dimanche 17 novembre 2013

Des oreilles pour entendre ce que dit l’Esprit

Par Éliane Colard



Marc 4/9- : «  Que celui qui a des oreilles pour entendre entende » .  Lorsqu’il fut en particulier, ceux qui l’entouraient avec les douze l’interrogèrent sur les paraboles. Il leur dit : c’est à vous qu’a été donné le mystère du royaume de Dieu ; mais pour ceux qui sont au dehors tout se passe en paraboles  afin qu’en voyant ils voient et n’aperçoivent point et qu’en entendant ils entendent et ne comprennent point ….».


Pour les disciples (dans ces passages c’était le cas de ceux qui l’entouraient avec les douze), le royaume des cieux n’est pas censé être un mystère hors de portée. Pourtant Jésus s’étonnait de ce que ses disciples ne saisissait pas ce qu’il leur disait : au Verset 13 il leur dit : « vous ne comprenez pas cette parabole comment comprendrez-vous toutes les paraboles ? ». Les disciples de Jésus étaient censés comprendre le langage du Fils de Dieu car c’est à eux qu’était « donné » le mystère du royaume des cieux. Mais aujourd’hui encore Jésus pourrait faire la même remarque étonnée sur notre incompréhension chronique face au langage qu’utilise souvent l’Esprit de la prophétie qui est le témoignage du Fils de Dieu. 

Le royaume de Dieu est un royaume spirituel et c’est l’Esprit de Dieu qui nous ouvre l’intelligence pour nous donner de comprendre les choses qui appartiennent à sa réalité qui doit devenir notre réalité. Ce qui nous concerne dans ce royaume spirituel ne peut être appréhendé que spirituellement, la chair ne le peut ; c’est pourquoi il est nécessaire de naître d’Esprit pour entrer dans ce royaume. Dieu nous a dotés de sens spirituels pour nous permettre de nous mouvoir dans la vie spirituelle qui est, en principe, la réalité dans notre nouvelle nature. Or souvent nous faisons l’erreur de croire que par la chair et les sens naturels dont elle est pourvue, nous pouvons saisir les réalités de nature spirituelle.  Mais Dieu est Esprit et c’est uniquement en esprit que nous pouvons l’adorer, le voir et nous mouvoir dans Son royaume qui n’est pas de ce monde d’en bas. Puisque nous passons par une naissance spirituelle pour vivre de la vie de Dieu, nous aurons aussi besoin d’exercer et d’affiner les sens spirituels qui appartiennent à cette nouvelle nature : c’est par eux que nous pouvons appréhender ce qui est céleste et spirituel. Notre vie spirituelle est dotée d’organes des sens spirituels et l’observation de nos sens naturels peut nous donner une idée de leur utilité et leur mode de fonctionnement. 
 
Si lorsque nous ne le connaissons pas encore, Dieu peut nous approcher en utilisant un code ou un langage qui appartiennent à notre humanité avec ses sens naturels, après la nouvelle naissance il nous fera entrer dans une communication qui appartient à une nouvelle dimension, en phase avec notre nouvel état : il nous parle un langage qui correspond à notre nouvelle nature et qui fera en conséquence appel à l’éveil des sens de notre nouvelle condition de fils et de filles du Père céleste. La vision, l’ouïe, l’odorat, le toucher prendront un sens différent en ce qui concerne le royaume spirituel de Dieu. De même qu’une vie naturelle dépourvue des sens qui vont avec est handicapante, une vie spirituelle coupée des sens spirituels permettant d’y évolue serait tout aussi handicapante. 
 

C’est normal que nous soyons amenés à parler et surtout à comprendre le langage divin, c’est le langage du Père. Mais un enfant n’apprend à parler qu’en entendant parler ses parents, c’est la voix de ceux-ci qui détermineront son langage et tous les éléments qui le composent. C’est pourquoi au fur et à mesure de notre croissance en Lui, en la connaissance du Fils, Dieu nous fera croître dans la compréhension de Son langage et des codes qui lui appartiennent. Si nous faisons partie de Ses brebis, la volonté du bon Berger est que nous soyons non seulement à même d’entendre Sa voix mais encore de la comprendre. Tout au long de notre vie spirituelle Dieu cherchera à éveiller nos sens spirituels pour permettre un véritable rétablissement de la communication qui fut coupée en Eden.


Force est d’admettre que pour bon nombre de ceux qui appartiennent à Dieu en étant passé du royaume de ce monde au royaume céleste de Dieu, par moment le langage divin peut paraître complexe, hermétique, du moins pas toujours compréhensible. Comme si c’était dans une langue étrangère que Dieu s’exprimait, un langage qui ne parvient pas jusqu’à l’entendement ainsi que l’avait annoncé Ésaïe 28 : un langage barbare ou des lèvres étrangères. Et pourtant Ésaïe n’avait pas parlé à ses contemporains dans un langage étranger. Mais ce langage pouvait leur sembler « étranger » et «barbare » parce que leurs oreilles « incirconcises » étaient devenues incapables de décoder les sons provenant des paroles d'Ésaïe communiquées par Dieu.


Certains voudraient que tout soit simple dans ce que dit Dieu ; il n’y a rien de plus faux ! Ce qui est simple c’est que Dieu aime l’humanité et veut lui faire connaître la paix et le repos qui ne se trouvent qu’en Lui. Mais ceci étant dit, presque tout qui est en rapport avec l’héritage de ceux qui acceptent d’entrer dans ce repos (qui est le salut ) est appelé « mystère » : mystère de la grâce de Dieu en Jésus Christ, mystère du royaume de Dieu, mystère de la foi, mystère de la piété, mystère de l’endurcissement d’Israël, mystère de l’enlèvement de l’épouse, mystère de l’union de Christ avec son épouse, mystère de l’iniquité, mystère des 7 étoiles, mystère de Babylone la grande. Or un mystère est une réalité cachée qui a besoin d’un dévoilement pour l’entendement. Aussi, toute la vie spirituelle de celui qui entre dans le repos du salut sera une suite de dévoilement et ce, jusqu’au retour de Christ où la connaissance sera parfaite et où il n’y aura donc plus besoin de dévoilement. 

Mais en attendant ce jour là, Dieu doit nous faire entrer dans un dévoilement progressif par le ministère de l’Esprit qui est donné pour cela : « …Quand il sera venu (l’Esprit), il prendra de ce qui est à moi il vous l’annoncera, il vous conduira dans la vérité … ». Aux Corinthiens, Paul parle des serviteurs de Dieu comme de dispensateurs des mystères de Dieu (il parle des serviteurs/ministères donnés pour l’édification du Corps de Christ qui sont comme 5 sens qui vont permettre au Corps de Christ de se mouvoir dans le royaume spirituel qui est le sien, jusqu’à atteindre la stature parfaite du Fils). Les mystères dont il est question en ce qui concerne le royaume de Dieu sont des réalités non perceptibles par l’intelligence humaine pour la raison qu’elles appartiennent à une dimension spirituelle. Ils ont besoin d’être révélés à notre entendement. Il est vrai que Dieu parle tantôt d’une manière tantôt d’une autre, mais le langage divin n’est pas toujours un langage accessible à l’oreille humaine, charnelle quoi que nous puissions penser à ce sujet. Nous avons besoin que Dieu touche nos oreilles. Car les mystères sont par essence ce qui reste caché à nos sens naturels et sans cet attouchement de Dieu ils resteront cachés, mystérieux. 
 

C’est souvent par paraboles que Dieu a délibérément choisi de parler à son peuple ainsi que nous le dit la Bible (Osée 12/ 11) : « J’ai parlé aux prophètes, j’ai multiplié les visions ; et par les prophètes j’ai proposé des paraboles ». Jésus expliquera aux disciples la raison d’être de ses paraboles : « ….afin qu’en voyant, ils ne voient point et qu’en entendant ils ne comprennent point ». Cependant, à ses disciples (ceux qui acceptent de se laisser « discipliner » par l’Esprit de Dieu), Jésus veut ouvrir les yeux et les oreilles sur ce qui est caché, les « mystères » du royaume. Si Dieu est un Dieu de révélation c’est parce qu’il existe des choses cachées dans lesquelles il cherche à nous faire entrer. Il veut sans cesse nous conduire plus loin. Si nous Le contemplons, nous sommes forcés d’être conduits Sa présence en d’une gloire vers une autre gloire.


Ainsi, souvent Jésus dira dans le cadre des paraboles sur le royaume : « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ». De même, à la fin de chacune des lettres aux sept églises (Apocalypse), il est dit : « Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux églises ». Dieu attache une importance particulière à nos oreilles ! Elles nous permettent d’entendre correctement, ou non, Sa voix. Et ici il est question de bien plus qu’un organe naturel, il y a un organe spirituel qui doit être exercé en vue de l’entendement des choses spirituelles afin que l’église entre pleinement dans l’objectif suprême de Dieu qui est l’union de l’épouse avec l’époux.


Le texte d'Ésaïe 28 où le Prophète évoque des lèvres étrangères et un langage barbare que le peuple était incapable de comprendre, était l’accomplissement d’une parole que Dieu avait auparavant annoncée au Prophète (Ésaïe 6/ 9- 10) et qui rejoint les paroles prononcées plus tard par Jésus concernant la possibilité d’entendre sans comprendre : « Va et dit à ce peuple : Vous entendrez, et vous ne comprendrez point ; vous verrez et ne saisirez point. Rends insensible le cœur de ce peuple, endurcis ses oreilles et bouche lui les yeux, pour qu’il ne voie point de ses yeux, n’entende point de ses [oreilles], ne comprenne point de son cœur, ne se convertisse point et ne soit point guéri.. ».


Les prophètes Jérémie et Ézéchiel ont reçu des messages similaires : Jérémie 5/ 21 : « Publiez le en Juda : Écoutez ceci peuple insensé, et qui n’as point de cœur ! Ils ont des yeux et ne voient point, ils ont des oreilles et n’entendent point ».

Jérémie 6/ 10 : «
A qui m’adresser, et qui prendre à témoin pour qu’on écoute ? Voici leur oreille est incirconcise ; et ils sont incapables d’être attentifs ».

Jérémie 7/ 27- 28 : «
Si tu leur dis toutes ces choses, ils ne t’écouteront pas.. Alors dis-leur : c’est ici la nation qui [n’écoute pas] la voix de l’Éternel son Dieu, et [qui ne veut pas recevoir instruction] ; la vérité a disparu, elle s’est retirée de leur bouche ».

Ézéchiel 3/ 7 à 9 : «
Mais la maison d’Israël ne voudra pas t’écouter, parce qu’elle ne veut pas [m’écouter]... ».


On pourrait se demander pourquoi Dieu envoie des Prophètes parler à un peuple dont il sait par avance qu’il n’écoutera pas Ses paroles ! Tous les versets précédents montrent un peuple devenu comme incapable « d’entendre » ce que dit Dieu. Mais cela n’était pas réservé à l’ancienne alliance car toute la Parole de Dieu est selon ce langage sur lequel repose comme un voile qui n’est ôté que par le Seigneur l’Esprit. Il ne faudrait pas croire que c’est parce qu’on devient chrétien que tout ce que dit Dieu devient automatiquement clair, la multitude des dénominations et interprétations bibliques est là pour démontrer le contraire s’il était besoin. Par ailleurs, ce qui peut nous sembler évident aujourd’hui ne l’a jamais été pour les disciples du temps du ministère terrestre de Jésus. Marc 4/ 33 : « c’est par beaucoup de paraboles qu’il leur annonçait la parole selon qu’ils étaient « capables de l’entendre ».



Des oreilles en mauvais état


L’exhortation du Seigneur à son peuple est d’avoir des oreilles pour entendre ce qu’il dit. C’est parce que même lorsque nous possédons des oreilles pour entendre il nous est possible de ne pas entendre. Entendre n’est pas un corollaire de la présence des oreilles dans le corps. Et cela ne se décrète pas davantage dans le royaume spirituel même quand le ministère de l’Esprit est présent. Et nous comprendrons pourquoi.


Lorsque Dieu persiste à parler en paraboles à son peuple, c’est parfois dans le but de mettre en évidence la qualité d’écoute de ses oreilles. Paul relève la chose suivante parmi les caractéristiques des derniers temps qui sont des temps mauvais (2Timothée 4/ 3) : « Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais ayant la démangeaison « d’entendre » des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, « détourneront l’oreille » de la vérité… ».


Avoir les oreilles qui démangent est un signe de mauvaise santé auditive. Cela signifie parfois que quelque chose ne fonctionne pas bien dans cet organe, qu’il y a une obstruction ou que quelque chose d’étranger s’y est invité. Ce peut être un trop plein de cérumen qu’il faudra veiller à enlever. Mais d’autres fois ce sera un organe qui y aura poussé de façon inappropriée comme dans les cas d’exostose : sortes d’excroissances osseuses poussant dans l’oreille ; ce qui a comme effet pervers de modifier considérablement la perception des sons émis à cause d’un rétrécissement du conduit auditif. Tous les versets cités précédemment démontrent à quel point la qualité de notre écoute est primordiale pour la qualité de notre marche dans l’obéissance à Dieu. Cela a une incidence directe sur notre foi car celle-ci est étroitement liée à notre façon d’entendre ce que Dieu dit dans sa Parole : « 
La foi vient de ce qu’on entend de la parole de Dieu ».


Le fait d’avoir matériellement des oreilles ne signifie en effet pas être automatiquement en mesure d’entendre : les sourds sont tous munis de cet organe dans le corps cela n’empêche qu’ils n’entendent pas. C’est pourquoi cet avertissement lancé à maintes reprises dans la Bible parle non pas d’avoir simplement des oreilles, mais d’avoir des oreilles pour entendre. Cela parle de la nécessité d’être doté de la faculté fonctionnelle d’entendre. Ce qui sous entend qu’au départ tout est en bon état pour permettre à l’organe de fonctionner. Cependant la teneur de l’avertissement biblique ne semble pas s’arrêter là mais va plus loin dans la mesure où il semble suggérer qu’on peut avoir des oreilles pour entendre (donc n’être pas sourd) et pourtant ne pas entendre véritablement : « Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ! ». C’est parce que la notion d’audition à laquelle la Bible fait référence ici, va plus loin que le simple fait d’entendre un son, s'agit aussi de « comprendre » son signifié. Et de fait, l’appareil auditif en son entier sert à la fois à la perception du son mais aussi à sa compréhension. C’est pourquoi la notion biblique et spirituelle de l’entendement touche aussi à la compréhension de ce qui est entendu. Nous avons le sous entendu de cette notion dans tous ces passages de Marc 4, 12, Mathieu 13/13, et Luc 8/10 où Jésus explique que si le mystère du royaume est censé être sans voile pour les disciples, pour les autres il n’est donné qu’en paraboles afin qu’en entendant ils entendent, mais ne comprennent point ; entendre sans comprendre est aussi une forme de surdité. 
 

Je pense que certains savent ce que c’est que d’entendre sans comprendre sur un plan matériel, physique. On entend un son mais il demeure confus car le cerveau n’arrive pas à le décoder pour lui donner sens. M’exprimant à la manière de l’apôtre Paul en 2 Corinthiens 12/2, je dirais que je connais une jeune femme affectée depuis quelques temps d’une perte conséquente de perception auditive (de l’ordre des 40% dans ses deux oreilles -diagnostic de spécialistes Orl-). Elle entend mais sans toutefois comprendre certains sons émis qui lui parviennent comme du bruit confus. Pour ces sons, il faut que ses interlocuteurs articulent, elle doit souvent chercher à lire sur leurs lèvres pour saisir le signifiant des mots prononcés. 
 

Il faut savoir que lorsque nous entendons et décodons les sons émis dans notre environnement, c’est l’aboutissement de tout un processus de travail qui engage tout l’appareil auditif. Un travail minutieux dont on ne peut souvent apprécier le caractère miraculeux que lorsqu’on fait partie des malentendants. Pour la plupart des personnes, ce fonctionnement peut sembler tout à fait logique : on entend et puis c’est tout et c’est normal c’est ainsi que cela doit se passer puisque c’est pour cela qu’on a des oreilles. Pourtant rien n’est simple ; et comprendre le processus de l’audition m’a donné de saisir à quel point le corps humain est un miracle de création. L’appareil auditif est composé de 3 parties qui sont l’oreille externe, l’oreille moyenne et l’oreille interne. Les sons qui parviennent à l’oreille passent par l’oreille externe dont le rôle est de capter les ondes. Ils pénètrent ensuite dans l’oreille moyenne dont le but est de transformer ces ondes en ondes mécaniques, et ce sont les osselets (situés dans l’oreille moyenne) qui sont chargés d’assurer la transmission des vibrations du tympan vers l'oreille interne. Enfin, l’oreille interne dernier stade du système de réception et organe proprement dit de l’ouïe, (et de l’équilibre comme nous le verrons plus loin) entre en jeu en transformant les ondes mécaniques reçues en stimulations électriques. C’est là, dans l’oreille interne que se trouve le nerf auditif qui conduit les impulsions électriques jusqu’au lobe temporal où elles seront interprétées par le cerveau. 

Le lobe temporal est une zone du cerveau importante pour la plupart des fonctions cognitives (la vision des formes complexes, la mémoire, le langage et en l’occurrence l’audition) : c’est lui qui permet le traitement des informations auditives. C’est lorsque toute la chaîne fonctionne bien pour arriver jusqu’au lobe temporale, qu’en retour il nous est donné de comprendre ce que nous avons entendu. Ce processus détaillé se fait très vite c’est pourquoi nous ne sommes pas toujours conscients de tout ce qui se met en mouvement pour décoder un seul son. Si cela vous parait normal sachez que pour les malentendants c’est tout simplement miraculeux.


Une audition défectueuse engendre un grand nombre de frustrations : le sentiment d’isolement du à la déperdition de l’information, l’exaspération de l’entourage à qui l’on demande de répéter à n’en plus finir. Alors parfois par lassitude il arrive que la personne affectée par ce handicap fasse simplement semblant de comprendre car cela demande une énergie considérable de comprendre des gens qui n’articulent pas ou qui ont un timbre de voix dont le son ne parvient pas correctement à l’oreille interne. On peut avoir l’impression d’être rendu à un état de faiblesse que seule la grâce de Dieu est en mesure de relever.


Cette perte d’audition a peut être ceci de bien qu’elle a certainement été utilisée par le Seigneur pour parler à cette femme en ouvrant son entendement sur beaucoup de choses et notamment sur l’importance d’avoir des oreilles pour entendre. Je dirais que c’est comme une sorte d’incarnation de ce message livré ici. 3 années déjà avant cette perte d’audition, cette femme avait été affectée d’une maladie très rare des yeux  pouvant entraîner une cécité totale et dont les médecins n’ont toujours pas compris l’origine. Mais de la même façon cette maladie avait été l’occasion pour le Seigneur d’ouvrir les yeux spirituels de cette femme sur les trésors du royaume des cieux en lui donnant de scruter les profondeurs du Christ. La cécité ou la surdité lorsqu’ils surviennent ainsi en dehors de tout accident, sont des maux qui généralement touchent les personnes âgées, ce qui n’est pas le cas de cette femme. Ésaïe et Ézéchiel ont parfois du incarner dans leur chair un message de Dieu. Est-ce le cas de cette personne ? Dieu seul le sait. Mais gloire soit rendu à Dieu car Sa grâce n'a pas fait défaut jusqu'à aujourd'hui.


Les yeux et les oreilles nous interpellent sur l’importance de ces deux organes dans le corps de Christ car ils sont les organes spirituels d’un peuple spirituel et prophétique : l’église qui voit son Seigneur et entend Sa voix. Pour cela, parfois Dieu doit nous rendre sourds et aveugles à certaines réalités terrestres pour qu’on soit en mesure de voir et entendre les véritables choses célestes et éternelles. Comme dans le naturel, il arrive que les sens spirituels soient exacerbés lorsque les sens charnels sont affaiblis. Cette femme dont je parle ci-dessus c’est bien entendu moi. J’ai su pendant un temps ce que c’était qu’ouvrir les yeux et ne rien voir, puis ne voir que de façon confuse. J’ai ainsi pu comprendre un peu de ce que Paul voulait dire par Galates 6/ 11, car c’est ainsi que fut écrit le livre « Entrer dans le repos des œuvres divines » ; j’ai évoqué vaguement cette souffrance dans ma chair, dans l’avant propos où je parlais d’organes vitaux attaqués de longs mois dans un combat qui a jalonné la rédaction de ce livre jusqu’à sa parution. J’ai du moi-même, entrer dans le repos pour arriver au bout. Et écrire avec une police de caractère très élevée fut une solution momentanément viable avant le recouvrement total de ma vision d’avant. De même, je sais ce que cela fait d’ouvrir toutes grandes les oreilles et ne pas être en mesure d’entendre certains sons. 
 

Selon les propos de Jésus en Marc 4, les disciples auraient du être de ceux qui comprennent en entendant Ses paraboles. C’est à eux qu’étaient destinés les mystères du royaume. Les mystères je l’ai dit sont des réalités qui demeurent étrangères à ceux qui n’ont pas reçu la clé de leur compréhension. Si pour les autres, ceux qui ne connaissent pas Jésus ces mystères restent fermés, à Ses disciples Jésus donne la clé de la connaissance. Le Seigneur donne à ses disciples d’entendre correctement ce qui est donné en Paraboles. 
 

Au travers de ce problème d’audition, le Seigneur a ouvert mon entendement spirituel sur le particularisme des surdités car elles ne sont pas toutes pareilles, ni totales. J’ai compris comment on pouvait entendre sans entendre. C'est-à-dire avoir une oreille qui laisse passer certains sons et pas d’autres. Dans certaines défections de l’audition (comme celle qui m’a affectée), on a plus de mal à entendre les sons graves ou basses fréquences que les sons aigus ; on entend les sons aigus peut être faiblement ou avec moins d’acuité, mais on les entend tout de même ; par contre les sons graves ont vraiment du mal à passer la barrière. Concernant certaines vibrations, elles auront beau avoir été émises dans la réalité, elles seront néanmoins pour le mal entendant comme inexistantes. 
 

J’ai été interpellée fortement sur le fait que ne pas entendre correctement certains sons pouvait être très préjudiciable à l’église dans le temps où nous sommes parvenus. Les sons aigus véhiculent souvent des accents de gaieté appelant à la fête bruyante et insouciante. Les sons graves par contre appellent plus à autre chose, des choses graves : c’est par exemple le son de la trompette des sentinelles ; c’est le son du cor ou celui des schofars qui appellent à la vigilance dans les cas d’alerte ou d’état d’urgence où le temps presse. Il peut s’avérer dangereux de ne plus être en mesure d’entendre ce genre de son. Cela peut arriver lorsque nos oreilles sont obstruées par des excroissances qui ont poussé à notre insu comme l’exostose dont j’ai parlé plus haut (des os poussant dans l’oreille) ou même des bouchons de cérumen. Spirituellement cela nous parle des excroissances de la chair qui nous font détourner l’oreille de la vérité. Elles peuvent être constituées de nos propres désirs et des choses agréables que nous voudrions entendre. 

Il y a un son qui voudrait nous appeler à prendre le sac et la cendre et pleurer, mais voilà que nous souhaiterions plutôt que cela soit un son nous appelant à la fête et à l’insouciance. Et alors nous finissons par n’entendre que le genre de sons que permettent ces excroissances ayant poussé avec le temps dans nos oreilles. Face à cela nous avons deux possibilités 1- admettre comme les disciples que nous avons des difficultés pour entendre et comprendre ce qui ne parait pas clair ou 2- considérer que si nous n’entendons pas le son que d’autres disent entendre, c’est que ce son n’existe pas ce qui peut s’avérer dramatique. 

Si nous choisissons la première solution, Dieu viendra guérir nos oreilles par une opération chirurgicale salutaire qui nous permettra d’entendre ce que l’Esprit dit. 

Si nous choisissons la deuxième solution, nous risquons de finir non seulement handicapés spirituellement en n’étant en mesure d’entendre qu’un type de son, mais encore en danger de mort puisque nous serions incapables d’entendre les sons graves qui indiquent l’impérieuse nécessité d’avoir à se préparer face à l’arrivée imminente d’un danger signalé. 
 

On peut conclure qu’il existe deux types de surdité : 1- la surdité qui ne permet pas du tout d’entendre (avoir des oreilles sans pouvoir entendre), c’est le cas commun des sourds, 2 –la surdité qui ne permet pas de comprendre (avoir des oreilles qui entendent mais sans pouvoir comprendre).


La guérison des oreilles


On pourrait se demander à quoi servent dans le corps des oreilles qui ne permettent pas d’entendre ? Pourquoi ne pas les couper si elles ne servent à rien ? Les gens de ce monde qui ne répondent pas à l’appel de Dieu, ne reconnaissant pas en Jésus Christ le sauveur du monde, sont non seulement aveugles mais encore sourds au message du salut de Dieu. Ils sont pourvus d’oreilles sans pouvoir entendre l’appel que Dieu ne cesse de leur lancer. Mais nous sommes encore dans le temps de la grâce de Dieu, où Jésus-Christ est précisément venu pour guérir les oreilles des sourds comme il a pu le faire parfois au cours de son ministère terrestre. 

En effet, au-delà des guérisons physiques qu’il opérait, Jésus illustrait la venue du royaume éternel au travers de Sa vie offerte pour le salut du monde : la vie éternelle du royaume où les aveugles voient, où les boiteux marchent, où les lépreux sont purifiés, où les sourds entendent et où les morts ressuscitent. Ces guérisons physiques étaient une prophétie de ce qui allait se passer spirituellement au travers de la vie du Fils de Dieu donnée à l’humanité pour sa guérison et son rétablissement, afin que la mort n’ait plus sur les hommes l’emprise que lui avait cédé le péché de la désobéissance de l’homme Adam. Ainsi, Jésus est venu rétablir la fonctionnalité de nos sens spirituels qui, touchés par le péché, ne permettaient plus à l’homme d’entrer en contact avec le royaume des cieux. Privé de ce contact, l’homme est à la fois un aveugle né et un sourd né. Car du jour où dans l’Éden, Adam et Ève ont désobéi aux directives de Dieu, un brouillage s’est fait dans la communication. Le diable a mis du larsen sur la ligne directe que l’homme avait avec Dieu, dès le moment où il lui a fait entendre : « Dieu a-t-il vraiment dit ? », et où Adam et Ève ont prêté l’oreille à cette question insidieuse. L’oreille, ainsi que les yeux (quand Ève vit que le fruit semblait bon à manger) furent mises en cause dès le commencement. 
 

C’est par l’oreille que commence l’apprentissage du langage chez l’enfant : il n’apprend à parler qu’en raison de ce qu’il entend. Aussi si nous voulons comprendre ce que dit notre Père, si nous voulons parler le langage du royaume, nous devons entendre ce que dit le Père, notre oreille aura besoin d’apprendre à connaître Sa voix afin que notre esprit soit à même de discerner Ses voies. 
 

Ce n’est pas encore le temps où Dieu condamne la surdité, c’est le moment où dans sa grâce il la guérit. Pourtant, encore aujourd’hui il se trouve des disciples de Jésus pour vouloir couper l’oreille droite à ceux qui ne comprennent rien ou ne semblent rien vouloir entendre au message de Dieu. Mais sachons que même les serviteurs d’un système religieux condamné et rejeté par Dieu ont droit à la miséricorde divine pour recevoir cette guérison de l’ouïe.  

C’est pourquoi lors de son arrestation, lorsque l’un de ses disciples a cru bon de couper l’oreille droite du serviteur du souverain sacrificateur, Jésus l’a guéri. Il est précisé dans ce texte de Luc 22/ 50-51 qu’il était question de l’oreille droite et nous comprendrons plus loin l’importance spirituelle de ce détail rapporté dans le texte. Mais là, nous voyons Jésus guérir cette oreille droite coupée par un disciple que Jean dévoilera dans son évangile comme étant Pierre. Ce disciple avait agi ainsi pour défendre son Seigneur contre un système religieux qui le rejetait et cherchait à le faire mourir. Mais le Seigneur ne l’entendait pas ainsi ; pour Lui, ce n’était pas le temps de couper les oreilles qui n’entendaient pas. Car s’il devait en être ainsi, même ses disciples devraient aussi avoir les oreilles coupées puisque eux non plus ne saisissaient pas davantage que les religieux la réalité spirituelle de ce qui se jouait à cette heure de l’arrestation du Fils de l’homme. Et c’est pourquoi Jésus a dit (Matthieu 26/ 52 à 54) : « remets ton épée à sa place, ne sais tu pas que je pourrais appeler mon Père à l’aide et qu’aussitôt il m’enverrait plus de 12 armées d’anges ? Mais dans ce cas comment se réaliseraient les Écritures ? Elles déclarent en effet que cela doit se passer ainsi ». 

Les disciples n’avaient pas encore compris cela, leurs pensées n’étaient pas Ses pensées : au niveau de l’entendement ils en étaient au même point que ceux qui venaient arrêter Jésus. La seule différence était qu’ils avaient réellement cru que Jésus était le Messie d’Israël. Aujourd’hui, bon nombre de Chrétiens sont comme les disciples d’autrefois, des coupeurs d’oreilles vouant sans appel aux flammes de l’enfer ceux qui rejettent le message d’appel du Seigneur alors que le Seigneur Lui-même manifeste encore sa patience. Savons-nous le nombre de personnes qui ne seraient jamais venues au Seigneur si quelqu’un avait cessé de croire que malgré leur refus catégorique, un jour le message de la grâce parviendrait à franchir le mur d’incrédulité enfermant leur cœur et le voile d’aveuglement posé sur leur intelligence ? Grâce soit rendue à Dieu, c’est encore le temps de la guérison des oreilles pour permettre à plusieurs d’entendre le message de l’amour de Dieu et du salut en Jésus-Christ mais aussi et surtout l’appel des temps précédent le retour de l’époux.


La circoncision des oreilles


Dieu veut guérir également les malentendants, ceux qui tout en n’étant pas sourds n’entendent pas correctement. Leur organe auditif dispose de tous les rouages permettant l’acheminement du son, mais pour certaines raisons cela coince à un endroit, quelque chose vient bloquer la fonctionnalité cohérente de l’ensemble. Il s’agit ici du deuxième cas de surdité que j’évoquais plus haut : entendre sans entendre véritablement c'est-à-dire sans réussir à comprendre : le son entendu demeure un bruit confus.



En dehors de l’organe intime masculin, la Bible parle de circoncision en ce qui concerne deux autres organes du corps : il s’agit premièrement du cœur (Deut. 10/7, Jer. 4/4 , Rom. 2/29) et ensuite des oreilles. Jérémie 6/ 10 dit à ce sujet : « A qui m’adresser, et qui prendre à témoin pour qu’on m’écoute ? Voici leur oreille est incirconcise, et ils sont incapables d’être attentifs… ». Il est ici question du peuple qui n’écoute pas Dieu, un peuple aux « oreilles incirconcises ». 

A la base, la circoncision concerne une opération douloureuse pratiquée sur l’organe intime de l’homme dans le but de couper une « excroissance de la chair » connue généralement pour receler des impuretés. Elle est une image précise de la circoncision spirituelle du cœur qui devait être opérée par l’Esprit de Dieu dans la Nouvelle Alliance. Mais la circoncision des oreilles intervient aussi selon le même modèle puisqu’elle a la même vocation : enlever les excroissances qui, ayant poussé dans nos oreilles, nous empêchent d’entendre correctement et font obstruction à l’action de l’Esprit de Dieu en nous. Sur un plan physique cela peut être les bouchons de cérumen ou encore l’exostose du conduit auditif (un os poussant dans l’oreille) déjà évoqués. Je connais une sœur qui a subi une opération des oreilles parce qu’un os avait commencé à y pousser, diminuant considérablement sa capacité auditive. Elle a du subir une opération qui a bien réussi, et aujourd’hui elle entend très bien. Je conçois la circoncision des oreilles comme ce type d’opération où le chirurgien a procédé à l’ablation de l’excroissance osseuse qui obstruait son entendement.


Ceux qui ont répondu à l’appel de Dieu pour devenir Ses enfants ne sont plus sourds. Cependant souvent des voiles demeurent encore ou viennent se poser sur l’entendement. Des bouchons de cérumen sont amassés, des excroissances osseuses apparaissent au cours de la marche obstruant le passage des sons. Ceux qui en sont spirituellement affectés s’en rendent compte lorsqu’il leur devient difficile d’obéir au Seigneur faute de comprendre ce qu’il leur dit. Ils entendent encore un peu sa voix mais ne comprennent pas exactement Sa parole, elle ne parvient pas à toucher leur cœur et c’est comme si elle restait en surface sans réussir à pénétrer leur entendement, comme si quelque chose bloquait le parcours du son dans l’organe auditif. Ce n’est pas une surdité totale car le son réussit à pénétrer dans l’oreille externe mais quelque chose gêne le passage du son vers le tympan l’empêchant d’aller jusqu’à l’oreille interne. C’est dans ce cas précis qu’il y a besoin de l’intervention du Chirurgien céleste, qu’il vienne avec le bistouri de l’Esprit pour circoncire les oreilles par l’extraction de ces excroissances afin que l’entendement soit guéri et restauré ; afin qu’en entendant on entende véritablement, ce qui permet à l’intelligence d’être renouvelée par la Parole de Christ venant toucher le cœur. Et cette parole qui pénètre peut se déverser sur l’esprit à la façon d’une eau rafraîchissante qui nourrit et fait revivre une terre desséchée. 
 

Beaucoup d’enfants de Dieu regrettent de ne pas entendre Dieu leur parler. Pourtant Dieu parle mais c’est souvent que nous ne l’entendons pas. Parfois Dieu appelle, mais il n’y a pas de réponse parce que nous sommes comme frappés d’exostose spirituelle. Cette maladie réduit considérablement le canal auditif s’il n’est pas traité à temps. C’est ainsi que la voix de Dieu devient de plus en plus inaudible à ceux qui souffrent de ce mal ; ils souffrent d’une déperdition progressive de l’information : Dieu leur parle mais la communication passe mal. D’autres fois, la voix de Dieu sort pour venir à nous, mais elle est noyée dans un bouchon de cérumen qui représente des sécrétions de notre propre fond, le flot de nos propres représentations de ce que Dieu devrait nous dire. Certains ont ainsi parfois des idées précises et préconçues lorsqu’ils demandent à Dieu de leur parler. Aussi, lorsque Dieu leur dit quelque chose d’assez éloigné de ce qu’ils attendaient, ils en concluent que Dieu a refusé de leur parler. Mais en fait ce sont eux qui ne l’ont pas entendu. Cependant, à force de ne pas pouvoir écouter les sons qui viennent à nous en contradiction avec nos propres pensées ou représentations, le conduit auditif finit par se réduire pour ne laisser passer dans l’entendement que des pensées humaines et il arrivera malheureusement que celles-ci soient prises pour des pensées de Dieu.


Mais aujourd’hui, c’est un temps où la circoncision est encore possible et nous pouvons venir au Seigneur lui demander de nous ouvrir les oreilles, de nous faire passer sous son scalpel pour nous rendre l’ouïe fine et attentive, débarrassée de tout ce qui l’entrave. Car il vient un temps et où les oreilles ne voudront et ne seront plus en mesure d’entendre la vérité qui sort de la bouche de Dieu. Aujourd’hui, Dieu veut toucher l’entendement de ses enfants afin de les rendre attentif à Ses paroles. Le Shema divin (Ecoute !) retentira jusqu’à la consommation des temps. Dieu sait que quand Son peuple n’est pas attentif à Sa voix, il devient sensible aux suggestions de l’adversaire.


Un séminaire ou une conférence chrétienne qui aurait pour titre « Comment entendre la voix de Dieu » aurait à coup sûr beaucoup de succès. Pourtant même en y ayant reçu les dernières méthodes à la mode prétendument éprouvées, les personnes n’en ressortiraient pas en sachant davantage entendre la voix de Dieu. Ce n’est pas une question de méthodes à appliquer mécaniquement. Si Dieu ne guérit lui-même nos oreilles en les débouchant, nous aurons beau appliquer toutes les méthodes existant sur le marché évangélique que cela ne nous rendra pas pour autant capable d’entendre. Il faut une intervention de la main de Dieu pour que notre entendement s’ouvre sur le royaume des cieux. Ce n’est pas de méthodes que le sourd a besoin, mais de voir ôté ce qui entrave son entendement. Dans le cas d’exostose si on n’enlève pas l’os le conduit auditif continue de se réduire jusqu’à se fermer c’est aussi simple que cela. Souvent les gens voudront recevoir des « méthodes prêtes à l’emploi» qui leur éviteront de passer par une obéissance douloureuse. Mais en plus d’être une perte de temps, c’est très dangereux. 
 

Dieu ne veut pas seulement guérir nos oreilles de la surdité, il souhaite bien plus que cela : il veut aussi les consacrer et les oindre afin que nous soyons propres à accomplir Sa volonté et non la nôtre. Dieu veut faire de nous des sacrificateurs-serviteurs attachés à son service, et des disciples soumis au Maître pour marcher dans ses pas, de ceux qui suivront l’Agneau partout où il ira. Dans ce but, il va s’appliquer à discipliner nos oreilles. Ce n’est pas un hasard si le mot discipline comporte la même racine que le mot disciple.


Des oreilles de serviteurs


Dieu met une marque distinctive sur l’oreille de ceux qui lui appartiennent : un signe de mise à part pour Lui : Exode 21/5-6 ; Deutéronome 15/16-17. Dans ces passages, le poinçon dans l’oreille marquait l’appartenance d’un serviteur ou esclave à son maître. C’est ainsi que Dieu met Sa marque sur ceux qui lui appartiennent, ceux qu’il a racheté. Dans les textes cités ci-dessus, il n’est pas question d’un joug de servitude liant l’esclave à son maître, mais d’un Joug doux et léger de liberté et d’amour résultant d’un choix délibéré. C’est l’esclave lui-même qui choisissait de rester sous la dépendance de son maître l’année de son jubilé. Christ nous a affranchis de la servitude du péché mais c’est afin que nous puissions servir Dieu librement et par amour en choisissant de vivre sous sa dépendance. Lorsque nous faisons ce choix, Dieu met sa marque sur nous, et d’un point de vue spirituel le poinçon dans l’oreille sert à manifester Son droit sur nos vies. C’est à partir de ce que nous entendons de Sa Parole que notre foi s’édifie; nous sommes appelés à vivre par la parole qui sort de Sa bouche.


Je reviens ici sur l’oreille droite du serviteur du souverain sacrificateur qui avait été coupée par un disciple du Seigneur Jésus-Christ lors de son arrestation. Si l’oreille marquait l’appartenance d’un serviteur à son maître, l’oreille droite servait à la manifestation de la consécration et l’onction du serviteur. En guérissant l’oreille droite du serviteur, Jésus montrait que ce n’était pas le temps pour ses disciples de porter un jugement sur les serviteurs du système religieux de l’époque même si tout en scrutant les Écritures, ceux-ci avaient été incapables de discerner le jour du Fils de Dieu parmi eux. Leur consécration même détournée de son but servait encore là le plan souverain de Dieu : Satan faisait là une œuvre qui le trompait lui-même, car comme Jésus a pu le dire, « sa vie nul ne la prenait, c’était lui-même qui la donnait ».


L’oreille consacrée


Lévitique 8/22-24 – évoque le sang du bélier de consécration mis sur le lobe de l’oreille droite d’Aaron et ses fils. Ce sang symbolise en effet la consécration du serviteur-sacrificateur par laquelle celui-ci est rendu apte à faire un tri dans ce qui parvient à son oreille ; une consécration qui lui permet de « discerner » ce qui vient ou non de Dieu et de pouvoir le condamner le cas échéant. Une consécration qui rend le serviteur-sacrificateur apte à « distinguer » ce qui est saint de ce qui est profane et à pouvoir « faire la différence » entre ce qui est pur et ce qui est impur, à l’instar des sacrificateurs fils de Tsadok : Ézéchiel 44/23. En somme, c’est une consécration qui permet d’être en mesure d’obéir à la recommandation du Seigneur ; en Marc 4/24 : « PRENEZ GARDE à ce que vous entendez » ; Marc 4/ 23-24 : « Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende. Prenez garde à ce que vous entendez…. ». Le sang sur l’oreille droite marque la consécration de l’homme spirituel dans son entendement. Dieu sait que ce que nous entendons formate notre personnalité. En Christ, notre nouvelle personnalité est spirituelle ; elle ne peut se construire et se maintenir que par la foi qui vient que de ce qu’on « entend » de la Parole de Dieu. D’où l’intérêt de prendre garde à ce que nous entendons, d’être attentifs à ce que nous permettons de pénétrer dans nos oreilles car c’est cela qui construit notre vie spirituelle.


Le sang de consécration ferme l’oreille sur le monde spirituel des ténèbres, à la voix de l’ennemi et aux bruits du monde et de la chair. Il ne suffit pas d’entendre correctement, car parfois la voix qui nous parvient et que nous prenons pour celle de Dieu est celle de notre propre fonds je l’ai dit. Parfois certains cherchent à droite et à gauche confirmation de ce qu’ils entendent ; et lorsque cette confirmation ne leur est pas donnée comme ils l’entendent, ils se sentent rejetés. Il devient de plus en plus difficile et délicat de dire à une personne « non je ne reçois pas ce que tu me dis comme venant de Dieu, je crois que cela vient de tes propres pensées ». Il y a un réel besoin d’accepter que les frères et sœurs sondent les pensées partagées comme la Parole nous le conseille. Mais il existe chez certains une telle fragilité à vivre le rejet que cela constitue un frein à des partages dans la vérité et l’authenticité. Pourtant tout ne peut être accepté sous prétexte de ne pas froisser, car ce n’est pas rendre service à ceux qui cherchent à grandir dans une réelle perception et discernement de la voix de Dieu.


A cause de mon expérience d’audition défectueuse au travers de laquelle il m’a été donné de saisir certaines choses, il m’est arrivé de penser au fait que Dieu est parfois dans l’obligation de fermer ou d’affaiblir nos sens naturels pour que se développent davantage nos sens spirituels comme ce fut le cas de Paul (Saul) sur le chemin de Damas. Rendu aveugle naturellement, il vit ses yeux spirituels s’ouvrir sur Jésus et sur l’évangile du royaume. Il en est de même pour nos oreilles que Dieu est parfois obligé de frapper pour nous éveiller à son écoute. Nous rendre sourds aux bruits de la terre pour être en mesure d’entendre Sa voix. C’est ainsi que parlant du serviteur du Seigneur, Ésaïe a pu dire (Ésaïe 42/18 et 19) : « Sourds écoutez ! Aveugles, regardez et voyez ! Qui est aveugle sinon mon serviteur, et sourd comme mon messager que j’envoie ? Qui est aveugle comme l’ami de Dieu, aveugle comme le serviteur de l’Éternel ? ». Une sœur m’a rappelée que peu de temps avant que mon audition soit affaiblie, j’avais partagé le fait que le Seigneur me parlait de toucher mes oreilles, ouvrir mon entendement. J’avais oublié cela et cette sœur me l’a rappelé tout récemment quand j’ai partagé ces derniers jours que je sentais que le temps était venu pour que je partage ce que le Seigneur m’enseignait au travers de cela.


L’oreille ointe


Là où le sang ferme l’oreille à la voix de l’ennemi et aux bruits émanant du monde d’en bas, l’huile d’onction de l’Esprit va l’ouvrir à la voix de Dieu et aux réalités du royaume céleste. Dieu veut poser un signe de purification sur nos oreilles qui va permettre l’ouverture de l’entendement sur le royaume des cieux. Les oreilles ont besoin de recevoir de cette huile pour pouvoir fonctionner conformément à leur vocation spirituelle. Lévitique 14/28 parle de l’onction d’huile pratiquée sur le lobe de l’oreille droite de celui qui se purifie (le contexte était celui de la lèpre qui symbolise le péché qui s’attache à nous). L’oreille droite ointe d’huile nous parle de la purification de l’entendement afin que le serviteur devienne un instrument utile entre les mains de son maître. 

Être consacré ne signifie pas automatiquement être utile. On peut être un instrument consacré à un service sans être encore affûté pour servir à ce but. C’est alors le serviteur inutile, celui qui agit par devoir, il fait tout juste ce qu’il doit faire.  Un serviteur utile à son maître est celui qui a un autre moteur pour agir que le devoir : il a reçu le « vouloir ». C’est celui qui marche dans les pas de son maître après que son « vouloir » ait été discipliné. L’huile sur l’oreille droite nous parle de la discipline du cœur du serviteur qui devient un disciple. Le serviteur n’entre pas dans le secret du maître, il est dans l’obéissance mais c’est encore une marque extérieur de son service (Jean 15/15); le disciple lui est un ami qui sait ce que fait le maître, il est comme Jean couché sur le sein de Jésus : delà il entend battre son cœur. Le disciple est lui aussi dans l’obéissance mais pas une obéissance servile extérieure qui ne sait pas, il entre dans les secrets du maître. C’est la source de toute son activité (Jean 15/ 15 et 16). Il n’y a pas que son corps à être engagé dans le service au maître, son âme et son esprit y sont aussi impliqués. Son obéissance n’est pas seulement extérieure mais aussi intérieure et elle vient de la soumission de son cœur qui se laisse éduquer. Et cela passe par la discipline des oreilles.


Des oreilles de disciples


Jésus dit que c’est aux disciples qu’est donné le mystère du royaume de Dieu : ils sont de ceux qui en entendant, entende et comprennent. Les oreilles de disciples sont des oreilles qui permettent non seulement d’entendre le message, mais aussi de le comprendre. L’information arrive dans l’oreille externe et sans rester bloquée au niveau de l’oreille moyenne elle va jusqu’à l’oreille interne qui les transmet au lobe temporal afin que le cerveau puisse donner en retour une compréhension claire de ce qui au départ était juste un son qui en l’état pouvait rester mystérieux. Les oreilles de disciples nous parlent d’un entendement spirituel ouvert, éveillé, d’une intelligence spirituelle affûtée pour permettre l’équilibre dans le corps. Car en plus de servir à l’entendement, l’oreille interne contient les organes qui donnent le sens de l’équilibre au corps (empêchent son instabilité), coordonnent les mouvements de la tête et des yeux ainsi que les ajustements de la posture du corps. En particulier lorsque cet organe connaît des désordres dans son fonctionnement, nous pouvons souffrir de vertiges, d’étourdissements, de déséquilibre ou de désorientation. L’oreille interne équilibre le corps sans que nous en soyons forcément conscients. Son rôle est de détecter/discerner les changements de positions du corps et d’en assurer l’équilibre en conséquence. Ce n’est pas un hasard si Dieu a pris le corps humain pour figurer le Corps de Christ : c’est parce que le Corps de Christ fonctionne en grande partie selon ce modèle. Ainsi nous sommes d’autant plus interpellés sur l’importance du rôle de l’oreille interne éveillée par l’Esprit de Dieu pour servir à un fonctionnement cohérent et équilibré de tout le corps de Christ. 
 

De même que l’oreille interne permet l’équilibre du corps en l’empêchant de chanceler, l’oreille spirituelle éveillée à un rôle de soutient et d’équilibre dans le corps spirituel. Ésaïe 50/ 4 et 5  dit : « Le Seigneur l’Éternel, m’a donné une langue exercée pour que je sache soutenir par la parole celui qui est abattu ; Il éveille chaque matin, il éveille mon oreille pour que j’écoute comme écoutent les disciples. Le Seigneur l’Éternel m’a ouvert l’oreille Et je n’ai point résisté, je ne me suis point retiré en arrière. ». 
 

Ce passage nous donne une idée de l’importance d’avoir les oreilles ouvertes ; cela a un lien avec la langue exercée : c’est dans le but de soutenir le reste du corps, les autres membres. Une oreille bien développée et en bonne santé permet au corps de se tenir bien debout sans être désorienté. Pour soutenir le reste prêt de mourir, Sardes est exhortée à être vigilante, ce qui signifie avoir le cœur et l’esprit éveillés. Vous avez besoin d’avoir les oreilles éveillées pour pouvoir soutenir et aider les autres. Pour cela nous devons dépendre de Dieu, de ce qu’il dit ; nous devons pouvoir entendre sa voix sans larsen, recevoir Sa pensée et Sa sagesse. Proverbes 22/17 dit : « Prêtes l’oreille et écoute les paroles des sages ; applique ton cœur à ma science. Car il est bon que tu les gardes au-dedans de toi, et qu’elles soient toutes présentes sur tes lèvres ». Cette dernière partie du verset illustre la corrélation étroite entre le fait d’avoir les oreilles éveillées aux paroles de la bouche de Dieu et la capacité d’avoir une langue exercée de disciple qui sache soutenir celui qui chancelle ou manque d’équilibre. Mais le verset va plus loin : il dit aussi « Afin que ta confiance repose sur l’Éternel, je veux t’instruire aujourd’hui, oui toi.. ». Dieu veut nous éveiller l’oreille afin que nous recevions Ses instructions pour être guidé dans la marche et afin de tenir ferme en Lui dans la foi.


Le Seigneur dit au début du texte d'Ésaïe 50 qui parle des oreilles de disciples : « Je suis venu, pourquoi n’y avait-il personne ? J’ai appelé, pourquoi personne n’a-t-il répondu ? ». Si personne ne répond quand Dieu appelle c’est peut être faute d’entendre sa voix. Jésus a dit que Ses brebis entendent Sa voix quand Il les appelle ; entendons-nous Sa voix quand Il nous appelle, quand Il nous parle, quand Il nous instruit ? Il est dit ailleurs dans le livre d'Ésaïe : « Tes oreilles entendront la voix qui dira « voici le chemin marches-y. Car tu irais à droite ou tu irais à gauche». C'est dire à quel point notre audition est une question de survie dans la marche qui doit être la nôtre ! C’est ainsi que nous sommes guidés. Nous sommes condamnés à dévier, être désorientés, voire « dérailler » si nous n’entendons pas les directives du Seigneur.


Nous devons avoir constamment les oreilles éveillées. Dans le texte d'Ésaïe 50, il est question d’avoir chaque matin les oreilles éveillées. Cela nous interpelle sur la présence d’une discipline quotidienne chez le « disciple ». C’est par le biais de cet éveil quotidien que la main du Seigneur nous ouvre l’entendement spirituel, c’est une éducation à entendre Sa voix. Nous disons souvent « Seigneur ouvres moi les oreilles afin que je t’entende, que je comprenne » ; mais à la vérité cela passe souvent par une discipline qui va impliquer notre être entier corps, âme et esprit.  Dieu veut formater nos oreilles afin qu’elles soient à la fois actives et réactives. Pour un entendement engendrant la compréhension qui mènera à une soumission pratique à Sa volonté afin que notre vie soit alignée sur elle car c’est la vocation de l’épouse de l’Agneau : entendre ce que dit l’Esprit afin de pouvoir dire la même chose et à l’unisson. L’Esprit et l’épouse sont appelés à dire la même chose à mesure qu’approche la venue de l’époux. L’Esprit et l’épouse disent « Viens » prophétise Jean.


La Parole de Dieu ne nous demande pas seulement d’écouter, mais d’avoir à entendre ce que l’Esprit dit ; on peut écouter sans entendre. Et la Bible est insistante en cela surtout dans la Révélation de Jean, c’est parce que cela a une importance capitale à mesure que les temps s’accomplissent. Dieu veut nous disposer à entendre la voix de l’Esprit. Nous devons être en mesure de prêter l’oreille de façon à entendre ce que dit cette Voix : « Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux églises ». Cela signifie qu’à un moment et en rapport avec le but des avertissements contenus dans ces lettres aux églises, l’Esprit parlera de plus en plus aux églises de façon de plus en plus pressante, cherchant à faire entendre un son spécifique. Il faudra que les oreilles soient en mesure d’entendre ce son qu’il soit dans les aiguës, les graves ou basses fréquences.


En Esaïe 42/ 23, le Prophète disait déjà à son époque : « Qui parmi vous prêtera l’oreille à ces choses ? Qui voudra s’y rendre attentif et écouter à l’avenir ? ». C’est un texte où le Prophète prophétisait au peuple au sujet de la première venue du Messie d’Israël. Déjà à ce moment-là Dieu exhortait son peuple d’avoir à prêter l’oreille pour comprendre ces choses afin de savoir reconnaître le temps de sa visitation. Dans ce même passage, il est dit « Sourds, écoutez ! Aveugles, regardez et voyez ! Puis encore : «  Tu as vu beaucoup de choses, mais tu n’y a point pris garde ; on a ouvert les oreilles mais on n’a point entendu ». Et nous avons vu le résultat : pour la plupart, les oreilles du peuple étaient fermées lors de la première venue de Jésus : ils n’ont pas compris les Écritures qui parlaient de Lui et ils ne l’ont pas reconnu quand il était au milieu d’eux.


Dieu lance à nouveau des avertissements à son peuple d’avoir à entendre ce que dit l’Esprit. Car lorsque les temps seront accomplis lors du retour annoncé du Fils de Dieu, à ce moment-là ce sera aussi le temps où des oreilles droites qui n’ont pas rempli leur vocation, seront coupées car elles ne serviront plus à rien (cf. l’oreille droite du serviteur du souverain sacrificateur coupée par un disciple de Jésus). Le prophète Ésaïe prophétisait dans ce passage (Ésaïe 42) que Dieu s’apprêtait à publier une loi grande et magnifique. Cette loi était Jésus-Christ « Parole de Dieu » qui allait être envoyée parmi les hommes. Mais comme l’avait aussi prophétisé le Prophète, le peuple n’a pas écouté cette Parole et n’a point voulu marcher dans ses voies. 

Aujourd’hui, dans la Nouvelle Alliance, nous avons intérêt à avoir des oreilles pour entendre ce que l’Esprit dit aux églises car Apocalypse 18/ 23 parle d’un temps et d’un espace où la voix de l’époux et celle de l’épouse ne sont plus entendues. 
 

La voix de l’Esprit et de l’épouse vont de plus en plus devoir s’aligner pour dire la même chose. Mais nous avons en effet aussi la voix de l’époux qui se fera entendre avec de plus en plus de force à mesure que s’approche le temps de son retour afin que personne n’ait d’excuse lorsque la porte sera fermée. Nous sommes à un moment où Jésus frappe avec insistance à la porte comme nous le voyons dans le Cantique des cantiques, mais aussi en Apocalypse 3/ 20. Et dans ce dernier passage, il est question d’entendre sa voix pour pouvoir ouvrir la porte. Lorsque Sulamithe (Cantique des cantiques) avait ouvert la porte à son Bien aimé, c’était pour constater qu’il s’en était déjà allé. Il vient un temps où il faudra entendre la voix de l’Époux pour ouvrir au moment opportun afin de pouvoir s’asseoir au souper des noces avec Lui.
 

Quant à la voix de l’épouse, c’est un cri d’amour et de langueur lancé alors qu’elle poursuit l’époux afin de s’attacher à ses pas. L’église doit prêter l’oreille à cette saison spirituelle des amours. C’est un temps où l’époux l’attire sur la Montagne des Aromates. C’est le temps où pareille à la Sulamithe déçue de tous les bergers de la terre et de tous les Salomon des palais, elle se plaît à courir les bois et les maquis à la recherche de son Bien aimé. La voix de l’épouse qui se mêle à celle de l’Esprit est « Viens  Seigneur Jésus !» car c’est mue par l’Esprit de la prophétie qu’elle poussera ce cri jusqu’au retour de son Bien-aimé.

Certains voient dans le Cantiques des cantiques une allégorie concernant l’épouse de Christ. Ceci n’est pas faux. Cependant il serait tout aussi juste d’y voir également une allégorie concernant Israël au moment de la première venue de Son Messie (c’est le cas notamment de Frédéric Godet). Personnellement je fais les deux lectures dans ce texte qui est d’une grande profondeur prophétique concernant le drame qui se joue pour le peuple de Dieu quant à la visitation du Messie qu’il pourrait rater faute de pouvoir entendre et reconnaître Sa voix au moment opportun sans la confondre avec celle d’un autre. 

Dans ce texte, nous voyons tour à tour Sulamithe en contact avec deux personnages que nous pourrions confondre, les prendre l’un pour l’autre si nous n’y prêtons pas garde. Il s’agit du Berger et de Salomon qui ne sont pas la même personne mais deux personnages tous deux intéressés par l’amour de la Sulamithe. Et le drame qui se joue est de savoir par qui la Sulamithe va se laisser séduire, à qui elle va succomber. Sa poursuite du bien aimé est sans cesse interrompue par un travail de sape de Salomon et des gardes de la ville manifestement à sa solde pour être une entrave à la recherche du Bien-aimé. Salomon veut attirer Sulamithe dans son palais, alors que le berger souhaite plutôt l’attirer dans les jardins, le berger son bien-aimé l’appelle « habitante des jardins »; d’ailleurs la demeure du Bien-aimé berger est la montagne des aromates. À la fin, ce Cantique nous parle de l’amour, le vrai qui triomphe de tout et c’est ce moment du livre qui nous intéresse ici. Sulamithe est appelée par le Berger qui lui dit (verset 13) : « Habitante des jardins, des amis prêtent l’oreille à ta voix. Daigne me la faire entendre- ! ». Et alors, nous lisons ce que répond la voix de la bien aimée : elle dit très exactement ceci : «  Fuis mon bien-aimé ! Sois semblable à la gazelle ou au faon des biches, sur les montagnes des aromates ! ». Et c’est ainsi que se termine ce livre.



Pour certains, (dont Frédéric Godet), ce livre est une allégorie de la première Alliance avec Sulamithe représentant l’Israël qui attend le Messie et qui est prêt dans son cœur à le rechercher sans se laisser détourner par son aspect qui n’a rien d’un roi des palais apparaissant pour délivrer Israël de son envahisseur Romain. Sulamithe représente ainsi l’Israël qui discernera en Jésus Son Berger, Celui que Dieu envoie pour conduire son peuple à Lui. Et ce verset de la fin éclaire la fin de la mission de Jésus sur la terre lors de sa première venue quand il disait aux disciples qu’il leur était avantageux qu’il parte rejoindre le Père (à la montagne des aromates). Oui Jésus devait repartir pour que l’Esprit vienne faire naître l’Église. Dans ce passage du Cantique, nous pourrions être étonnés de voir qu’alors que Sulamithe vient tout juste d’être réunie avec son Bien aimé après tant de péripéties et d’actes manqués où sans cesse quelque chose venait entraver cette rencontre, elle ne trouve à dire lorsqu’elle doit faire entendre sa voix au bien aimé que ce mot mystérieux : « fuis à la montagne des aromates ». Nous aurions pu nous attendre à ce qu’elle dise plutôt « reste avec moi bien-aimé, ne pars pas ! ». Mais tel n’était pas le plan de Dieu pour ce temps-là. Et ce passage me fait penser au dialogue entre Jésus et Marie de Magdala après la résurrection en Jean 20/17, lorsque Jésus lui répond «  ne me touche pas ! Car je ne suis pas encore monté vers mon Père ». Ce n’était pas le moment pour Jésus de rester avec les disciples, il devait encore remonter afin de remplir toutes choses comme le dit Paul en Ephésiens 4. 

C’était certes le temps du jugement du prince de ce monde, mais pas encore celui où le royaume de ce monde était remis au Fils de Dieu et où toutes choses étaient enfin rétablies. Il restait une autre étape pour l’avènement de ces choses. Et cette autre étape qui correspond à la seconde venue du Messie (le retour de l’époux) sera précédée d’un autre cri de la Sulamithe figurant cette fois non pas Israël attendant la première venue du Messie, mais l’Épouse de l’Agneau attendant la réunion avec son Époux. Et cette voix de l’Épouse dira non plus «  fuis mon Bien-aimé ! », mais plutôt « Maranatha, viens Seigneur Jésus ! ». Plus le temps de Sa venue approchera, plus l’Esprit et l’épouse pousseront ce cri ; et nous devrons être en mesure de l’entendre, et si nous n’entendons pas ce cri inquiétons-nous de cette surdité. Dieu veut que toute l’Église soit attentive pour entendre la voix de l’Esprit et celle de l’Épouse afin s’y aligner pour dire aussi la même chose.


Apocalypse 22/17 : « Et l’Esprit et l’épouse disent : Viens. Et que celui qui entend dise : Viens ! »



Éliane Colard



Dans le même ordre d'idée :









Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire