vendredi 13 août 2021

Le Règne de Dieu sur les autorités humaines

«Jésus lui répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le Règne de Dieu… Jésus répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le Règne de Dieu.» (Jean 3: 3 et 5)

Dans cette rencontre entre le Christ et Nicodème, il semble que nous assistons a un dialogue de sourds. D’un côté, il y a un théologien qui est tellement sûr de son fait qu’il va expliquer à Jésus ce qu’il croit discerner. Il croit voir en Lui un envoyé de Dieu, un prophète, mais le Seigneur va immédiatement le reprendre pour lui montrer qu’il ne discerne rien de spirituel. Il entend le bruit du vent (le souffle de l’Esprit), mais « il ne sait ni d’où il vient » (d’auprès du Père), « ni où il va » (à la croix et à la résurrection). On peut donc dire que le Règne de Dieu échappe aux yeux humains de ce grand « docteur d’Israël », mais qu’il n’en est malheureusement pas conscient malgré son dialogue avec le Maître. Car ce Règne est d’un autre domaine et ne peut se voir qu’avec les yeux de la foi. Lorsque Job à la suite de toutes ses épreuves s’interrogeait sur les raisons de ses malheurs, Élihu rempli de l’Esprit a détourné ses regards de ses problèmes pour lui faire admirer tout ce que Dieu fait sur cette terre et dans les cieux (Job chapitres 32 à 37). C’est également la saine réaction de Jérémie après avoir énuméré toutes ses souffrances qui va se tourner vers le bontés de l’Éternel qui ne sont jamais épuisées, mais qu’il faut savoir remarquer et ne jamais oublier (Lamentations de Jérémie chapitre 3).

«Le Règne de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards. On ne dira point: Voyez ici, ou: Voyez là. Car voyez, le Règne de Dieu est au dedans de vous.» (Luc 17:20-21) C’est-à-dire là où il ne peut pas se voir avec des yeux humains ! 

C’est donc dans notre coeur que le Règne de Dieu peut s’établir, «au dedans de nous». Il ne faudrait pas oublier que c’est à nous de reconnaître notre incapacité à regarder les réalités célestes. Il nous faut regarder en face notre aveuglement pour que nous puissions en être guéri. Nous ne savons pas si Nicodème a compris à ce moment la réalité de son aveuglement,mais nous pouvons espérer qu’après la Résurrection, il a pu se repentir, entrer personnellement dans le Règne de Dieu par la nouvelle naissance et commencer à contempler ces réalités spirituelles qui lui échappaient.

«Jésus dit: Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. Quelques pharisiens qui étaient avec lui, ayant entendu ces paroles, lui dirent: Nous aussi, sommes-nous aveugles? Jésus leur répondit: Si vous étiez aveugles, vous n'auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites: Nous voyons. C'est pour cela que votre péché subsiste.» (Jean 9:39-41)

Ce que nous pouvons voir dans les Écritures concernant le Règne de Dieu.

La Bible nous décrit de plusieurs manières ce qu’est le Règne de Dieu. Ceux qui reçoivent la Parole avec foi constateront que leurs yeux commencent à s’ouvrir et que ce Règne devient alors une évidence qui échappe complètement aux incrédules.

«Dites parmi les nations: L'ÉTERNEL RÈGNE ; Aussi le monde est ferme, il ne chancelle pas ; L'Éternel juge les peuples avec droiture.» (Psaume 96:10)

Nous pouvons constater que Dieu n’impose pas son Règne, car il veut être aimé par les humains. Il ne cherche donc pas des gens serviles qui auraient peur de Lui, mais il veut des enfants qui l’aimeront comme un Père. Lorsque Adam et Eve ont décidé de croire le serpent plutôt que leur Créateur, Il n’a pas insisté et s’est mis en retrait. C’est ainsi que Satan est devenu «le prince de ce monde» avec tous les dégâts qui ont suivis. Mais dans l’histoire biblique, nous voyons que le Règne de Dieu continuera quand-même à s’établir au travers des coeurs qui le croiront. Noé, Abraham et tous les autres ont témoigné ainsi par leur vie de foi que ce Règne s’établissait dans leurs coeurs. Ils ont ainsi été une source de bénédictions pour leurs proches. L’auteur de l’épître aux Hébreux (chapitre 11) nous parlera de ces héros de la foi qui regardaient au-delà des vues humaines, vers les choses éternelles et la Cité céleste.

«Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes.» (Éphésiens 6:12)

Et pour ce combat spirituel, il est nécessaire de voir les choses invisibles.

«Le serviteur de l'homme de Dieu se leva de bon matin et sortit; et voici, une troupe entourait la ville, avec des chevaux et des chars. Et le serviteur dit à l'homme de Dieu: Ah! mon seigneur, comment ferons-nous? Il répondit: Ne crains point, car ceux qui sont avec nous sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux. Élisée pria, et dit: Éternel, ouvre ses yeux, pour qu'il voie. Et l’éternel ouvrit les yeux du serviteur, qui vit la montagne pleine de chevaux et de chars de feu autour d’Élisée.» (2 Rois 6:15-17)

Après notre nouvelle naissance notre regard est renouvelé, nous discernons peu à peu les dynamiques à l’oeuvre dans les lieux célestes et nous pouvons alors comprendre correctement les enjeux et les objectifs du combat spirituel. C’est un domaine où beaucoup de fausses doctrines ont hélas vu le jour depuis quelques années et où s’épanouissent sans vergognes des tendances charnelles mal crucifiée. Sous prétexte d’être plus spirituels que les autres, il est malheureusement courant de voir aujourd’hui se lever des égos surdimensionnés qui entraînent après eux les âmes mal affermies dans une révolte contre les autorités en places (aussi bien les humaines que les spirituelles). Comme l’observait déjà l’apôtre Pierre dès le début de l’histoire de l’Eglise :

« le Seigneur sait délivrer de la tentation les hommes pieux, et réserver les injustes pour être punis au jour du jugement, et surtout ceux qui, dans les convoitises impures, suivent la chair et méprisent l'autorité ; audacieux, satisfaits d'eux-mêmes, ils ne tremblent point d'injurier les gloires, quand des anges, quoique plus grands en force et en puissance, ne portent point contre elles devant le Seigneur de jugement injurieux. » (2 Pierre 2:9-11)

Je vais donc aborder ici l’aspect biblique de ce combat qui concerne la dimension fondamentale des autorités que Dieu a mis en place, aussi bien ici bas que dans les lieux célestes.

Les autorités humaines

«Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; CAR IL N'Y A POINT D'AUTORITÉ QUI NE VIENNE DE DIEU, ET LES AUTORITÉS QUI EXISTENT ONT ÉTÉ INSTITUÉES DE DIEU.» (Romains 13:1)

Il est important de prendre conscience que Dieu est la source de toute autorité et cela depuis la Création du monde. La Bible en fait un thème central, car contrairement à ce qu’ont crus les chrétiens à certains moments de l’histoire, la révolte et la violence ne font pas partie de son mode de gouvernement sur cette terre. Son Règne ne s’établit pas de cette façon, mais par une douceur et une soumission qui placent les croyants dans un autre Royaume, qui n’est pas de ce monde.

«Soyez soumis, à cause du Seigneur, à toute autorité établie parmi les hommes, soit au roi comme souverain, soit aux gouverneurs comme envoyés par lui pour punir les malfaiteurs et pour approuver les gens de bien. Car c'est la volonté de Dieu qu'en pratiquant le bien vous réduisiez au silence les hommes ignorants et insensés, étant libres, sans faire de la liberté un voile qui couvre la méchanceté, mais agissant comme des serviteurs de Dieu.» (1 Pierre 2:13-16)

Lorsque Joseph a été vendu par ses frères en Égypte, il ne s’est pas défendu avec des moyens humains, mais il s’est soumis à ses maîtres successifs malgré les injustices, tout en vivant quotidiennement dans une bonne conscience. Et c’est Dieu Lui-même qui va finir par l’élever à la plus haute place, à coté de Pharaon. Son véritable combat n’était pas «contre la chair et le sang», contre les injustice humaines ou les abus de pouvoir, mais contre des puissances spirituelles qu’il devait vaincre par l’Esprit dans son être intérieur. Il considérait par la foi que rien n’arrivait sans que Dieu l’ait permis et que l’important pour lui était simplement de rester fidèle à la volonté de Dieu en faisant le bien partout où il se trouvait. Il s’est alors établi en lui une victoire spirituelle inimaginable, puisqu’il déclarera à ses frères : «Vous aviez pensé me faire du mal, mais Dieu l’a changé en bien.» (Genèse 50:20) Sa soumission réelle envers ses différents maîtres successifs lui avait permis de cultiver l’humilité et de se libérer du ressentiment qui aurait pu infecter sa vie et celle des gens qui l’entouraient.

Dans la Bible, tous les grands hommes de Dieu avaient intégré le fait que les autorités qui existaient avaient été instituées par le Créateur. Moïse a respecté l’autorité de Pharaon lorsque Dieu l’a envoyé libérer son peuple. Ils ne se sont pas révolté et ils ne sont sortis d’Égypte que lorsque Pharaon leur a permis de le faire. 40 ans plus tôt, Moïse avait ressenti cet appel à libérer ses frères du pouvoir abusif des tyrans, mais il l’avait fait avec des moyens humains, en tuant discrètement l’égyptien qui frappait durement un israélite (Exode 2:11-14). Cependant cette « libération » ponctuelle n’avait pas tenu compte d’un élément fondamental de la doctrine biblique : le véritable problème vient du coeur de l’homme tant qu’il n’est pas régénéré par la Parole vivante et permanente de Dieu. Il faudra à Moïse 40 ans de plus pour en faire l’apprentissage dans la solitude du désert et repartir avec la puissance libératrice de Dieu. Et il faudra également 40 ans supplémentaires de marche dans le désert pour que l’Éternel se forme un peuple nouveau qui sera capable de prendre possession des promesses divines (voir Deutéronome 1:39).

Au travers de cette histoire prophétique, l’auteur de l’épître aux Hébreux nous démontre que la confrontation spirituelle avec les puissances de l’Égypte au travers des dix plaies et même par le passage du « baptême dans la nuée et dans la mer » (1 Corinthiens 10) n’avait rien changé à l’incrédulité du peuple de Dieu. Il ne pourra entrer dans le Repos de Dieu qu’après un long travail de sanctification (voir Hébreux chapitres 3 et 4). Il faudra en effet du temps pour procéder à la mise à mort du « vieil homme » incrédule et au revêtement de «l’homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité. » (Éphésiens 4:20-24) !

Le Fils de Dieu Lui-même reconnaissait que toute autorité vient de Dieu :

«Jésus répondit à Pilate : Tu n'aurais sur moi aucune autorité, si elle ne t'avait été donnée d'en haut.» (Jean 19:10)

Il reconnaissait comme légitime l’autorité de cet occupant romain qui pourtant pressurait d’impôts la terre d’Israël et qui massacrait parfois ses habitants ! Car il voyait le Règne de Dieu là où tous les autres ne voyaient que des injustices et de l’oppression à combattre. Attention ! Se reconnaître inférieur à des autorités ne veut pas dire qu’il faudrait obéir à des ordres injustes ! Voir à ce propos l’article «soumission ou obéissance ?» qui développe cet aspect souvent mal connu. Mais nous pouvons également remarquer que c’est en restant dans la soumission aux autorités de Babylone que Daniel et ses trois compagnons ont pu rester purs en étant dispensés d’obéir aux ordres du roi concernant les viandes sacrifiées aux idoles (voir Daniel 1:3 à 16). Nous voyons que Jérémie lui-même avait appelé le roi d’Israël à se soumettre au roi de Babylone qu’il considérait comme un serviteur de Dieu (Jérémie 25:9 ; 27:6 ; 43:10). Et le jugement divin qui est tombé sur Sédécias pour avoir désobéi à cet ordre divin devrait faire réfléchir ceux qui envisagent pour une raison ou une autre de se révolter contre les autorités instituées par Dieu… (voir Jérémie ch. 37 à 39) ! Se révolter contre les puissances égyptiennes ou babylonienne n’a jamais été le combat de Dieu. Car selon Ésaïe 19 lorsque Dieu établit une autorité tyrannique, c’est dans le but d’amener le peuple désobéissant à la repentance et à un profond changement intérieur. Le Christ ne disait pas autre chose lorsqu’il montrait le chemin du salut :

« En ce même temps, quelques personnes qui se trouvaient là racontaient à Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices. Il leur répondit: Croyez-vous que ces Galiléens aient été de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu'ils ont souffert de la sorte? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. Ou bien, ces 18 personnes (3x6) sur qui est tombée la tour de Siloé et qu'elle a tuées, croyez-vous qu'elles aient été plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. » (Luc 13:1-5)

Le véritable combat spirituel.

Ne nous trompons pas de combat ! La position d’un chrétien, ne consiste donc pas à prendre parti pour un mouvement humain contre un autre, mais à servir Dieu dans la prière de la foi partout où nous sommes placés, et d’appeler chaque créature à un changement de coeur pour que se manifeste ici-bas la Vie de l’éternité à laquelle le Christ appelle tous les humains à participer. Car c’est avec cette sagesse céleste que les coeurs peuvent changer et que Dieu peut alors renverser les tyrans pour les remplacer par des autorités bienveillantes (Daniel 2:21 et Ésaïe 19:20-22). Mais sans cette repentance, malgré les révoltes et les contestations, le monde entier va au devant du Jugement divin et le prince de ce monde gardera son pouvoir sur ceux qui ne se convertiront pas et ne soumettront pas à l’autorité supérieure du Christ.

« Jésus, s'étant approché, leur parla ainsi: Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. » (Matthieu 28:18)

« Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, en élevant des mains pures, sans colère ni mauvaises pensées. » (1 Timothée 2:8)

« rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans les évènements qui ont été préparés. Ayant les regards sur Jésus, qui fait naître la foi et qui la mène à maturité. » (Hébreux 12:1-2)


Jean-Luc B

 

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