samedi 15 août 2009

La dynamique de l’Ekklésia.

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Dans l'Écriture, le mot « église » ne signifie JAMAIS un bâtiment en dur ! Mais toujours un mouvement qui sort pour se rassembler. Il vient du mot grec « EKKLESIA » qui signifie « appelé (ou rassemblé) en dehors ». Donc, s’il s’agit d’un bâtiment, il faudrait en sortir… pour être réellement l’ « église ».

Étymologiquement, « aller à l’église » voudrait donc dire : « se rassembler en dehors » du bâtiment !

Mais sortons de l’étude des mots, pour en examiner la dynamique.
Dans l’appel d’Abram nous retrouvons déjà ce même mouvement : Genèse 12.1 :

« Le Seigneur dit à Abram : « Quitte ton pays, ta famille et la maison de ton père. Puis va dans le pays que je vais te montrer. » (Actes 7. 3.) 

Quitter, pour aller vers... voilà la dynamique que Dieu met en place dans le coeur de ceux qui l'écoutent et qui lui obéissent. Il est dit d’Abraham qu’il est « le père des croyants » . Nous devenons donc réellement fils d’Abraham lorsque nous avons foi dans l'appel qui est le sien et qui nous fait quitter l'héritage atavique et culturel, pour aller vers notre nouvelle identité en Christ. L’apôtre Pierre nous le dit d'une autre manière :

« Nous avons été rachetés de la vaine manière de vivre héritée de nos pères ». (1 Pierre 1.18.)

Le disciple du Christ ne devrait jamais oublier qu’il a des manières de vivre, venant d'avant sa conversion, qu’il lui faudra abandonner et d’autres manières qu’il va lui falloir acquérir en suivant la trace du Christ !

« Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus–Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui–même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui–même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au–dessus de tout nom... » (Phil. 2.)

Il lui faut choisir entre l’esprit de Babel, qui cherche à s'élever (Bab-El signifie « porte de Dieu », mais aussi « confusion »), et l’Esprit de Christ qui s'est abaissé et qui nous dit : « je suis la porte, nul ne vient au Père que par moi ». Le choix se fait entre deux portes, deux itinéraires pour s'approcher de Dieu.

« Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. » (Mat. 7. 13-14.)

Avant d’aller plus loin dans mon développement, je tiens à préciser que je n’ai rien, à priori, contre les bâtiments ! Ce sont des endroits souvent confortables où il est possible de s’abriter de la pluie, du vent, du froid, ou du chaud. Comme nous le montre l'Écriture, le Seigneur allait dans le Temple et dans les synagogues. (Allez, encore un peu d’étymologie : « synagogué » veut dire simplement : « lieu de réunion »). MAIS IL N’EN ÉTAIT PAS LE PROPRIÉTAIRE ! Pas plus propriétaire que de la barque où il s'asseyait pour prêcher ; que de l’âne sur lequel il est entré à Jérusalem ; que de la salle où il a pris la dernière Cène et que du tombeau où il a été enseveli…

« Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l’homme n’a pas un lieu où reposer sa tête ». Et il donne un avertissement à ceux qui veulent le suivre : « celui qui ne renonce pas à TOUT ce qu’il possède NE PEUT ÊTRE MON DISCIPLE ». (Luc 14.33.)

Il semble que le fait de posséder soit une entrave à la vie de disciple. « Ils laissèrent tout et le suivirent », nous disent les évangiles en parlant de ceux qui ont répondus à l’appel du Christ. Et lorsqu’il les envoie deux par deux pour proclamer la Bonne Nouvelle, il les met en situation de précarité (du latin « précaré » : « demander dans la prière »…). « Pas de bourse, pas de chaussures de rechange, pas de bâton pour s’appuyer … » ! Pour dormir, manger et s’appuyer, il va falloir qu’ils vivent par la foi !

Et ça marche !!! Non seulement ils n’ont manqué de rien, mais en plus, les malades étaient guéris, les démons étaient chassés et Jésus « voyait Satan tomber du ciel comme un éclair » ! Ne serait-ce pas ce manque de moyens humains qui oblige à s'appuyer sur Dieu et qui expliquerait la croissance exceptionnelle de l'Évangile dans les pays « fermés »,, comme en Chine, en Corée du nord et en Iran, où ils sont pratiquement privés de la possibilité de financer les « missions » et « la vie d’église » ?

L'Écriture met en lumière ce qui tient tous les hommes dans l’esclavage du péché. C’est « la peur de la mort » qui nous rend «esclave du seigneur de la mort » (Heb. 2.15.). Nous sommes libérés de cet esclavage par la foi dans la résurrection. Celle du Christ Jésus premièrement, qui nous fait échapper à la condamnation; celle de tous les croyants ensuite, au jour de son avènement. Pour ceux qui croient, « pour tous ceux qui l’ont reçu » (Jean 1.12.), il n’y a donc plus aucune raison de vivre dans la crainte.

Puisque Dieu sauve (« Jésus » signifie : « Dieu sauve »), nous n’avons pas à chercher à nous sauver nous-même. « Celui qui veux sauver sa vie, la perd. Celui qui la perd à cause de moi la trouve », nous dit le Maître. Il faut se rappeler que l’une des dynamiques (esprits) qui mettent en œuvre la tour de Babel consiste à « se faire un nom afin de ne pas être disséminés » (Gen. 11.4.), en opposition avec l’ordre de Dieu qui était de remplir la terre… le même esprit n'est-il pas à l'oeuvre quand on défend le nom et l'identité d'une dénomination chrétienne en cherchant à en faire « une religion reconnue » ?

Dans l’Ancienne Alliance déjà, Dieu ne voulait pas d’un lieu de culte fixe. Il ordonne à Moïse de faire une tente démontable, donc mobile. « D’après le modèle qui t’es montré sur la montagne » (Heb.8.5. Exode 25.40.). Ce qui signifie que le modèle spirituel que Moïse à vu dans les cieux était mobile, lui aussi. Et lorsque le peuple préfère s’appuyer sur le « Lieu Saint » plutôt qui sur l’obéissance à Celui qui l’habite, Dieu en décide la destruction !

« Ne vous livrez pas à des espérances trompeuses, en disant: C’est ici le temple de l'Éternel, le temple de l'Éternel, Le temple de l'Éternel!... Je traiterai la maison sur laquelle mon nom est invoqué, Sur laquelle vous faites reposer votre confiance, Et le lieu que j’ai donné à vous et à vos pères, De la même manière que j’ai traité Silo... » (Jer. 7. 4 à 14.)

On peut remarquer à travers cette histoire que deux dynamiques s’affrontent. D’un côté les prophètes réellement inspirés qui appellent à un véritable retour à Dieu dans la repentance, et de l’autre les « gardiens du temple », qui défendent leur gagne- pain et leur système, sous couvert de défense de l’orthodoxie (« cette peur de perdre » qui est une fille de la « peur de la mort » dont nous parlions plus haut !). Le Christ y fera référence lorsqu'il dira aux scribes et aux pharisiens qu’ils sont de la race de ceux « qui mettent à mort les prophètes ».

On retrouve les mêmes motivations perverses chez les souverains sacrificateurs, les pharisiens et une grande partie du sanhédrin à propos de Jésus :

« Si nous le laissons faire, chacun croira en lui, et les Romains viendront, qui nous extermineront, nous, et le Lieu (Saint), et la Nation. » (Matt.11.48)

Il y a visiblement la « peur de la mort » qui est l'oeuvre derrière ces paroles ! C’est cet esclavage au seigneur de la mort qui les poussera à crucifier le Seigneur de la Vie ! C'est encore cette même peur de disparaître en tant que peuple qui les opposera au christianisme naissant et les fera s'accrocher au rituels de la Loi, au détriment de l'écoute de la Bonne Nouvelle du salut. Car ils avaient bien compris que la foi en Christ ne permettrait pas la sauvegarde de leur identité religieuse et nationale. Selon ce que Paul a bien exprimé par ces mots :

« Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. » (Gal. 3. 28 – Col. 3. 11.)

Lorsqu'un individu, un groupe ou une nation veulent établir des sécurités pour sauver leurs existences, ils s'opposent (sans en être forcément conscients), à la dynamique de la Vie éternelle que Dieu a mise en oeuvre dans l'Église et qui en fait la force. Comme le Christ nous l'a enseigné :

« Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la Bonne Nouvelle la sauvera. » (Marc 8. 35.)

« les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle (l’Église). » (Mat. 16. 18.)

L'histoire d'Abel ne peut se comprendre que par la foi dans la résurrection, sinon elle n'a pas de sens : Celui que Dieu regarde favorablement sera pourchassé, et parfois même tué, par celui dont la démarche religieuse est désapprouvée par Dieu. Mais la résurrection sera le salaire de celui qui n'a pas craint «ceux qui tuent le corps et qui, après cela, ne peuvent rien faire de plus.» (Luc 12. 4.) .

Les oeuvres de Caïn nous montrent bien quels sont les fruits de sa position religieuse. Et l’Apocalypse nous parle du mystère de la femme ivre du sang des saints… Dans la Bible le combat de la foi n'est pas une lutte entre les croyants et les athées, mais entre deux types de croyants, deux façons opposées de concevoir le relation avec Dieu (Caïn et Abel; Ismaël et Isaac; Esaü et Jacob, etc..). Cependant, dans ce combat paradoxal, le vainqueur ce n'est pas celui qui persécute l'autre jusqu'à le tuer, mais celui qui laissé sa vie à cause du nom de Jésus !

«Ils l‘ont vaincu à cause du sang de l’agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort. » (Apoc 12. 11.)

Voilà en quoi consiste le vrai Culte.

Le Seigneur nous explique bien que « ce n’est ni sur cette montagne, ni à Jérusalem... mais en Esprit et en vérité » qu’il nous faut adorer (Jean 4. 21 à 24.). Il nous précise que le temple des juifs sera détruit, et qu’ils chasseront des synagogues ceux qui croiront en Lui. Nous sommes appelés « à souffrir hors du camp », comme le Christ à souffert hors de le ville sainte (Heb. 13. 12-13.)

La Nouvelle Alliance nous parle d’un Culte qui est à l'image du Christ, c'est à dire l’offrande de nos corps dans la vie de tous les jours (Rom. 12. 2.), et cette offrande approuvée par Dieu sera comme « une odeur de mort » (2 Cor. 2. 16.) pour ceux qui n'ont pas saisis la vie et qui ne servent donc pas le même Seigneur, puisqu'ils obéissent encore au « seigneur de la mort »...

Nous sommes encouragés par les Écritures à nous réunir pour nous exhorter mutuellement, mais il n’est nulle part question de former des associations qui deviendraient propriétaires de « lieux de cultes ». Car, selon la dynamique Biblique, ceux qui s'installent et sont reconnus dans le monde, sont également soumis à l'esprit du monde.

« car ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu. » (Luc 16. 15.)

Les « lieux de cultes » reconnus par l'État sont donc des lieux d’où seront chassés « ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus Christ » (2 Tim. 3. 12.) ! Je n’encourage personne à quitter son rassemblement, car on peut en sortir parfois pour de bien mauvaises raisons ! Mais ceux « qui veulent vivre pieusement en Jésus Christ » n’ont pas à s’inquiéter : s'il vivent vraiment par l'Esprit de Christ, on ne tardera pas à leur montrer la direction de la porte à cause de la « mauvaise » odeur qu'ils dégagent !

A ce moment là, qu’ils n’oublient surtout pas de pardonner et de prier pour ceux qui leur font du mal, les calomnient et les persécutent. « Alors ils seront fils de leur Père qui est dans les cieux » (Luc 6. 35.).

Jean-Luc B

3 commentaires:

  1. merci , jean Luc, que le Seigneur te donne de pouvoir continuer à enseigner d'une manière différente de celle des pharisiens ... de cette façon !!!

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  2. Ma fille veut faire partie de la liste des membres d'une église-bâtiment. Elle est divorcée avec 1 ado et 1 garçon et je ne sais pas comment lui dire de ne pas se faire inscrire sur cette liste.

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  3. Si ta fille veut faire partie de la liste de membres d'une "église-bâtiment, c'est qu'elle se plait à Babylone. Crois-tu que l'empêcher de s'inscrire changera quelque chose à cette réalité ?

    Si elle n'a pas le projet de vivre le Culte "en Esprit et en vérité", elle n'abandonnera pas le confort et les facilités que l'on trouve dans la "Grande Ville", car le chemin du retour est étroit et resserré et passe par le désert. Sortir de Babylone n'est constructif que lorsque c'est pour revenir aux fondements.

    Pour la petite histoire, beaucoup de juifs sont sortis de Babylone mais ne sont pas retournés relever l'Autel sur ses fondements comme nous le lisons dans Esdras et Néhémie. Ils sont effectivement sortis, mais malheureusement dans la direction opposée, jusqu'en Afghanistan, en Birmanie et en Chine... on en retrouve encore la trace aujourd'hui, mais ils ont pratiquement perdus leur identité d'origine...

    De la même façon, certains aujourd'hui sortent de la Babylone spirituelle des systèmes religieux, mais ce n'est pas selon l'appel d'Abraham (pour aller dans la direction indiquée par Dieu). Ils suivent leurs propres idées ou bien un "directeur" ou un "maitre", mais ils n'écoutent pas la voix du Bon Berger et s'égarent donc dans des sentiers qui mènent à la mort...

    Ce dont ta fille et toi avez besoin, c'est d'une véritable conscience de la volonté de Dieu à votre égard, qu'Il vous révèle où vous en êtes, afin de pouvoir marcher dans la bonne direction, de façon à atteindre le but qu'Il a désigné.

    Jean-Luc B

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