dimanche 21 août 2011

L'aspect fondamental du sacrifice de la croix.


Pour comprendre les dynamiques qui se trouvent à l'oeuvre dans le sacrifice de la croix, il est important de revenir à l'origine, au commencement de l'histoire humaine. Dans la notion de sacrifice que Dieu a voulu apprendre au peuple juif se cache des principes fondamentaux qui nous permettent de nous approcher de la pensée divine et d'en saisir le sens.

Le premier sacrifice.

Après le péché primordial d'Adam et Ève, et avant de les chasser du jardin d’Éden, Dieu va inaugurer le premier sacrifice dans le but de « couvrir le péché ». selon qu'il est écrit :

« L'Éternel Dieu fit à Adam et à sa femme des habits de peau, dont il les revêtit.  » (Genèse 3 : 20.)

Toute la notion de sacrifice a son origine ici. Et même les holocaustes (les sacrifices de remerciement ou « d'action de grâce ») ne sont qu'un rappel reconnaissant de cette première fois où la vie d'un innocent a coulé pour couvrir la faute du coupable et lui donner une forme de protection divine.



N'oublions jamais que nous sommes tous au bénéfice de ce sang qui a été versé au commencement de l'histoire des hommes, puisque nous sommes les lointains descendants du couple originel et que la protection divine qui nous est accordée ne vient pas de nos mérites, ni de ceux de nos ancêtres, mais vient d'une victime innocente dont le sang a coulé pour nous garder en vie malgré notre culpabilité et nous permettre d'entrer dans une relation de reconnaissance confiante avec Celui qui veut (malgré nos fautes) nous faire participer à sa Vie.

Le premier « signe ».

Au chapitre suivant (Genèse 4.), nous retrouvons sous une autre forme cette « couverture protectrice » qui garde et protège le coupable, sans conditions, mais uniquement par la grâce d'un Dieu bienveillant qui ne veut « pas que le méchant meure, mais qu'il change de conduite et qu'il vive. » (Ez. 33 : 11.)

Après le meurtre par égorgement de son frère Abel (là aussi le sang a coulé!), Dieu va annoncer à Caïn la condition précaire qui va être la sienne en conséquence de son acte mortifère. Mais Il va également mettre sur lui un « signe » (Gen. 4 : 15.) pour le protéger dans sa vulnérabilité (car le péché rend vulnérable). Or il est important de savoir qu'en hébreu un « signe », s'écrit un « taw », et que le « taw » est une lettre hébraïque qui a la forme d'une croix. Pour celui qui sait regarder ce qui est écrit, il est possible de voir ici que la protection qui est sur Caïn, dépend (par anticipation) d'un acte qui n'aura lieu que des milliers d'années plus tard sur le mont Golgotha...

Nous voyons donc, au travers de ces deux premiers exemples, que dans la Bible la notion originelle de sacrifice est en rapport avec la protection divine accordée malgré (ou à cause de) la culpabilité. Nous allons maintenant voir que dans sa pédagogie, l’Éternel va apprendre
encore à Abraham davantage de choses concernant le sacrifice selon la pensée de Dieu.

La substitution.

l’Éternel va ordonner à Abraham de sacrifier le fils qu'il aime sur une montagne qu'Il va lui indiquer (Genèse chapitre 22.). Et « le père des croyants » va obéir avec foi et aller jusqu'au « mont Moriya » (ce qui signifie « choisi par Dieu »). Il va charger le bois sur le dos de son fils, qui va gravir la colline avec peine, accompagné de son père. Et au moment où Abraham va saisir le couteau pour répandre le sang de son fils bien aimé, Dieu va l'arrêter et lui montrer un mouton accroché dans un buisson qu'il va offrir en sacrifice à la place de son fils.

Historiquement et géographiquement, le mont Moriya est devenu la base sur laquelle est bâtie l'esplanade du Temple de Salomon (2 Chr. 3 : 1.).

Plusieurs leçons spirituelles sont à retenir de ce récit :

- C'est Dieu qui désigne le lieu du sacrifice (Gen. 22. 2.) ;

- C'est Dieu qui pourvoit Lui-même au sacrifice qu'Il exige (Gen. 22 : 8.) ;

- Un sang innocent est répandu pour que celui qui était condamné à mort puisse continuer à vivre. C'est que nous appelons « la substitution ».

La première Pâque.

Un peu plus tard, l’Éternel va apprendre également à son peuple la puissance libératrice qui est à l'oeuvre lorsque coule le sang de l'Agneau substitutif et que ce sacrifice est clairement affiché. Il leur enseigne ces choses lors de la sortie d’Égypte et de la dernière des dix plaies.

On peut retrouver le récit complet dans Exode chapitre 12, mais je vais résumer pour focaliser la vision sur le sens du sacrifice qui est enseigné dans ce passage.

Nous savons par le prophète Ézéchiel (chapitre 20) que si le peuple de Dieu était esclave en Égypte, c'est parce qu'il s'était tourné vers les idoles et qu'il leur rendait un culte. Mais « à cause de son Nom » l’Éternel au lieu de les détruire a voulu les libérer, et pour cela Il envoya dix fléaux sur ce pays. La dixième plaie devait agir comme la dernière contraction d'une femme en travail et permettre comme une nouvelle naissance par l'expulsion de la terre d'esclavage. C'est à ce moment là que Dieu a institué la Pâque que fête encore aujourd'hui le peuple juif.

L’Éternel va en faire le premier mois de l'année et également la première des fêtes liturgiques (nous revoyons ainsi la notion de « moment primordial », d'acte fondateur).

Cette Pâque consiste à égorger un Agneau et à badigeonner de son sang l'encadrement de la porte de la maison où sa chair rôtie au feu sera consommée au cours de la nuit.

Selon la Parole de l’Éternel, l'ange destructeur en voyant le « signe » du sang, épargnera les habitants de cette maison en sautant par dessus au lieu d'y entrer. En hébreu, « sauter par dessus » se dit « pessah » ce qui a été traduit « pascha » en grec, et a donné le mot « Pâque » en français.

- La leçon de la Pâque nous apprend donc que pour échapper à l'esclavage, Dieu ordonne le sacrifice d'un Agneau innocent dont le sang servira de protection.

- Nous retrouvons le même terme de « signe » qui était déjà employé à propos de Caïn et qui est associé au sang protecteur.

- Nous apprenons qu'il ne peut pas y avoir de « nouvelle naissance » et de nouveau départ sans ce sacrifice.

- Nous apprenons également que les puissances d'esclavage perdent leur emprise sur ceux qui « affichent le sang » salvateur.

- Nous apprenons enfin que, pour ceux qui entrent dans cette Alliance du sang, la Pâque est le début d'une nouvelle vie dont Dieu prend la direction, puisque la « nuée » (image visible de l'Esprit invisible) va les conduire dans leur sortie du pays de l'esclavage au travers de la mer, dans le désert et jusqu'à l'entrée dans la « terre promise ».

La Pâque fondamentale.

Tout cet enseignement, nous aide à comprendre pourquoi Jean Baptiste a désigné Jésus-Christ comme étant « L'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » et pourquoi le Fils de Dieu est mort à Pâque pour que nous puissions vivre en nouveauté de vie, débarrassés par son action puissante de l'esclavage du péché qui nous retenait éloignés du « Pays de la Promesse », c'est à dire loin de la Présence bienfaisante de Dieu.

Voilà pourquoi le sacrifice de Jésus à la croix est fondamental pour ses disciples, car il est le Commencement sur lequel tout le reste est établi. Et il est lui-même solidement fondé sur les annonces prophétiques de l'Ancien Testament, comme je viens de le montrer.

Jean-Luc B 



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Le lieu de la réconciliation.




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