vendredi 7 décembre 2018

L’inquiétude du lendemain

Jean-Luc B


S’il y a une chose qui devrait animer le disciple du Christ, c’est un regard de confiance tourné vers un avenir qui est dans la main du Père Céleste. Le Christ en fera le thème de plusieurs de ses enseignements. Et prenant des exemples dans la nature créée par son Père, il montrera l’opposition qu’il y a entre la pensée païenne du monde, qui est pleine d’inquiétude, et celle de ses disciples qui n’ont pas à s’inquiéter puisque le Créateur du monde est aussi un Père attentionné qui connaît les besoins de ses enfants et qui sait y répondre au temps convenable.

« Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas: Que mangerons-nous ? que boirons-nous ? de quoi serons-nous vêtus ? Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. CHERCHEZ PREMIÈREMENT LE ROYAUME ET LA JUSTICE DE DIEU; ET TOUTES CES CHOSES VOUS SERONT DONNÉES PAR-DESSUS. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. » (Mathieu 6, 31-34.)

Ce n’est pas un enseignement nouveau, puisque David constatait déjà la même chose il y a 3 000 ans :

« J'ai été jeune, j'ai vieilli ; Et je n'ai point vu le juste abandonné, Ni sa postérité mendiant son pain. » (Psaume 37, 25.)

Les conditions de la confiance

Pour avoir confiance dans le Père Céleste il est indispensable d’avoir été adopté comme son enfant et de marcher dans ses voies.
 
Dans l’Ancienne Alliance, cette filiation était héréditaire. Il fallait être enfant d’Abraham pour bénéficier de la bénédiction de son ancêtre. C’est ainsi que Dieu va délivrer son peuple en Égypte en déclarant à Pharaon : « Tu diras à Pharaon: Ainsi parle l'Éternel: Israël est mon fils, mon premier-né. Je te dis: Laisse aller mon fils, pour qu'il me serve. » (Exode 4, 22-23.)

Pendant les 40 ans dans le désert, le peuple de Dieu a été nourri quotidiennement par le « pain du ciel », la manne. Les peuples alentours s’inquiétaient de l’avenir et essayaient d’amasser des provisions, mais le peuple de Dieu avait une toute autre économie !

Dans la Nouvelle Alliance, la filiation n’est plus héréditaire mais elle s’obtient par la foi. Nous sommes devenus les enfants d'Abraham (et donc le peuple de Dieu) par la foi en son Fils Jésus-Christ. Nous sommes devenus héritiers par adoption divine (Romains 8, 15.). Mais attention ! La foi en Christ n’est pas une adhésion à des grands principes moraux ou intellectuels, elle est la communion quotidienne et confiante avec un Sauveur vivant qui nous a promis d’être avec nous « tous les jours jusqu’à l’achèvement des siècles ». (Mathieu 28, 20.)

La précarité

Il y a un mot d’usage courant actuellement qui a perdu son sens premier, c’est le mot « précarité ». On le comprend aujourd’hui comme l’antichambre de la misère et ce mot fait peur. Pourtant le sens original devrait parler aux enfants de Dieu, puisqu’en latin précaré signifie : demandé dans la prière Mais dans des pays où les services sociaux ont semblé remplacer la providence divine, nous risquons de perdre cette saine habitude de faire part avec confiance de tous nos besoins au Père Céleste et nous avons l’habitude de nous rabattre plus facilement vers les services auxquels la loi nous donne droit. Il y a tout un apprentissage à faire pour nous sortir de la pensée du siècle en adoptant l’attitude d’un enfant de Dieu et nous avons besoin de la grâce divine qui agit au travers des circonstances de notre vie pour apprendre à penser comme un fils s’appuyant sur la bonté de son Père. Le Maître ne nous a-t-il pas enseigné de demander au Père de nous donner le nécessaire ?

« Voici comment vous devez prier :… donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien » (Mathieu 6, 9-11.)

La précarité ne serait-elle pas l’occasion d’un apprentissage de la foi en un Dieu proche et qui répond à nos besoins ?

Enseignés de Dieu

Lorsque le Seigneur a voulu apprendre à ses disciples les bases de la marche par la foi, il les a envoyé annoncer la Bonne Nouvelle avec des instructions précises concernant la prévoyance :

« Alors il appela les douze, et il commença à les envoyer deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs. Il leur prescrivit de ne rien prendre pour le voyage, si ce n'est un bâton ; de n'avoir ni pain, ni sac, ni monnaie dans la ceinture ; de chausser des sandales, et de ne pas revêtir deux tuniques. » (Marc 6, 7-9.)

Ils ont alors expérimenté que Le Dieu qui les envoyait était aussi Celui qui subvenait à leurs besoins, car un employé n’est pas envoyé en mission à ses propres frais. Cependant dans d’autres circonstances, le Seigneur leur donnera des instructions différentes :

« Il leur dit encore: Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac, et sans souliers, avez-vous manqué de quelque chose ? Ils répondirent: De rien. Et il leur dit: Maintenant, au contraire, que celui qui a une bourse la prenne et que celui qui a un sac le prenne également, que celui qui n'a point d'épée vende son vêtement et achète une épée. » (Luc 22, 35-36.)

Nous voyons là que le Seigneur ne leur a pas enseigné des principes de pauvreté, mais Il les a appris à écouter sa voix au fur et à mesure des différents moments de l’existence. C’est dans la communion constante qu’ils avaient avec le Maître que se trouvait la bonne instruction et non pas dans des principes qu’ils auraient appris par coeur et qui seraient devenu un point d’appui à la place du Rocher des Siècles.

Tyrannie
 
Selon l’enseignement de la Bible, nous savons que toute autorité a été instituée par Dieu. Aussi bien dans les cieux que sur la terre. 
 
« C'est lui (Dieu) qui change les temps et les circonstances, qui renverse et qui établit les rois » (Daniel 2, 20.)

« il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu. » (Romains 13, 1.)

Mais cela ne veut pas dire que ces autorités pratiquent le droit et la justice, puisqu’ils sont dans une économie qui ne reconnaît pas l’autorité divine et qui ne s'y soumet pas ! Jésus a déclaré que le pouvoir de Pilate lui avait été donné d’En Haut (Jean 19, 11.), mais ce n’est pas pour autant que le procurateur romain a pratiqué la justice à son égard... Selon le Maître, les abus de pouvoir sont malheureusement attachés à l’exercice de l’autorité ici bas tant qu’elle n’a pas été régénérée par la Nouvelle Naissance :

« Vous savez que ceux qu'on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les dominent. Il n'en est pas de même au milieu de vous. » (Marc 10, 42-43.)

Dans la véritable Église du Christ, il n’y a pas de rapports de domination et encore moins de tyrannie puisque notre Seigneur Lui-Même est venu pour servir et non pas pour dominer.
 
Il y a donc actuellement deux royaumes qui cohabitent sur terre. 
 
- D’un côté il y a le règne du « prince de ce monde » qui est meurtrier dès le commencement et qui veut entraîner tous les hommes avec lui dans sa perte. Ce règne est caractérisé par la séduction et les abus de pouvoir et découle du refus de reconnaître l’autorité divine
 
- En face, il y a le Règne de Dieu qui s’établira sur toute la terre comme il est établi aux cieux et ce Règne est caractérisé par l’amour, la justice et la liberté. Dieu aime ses créatures et donc Il ne les force pas, Il n’abuse pas de son pouvoir, voulant nous voir répondre librement à l’amour qu’Il nous a manifesté en Christ.

Il n’y a donc que deux choix entre ces deux règnes. Tant que les hommes ne voudront pas du Règne de Dieu manifesté en Jésus-Christ, ils seront obligatoirement soumis au prince de ce monde, qu’ils en soient conscients ou non. Il n’y a pas de no man’s land entre ces deux royaumes. Et chasser un tyran ne fera que libérer la place pour un autre tant qu'on ne décide pas de changer de Maître dans sa vie personnelle

« On crie contre la multitude des oppresseurs, On se plaint de la violence d'un grand nombre; Mais nul ne dit: Où est Dieu, mon Créateur... » (Job 35, 9-10.)

Confiance au travers de l’épreuve

Le Christ Jésus nous a démontré que pour celui qui place sa confiance en Dieu, même ses ennemis avec leurs injustices accomplissent néanmoins le dessein de Dieu à son égard, mais sans le savoir. Les apôtres en avaient tiré la leçon lorsqu’ils disaient :

« Car les habitants de Jérusalem et leurs chefs ont méconnu Jésus, et, en le condamnant, ils ont accompli les paroles des prophètes qui se lisent chaque sabbat. » (Actes 13, 27.)

« Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, en élevant des mains pures, sans colère ni mauvaises pensées. » (1Timothée 2, 8.)

Quelles que soient les circonstances, Dieu est Celui qui Règne au dessus de tout pour celui qui a placé sa confiance en Jésus-Christ et c’est Sa volonté bonne et parfaite qui s’accomplira certainement pour le bien de tous ceux qui l’aiment !

Jean-Luc B



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3 commentaires:

  1. Bonjour Jean-Luc,
    Je ne sais pas si tu fais allusion à E. Macron tandis que les Gilets jaunes manifestent leur colère lorsque tu écris : "...Et chasser un tyran ne fera que libérer la place pour un autre tant qu'on ne décide pas de changer de Maître dans sa vie personnelle…". Je suis bien d'accord, Jésus est Seigneur et Sauveur mais "qui ne dit mot consent" : Quelqu'un qui ne se manifeste pas, qui reste silencieux face à une décision ou à une parole donne implicitement son accord. Il ne peut nier par la suite cette adhésion. Il n'est réplique si piquante que le mépris silencieux. Qu'en penses-tu ?
    Un chrétien devrait-il se taire et ne pas se mélanger à la foule ?

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  2. Bonjour Jean-Luc,

    en fait, j'ai été amené à comprendre que le problème du tyran qui en remplace un autre est un faux problème, la vraie difficulté étant ailleurs car il y a plus fort que lui. Et Il y a aussi plus fort aujourd'hui que la multitude des oppresseurs dont parle Job… Nous ne sommes peut-être donc plus dans les mêmes conditions.

    Ce n'est pas contre des hommes que les hommes ont à faire mais contre un système, celui des marchés financiers.

    J'en veux pour preuve cette récente conversation au sujet de la dette entre un journaliste et Nicolas Sersiron qui démontre par la pertinence la distinction que nous pourrions faire alors. Ceci dit, bien sûr qu'il y a des "hommes" aux commandes des marchés financiers mais il y a surtout un esprit diabolique pour les conduire à notre perte… Le chrétien ne devrait-il pas alors protester ?

    Nicolas Sersiron : “…On a donné la possibilité aux marchés financiers de dominer le monde et de gérer la planète. Ils la gèrent et la détruisent. Et pourquoi les marchés financiers sont les rois, parce qu’on a décidé que l'Etat devait se financer auprès des marchés financiers, et on permet aux paradis fiscaux d'exister, donc c'est un délire complet. On est dans un délire complet alors que la vraie question c'est la question écologique, c'est la question sociale, l'injustice, les inégalités qui seront encore plus monstrueuses lorsqu'il fera quatre degrés de plus et là les marchés financiers sont incapables de gérer cela, il n'y a que les États qui seraient capables de gérer cela, mais les États se sont mis au service des marchés financiers donc tout est à revoir, tout est à recommencer, là y a rien qui va. Y a rien qui va parce que le réchauffement, la destruction de l’environnement,… y a plus de poissons, y a plus d’eaux douces."

    le journaliste : "Mais alors justement, est-ce que les États sont bien placés pour gérer cela parce que c'est global ?...Il faudrait une organisation supranationale qui aurait une autorité justement sur les États."

    Nicolas Sersiron : "Mais déjà que les États ne soient plus aux services des marchés, ça changerait beaucoup de choses. Parce que là, étant au service des marchés, vous voyez bien que, que ce soit Macron ou autre, ils sont totalement au service des marchés. Ils ne sont pas du tout au service du futur. Ils sont dans l'immédiateté. Ils ne pensent absolument pas ce qui va se passer dans dix ou vingt ans. Ils s'en foutent complètement parce que les marchés ne comptent qu'en mois, "combien je vais gagner dans un mois, dans deux mois, dans quatre mois". Il n'y a que ça qui les intéresse, mais ils vont perdre beaucoup quand il va faire trois ou quatre degrés en plus, on est parti pour ça. 2017 a été l'année la plus réchauffante de ces deux milles dernières années.".

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  3. Au dessus de toute autorité visible parmi les hommes se trouve un pouvoir spirituel invisible, mais cependant tout à fait réel ! La grande ruse de Satan dans les temps actuels a consisté à faire croire que l’homme pourrait s’affranchir de toute autorité. En réalité, toute la Bible nous apprend et nous démontre que la seule véritable liberté que Dieu a donné à l’homme ne consiste qu’à choisir son maître.
    Nous tous qui avons revêtu Christ nous savons qu’il est l’unique Maître qui n’abusera jamais de son pouvoir et qui nous guidera sur le chemin de la Vie. Je suis en train de préparer un article qui rappellera ce que la Bible déclare clairement sur l’origine spirituelle de toute autorité dans les cieux et sur la terre. Ça se veut une aide qui pourrait permettre de ne pas s’égarer dans des combats qui ne sont pas les nôtres et où la victoire ne sera qu’illusoire...

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