lundi 16 janvier 2012

Faut-il vraiment que les disciples du Christ reviennent aux prescriptions de la Loi de Moïse ?



Le problème de la mode actuelle du retour aux pratiques de la loi mosaïque (fêtes, rites, prescription alimentaires, dîme, etc...), c'est qu'il semble que beaucoup de chrétiens ignorent que l’Esprit de l'Écriture nous conseille différemment selon que nous étions israélite avant notre conversion ou pas (1 Cor. 7 : 17-20.). Un enseignement généralisant sur ce sujet ne sera donc pas adapté à ce qu'en dit la Parole Sainte.

Selon les déclarations des apôtres (qui étaient juifs, ne l'oublions pas!), la pratique de la Loi de Moïse, même pour les juifs devenus chrétiens, est « un joug que nos pères et nous-mêmes nous n'avons pas été capables de porter » (Actes 15 : 10.). Ce qui explique clairement pourquoi les seules prescriptions que donne le « concile » de Jérusalem dans ce même chapitre sont des mises-en-garde contre quatre pratiques de confusion (4, pas une de plus!), et non pas des incitations à pratiquer la Loi mosaïque.


Contrairement à ce que certains s'imaginent, Jacques et Paul ne s'opposent pas sur ce sujet, mais expriment une vision complémentaire. Jacques ayant un regard axé principalement sur les juifs et Paul sur les païens. La décision du concile de Jérusalem n'est donc pas un compromis, ni une cote mal taillée entre deux visions opposées de la vie de disciple, mais une base fondamentale sur LA FAÇON d'enseigner dans l’Église. Le problème, c'est que lorsque dans le monde grec (qui nous a transmis beaucoup de ses usages) nous parlons de doctrine (grec : didaké = enseignement), nous faisons la plupart du temps seulement allusion AU CONTENU, à la théorie, alors qu'il est impératif de prendre conscience que depuis la plantation des deux arbres au centre du Jardin d’Éden, LA MANIÈRE de transmettre et de recevoir la connaissance a toujours été l'aspect le plus important de la vie spirituelle.

 Dans tous les conflits qu'il y a eu concernant les dogmes, nous pouvons constater que les parties en présence s'anathématisaient toujours sur le contenu de leurs positions, mais ne se rendaient pas compte que LEUR MANIÈRE d'en débattre n'avait souvent plus grand-chose de chrétien. Interprétations outrancières des Écritures, ruses et mensonges, manipulations politiques et psychologiques étaient présentes dans la plupart des débats des premiers siècles où se sont peu à peu établis les principaux « dogmes » qui sont sensés définir le contenu de la foi chrétienne. Excommunications, bannissements, emprisonnements et autres mises au bûcher qui ont suivis les décrets impériaux, papaux où royaux, ne sont pourtant absolument pas les méthodes que le Christ et les apôtres nous ont appelé à employer.

Pourtant, l'histoire de la conception abstraite de la doctrine dans l’Église est remplie de ces abominables façons de faire triompher des idées, parfois bonnes, mais par de mauvais moyens. Il est facile de constater que le but poursuivi n'était évidemment pas de chercher à convaincre les coeurs, mais plus prosaïquement d'imposer des normes de pensées à l'ensemble du bas peuple... Or, nous savons que « là où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté ».Dieu n'imposera donc pas ses volontés à ses enfants, mais cherchera une réponse de foi de leur part Et sa Vie n'est donc pas dans les choses imposées et obligatoires auxquelles nous ont malheureusement habitués les autorités religieuses.

 Quand on songe que ces définitions abstraites de la foi chrétienne que sont les « dogmes », fondées sur autant d'abus de pouvoir, autant de bannissements ou d'emprisonnements, autant de sangs répandus et autant de larmes versées, il serait peut-être sage de se demander si c'est vraiment de cette MANIÈRE que le Christ nous a appelé à faire des disciples et à leur enseigner tout ce qu'Il nous a appris...

  Comprendre ce que Dieu dit.

 Au delà du monde grec, il est évident que la nature humaine incrédule de toutes nationalités a toujours eu des difficultés à comprendre ce que Dieu dit. C'est pour cela que le Christ nous rappelle que le plus grand commandement commence par cet impératif :

 « ÉCOUTE ISRAËL » (Marc 12 : 29.)

 Au début de ce même évangile, après avoir enseigné une parabole fondamentale sur l'accueil de la Parole/Semence, Il nous fait également cette recommandation que nous aurions intérêt à bien sonder :

 « Prenez garde à ce que vous entendez » (littéralement : « regardez ce que vous comprenez ». (Marc 6: 24.)

 En français plus moderne on pourrait dire sans trahir le Texte : « examinez sérieusement vos mécanismes de compréhension ».

L'histoire biblique est pleine de ces mauvaises compréhensions de la Parole divine. En effet, là où Dieu annonçait ses projets, l'esprit religieux des hommes a cru comprendre que Dieu leur donnait des ordres. Ce qui n'est pas étonnant, car il est malheureusement dans la nature humaine de vouloir mettre des actions charnelles là où Dieu nous appelle à entrer dans son repos , où ce qu'il a promis s'accomplira par son Esprit. Selon qu'il est écrit : « Ce n’est ni par la puissance ni par la force, mais c’est par mon Esprit, dit l’Éternel des armées. » (Zacharie 4 : 6.)

 Pourtant, Abraham lui-même tout en croyant la promesse de Dieu concernant sa descendance (Gen. 15 : 6 – Rom. 4 : 3.), mais n'a pas pu s'empêcher d'essayer de lui donner un « petit coup de main » en couchant avec Agar, qui lui a enfanté Ismaël (Mal. 12 : 15.).

Comment écouter la Loi ?

 Concernant la Loi de Moïse, le même problème d'écoute se pose depuis 3500 ans. Comme il est écrit dans Deutéronome 30 : « En effet, ce commandement que je te prescris aujourd'hui n'est certainement pas au-dessus de tes forces ni hors de ta portée…/... Cette parole, au contraire, est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. Vois, je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. Car je te commande aujourd'hui d'aimer l'Éternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies et d'observer ses commandements, ses prescriptions et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies, et que l'Éternel, ton Dieu, te bénisse dans le pays... » (Deut. 30 : 11 à 16.)

 Là encore, nous nous trouvons devant un problème de traduction, car «commandement» peut également se traduire par «décret» ; «prescription» par «arrêté» ; et «ordonnance» par «justice». Ce qui permet de traduire ces phrases aussi fidèlement, mais différemment, par :

 « En effet, ce décret que j'arrête aujourd'hui n'est certainement pas au-dessus de tes forces ni hors de ta portée. …/... Cette parole, au contraire, est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. Vois, je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. Car je te décrète aujourd'hui d'aimer l'Éternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies et de garder ses décrets, ses arrêts et ses actes justes, afin que tu vives et que tu multiplies, et que l'Éternel, ton Dieu, te bénisse dans le pays... ».

Autrement dit, Dieu donnait au Peuple la connaissance prophétique des décrets divins et lui demandait simplement de les garder (comme Marie, qui « gardait toutes ces choses dans son coeur ») jusqu'à leur plein accomplissement. l’Éternel faisait savoir au Peuple qu'Il allait Lui-Même mettre dans leur cœur un amour total et complet pour Lui, mais le peuple qui sortait de l'esclavage a cru que Dieu était comme ses anciens maîtres et qu'Il lui donnait un ordre impossible à exécuter! Car tout le monde sait qu'il est impossible d'aimer sur ordre. Il est en effet indispensable que l'amour vienne du cœur, sinon, les actes d'amour imposés de l'extérieur peuvent tout à fait contredire les sentiments intérieurs. C'est précisément ce que la Bible appelle appelle l'hypocrisie.

Hélas à l'écoute de ces Paroles, les juifs séduits par leur incrédulité ont cru comprendre que leur justice devrait provenir de leurs bonnes actions. Et malheureusement, comme l'explique l'apôtre Paul : ils l'ont « cherchée, non par la foi, mais comme provenant des œuvres. Ils se sont heurtés à la pierre d'achoppement... » (Rom. 9. 32.).

 Une « pierre d'achoppement » c'est un obstacle qui fait tomber sur le chemin. Ainsi, une mauvaise compréhension du but de la Loi et de l'oeuvre de salut accompli à la croix deviennent une occasion de chute. Et tout ceux qui cherchent à « judaïser » prennent un risque inutile qui va les faire chuter. Car sans une communion profonde et continuelle avec Christ (dans sa mort et sa résurrection) il est impossible de pratiquer ce que Dieu avait décrété, annoncé et promis.

 Il faut bien comprendre aussi que ceux qui veulent absolument recommencer à s'attacher aux œuvres de la Loi, doivent impérativement faire attention de pratiquer chacun de ses 613 commandements, car sinon, ils seront considérés comme coupables de tous. C'est ce que nous rappelle Jacques : « Car quiconque observe toute la loi, mais pèche contre un seul commandement, devient coupable de tous. En effet, celui qui a dit: Tu ne commettras point d’adultère, a dit aussi: Tu ne tueras point. Or, si tu ne commets point d’adultère, mais que tu commettes un meurtre, tu deviens transgresseur de la loi. Parlez et agissez comme devant être jugés par une loi de liberté, car le jugement est sans miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde. La miséricorde triomphe du jugement » (Jacques 2 : 10-13.).

 Avant de vouloir à toute force pousser les disciples à revenir à la pratique de la Loi et des fêtes juives, il serait judicieux d'être absolument certain d'avoir bien compris quelle est cette étonnante « loi de liberté » par laquelle l'apôtre Jaques nous apprend que nous serons jugés...

 Alors prenons donc bien garde de ne pas avoir une mauvaise façon d'écouter et de comprendre ce que Dieu fait connaitre lorsqu'il parle de ses décrets.

Jean-Luc B


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2 commentaires:

  1. Salut Jean Luc - je veux juste te dire merci d'avoir répondu à mes questions concernant jean Michel- j'ai voulu te remercier suite à ton intervention que j'ai apprécié - mais il semble que je ne sois plus censuré sur Blogdei - mais complètement expulsé après avoir essayé de m'expliqué avec Nicholas - il n'a pas apprécié - donc je paie la note de ma franchise... Amitiés!

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  2. Très intéressante analyse, merci Jean-Luc.

    En effet, aujourd'hui, on a du mal à comprendre ce retour au judaïsme, aux pratiques et coutumes juives, cet attachement sentimental et parfois outrancier à l'Israël physique, etc...

    Que Dieu nous bénisse et nous éclaire.

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