Le Culte véritable dans la Nouvelle Alliance

Quel culte pour les disciples du Christ ? 

 Un peu d’histoire. 

2 000 ans de christianisme ont eu pour conséquence de nous éloigner, parfois assez fortement, des enseignements des apôtres du Christ. Il a cependant toujours existé des hommes et des groupes dissidents qui revenaient régulièrement aux fondements scripturaires (cathares, bogomiles, vaudois, albigeois, etc...), mais ils étaient extrêmement persécutés et à part le bouche à oreille, il ne disposaient pas de moyens efficaces pour transmettre ce qu'ils avaient redécouvert. Lors des «croisades» menées contre eux, leurs manuscrits étaient systématiquement brûlés -avec leurs propriétaires- sur des bûchers qui ont enflammés l'Europe d'alors. Ce qui a permis aux inquisiteurs de ne mettre en valeur que les déviations doctrinales de certains groupes dissidents et de stigmatiser ainsi l’ensemble de ceux qui ne suivaient pas les errements du Vatican. 

Cependant, quelques siècles plus tard grâce à l'invention de l'imprimerie, la Réforme Protestante du XV° siècle a disposé d'un formidable outil de propagation de ses idées, ce qui a permis à de grandes foules de commencer à s'éloigner des erreurs du système romain. Les écrits de Wyclif ont influencé Jan Huss, Jérôme de Prague, et après eux Luther, Calvin, Zwingli et bien d’autre encore, et ont permis à des millions de croyants de lire la Bible dans leur langue avec des yeux nettoyés des fausses doctrines que le système romain avait imposé aux populations sous son pouvoir.

Ils commencèrent alors avec plus ou moins de rigueur à «réformer» leurs pensées et leurs pratiques religieuses qui s'étaient éloignées des enseignements apostoliques originels. Mais très vite, ils éprouvèrent malheureusement le besoin d'édifier un système religieux «réformé» en face du système romain qui s'opposait à eux, et hélas la dynamique de départ se figea. Bien que les Réformateurs eurent à plusieurs reprises exprimé l'impérieuse nécessité que la Réforme soit continuelle, dans les faits les remises en cause doctrinales et ecclésiales se firent de plus en plus rare. Un nouveau système avait remplacé l'ancien. Il est vrai que dans sa structure hiérarchique il était devenu plus proche de l'original, moins pyramidal, mais force est de constater que le mouvement dynamique du départ avait fini par devenir un monument figé qui n'a plus trouvé en lui les capacités vitales de continuer à se réformer…

 Des réactions personnelles. 

Lorsque la Parole de la Bonne Nouvelle parvient à nos cœurs et que Dieu nous convainc par son Esprit, nous entrons par cette nouvelle naissance dans une Nouvelle Alliance. Cette nouvelle vie est basée sur la relation spirituelle qui s’est établie entre le Père et nous par la Personne de son Fils. Nous expérimentons alors que c’est l’Esprit même de notre Dieu qui anime notre existence et nous remplit de paix de joie et d’amour, comme l’avait lui aussi découvert l’apôtre Paul : 

 «Car le Règne de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit.» (Rom. 14. 17.) 

 «L’amour de Dieu est répandu dans nos coeurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné.» (Rom. 5. 5.) 

Tous ceux qui ont vécu une véritable conversion ont fait cette expérience merveilleuse. Malheureusement, au bout de quelques temps, le feu semble s’éteindre, le premier amour tend à disparaître et nous prenons conscience que quelque chose ne tourne plus rond. Et souvent, en voulant nous ressaisir sans consulter le Seigneur, nous risquons de tomber dans toute une série de pièges et de séductions qui prendront notre temps et notre énergie sans nous donner cependant ce qu’ils semblent nous promettre. 

- Nous avons le piège de l’hyperactivité qui nous épuise sans nous permettre de retrouver la plénitude de notre expérience du début. On s’astreint alors à participer à davantage de réunion chrétiennes, ou a prendre plus de temps pour prier ou lire la Bible, en oubliant malheureusement que lorsque le Seigneur est venu habiter en nous Il ne l’a pas fait à cause de nos œuvres, mais par pure grâce, et ces activités remplies de bonheur dans les premiers temps de notre Rencontre avec Lui n’étaient que la CONSÉQUENCE de sa Présence. Nos œuvres ne peuvent être bénéfiques que lorsqu’elles trouvent leur source en Lui, mais jamais quand nous nous forçons à les faire. Celui qui se force à aimer n’a pas encore compris ce que veut dire ce mot

- Il existe aussi la séduction de la recherche de nouvelles expériences «spirituelles» prétendument stimulantes pour la foi… et on va de séminaires en conférences pour vivre des choses «fortes»… en oubliant que le Seigneur ne nous a jamais encouragé à «faire des expériences» mais à le rechercher Lui seul, dans une relation personnelle de foi. C’est dans cette relation qu’il est possible de vivre des expériences bénies, mais vouloir rechercher des «expériences spirituelles» pour elles-mêmes est un sentier glissant où beaucoup sont tombés… 

- Nous avons aussi le risque de nous relâcher et de nous laisser aller. Puisque malgré nos efforts, rien ne se passe comme on l’aurait voulu, on peut finir par déprimer et s’asseoir sous un genêt en demandant la mort, à la façon d’Élie!… 

De quel «Culte» parlons-nous ?  

Alors se pose une question importante que pas grand-monde n’a apparemment essayé d’approfondir : qu’est-ce (réellement) que le «Culte» dans la Nouvelle Alliance ?  Alors, chacun y va de son point de vue en expliquant comment à son avis un «bon culte» devrait se dérouler : avec plus ou moins de réserve ou au contraire d’ambiance… Mais pourquoi ne pas interroger ce que le Souffle Divin nous en dit dans les Écrits Inspirés que nous trouvons dans la Bible ? Car malheureusement nous avons à ce sujet des schémas de pensées dévoyées, issus de différentes «traditions chrétiennes» qui en 2 000 ans se sont beaucoup écartées de ce que les Saintes Lettres nous enseignent pourtant clairement sur le «Culte» véritable. Nous ne nous interrogeons malheureusement jamais sur ce que nous croyons savoir, et nous passons donc à côté de leçons qui sont pourtant à notre portée... 

Dans nos Bibles françaises, le terme «culte» traduit un mot (ou un verbe) grec qui signifie simplement «service» ou «servir». Dans le riche vocabulaire du grec de l’époque, nous pouvons même préciser qu’il ne s’agit pas du travail d’un esclave ou d’un employé religieux, mais du service ordinaire rendu par une personne qui vient se mettre librement et gratuitement à la disposition d’un patron. 

Pour bien saisir le sens véritable du «service/culte» rendu à Dieu, il est important de comprendre la différence fondamentale qui existe entre le «culte» dans l’Ancienne Alliance instituée par Moïse et celui de la Nouvelle Alliance en Christ. Selon l’auteur de l’épître aux Hébreux, le «culte» de l’Ancienne Alliance était seulement «image et ombre des choses célestes» (Hébreux 8: 5.). Pour le dire en français moderne, le «culte» que Moïse a institué n’était que la copie, la maquette, d’une réalité céleste qui lui avait été révélée sur la montagne. Elle était l’annonce prophétique de ce que le Christ et son Église allaient accomplir dans la réalité de l’Incarnation. 

Selon ce qu’annonçait prophétiquement David, le culte véritable ne consiste donc pas dans des sacrifices et des offrandes, mais dans le don par la foi de la totalité de notre être pour servir les dessins divins, comme nous l’a montré notre Maître en nous ouvrant ce chemin : 

«Tu ne désires ni sacrifice ni offrande, 

Tu m’as creusé les oreilles; 

Tu ne demandes ni holocauste ni victime expiatoire.  

Alors je dis: Voici, je viens 

Avec le rouleau du Livre écrit pour moi.  

Je veux faire ta volonté, mon Dieu! 

Et ta Loi est au fond de mon coeur.» 

(Ps. 40 : 7-9.) 

C’est précisément que nous explique l’auteur de l’épître aux Hébreux : 

«Après avoir dit d’abord: Tu n’as voulu et tu n’as agréé ni sacrifices ni offrandes, Ni holocaustes ni sacrifices pour le péché (ce qu’on offre selon la loi), il dit ensuite: Voici, je viens Pour faire ta volonté. IL ABOLIT AINSI LA PREMIÈRE CHOSE POUR ÉTABLIR LA SECONDE.» 

(Hébreux. 10: 8-9.) 

 Il est intéressant de voir que le verbe grec qui est traduit par «abolit», signifie littéralement «tuer» «mettre à mort». Il n’est pas question ici de réparer une vielle Alliance pour lui donner une meilleure allure, mais de la faire littéralement disparaître pour en établir une Nouvelle.  

Redéfinition du «Culte/service». 

«l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en Esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en Esprit et en vérité.» (Jean 4:23-24.)

 Le «Culte» dont il est question ici, n’a donc plus rien à voir avec les deux heures religieuses maxi auxquelles la tradition nous a habitué le dimanche (ou le samedi), ni avec un spectacle bien orchestré et retransmis sur nos écrans, mais consiste dans l’offrande continuelle de nous-mêmes, qui se présente ainsi au service des Dessins Divins. Selon les propres mots de l’apôtre Paul : 

«Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part UN CULTE RAISONNABLE. Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre compréhension, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait.». (Rom. 12:1-2.). 

A la lecture de ces Textes, nous pouvons comprendre que la pratique religieuse d’un «culte» une fois par semaine, ou d’une «célébration» une fois par an, ne sont que les reconstructions maladroites de la «maquette prophétique» de Moïse. Ces pratiques étaient valables seulement sous l’Ancienne Alliance mais elles n’ont plus leur utilité depuis que le Christ nous appelle à sa suite dans le véritable «culte/service» personnel et quotidien du sacerdoce universel de tous ses disciples. Ce n’est pas que les rassemblements communautaires soient inutiles, loin de là, mais c’est une erreur de langage que de les appeler des «cultes». Car il ne s’agit tout simplement pas du «Culte» véritable dont nous parlent les apôtres et dont le Christ nous a donné l’exemple. Un «Culte/service» qui pour Lui s’est terminé en apothéose lorsqu’il l’a accompli «hors de la porte» des pratiques religieuses traditionnelles, en offrant littéralement son Corps comme offrande agréable à Dieu pour donner la Vie au monde : 

«C’est pour cela que Jésus aussi, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. Sortons donc pour aller à Lui, hors du camp, en portant son opprobre. Car nous n’avons point ici-bas de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir. Par Lui, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-a-dire le fruit de lèvres qui confessent son Nom. Et n’oubliez pas la bienfaisance et la libéralité, car c’est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir.» (Hébreux 13: 12-16.) 

Comme nous sommes loin, bien loin, de la comédie théâtrale qui consiste à reproduire à intervalles réguliers dans la Nouvelle Alliance les schémas cultuels prophétiques d’une Alliance abolie, car elle n’était que l’annonce et l’ombre des réalités célestes auxquelles nous sommes maintenant conviés à participer, en Esprit et en vérité, dans notre vie quotidienne en Christ ! 

Jean-Luc B

 

Pour approfondir :

Dans quelle Alliance sommes-nous ?

Pierres, briques ou électrons libres ? 

Qu'arrive-t-il à l'église ? 

Ce que dit l'Esprit aux églises pour les temps de la fin 

La vision d'Ove Falg en 1928 


 

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