dimanche 12 février 2012

Ranime la flamme dans le chandelier

Par Eliane Colard

Apocalypse 2 :

 « Ecris à l'Ange de l'Eglise d'Ephèse: celui qui tient les sept étoiles en sa main droite, et qui marche au milieu des sept chandeliers d'or, dit ces choses :
Je connais tes œuvres, ton travail et ta persévérance, et je sais que tu ne peux souffrir les méchants, et que tu as éprouvé ceux qui se disent être apôtres, et ne le sont point, et que tu les as trouvés menteurs.
Et que tu as souffert, et que tu as eu patience, et que tu as travaillé pour mon Nom, et que tu ne t'es point lassé.
Mais j'ai quelque chose contre toi, c'est que tu as abandonné ton premier amour.
Souviens-toi donc d'où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres ; sinon, je viendrai à toi, et j'ôterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes.
Cependant tu as ceci en ta faveur, c'est que tu hais les actions des Nicolaïtes, lesquelles je hais aussi.
Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux assemblées. A celui qui vaincra, je lui donnerai de manger de l'arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu. ».

L’église d’Ephèse fait partie des 7 chandeliers décrits au chapitre 1 du livre de l’Apocalypse, au milieu desquels Jésus-Christ apparait à Jean (versets 12 et 20). Ces chandeliers ne sont pas à confondre avec les 7 lampes du chapitre4 verset 5, car ils sont définis par l’Ange comme représentant les 7 églises à qui les lettres sont adressées, alors que les 7 lampes du chapitre 4 représentent les 7 esprits de Dieu (Cf. le temps de la vigilance). Dans la lettre qui lui est adressée, l’église d’Ephèse est reconnue par le Seigneur pour son activité, sa peine, sa persévérance, sa patience dans la souffrance pour le nom du Seigneur, également pour son aptitude à éprouver et démasquer les faux apôtres et autres imposteurs spirituels en mettant en lumière leurs mensonges. Le Seigneur reconnait aussi qu’elle ne supporte pas la méchanceté, et termine en disant que cette église a cependant en sa faveur le fait de détester les œuvres Nicolaïtes, sentiment que partage le Seigneur.
Nous apprenons au travers de cette lettre adressée à l’église d’Ephèse que ni ses œuvres, ni son travail pour Dieu, pas plus que sa persévérance ou sa patience manifestée dans la souffrance endurée à cause du nom de Jésus-Christ, ni même sa haine du mal et de la méchanceté n’ont suffit à emporter l’approbation du Seigneur.

C’est comme si pour Dieu, toutes ces choses ne servaient à rien. Seule la haine du Nicolaïsme semble retenir de façon positive l’attention du Seigneur : Ephèse partageait Sa haine pour les actions des Nicolaïtes et Jésus trouvait que cela était bon. Le terme « cependant » (ou toutefois) introduit en effet dans ce texte la seule chose que le Seigneur a trouvé de bon dans l’église d’Ephèse. Nous comprendrons par la suite que d’une certaine façon, c’est précisément la haine du Nicolaïsme qui permettra à Ephèse de revenir de là où elle est tombée afin de retrouver la flamme de son premier amour. Car les œuvres Nicolaïtes ont joué un rôle non négligeable dans la régression de l’église d’Ephèse.

Ephèse ou la piété sans force

Toutes les choses que le Seigneur a trouvées en Ephèse sont bonnes en soi sous un rapport strictement biblique ; elles font partie de ce que le chrétien doit pouvoir manifester à un moment ou un autre au cours de sa marche. Les œuvres consécutives à la foi sont censées être manifestes dans l’église ; et ici Jésus reconnait en Ephèse l’existence d’œuvres et de tout un travail « pour » Dieu. La Parole de Dieu nous exhorte à être patients dans l’épreuve et persévérants dans la souffrance pour le nom du Seigneur et c’est ici le cas de l’église d’Ephèse. La Bible nous encourage à ne pas aimer la méchanceté ; elle nous encourage aussi à détester ce que Dieu déteste et à rechercher la sanctification sans laquelle nul ne verra le Seigneur. Pourtant nous voyons ici que sa haine du mal, et sa recherche de la sanctification et de la piété n’ont pas suffit pas à Ephèse pour emporter l’approbation de Dieu. C’est parce qu’en dépit de toutes ces choses, Ephèse avait négligé l’essentiel tout comme Marthe de Béthanie s’agitait pour beaucoup de choses certes utiles, mais secondaires au regard du Seigneur, à l’inverse de Marie sa sœur qui elle, avait trouvé la bonne part, cette chose essentielle, la seule nécessaire (Luc 10/ 41- 42) : « Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée. ». (Cf. les œuvres de type Marthe). Ephèse caractérise le Christianisme qui se base sur son « activité » pour plaire au Seigneur ; celui qui se contente d’astiquer le chandelier en négligeant l’élément essentiel qui donne au chandelier tout son sens : c'est-à-dire sa flamme. Sans cette chose essentielle pourtant, tout le reste demeurait vain. Cette chose essentielle était son premier amour qu’Ephèse avait abandonné en chemin. C’était la flamme de ce premier amour, entretenue dans le chandelier, qui permettait à Ephèse de répandre sa lumière conformément à sa vocation. En l’absence de cette flamme, le chandelier perdait sa raison d’être, quand bien même il serait par ailleurs doté de toutes sortes d’accessoires susceptibles d’améliorer sa performance.

De fait, toutes les choses que Jésus trouve en Ephèse se présentent comme des accessoires qui participent à la piété devant découler normalement de la vie du chrétien et de l’église. Mais ce ne sont justement que des accessoires et non pas le combustible du chandelier. Cette piété se trouve dénuée de toute force si elle n’est pas la conséquence de cette chose essentielle que Dieu n’a pas trouvée en Ephèse. Dans l’économie de la nouvelle alliance, la piété ne sera jamais une cause mais une conséquence de la vraie spiritualité. Elle ne peut être que la conséquence d’une relation d’intimité profonde avec le Dieu d’amour ; intimité à partir de laquelle Il fait couler Sa vie (et par conséquent Sa nature) en ceux qui vivent en communion avec Lui. C’est cette intimité qui entretient en nous la flamme du premier amour si indispensable dans le chandelier. Sans cette flamme, le chandelier d’Ephèse perd sa raison d’être ; c’est pourquoi le Seigneur lance à Ephèse cet avertissement à devoir se réformer sous peine de voir son chandelier ôté de sa place.

Ephèse ou le refroidissement de l’amour

Toutes les assemblées composant l’Eglise de Jésus-Christ sont concernées par cette lettre, car il y est expressément demandé que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit « aux assemblées » et non pas à la seule assemblée en question. Et il en sera de même pour les 6 autres lettres adressées aux autres églises. Car toutes ces assemblées sont des descriptions types de l’état de l’Eglise à une période d’obscurité descendant sur le monde et précédant la venue du Seigneur Jésus-Christ.

Cependant, si on devait choisir l’une de ces églises pour caractériser l’église d’aujourd’hui, on ne choisirait pas d’emblée Ephèse, mais certainement d’abord Laodicée à cause de sa tiédeur, son aveuglement, sa nudité spirituelle et sa grande illusion sur elle-même. Ou encore le choix pourrait se porter sur Sardes, qui symbolise l’église passant pour vivante alors qu’elle est moribonde, sorte de vierge insouciante qui ne veille pas alors que l’époux est à la porte. Même Thyatire pourrait être plébiscitée à ce titre pour sa faculté à incarner l’esprit de mélange et de prostitution spirituelle qui caractérise l’église actuelle. Généralement, il vient rarement à la pensée de prendre Ephèse pour un type de l’église de l’époque dans laquelle nous sommes parvenus. Et pourtant Ephèse est typique de l’église d’aujourd’hui parce qu’elle porte en elle un des traits saillants de la période d’obscurité et d’iniquité décrite par Jésus-Christ comme devant caractériser les temps de la fin (Matthieu 24/ 12) : « Et parce que l’iniquité se sera accrue, l’amour du plus grand nombre se refroidira ». C’est précisément ce que le Seigneur reproche ici à l’église d’Ephèse : « ce que j’ai contre toi c’est que tu as perdu la flamme de ton premier amour». Ephèse n’est pas tiède comme Laodicée, ni sur le point de mourir comme Sardes, ni même adultère comme Thyatire, elle est tout simplement devenue froide alors qu’elle était censée être une source de lumière et de chaleur. Une lampe éteinte est froide quand on la touche, elle ne procure plus ni lumière ni chaleur. Le chandelier d’Ephèse est devenu froid parce que sa flamme s’éteint peu à peu jusqu’à disparaitre complètement du chandelier; c’est pourquoi cette assemblée symbolise le refroidissement de l’amour dans l’Eglise aux temps de la fin.

La flamme du premier amour et les œuvres du commencement

La flamme du premier amour d’Ephèse était la disposition première de son cœur envers le Seigneur. Cette église était certainement au départ comme une fiancée au cœur brûlant pour son époux, Le cherchant sans cesse à l’instar de la Sulamithe du Cantique des cantiques ; celle-ci est constamment à la poursuite de Celui que son cœur aime, sachant que son amour vaut mieux que le meilleur des vins. Dans sa fougue et son ardeur envers son Bien-aimé, elle se joue des gardes de la ville et de leurs menaces, elle est prête à risquer sa vie pour être en la présence de Son Bien-aimé. C’est son désir brûlant qui soutenait sa course vers Lui afin de Le saisir et ne plus Le lâcher. C’est ici la disposition de cœur que le Seigneur attend de son peuple, celle d’une fiancée au cœur ardent qui se prépare à devenir une épouse.

Jérémie 2/2 : « Va, et crie aux oreilles de Jérusalem : Ainsi parle l'Éternel : Je me souviens de ton amour lorsque tu étais jeune, de ton amour lorsque tu étais fiancée, Quand tu me suivais au désert, dans une terre inculte. ». Oui la fiancée suit son fiancé partout où il va, même au désert dans une terre inculte. Cette terre inculte c’était l’état du monde avant que les disciples ne commencent à y répandre la semence de l’évangile du Christ. Et grâce à la présence de cette flamme en eux, ils ont pu transformer cette terre inculte en une terre capable de faire germer le salut en recevant les eaux du ciel. Ils ont été pour la plupart au travers de leur propre vie offerte, la semence même de cet évangile du salut. Comme le grain de blé, beaucoup sont tombés en terre pour une libération puissante du fruit de cette semence. C’était là une conséquence de la flamme de ce premier amour : ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre de la donner pour le Seigneur. C’est ce même amour brûlant qui s’était manifesté auparavant chez la femme de Béthanie, la poussant à briser le vase d’albâtre pour en répandre le précieux contenu sur le Seigneur Jésus. Son geste était l’expression d’un amour profond et extravagant pour son Bien-aimé : elle aimait, sans retenue ni crainte pour sa réputation, Celui qui l’avait tant aimée.

Au commencement, l’église avait ce type d’amour extravagant pour le Seigneur, un amour brûlant qui la poussait à faire les actes les plus fous au regard de la sagesse humaine ; elle était saisie de cette folie de Dieu qui va de pair avec la puissance de la prédication de la croix. Malheureusement la fiancée a mûri et son amour a changé, est devenu plus « raisonnable », un amour qui a vieilli, entraîné dans une routine de vieille mariée qui n’aime plus son époux que par habitude , faisant certes encore les gestes des premiers temps, mais sans la même ferveur : des formes de la piété mais sans la force qui va avec. Le feu brûlant du désir qui la portait auparavant s’est étiolé. Et l’église a fini par ne plus contempler avec émerveillement le visage de son fiancé. Dans sa propre sagesse, elle a considéré en avoir découvert définitivement tous les contours au point de pouvoir définir par des dogmes précis comment Il est et comment Son Esprit agit. Quel drame ! Car pourrions-nous jamais prétendre à ces deux choses ? L’Esprit du Seigneur agit comme Il veut et va là où il veut. De même, le cœur du Seigneur est si vaste et son amour si profond que nous ne pourrions jamais en sonder en totalité la longueur la largeur la profondeur et la hauteur ; ce n’est que lorsque nous le verrons face à face que serons en mesure de connaître parfaitement ces choses. Néanmoins, nous ne pouvons contempler quotidiennement Son visage et voir constamment la même chose pour en rester toujours au même point de notre connaissance de Lui. Cette contemplation devrait nous mener chaque fois un peu plus loin dans la découverte de qui Il est, et de Sa gloire (2Cor. 3/18). L’église qui recherche et poursuit constamment son Seigneur est comme le scribe instruit sur le royaume des cieux : elle doit constamment pouvoir tirer de son bon trésor, non seulement des choses anciennes mais encore des choses nouvelles puisque ce faisant elle se renouvelle dans la connaissance du Seigneur. Mais dès lors qu’elle cesse de Le poursuivre, elle cesse aussi de se renouveler, et se sclérose jusqu’à perdre toute vigueur.

Les œuvres du commencement étaient issues non pas d’un enseignement doctrinal détaillé et complet dès le départ : telle une feuille de route à suivre au mot près, mais d’un travail du Saint Esprit dans les cœurs en proportion de l’intensité de la flamme dans le chandelier. L’enseignement doctrinal est venu au cours de la marche comme une résultante de l’action de l’Esprit au milieu de l’église conformément aux Paroles du Seigneur : « Il vous enseignera toutes choses, prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera ». Nous reviendrons sur les œuvres du commencement dans le paragraphe concernant le retour à la pratique des premières œuvres.

D’où es-tu tombé ?

La position originelle du chandelier

La Bible en Français courant propose la version suivante pour le verset 5 : « De quelle hauteur tu es tombée ! Prends-en conscience, change d’attitude et agis comme tu l’as fait au commencement… ». Selon ce verset, Ephèse est tombée de haut ; certainement elle avait une place de choix. De fait, les épîtres des Apôtres nous donnent une indication sur la richesse de la révélation de Christ libérée sur cette assemblée. Nous trouvons dans la lettre aux Ephésiens des enseignements précieux pour l’édification de tout le Corps de Christ conformément à la pensée divine. L’église d’Ephèse avait une place particulière parmi les autres églises : c’était le chandelier central : lire à ce sujet « Letemps de la vigilance § les 7 esprits de Dieu » : [..Pour éclairer, les chandeliers dépendent de l’entretient et du niveau d’huile dans les conduits, et les lampes ardentes d’Apocalypse 4/5, qui sont les 7 esprits de Dieu alimentent de leur nature chacun des chandeliers-églises. Ainsi, l’Esprit de l’Eternel, (un des 7 esprits de Dieu : Esaïe 11. 2) qui représente la lumière à l’état pur…, alimente de sa nature l’Eglise d’Ephèse qui est celle qui parmi les 7 avait reçu une plénitude de révélation concernant le plan de Dieu et la vision du Corps…].

L’Esprit de l’Eternel avait ainsi doté le chandelier d’Ephèse d’une huile précieuse comme de l’or, à l’image de l’huile dorée coulant du chandelier de la vision de Zacharie (Zac.4). Cette huile ne manquait pas dans le chandelier tant que l’Esprit de l’Eternel l’alimentait ; cependant la pérennité de cette alimentation dépendait étroitement de la disposition de cœur envers le Seigneur. Cet or était un dépôt sur lequel cette église devait veiller afin que le chandelier soit en mesure d’éclairer continuellement. Mais au cours du temps, Ephèse avait laissé cet or être altéré jusqu’à être remplacé par quelque chose de vil qui avait entraîné l’extinction de sa lumière.

L’église d’Ephèse avait été enseignée sur tout ce qui touche à la personne de Jésus-Christ. L’apôtre Paul y avait passé trois années à entretenir les Ephésiens de tout ce qui se rapportait au royaume de Dieu (Actes 19 et 20/31), la Parole y croissait en puissance et en force. Paul dira d’ailleurs aux anciens d’Ephèse : « Je vous ai tout annoncé et enseigné en public et dans vos maisons, je ne vous ai rien caché de ce qui devait vous être utile.. ». Lorsqu’il sera en prison, il les entretiendra dans une épître d’un message portant cette fois sur des révélations au sujet du royaume des cieux. Cette lettre (de Paul aux Ephésiens) qui s’ouvre sur un dévoilement des richesses incompréhensibles de Christ, apportera un message percutant sur le mystère de Christ. Ce message à Ephèse était inédit par rapport aux enseignements donnés jusque là par les apôtres. La dimension de l’épître aux Ephésiens est en effet plus élevée, il y est fait état d’un dévoilement plus profond du domaine céleste en rapport avec l’héritage de ceux que Dieu a prédestinés à être Ses enfants d’adoption dès avant la fondation du monde. C’est à Ephèse que Paul parlera du grand mystère se rapportant à la relation de Christ avec l’église, message qui est une référence prophétique aux noces à venir de l’Agneau avec son épouse qui se sera préparée.

L’église d’Ephèse avait donc reçu de la part du Seigneur un enseignement fondamental et déterminant pour tout le corps de Christ. C’est en ce sens que le dévoilement du Seigneur aux Ephésiens allait bien au-delà de la simple église d’Ephèse. Ces révélations sur la nature de Christ et la vision de Son corps, donnaient à Ephèse une position centrale d’éclaireur : une position stratégique parmi les chandeliers au milieu desquels marche le Seigneur Jésus. Elle était comme la lampe placée sur la montagne pour éclairer toute la ville. Ephèse était placée de façon à ce que sa lumière soit visible depuis cette hauteur comme dit en Matthieu 5/ 14 : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. ». Et Luc 11/33 prolonge cette pensée en disant : « Personne n'allume une lampe pour la mettre dans un lieu caché ou sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière. ». Ephèse avait donc au départ une telle situation avantageuse, sa lumière devait éclairer tous ceux qui entreraient dans la maison. Mais elle n’a pas tenu cette position, elle a régressé et est descendue de sa hauteur. Sa lampe a été mise sous le boisseau et elle n’a plus procuré de véritable lumière à ceux qui entraient dans la maison. C’est pourquoi Jésus lui parle de la hauteur de laquelle elle est tombée. Sa lumière s’étant éteinte, si rien ne changeait, son chandelier devait être ôté de cette place stratégique, de peur qu’elle ne finisse par enténébrer tous ceux qui se trouveraient dans son champ ; c’est ce qu’illustre la suite de ce même passage (Luc 11/34-36) : « Ton œil est la lampe de ton corps. Lorsque ton œil est en bon état, tout ton corps est éclairé ; mais lorsque ton œil est en mauvais état, ton corps est dans les ténèbres. Prends donc garde que la lumière qui est en toi ne soit ténèbres. Si donc tout ton corps est éclairé, n'ayant aucune partie dans les ténèbres, il sera entièrement éclairé, comme lorsque la lampe t'éclaire de sa lumière. ».  Avec toutes les révélations reçues du Seigneur, Ephèse était comme une lampe dans le Corps de Christ. La vision du Corps de Christ qu’elle avait reçu faisait d’elle l’œil de ce Corps qu’elle devait éclairer dans la marche. Mais sa flamme s’éteignant, l’état de cette lampe s’était considérablement dégradée.

La perte de la flamme et l’apparition d’œuvres Nicolaïtes

La nature des premières œuvres était la conséquence de la vivacité de la flamme du premier amour. Aussi, la disparition progressive de cette flamme devait entraîner comme conséquence l’apparition d’œuvres de nature entièrement différente, avec des répercussions importantes sur cette assemblée.

Prends-en conscience

Le Seigneur enjoint à l’église d’Ephèse de prendre conscience du moment et de l’endroit où elle est tombée de sa position. Ephèse s’est au cours du temps encombrée de lourds bagages qui ont fini par éteindre la flamme de son chandelier. À un moment elle a cessé de suivre l’Esprit de Dieu là où il se déplaçait (car Dieu n’est pas statique, son trône bouge comme Ezéchiel a pu le voir en vision : les roues). Le chandelier de cette église s’est laissé draper d’un lourd manteau de formalisme et de ritualisme, c’est ainsi que la flamme du commencement fut progressivement mise sous le boisseau du Nicolaïsme naissant (des œuvres) qui allait plus tard complètement noyauter l’église de Pergame (une doctrine).

La Bible nous apprend que très peu de temps après ses débuts, l’église d’Ephèse eut à faire face à certaines difficultés apparaissant en son sein. Paul mettait en garde contre l’apparition dans cette église de faux docteurs et de mauvais ouvriers qu’il nomme en Actes 20/29 des « loups cruels ». Il a d’ailleurs eu à combattre de ces loups cruels ainsi qu’il le dit aux Corinthiens (1 Cor. 15/32) : « Si c'est dans des vues humaines que j'ai combattu contre les bêtes à Éphèse, quel avantage m'en revient-il ? ». Ces faux docteurs et mauvais ouvriers- loups cruels sont précisément de ceux dont Jésus dit qu’ils se prétendent apôtres alors qu’ils ne le sont pas ; l’église d’Ephèse les avait trouvés menteurs après les avoir éprouvés. L’apparition d’œuvres Nicolaïtes à Ephèse était étroitement liée à l’arrivée de ces faux docteurs et mauvais ouvriers. Ils véhiculaient des enseignements pernicieux afin d’entraîner les disciples après eux et ravir ainsi le prix de leur course. Le Nicolaïsme a poussé dans le terreau des nombreuses hérésies et fausses doctrines qui pénétraient par ce biais dans l’église d’Ephèse. Cette ville avait été auparavant un foyer pour toutes sortes de fables païennes, de magie et de superstitions sans oublier une grande dévotion idolâtre (Diane- Artémis). Aussi, le danger de déviation de la foi y était grand, c’est pourquoi Paul avait jugé bon de rassembler les anciens d’Ephèse pour leur faire sa mise en garde solennelle.

Cependant l’église d’Ephèse n’est pas entrée dans ce combat de la bonne façon : elle a combattu en mettant de côté ce que Dieu lui avait donné pour être un vainqueur. Dans le but d’endiguer les hérésies et spéculations gnostiques qui commençaient à l’envahir, elle a commencé à s’organiser, se structurer. Elle fut divisée en diocèses où les évêques prenaient de plus en plus de place et d’importance puis commencèrent à gouverner l’église comme une institution afin de pouvoir préserver son intégrité face au danger de délitement qui se profilait. Ensuite ils se sont regroupés en synodes qui devinrent les conciles qui ont élaboré puis mis en place des confessions de foi avec pour objectif de contrer ces nombreuses hérésies périphériques. Par la suite, de nombreuses traditions non issues de l’enseignement des apôtres sont venues se rajouter à ces confessions de foi.

Ainsi dans l’église, peu à peu l’autorité humaine avait fini par se substituer à l’autorité divine. Un culte liturgique et ritualiste avait fini par remplacer le culte en esprit et en vérité des assemblées informelles et autonomes se réunissant auparavant sous la conduite de l’Esprit de Dieu. Un cléricalisme officialisé était peu à peu venu remplacer le sacerdoce universel des croyants. Il n’en fallait pas plus pour que le Nicolaïsme fasse son entrée dans l’église, soufflant sur le chandelier d’Ephèse un vent glacial qui allait le faire déchoir de sa position en éteignant sa flamme. Sous l’emprise du Nicolaïsme, Ephèse a délaissé le vêtement du sacerdoce universel accompagnant le culte en esprit et vérité pour revêtir les oripeaux du cléricalisme. Cela a abouti à l’autoritarisme des évêques avec un formalisme qui allait tuer la dynamique de vie des premiers temps de l’église. La flamme du premier amour entretenue par la consommation du fruit de l’arbre de vie était en train de disparaitre pour faire place à la religion alimentée par le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Le délaissement des premières œuvres.

Le Nicolaïsme a correspondu à un moment où Ephèse a commencé à bâtir pour Dieu au lieu de se contenter d’entrer dans l’œuvre de Dieu, oubliant que c’est Jésus qui bâtit l’Eglise (Matthieu 16/18). Ce faisant, elle a suivi un chemin qui rappelle celui des fils des prophètes dont l’histoire est relatée en 2 Rois 6/ 1 à 6. Ceux-ci étaient partis au Jourdain ramasser du bois afin de se construire une demeure plus vaste que celle qu’ils avaient jusque là. C’est en coupant le bois de cette future demeure que l’un d’entre eux a perdu l’instrument qui lui avait été confié. Et il a fallu jeter du bois pour faire remonter à la surface cet instrument confié et dont il devait rendre compte en tant que gestionnaire (le fer était emprunté). Tout le bois recueilli en cet endroit revêtait une importance certaine pour les fils des prophètes car ils comptaient dessus pour édifier des lieux d’habitations bien plus confortables. Mais ils n’avaient pas le choix, la parole de Dieu par la bouche du prophète était sans appel : il fallait revenir à l’eau du Jourdain, et y jeter un morceau de ce bois (ce qui représentait prophétiquement le fruit de leur travail), afin de pouvoir récupérer l’instrument perdu en ce même endroit.

On pourrait dire que de façon similaire, le problème d’Ephèse a commencé au moment où elle a voulu quitter la place que Dieu lui avait assignée, abandonnant par la même occasion l’instrument qui lui avait été confié. Elle est descendue de la position qui était la sienne en allant spirituellement au Jourdain, mot qui en Hébreu veut dire « descendre » (les fils des prophètes avaient dit à Elisée : « laisses-nous descendre au Jourdain). Le chandelier dès cet instant, avait changé de position spirituelle. Ephèse avait quitté sa position élevée sur la montagne pour descendre dans la vallée du Jourdain qui est la frontière séparant le pays de sa promesse des territoires périphériques. Elle a voulu quitter le territoire entièrement consacré par Dieu et à Dieu, pour revenir à une position frontière d’avec l’esprit du monde. Puis elle avait entrepris de construire pour Dieu en utilisant les matériaux trouvés en cet endroit.

Le Seigneur veut la ramener au Jourdain, là où elle a abandonné son fer (l’or que Dieu lui avait confié), pour entreprendre de construire avec du bois (les rudiments du monde qu’elle a amassé et fait entrer dans la maison de Dieu sous prétexte de la consolider). Au cours de cette entreprise que Dieu ne dirigeait pas, Ephèse avait abandonné son dépôt du commencement. Après avoir commencé avec un instrument divin et spirituel, elle avait du continuer avec un instrument humain et charnel. Tout en travaillant avec persévérance sans se lasse (Apoc1/2), elle avait perdu l’outil que Dieu lui avait donné au départ. Dès lors, comment Dieu pouvait-Il approuver tout le mal qu’elle s’était donné ? Son travail bien que conséquent s’avérait vain car elle avait négligé l’essentiel. Le matériau qu’elle avait fait entrer dans la construction ne résistait pas à l’épreuve des yeux de feu de Celui qui marche au milieu des 7 chandeliers d’or (1 Cor. 3/ 12 et 13). La vision du chandelier reçue par le prophète Zacharie sert à démontrer que toute construction dans l’œuvre du Seigneur ne peut se faire que par Son Esprit et jamais par le secours de la puissance ou de la force humaine (ni par puissance ni par force mais par son Esprit). Dans le récit de cette vision, il y a un détail important : l’huile qui sort des conduits dorés pour alimenter le chandelier est elle-même dorée. On a du mal à imaginer la nécessité d’une huile faite d’or pour une telle utilisation. Et pourtant cela a un sens. Il s’agissait ici d’un combustible précieux d’une valeur élevée, utilisé pour un usage précieux et élevé. L’outil que Dieu avait confié à son église était d’une valeur inestimable qu’elle ne pouvait se permettre le luxe d’abandonner ou de perdre, tout comme les fils des prophètes ne pouvaient se permettre de perdre le fer qui leur avait été confié. Ce fer représente symboliquement aussi les armes spirituelles dont Dieu a doté son église.

Retrouver la flamme du chandelier

Ephèse doit absolument récupérer ce dépôt précieux du commencement pour que son chandelier ne soit pas ôté de sa place. Comme dans l’histoire des fils des prophètes, son bois devra être jeté dans le fleuve afin de faire surnager le fer qui lui avait été confié. Le message dans le texte de 2 Rois 6 est spirituel car matériellement il est impossible qu’un morceau de bois fasse surnager un morceau de fer tombé au fond de l’eau.

Se débarrasser du vil pour retrouver le précieux

« Jette ton or parmi les cailloux des torrents  et le tout Puissant sera ton or ».
L’église d’Ephèse doit se débarrasser de son or vil afin de retrouver l’or du Seigneur perdu au fond des eaux de la tradition et du ritualisme qui ont amené le refroidissement au milieu d’elle. Elle doit récupérer les choses appartenant aux richesses insondables de Christ qui lui avaient été communiquées (Ephésiens 3) ; et elle doit aussi réapprendre à marcher d’une manière digne de la vocation qui lui avait été adressée (Ephésiens 4/1). Pour tout cela, elle aura besoin de revenir au Jourdain en opérant un changement d’orientation salutaire : repens-toi.

Le Jourdain signifie plusieurs choses : il symbolise tout d’abord les eaux de la séparation ou de la transition car ce fleuve sert de frontière entre deux territoires. Ici, dans un sens spirituel, il sépare deux états de l’église ou du chrétien : deux positions antagonistes entre une marche par l’Esprit avec le secours de la puissance du Seigneur et une marche par la chair avec le secours de la force et la puissance humaine. Mais le nom de ce fleuve signifie aussi « la rivière du jugement ». Ainsi, Dieu fait revenir Ephèse au Jourdain pour que soit séparé en elle le vil du précieux au moyen d’un jugement par l’épée de Sa Parole qui sonde les reins et les cœurs afin de rendre à chacun selon ses œuvres (Hébreux 4/12); cette épée selon ce verset opère dans les cœurs une œuvre profonde de séparation. C’est l’épée à double tranchant qui se trouve dans la bouche de Celui qui marche au milieu des 7 chandeliers d’or. Par conséquent, revenir au Jourdain signifiera spirituellement pour Ephèse (et pour nous), revenir à une position où Dieu pourra à nouveau la mettre sur orbite afin de la faire rentrer dans ses plans après sa défaillance ; un lieu où elle pourra tout à nouveau passer la ligne de séparation qu’elle avait franchie dans le mauvais sens.

La dénonciation des faux ouvriers et le combat de la foi

Ephèse est le type même de l’église devenue experte dans l’art de démasquer les faux docteurs et mauvais ouvriers. Ce n’est pas en soi une mauvaise chose car l’église du Seigneur est la colonne et l’appui de la vérité. Aussi, tout en instruisant dans la vérité, elle doit aussi dénoncer les erreurs et les réfuter afin que les enfants de Dieu soient propres à toute bonne œuvre à laquelle Dieu les appelle. Mais pour autant, cette posture ne peut suffire à faire de nous des vainqueurs dans le combat de la foi qui est le nôtre. Pire, cela peut parfois dans certains cas constituer un mauvais combat de la foi. Nous pouvons dénoncer les faux docteurs, mauvais ouvriers et autres imposteurs dans l’église et pourtant finir par être disqualifiés nous-mêmes dans la course si ce faisant, nous avons négligé l’essentiel qui est de veiller sur la flamme du chandelier.

Aujourd’hui plus que jamais comme en Ephèse, une partie de l’église de Jésus-Christ est engagée dans la dénonciation (et même parfois la traque) des faux docteurs ainsi que dans la mise à l’épreuve de ceux qui se prétendent injustement apôtres et qui ne le sont pas. Il faut dire que nous sommes dans une période de l’église où le titre d’apôtres est devenu monnaie courante : beaucoup de soit disant ministres de Christ se sont auto proclamés tels sans avoir reçu de mandat divin. Cette imposture se développant de plus en plus, sa dénonciation se répand dans les mêmes proportions. Et c’est ainsi qu’on voit sans cesse apparaître de nouveaux « ministères » auto proclamés de dénonciation de faux ministères auto proclamés. La surenchère en devient presque grotesque car tout le monde finit par dénoncer tout le monde ce qui est d’ailleurs une des résultantes du fait qu’il existe aujourd’hui presqu’autant de ministères de docteurs que de doctrines particulières basées sur un point de la révélation biblique ou un autre. Et parfois dès qu’une doctrine entre en divergence avec une autre, la dernière devient hérétique pour la précédente avec laquelle elle ne semble pas s’accorder en tous points. Il est souvent arrivé que ce qui fut considéré comme hérétique n’ait été en réalité que la remise en lumière par le Saint-Esprit de vérités abandonnées par l’église. Il s’avère généralement que toute pratique qui ne s’accorde pas avec une tradition bien installée dans l’église apparait d’emblée hérétique ; non pas forcément au regard des saintes Ecritures, mais vis-à-vis des traditions de l’église. C’est ainsi que tout au long de son histoire l’église chrétienne s’est caractérisée par la juxtaposition d’un mauvais combat de la foi et d’un bon combat de la foi. L’inquisition était un mauvais combat de la foi. Cependant si les églises issues de la Réforme se sont détachées de l’église catholique Romaine en permettant au Seigneur de restaurer un temps le flambeau de la révélation, elles ont-elles mêmes fini par laisser s’éteindre la lampe dont elles étaient devenues les récipiendaires. Elles ne l’ont pas alimentée ; aussi pour éviter son extinction totale, le flambeau fut transmis à d’autres. Si l’inquisition sous sa forme la plus abjecte n’est pas revenue, on put malheureusement constater que toujours ceux qui recevaient à leur tour ce flambeau devenaient des hérétiques pour les précédents qui les persécutaient. C’est ainsi que des chrétiens sont entrés dans un mauvais combat de la foi en combattant comme faux apôtres ou mauvais ouvriers ceux qui poursuivant ardemment le Seigneur étaient parvenus un plus loin que ceux qui les avaient précédés ; il leur était souvent reproché d’être allés au-delà de ce qui est écrit, alors qu’en réalité ce n’était jamais que la tradition de l’église qui se trouvait ainsi bousculée dans ses repères.

Néanmoins, la Parole de Dieu nous encourage à combattre les vraies fausses doctrines qui menacent régulièrement la foi transmise aux saints. Tout comme les apôtres du Seigneur n’ont cessé de le faire, nous devons aussi entrer dans ce combat de la foi pour la sauvegarde de son intégrité. C’est là un bon combat de la foi qui est déterminant pour la santé spirituelle des enfants de Dieu, car les fausses doctrines véhiculent généralement la mort avec elle dans l’église (Cf. le texte : « lamanne cachée ou provision du ciel pour temps de famine »). Cependant, il est important de saisir que démasquer les faux apôtres et mauvais ouvriers n’est pas un gage de bonne santé spirituelle sinon Ephèse n’en serait pas là.

La haine des œuvres Nicolaïtes et le bon combat de la foi

Le Seigneur reconnait qu’Ephèse partage Sa haine de ceux qui se sont érigés en maitres dans l’église afin de dominer sur les enfants de Dieu. Mais détester ces œuvres Nicolaïtes n’est pas non plus un gage de bonne santé spirituelle sinon Ephèse n’en serait pas là. Cependant, c’est un point de départ pour la réformation de toute son attitude. C’est pourquoi Dieu trouvait que cette haine du Nicolaïsme plaidait faveur de cette église.

Cependant, tu as ceci en ta faveur

La haine du Nicolaïsme est la pierre de touche du combat d’Ephèse pour retrouver la flamme de son premier amour. Dans ce combat pour revenir au temps des premières œuvres ou premiers commencements, cette haine prendra toute son importance. Cependant, il s’agit d’un combat délicat car pour revenir au temps des premiers commencements, Ephèse devra lutter contre quelque chose qui se trouve en son sein, qu’elle devra éradiquer d’elle-même, de son propre cœur qui en a été affecté. Ce combat est difficile dans la mesure où il doit aussi être mené contre un ennemi intérieur. Ephèse a besoin de l’expression de cette haine au milieu d’elle pour trouver la force de renier les œuvres qui ont pris racine en elle, et pouvoir revenir à celles du commencement. Mais une certaine haine charnelle du Nicolaïsme a souvent contribué à entrainer les chrétiens dans un souper à l’ombre de l’arbre de la connaissance du bien et du mal : ils savent tout ce qu’il y a à savoir sur l’Eglise, son organisation, sa véritable structure, ce qu’elle devrait être selon la vision de Dieu et ce qu’elle n’est pas. Cependant, connaitre ou maîtriser ces connaissances ne signifie pas grandir dans la connaissance de Christ, ni avoir la capacité de vivre en vérité toutes les choses intégrées dans les enseignements engrangés. Pour cela, il faut quitter le chemin de l’arbre de la connaissance « du bien et du mal » pour pénétrer sur le sentier de l’arbre de la vie qui se trouve dans le paradis de Dieu.

Ceux qui quittent les structures sclérosantes de l’église institutionnelle (souvent dite Babylonienne) en pensant pouvoir automatiquement vivre hors d’elle un culte dépouillé de toute trace de Nicolaïsme, s’exposent souvent à de grandes désillusions si elles n’ont pas saisi que Babylone en plus d’être un système avec des formes extérieures identifiables, est aussi un système qui étend ses racines profondément dans les cœurs. Aussi rejeter ce système ou même le déconstruire dans les pensées par un enseignement purifié, ne sera jamais qu’une partie préliminaire du combat contre le Nicolaïsme. Car les schémas de pensées ne sont bien souvent que la résultante de sillons creusés profondément dans les cœurs. Ce n’est donc encore là qu’une partie du travail de séparation, la partie déterminante se passe ensuite. Or c’est souvent dans ce qui suit, dans la lutte pour entrer de façon effective dans un vrai culte épuré de toute trace du Nicolaïsme que beaucoup buttent et s’arrêtent ou retournent en arrière lorsqu’ils ne meurent pas carrément dans le désert (Cf. « l’Espritd’Elie et la doctrine de Balaam dans l’église § sortir deBabylone). En effet, souvent après être sortis, certains restent dans la périphérie du pays promis, se contentant de résider sur les rives situées en deçà du Jourdain à l’instar des 2 tribus et demi d’Israël qui n’ont pas souhaité entrer dans le même héritage que leurs frères après la sortie d’Egypte (Nombre 32/1 à 5). Ils ont voulu se limiter à un territoire qui leur semblait convenable sans aller plus loin. De même, après avoir quitté le confort des églises instituées, beaucoup commencent joyeusement à suivre l’arche de Dieu dans le désert pour finalement refuser de lui emboîter le pas au moment où elle s’engouffre dans les eaux de la séparation du Jourdain. Ils s’arrêtent en chemin sans aller jusqu’à l’autre bord où Dieu voudrait les conduire.

Ephèse devra résolument aller plus loin que la simple haine du Nicolaïsme ; elle devra en débusquer les racines là où elles se sont logées en elle. Car haïr et dénoncer des œuvres des Nicolaïtes n’éradique pas leurs effets de nos cœurs.

Le retour à la pratique des œuvres du commencement

La condamnation des œuvres Nicolaïtes, pour ne pas être stérile, doit aller plus loin et conduire à la pratique des œuvres du commencement. Ephèse est appelée à être une église victorieuse, de ces vainqueurs dont Jésus dit qu’Il leur donnera de manger du fruit de l’arbre de vie du paradis de Dieu. Le Seigneur demande à Ephèse non seulement de se repentir après avoir pris conscience de la façon dont elle avait perdu sa flamme, mais encore de pratiquer ses premières œuvres, celles du commencement. Beaucoup parmi les dénonciateurs actuels du Nicolaïsme dans l’église, croient à tort que revenir aux premières œuvres se limite à revenir aux anciens sentiers conduisant aux premiers enseignements de l’église primitive ; mais ce n’est pas ce qu’indique la recommandation du Seigneur à l’église d’Ephèse. Parfois quand on évoque l’époque de l’église primitive, on pense au vécu rapporté dans Actes 2/42. Mais en ce temps-là, les chrétiens ne disposaient pas encore des enseignements de l’apôtre Paul sur l’Eglise, celui-ci n’était même pas encore converti. L’enseignement qui était donné à ce moment-là était certes conforme aux Ecritures de l’Ancien Testament et au témoignage des 12 portant sur tout l’enseignement reçu du Seigneur Jésus-Christ, mais n’intégrait pas encore tout ce dont nous disposons aujourd’hui. Quand il est dit que les Juifs qui étaient à Bérée vérifiaient constamment dans les Ecritures pour voir si ce qu’on leur annonçait était juste, il faut comprendre qu’ils vérifiaient dans l’Ancien Testament. Cependant, le Saint Esprit œuvrait dès ce moment là conformément à la volonté du Père pour édifier l’église qui « agissait » parce qu’elle recevait de Dieu le dépôt qui lui donnaient la capacité d’agir. C’est pour cela que les œuvres de la première église sont rapportées dans un livre qui se nomme «  les Actes des apôtres ». Aussi, revenir aux premières œuvres n’est pas recevoir un enseignement doctrinal aussi conforme serait-il à la Parole de Dieu dans toute son intégrité, mais c’est plutôt revenir à la pratique de tels actes. Certes l’enseignement de la saine doctrine est une chose utile et nécessaire que Dieu agrée ; et sous cet angle l’église a aussi absolument besoin de revenir aux anciens sentiers de la Parole. Mais ici Dieu ne s’adresse pas à Pergame (Cf. texte « La manne cachée »), mais à Ephèse où malgré la présence du Nicolaïsme (des œuvres), celui-ci n’a pas encore atteint le degré de perversion de la foi tel que développé à Pergame (une doctrine). Et au regard de la situation spécifique d’Ephèse, se contenter de revenir à un enseignement doctrinal purifié de toutes hérésies n’est pas suffisant pour faire revenir la flamme du premier amour. Car l’enseignement ne se substitue pas à la vie, ni ne la précède ; elle la suit. Nous pourrions passer notre temps à déconstruire les mauvais schémas de fonctionnement hérités du cléricalisme, et engranger parallèlement une somme considérable d’enseignements purs, que cela ne nous ferait pas pour autant incarner la dynamique de vie inhérente aux œuvres du commencement. Une assemblée peut recevoir un enseignement correct tout en demeurant aussi glaciale qu’un mausolée. C’est l’Esprit qui vivifie ; l’enseignement est utile mais sans la vigueur de l’Esprit elle peut communiquer la mort qui découle de la consommation du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Si le Seigneur demande à Ephèse de revenir à la pratique des œuvres du commencement, c’est qu’avant tout Il voudrait la voir rechercher la flamme perdue, celle qui était autrefois le moteur de ses actions, celle sans laquelle cette église aurait été incapable d’être un témoin de son Chef Jésus-Christ. En effet, tous les actes accomplis par les premiers disciples pour rendre témoignage à la Parole du Seigneur, ont été rendus possible grâce à la puissance qu’ils ont reçue par l’assistance du Saint Esprit descendu sur eux au moyen des langues de feu qui symbolisaient bien plus que le fait de parler en d’autres langues. Ce n’était ni leur puissance ni leur force qui leur donnait la capacité d’accomplir les œuvres du commencement, mais uniquement celle de l’Esprit de Dieu. C’est grâce à ce feu répandu sur eux que l’évangile a pu être libéré avec puissance au commencement. La parole de leur témoignage se répandait tel un feu issu de leur bouche non seulement pour apporter la lumière aux nations, mais encore pour détruire les œuvres du diable. L’église du commencement était prête à sacrifier sa vie pour la libération de cette parole. Le feu de Dieu dans le cœur d’Etienne l’a conduit au feu du bûcher qui a percuté le cœur de Saul qui devint Paul apôtre de l’église de Jésus Christ, celui qui allait recevoir par la suite une plénitude de révélation sur le mystère caché pendant des siècles (Romains 16/ 25).

Que n’a-t-on pas entendu comme explications sur la disparition de cette flamme du commencement et de ses actions puissantes ! Soit disant que l’église étant désormais édifiée, Dieu n’avait plus besoin d’agir comme à la pentecôte en déployant Sa puissance pour accompagner la prédication de Sa Parole. Mais bien sûr que l’église est édifiée ! Mais cette édification est-elle terminée au point que ce qui était utile au départ ne le soit plus aujourd’hui ? Non bien entendu ! Et l’église du Seigneur a certainement besoin aujourd’hui de la même puissance de Dieu qu’au commencement. S’il devait en être autrement, il serait difficile de comprendre la raison pour laquelle le Seigneur Jésus-Christ enjoint ici à Ephèse de revenir à la pratique de ces premières œuvres. L’attitude qui consiste à dire que si ces œuvres ont disparu de l’église à un moment, c’est parce que Dieu a voulu qu’il en soit ainsi (raison qui ne trouve jamais un appui cohérent dans la pensée générale de Dieu révélée tout au long de sa Parole), cette attitude somme toute regrettable conduit à une posture qui empêche toute remise en question personnelle. Or ici le Seigneur veut plutôt conduire Ephèse à entrer dans cette sorte de remise en question que nous cherchons parfois résolument à contourner par facilité. Cette remise en question est en rapport étroit avec le dépôt de Dieu à Son église, car un chandelier ne peut fonctionner sans flamme. Il n’a jamais été dans l’intention du Seigneur de retirer sa flamme à l’un quelconque de ses chandeliers chargés d’éclairer le monde. La seule chose que le Seigneur menace d’enlever de sa place c’est le chandelier si la flamme n’est pas ranimée. La disparition des premières œuvres, loin d’être une chose normale voulue de Dieu, est une conséquence de la déchéance de la position du chandelier de l’église (Apoc. 2/ 5 Darby : « Souviens-toi donc d'où tu es déchu, et repens-toi, et fais les premières œuvres ». Dieu ne se satisfait pas de cette déchéance et de ses conséquences, le croire est absolument contraire à l’esprit même de cette lettre adressée à Ephèse. Sinon, Dieu ne lui demanderait pas de prendre conscience de cette déchéance, d’avoir à se repentir puis de revenir à la pratique des premières œuvres abandonnées.

Ephèse est loin de représenter une frange (ou dénomination) particulière du Christianisme. Le reproche qui lui est fait s’adresse à toute l’Eglise ; car la lettre à Ephèse décrit un état général de la chrétienté aux temps de la fin, un temps de refroidissement général du chandelier par manque de chaleur et de lumière. C’est un appel à toute l’église pour une remise en question salutaire.

Manger du fruit de l’arbre de vie du paradis de Dieu

La version du texte d’apocalypse 2 qui se trouve au début de ce texte dit ceci : « à celui qui vaincra, je lui donnerai de manger de l’arbre de vie ». Le « de » introduit une idée de pouvoir et de capacité dans l’action. Ici cela signifie que c’est celui qui vaincra dans ce combat, qui sera en mesure de manger du fruit de cet arbre : sa victoire le mettra en position de pouvoir s’approcher de nouveau de cet arbre et de se nourrir désormais de son fruit et non plus du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Cette promesse du Seigneur est véritable ; et sur un plan spirituel elle est déjà opérationnelle pour ceux d’Ephèse qui sont victorieux dans le combat mené pour retrouver la flamme du premier amour. Dieu fera entrer dans ce lieu de délices, tous ceux qui auront mené le bon combat de la foi contre les œuvres du Nicolaïsme.

Manger de l’arbre de vie signifie être restauré dans la relation de départ avant la chute. C’est le fait de se nourrir du fruit de cet arbre qui fera revenir la flamme et donnera à Ephèse la capacité et la puissance de revenir à sa position du début, celle d’avant la déchéance ; car c’est le retour de la flamme qui détermine le retour aux premières œuvres. Cela signifie aussi que la pratique des œuvres du commencement ne peut venir que d’une action de Dieu en nous sur la base de notre démarche. C’est la nourriture de l’arbre de vie qui communique la vie de Dieu et donne la dynamique nécessaire à la pratique d’œuvres que Dieu agrée.

De l’huile dans la lampe

Le paradis de Dieu est le lieu où Dieu rencontre l’homme, le sanctuaire le lieu très saint où Il se révèle à nous (Cf. L’échellede Jacob § autels et sanctuaire). Ici au travers de cette lettre, nous sommes rendus à la nécessité de revenir à cette intimité avec Dieu pour recevoir Sa nourriture : la manne qui nourrit notre esprit pour le faire fonctionner conformément à sa nature. C’est dans ce lieu que nous recevons l’huile qui permet le renouvellement et la pérennité de la flamme dans le chandelier. Sans cette huile, pas de flamme et sans sa flamme le chandelier perd son utilité. C’est cette réserve d’huile qui a manqué aux vierges folles de la parabole des noces (Matthieu 25) : leur lampe était éteinte à l’arrivée de l’époux. Dans cette parabole, ce que l’époux avait sanctionné ce n’était pas le sommeil des vierges puisque toutes les 10 se sont endormies puis réveillées en même temps, mais c’était l’extinction des lampes des vierges folles à cause de leur négligence (Matthieu 25 verset 8 : «  donnez-nous de votre huile car nos lampes s’éteignent »). Les vierges sages quant à elles, avaient en leur possession la réserve d’huile nécessaire, car malgré leur assoupissement, la flamme de leur amour était entretenue, elles avaient fait le nécessaire pour cela. Elles dormaient mais leur cœur veillait comme la Sulamithe du Cantique des cantiques : « J'étais endormie, mais mon cœur veillait... C'est la voix de mon bien-aimé, qui frappe : -Ouvre-moi, ma sœur, mon amie, Ma colombe, ma parfaite ! Car ma tête est couverte de rosée, Mes boucles sont pleines des gouttes de la nuit »


Dans la parabole des noces ce qui a fait la différence c’est la réserve d’huile qui a permis à certaines d’avoir leur lampe allumée au retour de l’époux. Il est clair que nous sommes parvenus à une période d’obscurité de plus en plus profonde sur le monde. Or durant la nuit il est difficile de ne pas s’endormir ou s’appesantir dans le sommeil, car le sommeil fait partie des cycles naturels de la vie (Cf. Le nuage qui s’élève de la mer § uneéglise Laodicienne). Mais au cœur de la nuit lorsque la voix de l’Esprit retentira « voici l’époux !», comment réagirons-nous ? Serons-nous prêts à courir à sa rencontre telle une fiancée au cœur ardent ? Ou devrons-nous partir à la recherche d’huile chez ceux qui en vendent ? Car en réalité, dans cette parabole, si l’état des lampes n’avait pas revêtu une importance capitale, il n’aurait pas été utile que les vierges se préoccupent du fait qu’elles soient ou non allumées, il leur aurait suffit de se réveiller en entendant la voix au milieu de la nuit et de courir en l’état à la rencontre de l’époux. Mais ce n’était pas ainsi qu’il était prévu que les choses se fassent : l’état des lampes étaient un élément incontournable de la préparation des vierges (Matthieu 25) : « Au milieu de la nuit, on cria : Voici l'époux, allez à sa rencontre ! Alors toutes ces vierges se réveillèrent, et préparèrent leurs lampes. ». À cause de cette préparation, l’apôtre Jean dira dans sa Révélation : « les noces de l’Agneau sont venues et son épouse s’est préparée », c’est parce que la préparation des lampes en est une étape importante. L’huile qui réalimente la flamme du premier amour fera la différence car l’épouse qui partira en est une qui se consume d’amour pour son bien-aimé (Cf. Quelréveil, quels signes quels temps § pourquoiDieu veut réveiller son peuple). En effet, un cœur brûlant d’amour est par-dessus tout, ce qui caractérise une véritable épouse, celle qui sera la femme de l’Agneau (Apocalypse 21).

Alors ceignons les reins de notre entendement et veillons à ce que nos lampes soient allumées (Luc 12/35) car voici l’époux vient bientôt.

Eliane Colard


3 commentaires:

  1. à méditer "Les Sept Esprits de Dieu [064]" sur ce lien :

    http://www.logon.org/french/s/p064.html

    bénédiction Martine

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  2. .
    Martine,

    Je m'étonne que tu n'aie pas remarqué que le lien que tu donnes nous envoie vers un site qui répand plein de fausses doctrines. Il prétend revenir à la foi des premiers apôtres, mais une simple lecture de ses croyances montre combien il en est éloigné :

    Il répand une mauvaise façon de voir le Christ en niant sa divinité, ce qui est grave pour un site qui prétend diffuser des enseignements bibliques (je cite) :

    [[« Christ n’est pas Dieu dans aucun sens que Dieu le Père est Dieu et qui seul est immortel (1Tim. 6:16) existant à perpétuité.  »]]

    De plus, ce site enseigne à revenir sous la loi et en particulier en obligeant à revenir à l'observance du sabbat (je cite encore) :

    [[« Ainsi, Il est impossible d'être un Chrétien et d'aimer Dieu et Christ sans observer la loi. Cela, nécessairement, implique l’observance du Sabbat en tant que le Quatrième Commandement.  »]]

    Oh bien sûr, il explique plein de choses concernant les chiffres et les symboles et les âmes mal affermies s'imaginent ainsi entrer dans le secret de la connaissance spirituelle ! Mais avec des fondements doctrinaux aussi mal établis, je déconseillerais donc de lire et de suivre ces enseignements dangereux.

    Jean-Luc B

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  3. Merci Jean Luc je voulais savoir ce que tu en pensais c'est fait merci
    martine

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