous permettent de saisir de façon égale tout ce qui est spirituel s’ils ne sont pas purifiés. C’est-à-dire que vous pourrez être un canal utilisé par Dieu ou par l’ennemi tout comme Saül qui, à la fois pouvait être saisi par Dieu pour prophétiser et l’instant d’après être saisi par l’ennemi pour avoir envie de tuer David.
Donc comprenons que ce qui compte pour le Seigneur, ce qui importe pour Lui, ce n’est pas ce que tu accomplis, mais COMMENT tu l’accomplis. En ce sens nous parle Marc 12/41 à propos des sous mis par la pauvre veuve dans le tronc ; il est dit que Jésus s’assit pour voir non pas ce que chacun donnait mais comment ils donnaient. Jésus regarde et pèse la qualité de ta vie. Qu’est ce que tu produis autour de toi, quel air tu souffles devant toi et qu’est ce que tu laisseras derrière toi. Produis-tu la crainte ou l’amour dans ton environnement ? Les gens ont-ils envie de te fuir ou de te ressembler dans ta façon de vivre les choses pratiquement? Même être un modèle en foi trouve son expression non pas dans les moments très spirituels du culte communautaire où tout le monde peut vous calculer, mais dans le secret où seul Dieu vous voit, dans la vie pratique de tous les jours, dans le monde où Dieu vous a placé, dans les interactions avec votre entourage chrétien ou pas, votre façon de gérer les choses injustes de ce monde injuste. C’est là le terrain de notre formation. La foi ou la vie spirituelle ce n’est pas un sentiment éthéré ou complètement déconnecté de la réalité de notre vie intime ou publique. Elle s’incarne dans notre quotidien. Et si tu ne sais pas gérer les choses viles ou injustes de cette vie avec ses défis que Dieu laisse volontairement devant toi, comment pourras-tu prendre soin des vraies richesses que Dieu veut te confier ? Les choses les plus importantes dans la vie du royaume de Dieu ce n’est pas premièrement ce que tu fais ou produis à l’extérieur à la vue de tous, mais d’abord ce que manifeste ta vie intérieure. C’est ce que tu es au-dedans qui rejaillira à l’extérieur. C’est ce que tu laisseras aussi après toi en héritage, le témoignage de ta vie et non pas ce que tu auras fait, produit ou réalisé. Souvent on demande aux gens de donner leur témoignage et ils racontent comment ils se sont convertis à Jésus-Christ ; mais cela n’est pas tout le témoignage, ce n’en est que le début. Le témoignage c’est dans les effets de la présence de Jésus dans ta vie au quotidien sur le long terme. Non pas comment Dieu t’a transformé au début mais dans la durée jour après jour au travers des circonstances de ta vie et ce, jusqu’à la fin. Le témoignage est une marche jamais un évènement d’un jour j et puis plus rien. La fin d’une chose vallant mieux que son commencement, si tu devais mourir aujourd’hui que dirait-on de toi ? Que garderait-on ? La façon dont Dieu t’a touché au début ou ce que ta vie a manifesté dans la durée ? Croyez-moi ce qui restera c’est non pas ce que vous avez dit ou fait, mais ce que votre vie aura dit de vous. Le parfum que votre vie aura laissé dans votre sillage sera votre témoignage. Il en a été ainsi de la vie du cher frère Maurice décédé tout récemment. Et c’est sur les paroles qu’il a prononcées juste avant de rejoindre le Seigneur que je voudrais terminer ce message : « Les ministères, les titres tout ça c’est rien, ce qui importe c’est l’amour alors aimons les gens » sans négliger les autres choses.


Eliane COLARD le 11/05/2018.


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1 commentaire:

  1. Tout est dit, c'est ma vie de tous les jours qui doit confirmer mon appartenance à Jésus-Christ.

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