dimanche 23 janvier 2011

La Loi et « l'écoute de la foi »



« Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez » (Luc 8: 18.) 

Selon ces paroles mêmes du Christ, il existe donc une bonne et de mauvaises manières d'écouter... Voyons ensemble ce que la Bible peut nous apprendre sur ce sujet.

 « Le but du commandement, c’est une charité venant d’un coeur pur, d’une bonne conscience, et d’une foi sincère. Quelques–uns, s’étant détournés de ces choses, se sont égarés dans de vains discours; ils veulent être docteurs de la loi, et ils ne comprennent ni ce qu’ils disent, ni ce qu’ils affirment » (1 Tim. 1: 5-7.)

Par exemple, pour prendre le plus grand commandement, là où le Christ nous dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu »; la plupart de nos oreilles déformées croient entendre : « TU DOIS aimer... ». Il y a là un glissement de sens qui est très symptomatique de la façon humaine de comprendre (en le déformant) le Texte Inspiré.


En effet, aimer quelqu'un ne se commande pas. Aimer Dieu encore moins! Ce n'est pas un ordre « formel et militaire » que l'on pourrait exécuter « le petit doigt sur la couture du pantalon ». Pourtant, s'il est impossible d'obéir à un ordre aussi impératif et aussi total, comment échapper à la malédiction qui sera le salaire de notre incapacité à faire la volonté parfaite de Dieu? La question est sérieuse car nous sommes tous concernés, quelque soit notre religion ou la dénomination à laquelle nous sommes rattachés.

Reconnaissons-le. Le plus grand commandement nous démontre sans l'ombre d'un doute que, si nous n'aimons pas Dieu TOTALEMENT, nous ne pourrons pas passer l'éternité en sa Présence... mais comment faire si nous ne savons pas écouter correctement?

J'ai demandé à un « hébraïste » plus calé que moi, si dans cette phrase le verbe « aimeras » était à l'impératif ou au futur, et il m'a donné une réponse de normand en m'apprenant qu'en hébreu (comme en français) cela pouvait être les deux. Et je trouve que ça correspond bien à ce que Paul a découvert et répandu aux débuts du christianisme. 

- Si on le prend à l'impératif (comme un commandement), la Parole Divine : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu... », permet de dévoiler que personne sur terre n'aime vraiment Dieu, puisque personne ne peut accomplir parfaitement l'ordre divin. Selon ce que disait déjà le psalmiste (rappelé par Paul):

« L'Éternel, du haut des cieux, regarde les fils de l’homme, Pour voir s’il y a quelqu’un qui soit intelligent, qui cherche Dieu. Tous sont égarés, tous sont pervertis; Il n’en est aucun qui fasse le bien, Pas même un seul. » (Ps. 14: 2-3; Rom. 3: 11.)

- Mais lorsqu'on la prend au futur, cette phrase se dévoile alors comme un projet Divin et une promesse, dans laquelle le Créateur s'engage envers celui qui le croit. Si nous l'écoutons de cette manière, nous pouvons alors entrer par la foi dans le projet de Dieu pour l'homme, qui est de nous rendre capable de l'aimer, ainsi que notre prochain, comme nous-même... 

C'est toute la différence entre l'Alliance de la Loi apportée par Moïse (qui a amené sous la malédiction tout le peuple juif, puisqu'il s'est révélé incapable d'y obéir) et l'Alliance de la promesse que Dieu a faite à Abraham, qu'Il a Lui-même accompli en Christ (Gal. 3: 16.) et qu'il répand sur tous ceux qui croient à son Oeuvre parfaite.

« Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. » (Gen. 12: 2-3.)

L'auteur de l'épître aux Hébreux l'explique très bien:

« Car cette Bonne Nouvelle nous a été annoncée aussi bien qu’à eux; mais la Parole qui leur fut annoncée ne leur servit de rien, parce qu’elle ne trouva pas de la foi chez ceux qui l’entendirent. » (Heb. 4: 2.)

Effectivement, lorsque Dieu à l'entrée de la Terre Promise va mettre le peuple d'Israël devant ce choix, ils ne vont pas comprendre qu'il ne s'agit pas de décider de servir Dieu avec toute la force de leurs bonnes résolutions (car ils en seront incapables: Josué 24: 19.) , mais Il va leur demander d'écouter avec foi ces commandements, sous forme de promesses divines et non plus comme des exigences impossibles à accomplir à cause de la faiblesse inhérente à la nature humaine.

 « En effet, ce commandement que je te prescris aujourd'hui n'est certainement pas au-dessus de tes forces ni hors de ta portée. Il n'est pas dans le ciel, pour que tu dises : Qui montera pour nous au ciel, nous l'apportera et nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ? Il n'est pas de l'autre côté de la mer, pour que tu dises : Qui passera pour nous de l'autre côté de la mer, nous l'apportera et nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ? Cette parole, au contraire, est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique.   
Vois, je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. Car je te commande aujourd'hui d'aimer l'Éternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies et d'observer ses commandements, ses prescriptions et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies, et que l'Éternel, ton Dieu, te bénisse dans le pays où tu vas entrer pour en prendre possession. » (Deut 30: 11-16.)

Lorsque nous comprenons que la justice ne s'obtient pas par les oeuvres, mais seulement par la foi dans l'action surnaturelle de Dieu, les explications de Paul deviennent limpides:

« Que dirons-nous donc ? Les païens, qui ne recherchaient pas la justice, ont obtenu la justice — la justice qui vient de la foi — tandis qu'Israël, qui recherchait une loi qui donne la justice, n'est pas parvenu à cette loi. Pourquoi ? Parce qu'Israël l'a cherchée, non par la foi, mais comme provenant des œuvres. Ils se sont heurtés à la pierre d'achoppement, selon qu'il est écrit : Voici, je mets en Sion une pierre d'achoppement Et un rocher de scandale, Et celui qui croit en lui ne sera pas confus. » (Rom. 9: 30-33.)

 En suivant le développement de Paul, nous découvrons le processus de notre entrée dans l'accomplissement des promesses de Dieu. Ce processus qu'il a proclamé partout où il est passé et dans toutes ses épîtres:

 « En effet, Moïse écrit à propos de la justice qui vient de la loi L'homme qui la mettra en pratique vivra par elle. Mais voici comment parle la justice qui vient de la foi : Ne dis pas en ton cœur : Qui montera au ciel ? C'est en faire descendre Christ ; ou : Qui descendra dans l'abîme ? C'est faire remonter Christ d'entre les morts. Que dit-elle donc ? La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur. Or, c'est la parole de la foi, que nous prêchons. Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, tu seras sauvé. Car en croyant du cœur on parvient à la justice, et en confessant de la bouche on parvient au salut, selon ce que dit l'Écriture : ''Quiconque croit en lui ne sera pas confus.'' Il n'y a pas de différence, en effet, entre le Juif et le Grec : ils ont tous le même Seigneur, qui est riche pour tous ceux qui l'invoquent. Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. » (Rom. 10: 5-12.)

 Oh! que cette Alliance de la promesse puisse trouver, beaucoup de coeurs qui la reçoivent avec foi!

La Parole est claire sur ce sujet, mais un coeur incrédule ne la saisira pas, parce qu'Elle ne trouvera pas de foi chez lui (Heb. 4: 2.). C'EST DONC LA FACON DONT LA LOI EST ÉCOUTÉE QUI VA FAIRE LA DIFFÉRENCE. Ceux qui écoutent la Loi comme une règle à appliquer ou un devoir à accomplir, verront que leur coeur tordu n'en veut pas et se découvriront donc incapable de l'appliquer. Mais ceux qui l'écoutent comme un projet de Dieu qu'Il vient Lui-même accomplir, ceux-là sont déclarés « justes », comme Abraham leur père en la foi, et sont, par là même, rendus capable de pratiquer l'Esprit de la Loi dans tous ses aspects.

En résumé:

1) « La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. » (Rom. 7: 12.)

2) Jésus a dit : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. » (Mat. 5: 7.)

3) Celui qui croit cette Parole du Christ, entre par la foi dans son accomplissement. Il n'écoute plus la Loi comme un devoir impossible à accomplir, mais comme un projet et une promesse que Dieu Lui-même accompli en Christ, et il le verra donc se réaliser dans sa vie personnelle.

C'est cela la Bonne Nouvelle de l'Évangile! Dieu attend de nous que nous croyions qu'Il vient accomplir Lui-même ce qu'Il ordonne. Si nous le croyons, nous entrons par la foi dans la vie éternelle et le Repos de Dieu et nous en avons déjà un acompte ici bas (2 Cor. 1: 22.).

«... afin que votre foi soit fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. » (1 Cor. 2: 5.)

Vous êtes devant ce choix : voulez-vous écouter la Loi comme un ensemble de règles que vous devez accomplir, ou l'écouterez-vous enfin comme le projet d'amour que Dieu est venu accomplir en Christ?  Ce choix n'est pas hors de ta portée. Il est «dans ta bouche et dans ton coeur » (Rom. 10: 8.).

C'est le Christ seul qui est venu traiter de façon radicale le problème du péché. C'est Lui seul qui donne le traitement à ceux qui croient en Lui. Lorsqu'un humain est convaincu de la réalité de son coeur mauvais, il n'a plus besoin de passer au scanner de la Loi tous les jours. Il est beaucoup plus important pour lui de commencer les soins rapidement et de les suivre assidument.

Dans la « Loi de liberté » des disciples du Christ (fondée sur l'amour de Dieu et du prochain), nous sommes loin, très loin des contraintes et des menaces que les religions emploient pour faire des adeptes et les empêcher de les quitter! 

C'est pour cela que, lorsqu'Il est venu parmi nous.  Jésus Christ n'a pas proféré des menaces pour convertir ceux qui l'écoutaient, mais Il les a aimés, délivrés et guéris. L'amour est donc le fondement des enseignements de Jésus et des apôtres, car, comme la Bible le dit, et comme je le faisais remarquer plus haut, Dieu veut être aimé des hommes. Il nous a créé dans ce but. Le plus grand des commandements qu'Il a fait connaître au monde par Moïse, nous parle de ce projet qu'Il mis en oeuvre en Christ:

« Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force... Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Deut. 6: 5; Lev 19: 17 – Marc 12: 30-31.)

Le Christ est venu nous apporter un traitement contre le péché qui n'est pas à base de Loi à mettre en oeuvres, mais de Grâce Divine. Une promesse à croire pour la voir s'exécuter en nous. Ce traitement est pour tous ceux qui reconnaissent le mauvais état de leur coeur souillé.

Ce Don de Dieu est aussi pour chacun de vous qui me lisez. Mais comprenez-vous combien vous en avez impérativement besoin? Pour ceux qui croient, il ne reste plus qu'à mettre en action cette vie nouvelle qui a été reçue:

« avec crainte et tremblement mettez en oeuvre votre salut, car c’est Dieu qui fait en vous et le vouloir et le faire selon son dessein bienveillant. » (Phil. 2: 12-13. TOB.) 

« Le but du commandement, c’est l'amour venant d’un coeur pur, d’une bonne conscience, et d’une foi sans hypocrisie. » (1 Tim. 1: 5.)

L'entendez-vous correctement?

Jean-Luc B




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1 commentaire:

  1. merci Jean-Luc
    excellentes exhortations

    Tu me fais découvrir et redécouvrir le sens du passage de 1Timothé 1:5-7, qui peut nous sembler parfois un peu nébuleux,
    « Le but du commandement, c’est une charité venant d’un coeur pur, d’une bonne conscience, et d’une foi sincère. Quelques–uns, s’étant détournés de ces choses, se sont égarés dans de vains discours; ils veulent être docteurs de la loi, et ils ne comprennent ni ce qu’ils disent, ni ce qu’ils affirment » (1 Tim. 1: 5-7.)

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